VALÉRIANE
PI1YCÉES. Phyceœ. aor. ca. — Voy.
PBTCOLOGIE.
PIIYCEIXA, Lindl. (m Bot. Reg. , n. 928 , t. 1341). »ot. pi. — Syn. é'Eustephia , Cavan.
PflYCIS (<pvxo(, algue), poiss. — Genre de l'ordre des Malacoptérygiens subbrachiens , famille des Gadoldes, élabli par Artédi et Schneider , et adopté par G. Cuvier {Règ. anim.f t. II, p. 335), qui lui donne pour caractère essentiel : Ventrales i un seul rayon souvent fourchu. La tête des Pbycis est grosse ; leur menton porte un barbillon , et leur dos deux nageoires, dont la seconde plus longue.
One espèce très commune dans nos mers est le Phycis tnedtterraneus (Paye, fines Schneid. ), vulgairement Molle , Tanche de mer. Corps oblong, d'un gris noirâtre sur le dos, et d'un argenté bleuâtre sur l'abdomen, long d'environ 7 décimètres.
One seconde espèce , le Phycis blennoides Scbn. (Gadus albidus Gm. , Blennnu godoiies Riss., Gadus furcalus Penn. , le Merlus barbu Duham.), habile également la Méditerranée. Son corps est plus arrondi, avec la léte rouge, et la jugulaire blanc argenté. U n'atteint guère que 4 décimètres de longueur.
Ces deux espèces sont assez recherchées pour la délicatesse dfc leur chair. (al.)
PHYCIS. un. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes , tribu des Crambites, établi par Fabricius , ei que Duponcbel (Cal. des Léptd. d'Bur., p. 321) caractérise ainsi : Antennes sétacées , très rapprochées à leur base, implantées au-dessus des yeux. Palpes inférieurs seuls visibles, de formes variées, tantôt longs et dirigés en avant en forme de bec, tantôt couru et ascendants , tantôt grêles , et plus ou moins recourbés au-dessus de la tête. Trompe longue et cornée. Yeux gros et saillants. Bord postérieur des ailes tantôt droit , tantôt arrondi.
Parmi les chenilles de Paycis qu'on a pa observer, les unes sont entièrement glabres, les autres verruqueuses. Leurs mœurs varient suivant les espèces ; quelques unes vivent et se métamorphosent dans les tumeur* résineuses des Pins.
Duponchel (toc. cit.) cite 84 espèces de ce genre, répandues dans les diverses contrées de l'Europe. Les plus communes sont les P. ornatelkt, tumideUa, abUtolla, grossulariella, Palumbella, etc. (L.)
PBYCOIDKES. Phycoidea. bot. ca. — (Phycées). Sprengel a donné ce nom à le
PHY
PIIY 665
tribu de* Algue* que La mou roux nommait Fucacéet. Quelque* pbycologistes retiennent encore ce dernier nom pour U famille entière, et peut-être ont -il* raison. Quoi qu'il en soit, voici se* caractère*: Frondée coriaces , pourvues ou dépourvues de nervures , membraneuses ou filamenteuses , continues ou articulées et, dans re dernier cas, mono- ou polysipboniées , d'un vert olivacé ou brun , noircissant à l'air libre, plane* ou filiforme* et cylindracées , composées de cellules de forme très variée , rarement réduites à une seule, mai* atteignant, au plus baut degré de leur composition, de* formes oh Ton peut distinguer des tiges , des feuille* péliolée* , des vésicules aérienne* et des réceptacles distincts. Fructification consistant : l°en spores vertes ou brunâtres, formées d'un nucléus simple ou multiple (spore simple ou quaternée, octonée), enveloppées d'un périspore fourni par la cellule matricule et munies d'un épispore ou membrane propre; 2° en acrospermes (antbéridies Dne. etTbur.) ou filamenu raraeux dont le* dernier* endoebromes sont remplis d'un nucléus gonimique qui, désagrégé à certaine époque, donne naissance à des corps doués d'une grande motilité, et que les deux savants inventeurs de ces corps comparent aux spermatozoaires des Cbaragnes et des Mousses , d'où , selon eux encore, la présence des deux sexes dans les Fucées; 3* enfin, en spermatuïdies (Propagula, J. Ag.; AnUteridta, Menegh.) ou filaments comme pédicellés, monosipboniés, contenant des gonidies symétriquement rangées en plusieurs séries dans le sens trans versal et vertical. Le* Algues qui composent cette grande famille sont, à peu d'exception* près, habitantes de* mer*. Presque toutes aussi sont vivace*. C'est parmi elles que l'on trouve les espèces les plus gigantesques. Foy. puycologik. (C. Al.)
PHlCOLOGlE{fvM(, algue; ^. discours, traité), bot. ca. — On donne aujourd'hui le nom de Pbyeées à une grande classe de plantes acotylédones , qui vivent au sein des eaux douces et salées , et celui de Phycologie i la science qui en traite. Pendant bien longtemps, ces plantes ont été confondues, sous te nom d'Algues, avec d'autres , qui forment aujourd'hui des familles bien distinctes. C'est aiosi que Linné t. x.
réunissait sou* celle même dénomination les Pbyeées , les Lichens et les Hépatiques, et que Jussieu lui-même, qui en avait judicieusement séparé ce* deux derniers groupes, laissait encore parmi elles quelque* Gasiéromycètes et toutes les Hypoiylées. On a tenté, à plusieurs reprises, de remplacer le mot Algues par un mot plus convenable ; de là les noms de Thalassiophytes, dont la signification est trop restreinte, etd'Hydrophytes, dont le sens est trop étendu et peut s'appliquer avec autant de raison à plusieurs végétaux phanérogames. Nous pensons que le nom de Pbyeées répond mieux aux exigences du langage. Algologie et algologue sont deux mots hybrides et barbares qui finiront par disparaître un jour des ouvrages de botanique , et seront remplacés par ceux plus corrects de Pbycologie et phycologistc, tout comme les noms de Muséologie et de muscologiste, qui ont aussi régné bien longtemps, l'ont enfin été par ceux de Bryologie et de bryologiste, universellement adoptés.
Définition. Les Pbyeées sont des plantes acotylédones, pour la plupart dépourvues des deux sexes, si tant est même qu'elles ne le soient toutes, vivant au sein des eaux douces ou salées, et qni consistent, soit en de simples vésicules isolées ou agrégées , nues ou immergées dans un mucilage primordial, soit en cellules tubuleuses, réunies entre elles bout à bout ou sur un même plan, de façon à donner lieu tantôt à des expansions membraniformes, tantôt à des filaments continus ou cloisonnés de distance en distance, soit enfin en cellules de forme diverse, lesquelles, par leur texture variée, donnent naissance à des frondes extrêmement polymorphes, et dont les plus compliquées offrent des liges, des feuilles et des réceptacles distincts (ex. Sargassum). Ces plantes sont vivipares, ou bien elles se propagent: V par des spores développées tantôt à leur surface, tantôt dans la couche corticale, tantôt enfin dans des conceptacles dont la forme et la position sont variables ; 2" par des zoospores libres ou réunis sous une forme particulière. Nous avons déjà dit qu'elles habitent la mer et les eaux douces, nous ajouterons qu'elles reprennent l'apparence de la vie dès qu'on les remouille, même après une longue dessiccation.
666 PHY
Histoire (1). Les anciens autcirs ne nous ont rien hissé de certain sur ces plantes , ai ce n'est que quelques unes étaient usitées comme cosmétiques. Il paratt même que de là dérive le nom de yv*oç, qu'elles avaient reçu des Grecs. Celui d'Algues, par lequel Pline et les Latins désignaient ces végétaui, que la tempête rejetait sur la plage, semble venir soit iTalgor, soit du verbe alligare. Tout le monde sait par cœur ce vers d'Horace:
Et fenui et *irtui niti eu» re, Tllior alfa e»t,
Saf.i. S. t.
qui montre le peu de cas que les Romains faisaient de ces plantes. Ce dédain s'est perpétué jusqu'à une époque très rapprochée de nous, et de là tans doute la cause qui a fait négliger si longtemps l'étude des Algues. Jusqu'au commencement du iviu" siècle, on ne rencontre, en effet, sur ces végétaux aucun travail qui soit digne de nous occuper. Mais vers celte époque, Réaumur (2) traita, dans deux Mémoires successifs, la question si ardue de leur reproduction. Il admettait chez elles la présence des deux sexes, regardant comme des fleurs mâles les filaments confervoïdes qui sortent des pores mucipares des Fucacées. Gmelin et tous les phycologistes qui le suivirent n'eurent pas de peine à combattre et à ruiner de fond en comble une théorie qui ne s'appuyait sur rien et ne pouvait supporter le plus léger examen. Ce dernier auteur (3) donna des descriptions et des figures assez exactes pour le temps où elles parurent. On peut en dire autant de celtes de Dillen , précurseur de Linné. Le législateur de la botanique a peu fait pour la phycologie en particulier. L'ignorance complète où l'on était alors de tout ce qui a rapport à l'organisation de ces végétaux d'une part, et de l'autre, le petit nombre d'espèces connues lui permirent de les ranger dans quatre genres, auxquels il imposa les noms de Fucus, Ulva, Confcrva
(i) H ont nt Moriotii avoir ta p.etention de donner Ici «ne plttoire détaillée de la Phyrulogif Une simple etquiue, qui en marque leaépoquri pnnripalea, nom •trable mieut convenir pour an article de du (ionnairr. On trouvera d'aillruis, dant le troUieme inpplcment au Cmrra Ptumoum de M. Endlirlier, une bil.lln ji aphte complète de celle u Wace; •Miut y lenvrrrontdonc le Irrieur.
(i) DticiiptioHt deJUurt tt dt graintt dé tlivtri Fmtkt. mu., Alrm. At»d t* rertt. ijn.p. 3Si, et ■ ) >f , p. ,|.
(3) Uutcna Fmccntm. r*etrojK>li , i-Ct, in «.
et flyssus, dernier genre qui se compose d'êtres fort hétéroclites. Vers le commencement de ce siècle, Esper (I) publia un livre qui est loin de valoir ce qu'il coûte , mais dont les figures , quoique très médiocres , peuvent cependant être encore consultées avec fruit. A peu près à la même époque parurent les ouvrages de Stackhouse (2) et de Turner (3). Le premier ne renferme, à la vérité , que des espèces britanniques , mais le second donne des figures fort belles et fort exactes de toutes les Phycées à fronde continue qui se trouvaient alors dans les collections de l'Angleterre. L'iconographie en est due au crayon facile de sir W. Hooker, et les descriptions, écrites dans un latin élégant, sont excellentes et accompagnées d'observations fort judicieuses. C'est un livre qu'on ne lit pas assez. Vaucber (4), dans ses Conferves d'eau douce, a donné un bon exemple à imiter, en montrant tout le fruit que peut retirer la science de l'observation suivie du même être à toutes les époques de sa végétation. Dillwyn (5) en Angleterre, et Roih (6) en Allemagne, ont aussi beaucoup contribué à faire connaître, le premier par d'assez bonnes figures, tous deux par des descriptions qui ne manquent pas d'un certain degré d'exactitude, cette tribu si difficile des Confervées, laquelle, malgré les travaux de ces trou savants et ceuxde leurs successeurs, est encore au temps présent un véritable chaos.
En ! 81 3 parut le traité de Lamouroux (7), où ce savant, qu'on peut considérer comme le père de la phycologie , jeta les première fondements d'une nouvelle classification de* Algues, jusque là rangées d'après des méthodes bien imparfaites, ou plutôt sans méthode aucune, par ses prédécesseurs. Les divisions établies par cet habile observateur n'étaient certes pas à l'abri de toute critique; néanmoins, et moyennant quelque léger amendement, ses Fucacées et ses FIoridées sont devenues des familles , et ses Dictyotées et ses Spongodiées des types de
(i) ltontt Faeerum. Kui' «!».. iî«;,
(>) KrttU tritannita EdiU ait. Otooli . t$i6, la-4.
(3) tlniorim Fu<entm, Lond., MV, i«o:. In-*.
(*) But. dtt Conftrvtt iTte* douer, Ceneee. lUÏ. laV*.
(5) Sr*o,,i, c/rte BritUk CaVemr.Lood.. .Sol.»-».
(6) Catatrtta Bota*if.\ III. Lipil», tni-itcd. la-». {;) Ettmitur Ut ftmrtt de ta famille dtt Te-aa/i . ,
artituUft A»*. Moj .iIi3.Io-, XX. » j».i<«" *» -
riiï
PHY 667
tribus distinctes. M. C.-A. Agardh (l), à qui l'on peut reprocher d'avoir trop négligé les noms de Lamouroux, a beaucoup mieux limité les genres de celui-ci, et en a établi un très grand nombre d'autres qui ont été conservés. Son Species, et surtout son System* Algarum, ont été fort utiles aux personnes que leur goût portait vers l'élude des Thalassiophytes. L'anatomie de ces plantes, fort mal connue par suite de l'imperfection des instruments amplifiants, ne lui a pas permis d'opérer dans la nomenclature la réforme commencée par M. Greville, et qui se continue par les efforts constants des pbycologisles de l'époque actuelle. A peu près vers le temps où parurent les premiers travaux sur les Algues du savant suédois (tarissait chez nous un botaniste , Bory de Saint-Vincent , ami et compatriote de Lamouroux, dont les premiers essais pbycologiques remontent à 1797. Depuis, il publia successivement , soit dans les Annales du Muséum , soit dans le Dictionnaire classique, auquel il a attaché son nom, plusieurs très bonsgenres universellement adoptés. Il est uo des premiers, sinon le premier , qui ait observé les toos pores des Algues inférieures, et qui en ait fait mention sous le nom de zoocarpes. C'est même en grande partie sur celte observation qu'il avait fondé son règne psychodiaire , intermédiaire entre les règnes végétal et animal. Son Hydrophylologie du voyage de la Coquille contient aussi, avec d'admirables figures, toutes peintes par luimême, une foule de considérations de géographie botanique, qui n'ont pas peu contribué à consolider les principes émis par Lamouroux sur celle branche encore peu étudiée de la science des Algues. L'ouvrage de Lyngbye (2) fut publié en 1819; on y t rouve d'assez bonnes figures et surtout des descriptions bien faites; mais la classification suivie par l'auteur se sent du temps où elle a paru et n'est pas irréprochable. Dans un travail qui fut inséré dans les Mémoires du Muséum, Bonnemaison (3) traita d'une tribu
(i) Sfnitt Alfmm rif cotait*, t. I. iSit. ia-4, t. Il, Mit ; Sytiem* Alfrum, Ui«la, lt»«,in>i*.
f») Ttmlamtn HjdropMjtvtotiai Dimicm, etc., Htfaia. 1819, llM.
(3) r.iui imr Ut Brdtopkrtii U<»léu. Uim. Mus. liai , ton. XVI.
dont on s'était peu occupé avant lui, et la fit mieux connaître. A la même époque , Gaillon , qui s'était déjà fait un nom comme pbycologiste , publia , dans le Dictionnaire de Levraull, un Résumé méthodique d'une classification des Thalassiophytes , où , à l'exemple de ses devanciers, il divise encore ces végétaux en Sympbysistés ou continus, el en Diaphysistés ou articulés. Il avait d'abord adopté les opinions de Lamouroux sur la structure et la fructification des Algues, mais il chercha plus tard à faire prévaloir, en l'étendant au-delà des limites du vrai , l'idée première de Bory sur les zoocarpes.
Une nouvelle ère va s'ouvrir pour la pbyeologie. Le nombre incessamment croissant des plantes marines nécessite de nouvelles divisions, et celles-ci seront désormais fondées sur l'organisation de la fronde et les formes de la fructification. M. Greville(l) entre le premier dans celte voie, où il est bientôt suivi par MM. Berkeley, Duby, Decaisne, J. Agardh, Kûlzing, Meneghini, Harvey, J.-D. Hooker, De Noiaris et Zanardioi.
M. Berkeley [2}, qui brille au premier rang parmi les mycologues, a aussi enrichi son pays et la science de plusieurs espèces d'Algues , dont il a en même temps dévoilé la structure intime. Dans trois Mémoires sur les Céramiées , M. Duby a jeté du jour sur l'organisation et le fruit des plantes de celte tribu et contribué i les faire mieux connaître. Noire savant compatriote, M. Decaisne (3), a aussi apporté son concours aux progrès de cette partie de la botanique. Dans ses Plantes d'Arabie, il a établi plusieurs fort beaux genres et jeté les fondements d'une classification nouvelle, à laquelle il a plus tard , dans les Annales des Sciences naturelles , donné les développements que comportait le sujet. De concert avec M. Thuret, il a découvert que les endoebrômes terminaux des filaments qui accompagnent souvent les spores des Fucacées laissent échapper, à une certaine époque , des globules armés de cils vibratiles et doues de la même mobilité que les zoospores des
(1 j A1(*t Bntmnnitm. etc. Edlmb. «nd Lood . lIJo. in-S; rut Sjnopti GtHtrum.
(>) GUmmmy of Britiik Alger, LonJ. lit), lo-S.
(3) ftautit dt t Archit-ttntnmtt. Art» du Uuj.U, iHi» Euai tur uui tUuiif du AUutt et dt» Pufypicrt tultlf. Aon. <«. ni.. H»,, t. XVII ci XVlU.
668 PHY
PJ1Y
Bruopsis. Ces deux tarants comparent ces globules mobiles aux spermatozoaires des Muscinées; d'où l'opinion qu'ils professent de la présence des sexes dans les plantes de la tribu. M. J. Agardb (1), outre de bonnes observations sur la propagation des Algues, a publié sur celles de la Méditerranée et de l'Adriatique un opuscule, où l'on trouve une bonne disposition méthodique des genres des Floridées. Ces genres y sont euxmêmes mieux définis , mieux limités qu'ils ne Pavaient encore été, et l'auteur en a ajouté plusieurs qui ont mérité d'être admis. Le travail du fils du célèbre professeur suédois venait d'autant plus à propos, que, depuis Bertoloni (2), les Tbalassiopbytes des côtes de l'Italie n'avaient été l'objet d'aucune publication consciencieuse, si nous en exceptons celle de M. Délie Chiaje, dont l'iconographie est malheureusement bien défectueuse. Trois botanistes italiens, MM. de Notaris (3), Meneghinî (4) et Zanardini (5), ont puissamment contribué , avec M. J.
Agardb , à combler cette lacune. Dans un ouvrage fort difficile à se procurer et à consulter, MM. Postels et Rupprecht (6) nous ont fait connaître , par de belles planches, les richesses phycologiques amassées pendant un long voyage de circumnavigation, fait de 1826 à 1829. Plusieurs genres nouveaux et un grand nombre d'espèces y ont été décrits et figurés avec soin. Vers le même temps, M . Kûtzing (7) fait un grand voyage le long des côtes de la Méditerranée et y recueille de nombreux matériaux , qui lui servent k publier un magnifique ouvrage , où de très bonnes généralités sur les Algues sont suivies d'une nouvelle classification de ces plantes. Nous avons apprécié ailleurs ce travail remarquable, dont le principal mérite,
(i) Sar la pramagatiam dt» Alfmts. Aam. a*, mal., u», ». VI { Alfa, maru Mtdittnanti n AdrialUl, Panam. i«4», in».
(i) HUlaria Futur, maris Liftttti, in Aman. ttat. Bomom.,
' (I) Algotcgia marit Llfustiet Satcim. , Taurin. , il4l ,
U) Mo*otr«P*. JVMCNAte.. Taurin.. 1M1. \*A,m Mtk, 1t*li*a* t dalmatickt, P.dova, in-S, fair. 1-IV.
(J) SfH.Jlf im mari Adnatita kuemiçiu cotlect., Taurin* iSii. ln-4; • Satfîa di clais^fit. malar. dtUt Fie**, Vantai»,
(t) hlattrat. Altarmm. etr., Prtrupoli, 1S4». fat. mau (:) r*r"HoVa gtmtratii, rte. Lalpal,. |»4J. in- 4 , DU
mais non le seul, consiste dans les 80 plan*
ches qui l'accompagnent. L'auteur y a donné la fidèle représentation de la structure des frondes et de la fructification de la plupart des genres. Quelque temps après parut un autre travail du même savant, où toutes les espèces connues de la famille des Diatomacécs se trouvent coordonnées et admirablement figurées. Dans cette noble émulation des botanistes de l'Europe pour le progrès de la science des Algues, les pbycologistes anglais ne se laissent pas dépasser. M. Harvey (1) donne un Manuel où sont décrites avec détail toutes les Pbycées des Iles Britanniques. Devenu plus tard collaborateur de M. J.-D. Hooker (2), il loi prête son concours pour la publication de la Cryptogame antarctique. Enfin , il entreprend d'exposer aux yeux du monde savant le (use de végétation de la Néréis britannique, dans on grand et splendide ouvrage (3), déjà arrivé à la 12' livraison. Un autre ouvrage de M. Hassal (4), où les Algues d'eau douce sont aussi décrites et figurées, vient servir de complément à celui de M. Harvey, qui • exclu celles-ci de sa publication, pour irriter un double emploi. Maintenant que nous avons montré la part que chacun a droit de revendiquer dans les rapides progrès qu'a faits la Pbycologie dans ces dernières années , nous permettra- t-on de penser et de dire que nous-mème nous ne sommes pas resté simple spectateur de sa marche, toute faible que soit notre contribution (5)?
A peine cependant avons-nous effleuré notre sujet, que déjà nous nous apercerons que nous avons dépassé les limites tracées par la nature de ce livre. Avant d'aborder la matière principale de cet article, nous devons, pour être juste envers tous, ajouter encore à ceux qui précèdent les noms des bo-
(i) Manuel ©/ Bril Algct. Loodoo. lit t. In-I.
(i) Crrptotamia amtartlu*. A>t<*. Lo*»-. iM.ln-l.
[i] Pkr****** BrttammUa, landau, i»4e. Imc. I-X1L .n-S.
(4) A U,u. s/ttatril. frtakmaltr Alt*. Lan*. (> *ol. m-»» un de ptanebra), is4S>
(5) M«nt»gu« (Camille). A*tm Ba imamtu H W« «> im d-OrHt*r. rtfat* Amér. ménd.. Paria, KM. » 4 ; Crrmt. Alto-.. Aam. a*, mal . Uï»; Vkrtatr. tamantai. Alt», Parli. i8i6, in-4 .• Orptefini* dt tin d, Cmta. Parva. i*4». in-S ; Allai im /al.; t'tr'f «• »** auUrtl. par uT"t*r»«lt* \ Orptef., Paria, in-l, i»4ii«46. a»»* plinrtr», i Cryptotam.1* du fejaft dt la BemiU. Alputi. Paria, I4W4. 18.6. m-». a»tc planrbra in-iol : fie t A>t*rit. arda U Phrttm, Pari.. 18.6, ln-4. il» pl. rolo-irr,; pl«*«r» Mcnoirti dana !«• Aamalti du mtnea natu'ttlti.
PHT
PHY 669
taoïstes qui, par des Mémoires spéciaux ou de toute autre manière, ont aussi fourni de précieui matériaux pour l'édifice. Ce sont, dans Tordre alphabétique : Adanson, De Candolle , Despréaux , Donati , Ducluzeau , Draparnaud, Ginaoni, Girod-Chantrans , Irnperati, Jurgeus, Marsili, Moller, Senebier, Smith, Sprengel, Targioni Tozietti , Torpin, Wrangel, Wulfen, MM. Areschoug, Bailey, Biasoletti , de Brébisson , Brongniart Ad., Carus, Chauvin, Corda, Crouan (frères), Desmazières, Dickie, Diesing, Duval, Ehrenberg, Endlicher, Fries, Grateloup, Griffllhs (M"), Hering, Hornemann, Leiblin , Lelièvre, Lenormand, Link, Martens, Martius (de), Mertens , Meyen, Miquel, Morren , Naccari , Nardo , Nées d'Esenbeck, Olivi, d'Orbigny (père), Proubet, Pylaie (de la), Ralfs, Richard Acb., Rudolphi, Solier, Sonder, Suhr, Thwaites, TreTisani (Cu de), et Unger.
ÉLÉVENTS CONSTITUTIFS DES PUTCÉES (1).
Élànents inorganiques ou composition chimique. M. Payen , membre de l'Institut , ayant fait de la composition des matières organiques végétales l'objet d'études approfondies , nous avons sollicité et obtenu de son obligeance la suivante énumération des substances variées qui, par leur combinaison, constituent les Pbyeées.
Les Tbalassiopbytes présentent dans leur composition chimique quelques particularités, indépendamment des faits conformes aux lois générales de la composition des plantes. Ainsi , ces végétaux contiennent des quantités plus ou moins considérables 4'Inuline, substance qui contribue à leur donner une consistance notable, tout en leur conservant beaucoup de souplesse, surtout lorsqu'ils sont hydratés.
Les Fucus récemment tirés de Peau de mer contiennent de 0,70 à 0,80 de leur poids d'eau. En admettant en moyenne 0,25 de substance solide, tant organique qu'inorganique, cette substance renferme 0,14 à 0,19 de son poids de matière inorganique, ou eu moyenne 16,5 pour cent de Fucus see, ou 4,1 pour cent de Fucus frais. La substance organique constitue donc les
mu, k m mu os ti i pralt laa obwrition, tju* mm • tous tioaveV* coMlfnéri daM 1» Fkrf*H'» fnvrafo
0,835 de la matière sèche, ou les 0,208 du poids du Fucus i l'état normal, c'est-à-dire à sa sortie de l'eau.
Les différences entre les proportions des matières inorganiques offrent une nouvelle preuve de ce fait général , savoir, que les plantes qui se développent dans une même eau, de même que celles qui végètent dans un même sol , fixent des quantités différentes de composés minéraux, et qui varient surtout avec les espèces.
La portion inorganique fixée dans les tissus des Fucus se compose en général : 1* de chaux unie surtout avec l'acide oxalique, l'acide sut torique et l'acide pbospborique; 2° de chlorure de sodium et de potassium ; 3* de sulfate de potasse; 4*d'iodure et de bromure de potassium et de magnésium ; 5° de soufre ; et 6* de silice.
La partie organique contient : 1* de la cellulose, qui constitue la trame des cellules; 2* de l'inuline; 3" plusieurs corps gras azotés, représentant en azote de 0,0 1 9 è 0,031 du poids de la substance organique sèche, et en matière organique azotée de 12 i 20 pour cent de la substance organique totale; 4* une matière sucrée, mannite ou glucose; 5" deux matières grasses; 6" une huile essentielle ; 7* un ou deux principes colorants.
Les substances ligneuses, telles que Lignose, Lignone, Lignin, Lignine et Ligniréose, manquent totalement dans les Fucus, et cela est facile à comprendre, car ce sont ces principes immédiats qui , généralement, donnent la consistance dure et la fragilité aux diverses parties des plantes phanérogames : tiges et rameaux , noyaux et concrétions organiques des fruits (1).
Éléments organiques, c'est-à-dire constitution ou produit des organes. Ces éléments sont : l* le sucre à l'état de mannite; 2* la substance des cellules, qui est amorphe ou qui se présente sous des formes distinctes {Histologie). Dans le premier état, on peut la diviser (a) en Gelm, substance incolore, même quand elle est soumise à l'action de l'iode, et qui ressemble au mucilage ; (o) en Fisc*», substance pareillement incolore
(») Hoa» n'avenu rien voulu rbanfrr a la note de M. Payas, Mt« que daaa la p»r«p-«pb« anlvant, qai était déjà redit*. Qon* revenioo* aar de» lubtuacrt qui y aeal d**» no nmen.
670 PHY
PHY
pendant la vie de l'Algue, mais qui, lorsque celle-ci est sortie de l'eau, prend à l'air une couleur brune durable} elle forme les cellules des Cystosires et ne pâlit point à l'air libre; (c) en Gelaein, incolore comme les précédents, ou bien jaunâtre, orangé ou brun, mais devenant de la couleur du vertde-gris quand on la plonge dans de l'acide hydrochlorique. Cette couleur disparaît par les alcalis ou même par un lavage à grande eau ', (d) en Atnylure , toujours incolore , excepté quand on le met en contact avec la teinture d'iode, qui le change en bleu ou er violet. Cette dernière substance , à laquelle M. Kutzing ajoute encore les gommes, fait, comme celles-ci, partie du contenu des cellules. (0) Enfin, la matière colorante : «. La Chlorophylle y semblable à celle des autres végétaui ; elle n'existe pas seulement dans toutes les Algues vertes, mais, si l'on en eicepte le Rytiphlœa tincloria , elle se rencontre aussi dans toutes celles qui sont colorées en rouge, 6*. La matière colorante bleue Phycocyane , qu'on retrouve dans le Thorea , le Lemania et les Batraebospermes. 7. La matière colorante rouge ou Phyco erythrine ; celle-ci se montre surtout dans les fluides de toutes les Floridées , concurremment avec la chlorophylle , dont la présence est masquée par la prédominance de la couleur rouge. Mais le soleil vient-il à altérer celle-ci, ou bien la fait-on disparaître en trempant l'Algue dans de l'ammoniaque, la couleur verte reprend lo dessus. On peut rétablir les choses dans leur premier état en répétant la même opération dans un acide, t. La matière colorante rougebrun ou Phyco-hématine , qu'on ne trouve que dans le Rytiphlœa tincloria, et qui se comporte, sous les réactifs, bien autrement que la précédente. Cela est probablement dû au mélange de la couleur rouge avec une autre substance. Voici ses propriétés : l'eau • en empare facilement, et si l'on en fait concentrer, par évaporation , le liquide coloré, il laisse précipiter par l'alcool des flocons rouges , qu'on peut recueillir sur un filtre et sécher. Alors cette matière est d'un rouge de sang foncé tirant un peu sur le brun. Elle est insoluble dans l'étber et l'aleool , et se dissout fort bien , au contraire, dans l'eau et les alcalis liquides , lesquels en avivent la couleur. Les acides la font
passer au rouge clair orangé, qui pâlit par l'action de l'air atmosphérique. Cette couleur est très azotée.
Histologie. Nous avons dit plus haut que les éléments organiques des Pbfcées se présentaient encore sous des formes déterminées. Ces éléments se réduisent à deui, la cellule et son contenu.
1° Les cellules (1) sont des membranej creuses dont la paroi est formée d'une ou de plusieurs couches de cette substance, que M. KQtzing nomme Geim (Gelin lelten), et M. Payen cellulose. Il y a toujours au moins deux couches , et celles-ci sont quelquefois tellement unies entre elles, que leur existence simultanée est difficile i constater. Dans l'intérieur de ces cellules, on en rencontre une autre qui enveloppe constamment le nucléus ou l'endochrdme; M. Mohl la nomme uiricule primordiale. On la distingue aisément dans les Algues dont les cellules atteignent de grandes dimensions ( ex. Halidrys ziliquosa ) ; elle n'est pas tout-à-fait aussi facile à apercevoir dans celles qui , comme les Ulves, sont composées de petites cellules. M. J. Agardh assure que la paroi des cellules est formée par des fibres spirales marchant en sens contraire, et que cette structure est des plus apparentes dans les tubei en cœcum du Codium Bursa. Cette assertion est niée par M. Decaisne; mais M. Thuret a observé des stries longitudinales et transversales dans les filaments des Conferva glomeratat erispata et rupeslris, qui semblent venir è l'appui de l'opinion du botaniste suédois. Les cellules sont spbériques ou allongées et cylindriques, et, dans ce dernier cas , ouvertes ou closes, entières ou déchiquetées à l'une de leurs extrémités. Ce sont elles qui, par leur agencement, soit
(1) n«n§ an Mémoire rar U membrane eellelalre de» piaules, M Tbwaites, qui a fait leplnpart de M» obeeree» bon» anr lu AJf uca d'eaa douce, est conduit 4 e tut cae». clnslon qat l'endochrom*. oa le nnclrus est la partie pria*»pale, rt q«e la cellale q*i le contient lal eat eabordoanée,« ne remplit co quelle aorte qaa l'ajage parement pajaUpa d'itolci- le nurléas; ce botaniste appuie cette aMaidrc d* voir sur le fait d'à* Sptrmli*: doot lea aérie» loaritodmites at nématoidrs Art endochrdaiu s'étaient contenue» dan» an» enn tabe, mail aenlemeol maintenues daaa lenra rapporte par la présence d'ane matière macilajlneaee. To«tef«it,daaa le cas même on le tabe. s'il eaiste réellement, aurait échappé à l'ineestlfatton da M. Thwaitaa, a» ' "
est rerétad'Bne membrane loloimeot Uaae et déUcatr»
PIIV
bout à bout, soit mr uo plan, toit enfin de toute autre façon, ainsi que nous le verrons tout à l'heure , constituent les plantes si variées de Tordre des Phycées.
Les cellules qui entourent immédiatement l'endocbrôme sont d'une nature différente. M. Kutzing, qui les a vues bleuir par Faction de la teinture d'iode , les considère comme formées d'une matière amylt ;ée et les nomme Amylid-zellen. Elles se comportent différemment selon leur place, selon l'organe qu'elles concourent à former, et selon la fonction qu'elles sont appelées à remplir; mais on peut avancer, en général, qu'elles participent plus que les cellules de Gelin , de l'endochrôœe qu'elles enveloppent immédiatement. On les observe principalement dans les Confervées , les Zygnémées, les Vauchériées, tes Callithamnion, etc. Enfin , selon M. Mobl , les cellules des Algues sont réunies au moyen d'une substance intercellulaire plus ou moins abondante, qui permet que, dans une section, on aperçoive entre elles une ligne de séparation , dont le microscope ne révèle pas l'existence entre la membrane extérieure des cellules adjacentes chez les Phanérogames.
2° Le contenu des cellules est ou fluide ou solide, et souvent l'un et l'autre. Nous avons déjà dit deux mois des Guides. Quant aux solides, qui doivent leur origine à ceux-là , ce sont des corps granuleux, ordinairement colorés , qui ont reçu le nom d'endocbrôme ou de substance gonimique. Le premier de ces noms leur vient de la couleur sous laquelle ils se montrent à la vue; le second, de la faculté de se métamorphoser en cellules semblables ou analogues à la cellule-mère. Nous verrons plus loin les mouvements remarquables auxquels quelques uns de ces granules (gonidia) sont soumis au moment de leur sortie des cellules. Lorsqu'il existe un seul corps , on l'appelle endochrôme nucléiforme; s'il s'en rencontre plusieurs, ce sont des gonidies ou endocbrômes granuleux. Il arrive souvent que la cellule est vide de tout corps solide, et ne contient qu'un fluide. Quant à l'ordre du développement des cellules , il parait que celle qui enveloppe l'endocbrôme immédiatement préexiste à la cellule de nature amylacée , et que la formation de cette dernière précède celle de la cellule de Gelin.
ORG ANOGRAPH IE DES PHYCÉES.