‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 154 sur 170 · ORGANES DE VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE VÉGÉTATION

Nous allons examiner successivement dans les Zoospermées, les Floridées et les Pbycoïdées, trois ramilles dont se compose l'ordre entier des Phycées, le mode de combinaison des cellules, d'où résulte leur système végétatif (Phycoma) qui prend, selon les cas, les noms de tige (Cauloma , Kg.), de fronde (Phylloma, Kg.), de tube (Cœloma) , de filament (Trichoma) ou de vésicule.

Zoospermées, J. Ag. Dne.; Chlorospermécs , Harv. C'est dans celle famille qu'on rencontre les Algues les plus simples. Chez le Chlorococcum et le Protococcus , la fronde est réduite à une simple vésicule sphérique, verte dans le premier , souvent colorée en rouge dans le second. Cette fronde est oblongue dans le CylindrocyslU. Les Algues en question ouvrent la série végétale dans l'ordre des Phycées, comme VUslilago ou le Protomyces dans celui des Fonginées.

Dans les Nostochinées , les cellules, par leur enchaînement en séries linéaires, forment des filaments en chapelet , flexueux , immergés dans une gangue mucilagineuse qui les relie entre eux et dont la forme générale varie en se rapprochant toutefois de la globulaire. Les Rivulariées et les Oscillariées offrent aussi, au milieu d'un mucilage, des cellules tubuleuses , transparentes , incolores , dans lesquelles sont disposées sur une seule rangée d'autres cellules (endocbrômes) coniques ou parallélipipèdes, destinées à propager la plante-mère, avec cette différence, toutefois, que chez les premières les filaments qui constituent la plante partent d'une base renflée en vésicule et irradient en tous sens, tandis que chez les seconds ces filaments sont disposés sur un plan et rayonnent vers tous les pointa du périmètre d'une surface le plus souvent orbiculaire. Les Hydrodiclyées viennent ensuite, et se font remarquer par la réunion peniagonale de leurs cellules en une sorte de sac en réseau , dont le mode de reproduction n'est pas moins merveilleux que la forme de la plante elle-même. Les Zygnémées, dont M. Decaisne , se fondant sur leur accouplement, fait une famille à part sous le nom de Sysporées , se présentent sous la forme de filaments simples , cylindriques , cloisonnés

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ou articulés de distance en distance, lesquels ne sont que la répétition de la cellule élémentaire s' ajoutant à elle-même plusieurs fois dans le sens de la longueur. Avant le rapprochement qui précède la fructification, les gonidies qui forment les endochrômes sont disposées le long de la piroi des segments, soit en spire simple ou double (ex. Zygncma), soit en étoile simple (et. Thwaitesia) ou double (ex. Tyndaridea), soit enfin fins aucun ordre (ex. Mougeotia, lygogonium).

Les Confcrvées offrent plusieurs types, tous formés de filaments simples ou rameux, cloisonnés aussi , mais qui ne s'accouplent point pour la formation du fruit , celui-ci parcourant toute son évolution dans la cellule matricale, au moyen de la concentration des granules de chlorophylle qui la remplissent : nous verrons ailleurs par quel mécanisme. Dans la division des espèces de ce groupe que M. Massai nomme vésiculifères (OEdogonium, Lk. ), M. Meyen et lui ont observé une modification remarquable de la structure , qui consiste , selon ces savants , dans l'épaississcmcnt ou la stratification annulaire du sommet de chaque segment du filament.

Les Caulerpées se distinguent de toutes les autres Zoospermées par la continuité de leur fronde et surtout par l'espèce de tissu spongieux dû au feutrage de fibres dont la cavité de celle-ci est remplie en même temps que de gonidies. Ces fibres , sur lesquelles nous avons le premier attiré l'attention, naissent selon M. J. Agardh, des fibres spirales qui entrent dans la composition des cellules. On reconnaît d'ailleurs dans ces Algues deux systèmes, l'un constitué par une sorte de souche rampante, poussant des racines intérieurement et donnant naissance à l'autre , c'est-à-dire aux frondes flottantes. M. Decaisne a montré aussi que l'accroissement n'a pas seulement lieu en longueur, mais que, comme dans le Chamœdoris, la fronde acquiert de l'épaisseur par le dépôt successif de couches concentriques.

L'Acétabulaire , algue encroûtée de calcaire, et qui, pour celte raison, a longtemps milité parmi les Polypiers, a été fort bien étudiée dans ces derniers temps par MM. Délite, Meneghini, Kûlziug et Zanardini. Ils

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I ont peu laissé à faire pour compléter la connaissance de celle plante, si singulière par sa forme, qui imite une ombrelle ou un petit agaric. Elle est constituée par un tube vertical , du sommet duquel irradient deux couches d'autres lunes dtehotomes, horizontaux , soudés l'un i l'antre par un enduit calcaire et renfermant de nombreuses gonidies verdàtres , desquelles naissent les spores. Celles-ci s'échappent à la maturité par l'extrémité rompue des tubes les plus longs. Les Halimédées comprennent l'Anadyomène dont les tubes tri-ou multifides, réunis sur un même plan, forment parleurs anastomoses des expansions en éventail de la plus grande élégance , et le genre Halimeda chez lequel les tubes constituent par leur enchevêtrement un axe d'où ils irradient ensuite vers la périphérie en se divisant par dichotomies successives. Les frondes sont d'ailleurs encroûtées d'one couche épaisse de carbonate calcaire , qui masque complètement cette structure. De même que dans toutes les Algues recouvertes de calcaire , on ne peut bien voir cette organisation qu'après avoir dissous leur enduit par une immersion plus ou moins prolongée dans un acide affaibli. La place du genre Lemania est encore indécise, mais la structure tubuleuse de sa fronde, divisée à l'intérieur et de dislance en dislance par des verticilles de filaments horizontaux, moniliformes, dont les endochrômes deviennent des spores, cette structure, disons-nous, semble devoir légitimer la place que nous lai donnons ici, à moins qu'à l'exemple de M. J. Agardh , on n'en veuille former une petite famille ou une tribu distincte. Jusqu'ici , si nous exceptons les Palmellées et TAnadyomène, nous n'avons eu affaire qu'à des frondes filamenteuses , soit que les filaments fussent libres, soit qu'ils fussent reliés par une sorte de gangue gélaliniforme; nous voici arrivés à des frondes composées d'une ou de plusieurs couches de cellules hexaèdres à faces plus ou moins égales. Ces frondes peuvent être d'ailleurs creuse* ou membraneuses; ce sont les Clvaxées.

Floridées [voy. ce mot). Chorittosporées, Dne.; Iihodospermées , Harv. Au mot Flosi- DéF.s, nous avons déjà esquissé à grands traits l'organisation et la fructification de cette seconde famille,que distinguent surtout

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son double mode de reproduction et set brillantes couleur* , présentant toutes les nuances du rouge, depuis le rose le plus tendre jusqu'au pourpre brun ou violacé. Le tjstème végélatifest loin d'être uniforme dans les diverses tribus qui composent cette belle famille.

De même que dans toutes les autres Pbycées, la fronde est constituée uniquement par des cellules allongées, filamenteuses [Trichôma) ou courtes et polyèdres ( Phycoma , Phylloma). On peut dire qu'elle revêt deux formes principales ; dans la première, elle se présente sous l'aspect de filaments cloisonnes ; chez la seconde , elle est continue. Nous allons maintenant ei poser par quelles gradations successives le système végétatif s'élève depuis le Callilhamnion Jusqu'au Iklesseria.

La fronde des Céramiées (voy. ce mot) est filamenteuse et formée de cellules plus ou moins courtes , tubuleuses , placées bout à bout en série simple, comme dans tesConfervées , auxquelles , i part la couleur et le fruit, quelques genres de celte tribu ressemblent asset. Ces cellules ou endochrdmes sont reliées entre elles par un tube transparent, homogène, anhiste? ou, selon l'opinion de M. J. Agardb , composé de fibres très ténues et diversement entrecroisées, lequel s'accroît avec les cellules qu'il est chargé de contenir. On nomme cloison ou endopbragme la membrane qui sépare transversalement les cellules, et article ou segment l'espace compris entre deux cloisons. Cette forme de fronde est rarement simple; elle présente le plus souvent une ramification fort variée. Le tube général ou périderme enveloppe immédiatement l'endorhrôme(ex. Callilhamnion), ou recouvre une couche de cellules Juxtaposées (ex. Spyridia, Ptilota, Ceramium, etc.). Quelquefois même, de cette couche naissent d'autres cellules qui hérissent le filament principal d'un grand nombre de poils (ex. Callilhamnion dasytrichum).

Chex les Corallinées {voy. ce mot), la fronde , cylindrique dans le Jania , comprimée dans VAmphiroa, etc., se compose de cellules allongées, articulées, pressées dans l'aie de la plante, on elles forment une sorte de moelle interrompue de distance en distance ; puis , se courbant horizontalement

pour marcher vers la périphérie, elles se partagent en dichotomies dont les cellules sont de plus en plus petites. Dans les frondes planes des genres Melobesia et Maslophora , les cellules, beaucoup plus courtes, sont disposées parallèlement en une ou plusieurs couches suruo plan horizontal, comme dans le genre Peyssonnelia. D'où il résulte que cette structure a beaucoup d'analogie avec celle delà tribu suivante, si l'on veut bien faire abstraction de l'enduit calcaire dont les frondes sont toutes encroûtées.

Chez les Floridées à fronde continue , les cellules, le plus souvent uniformes, sont ou placées les unes à côté des autres sans ordre et sur un même plan, ou bien, sensiblement différentes entre elles quant à la forme , elles constituent une fronde cylindrique ou seulement comprimée. Celle ci se compose de plusieurs couches concentriques , dont l'une, parcourant longitudinalement le centre de la fronde , en forme l'axe ou le système médullaire, tandis que l'autre, ou les autres, irradiant horizontalement ou en arc, de cet axe vers la périphérie, en constituent la couche extérieure ou corticale.

Les cellules qui concourent i former la texture des frondes des Cryplonémées sont en général très déliées, mais se comportent différemment dans leur agencement dans les divers groupes de la tribu en question. Ainsi : 1° dans les Glœocladées, les filaments de la périphérie sont libres, moniliformes et n'adhèrent que faiblement entre eux au moyen d'un mucilage (ex. Kemalton , Crouania); 2" chez les Némastomées, le système exile , bien fourni (ex. (ridaa) on presque nul (ex. Calenclla), est quelquefois réduit i un seul tube articulé (ex. Olivia) on continu (ex. Endocladia), et i la couebe corticale , assez étroitement reliée par le périderme; 3° dans les Spongiocarpées, très remarquables par leur fruit tétrasporique, les cellules médullaires s'éloignent sensiblement du type général de la tribu, puisqu'elles sont heiagones et prismatiques, surtout dans le genre Chondrus, ce qui n'empêche pas que celles de l'écorce, devenues horizontales, an comportent absolument comme dans les autres Algues de ce groupe. La fronde est ordinairement cylindrique (ex. Polyides), comprimée (ex. Chondrus) ou plane (ez. PnyMophora) et même membraniforme (ex. Peyt-

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tonnetia). Les deux autres sous-tribus ou divisions , Gastérocarpées et Coccorarpées , reotrent dans la forme typique. Il est cependant quelques genres, et entre autres le Ge- Udiwn , où les choses n'ont pas tout-à-fait cette simplicité. Ici, en effet, nous voyons une couebe de grandes cellules arrondies entre les libres parallèles et entrecroisées , qui constituent Taxe , et la couche corticale formée de ûlamenls moniliformes. Ces di-

1 verses couches, concentriques l'une à l'autre, ont reçu les noms de slratum medullare, intermedium et corticale; et quand il en existe une quatrième, elle est désignée sous celui de s. subcorticale. Ou toutes les cellules sont vides de gonidies , ou bien elles contiennent des nucléus d'autant plus vivement colorés qu'ils avoisinent davantage la superficie de l'algue.

Dans les Lomentariées, la fronde tubuleuse ou. pleine,, ordinairement continue, rarement articulée, si ce n'est dans ses derniers ramuscules (ex. : Asparagopsis), est souvent interceptée dans sa longueur par des diaphragmes qui correspondent k des étranglements extérieurs. Ce sont des cellules globuleuses ou polyèdres qui la constituent, et ces cellules sont disposées sans aucun ordre, mais toutefois de façon que les plus grandes en occupent le centre, et que les plus petites rayonnent en chapelet vers la périphérie. Chez quelques unes (ex.: Laurencia dasyphylla), quatre ou cinq grandes cellules en entourent une plus petite placée dans l'axe de la fronde. Dans le Lomcntaria, les cellules corticale» adhèrent peu entre elles, et ne sont reliées, dans l'état de vie, que par une mucosité abondante.

La tribu des Rhodomélées, d'ailleurs beaucoup plus compliquée dans sou organisation que la précédente, renferme des espèces filamenteuses, articulées , et d'autres

, continues, soit cylindracées , soit membraniformes. Quelquefois même il arrive qu'où

, rencontra ces trois modes de structure dans le même genre et, qui plus est, dans la

. même algue. Chez les premières, nous voulons parler des espèces cloisonnées, les cellules sont placées bouta bout, mais en série multiple, les extérieures variables en nombre autour d'une grande cellule qui occupe l'axe ou le centre de la fronde (ex. : Polysiphonia). Les cellules périphériques sont sou-

vent dans toute l'étendue de la fronde ;ei. : Dasya), quelquefois partiellement (es. : Po~ lysiphonia elongata et complanata), recouvertes d'une ou plusieurs couebes de cellules plus petites qui en imposent à ce point qu'elles pourraient faire croire qu'on a sous les yeux une algue continue. La portion membraneuse des Rbodomélées continues est composée d'aréoles hexagones symétriquement placées les unes à côté des autres sur un même plan, d'où résulte un admira bip réseau qui fait de ces Algues une des plus belles choses de la végétation sous-marine et le plus bel ornement de nos collections. C'est ce dont on ne saurait disconvenir, quand on a vu la fronde du Claudea, aussi élégante dans sa forme anomale, que brillante par sa vive couleur. Deux autres genres de ce groupe, Volubilaria et Dktyurus, offrent encore une autre particularité, c'est que la partie membraneuse de l'un, réticulée de l'autre, se contourne en hélice, selon la longueur, et ressemble assez bien à un escalier en limaçon. Nous avons vu que la Dwriaa, parmi les Hépatiques, offre la mêma disposition.

La structure des Plocariées se rapproche singulièrement de celle des Lomentariées, dont elles diffèrent surtout par la fructification, ainsi que nous le verrons en son lieu. Les genres Uypnca et Plocaria peuvent en être considérés comme les principaux types. Entre cette tribu et la suivante, nous en avons établi une nouvelle, fondée à la fois sur les genres Fauchca et Bhisoghyllis. On

[ trouvera, aux planches 1 5 et 16 de la Flore d'Algérie, des analyses de ces deux genres.

I Nos Rbizophyllinéas se rattachent aux. Plocariées par leur structure., et aux Spongiocarpées par leur fructification.

Viennent enfin les Delessériées chez lesquelles la fronde, cylindrique ou membraneuse, et maintes foisl'uneetl'auireen même temps, est diversement organisée dans les deux cas. La fronde purement merabraoiforrae se compose exclusivemantde plusieurs couches de cellules courtes, arrondies ou polyèdres par suite de leur mutuelle pression, ce qui donne à ces plantes un aspect réticulé (ex.: Aglaophyllum). Chez quelques espèces, on rencontre «tes traces de veines saillantes on d'une sorte de nervure ramifiée qui disparaît bientôt, et n'est, te plus souvent, que

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la continuation du rétrécissement slipitiformc de l'Algue. Cette nervure est composée de cellules allongées, mais non filiformes ; elle devient une vraie tige garnie de fouilles pétiolées, dans le genre Dclcsseria, lequel, par ce caractère de végétation, est l'analogue du genre Sargasse de la famille suivante.

Phycoidées ( voy. ce mot ), Haplosporécs t Dne. ; Méîanospermées, Harv. Nous voici arrivés à une famille dont la place n'est pas encore définitivement fixée pour quelques pbycologistes , mais qu'à l'exemple de MM. Enficher et Harvey, nous maintenons encore au premier rang. Nous nous y croyons autorisé par cette considération que la fructification que l'on regardait autrefois comme simple, confirme par ses formes une distinction qu'on n'accordait qu'à la complication de l'organisation et à l'isolement des organes. C'est d'ailleurs chez cette famille que se rencontrent les espèces les plus gigantesques. Elle se dislingue des deux autres par sa couleur olivacée ou d'un brun olivâtre passant au noir par la dessiccation. C'est bien là son caractère principal, mais ce n'est pas Tunique, ainsi qu'on pourra s'en convaincre en lisant l'exposition abrégée que nous allons faire de ses diverses tribus.

Comme celles des deux précédentes, les espèces de celle famille se présentent tantôt sous la forme filamenteuse, articulée ou continue, tantôt sous celle de frondes membraneuses avec ou sans nervure, tantôt enfin avec un stipe solide qui s'épanouit en lames membraniformes, ou avec une vraie tige garnie de feuilles et de réceptacles discrets ou isolés. Parmi les Algues filamenteuses continues, nous trouvons les Vaucbériées, ■ dont les tubes simples ou irrégulièrement ' rameux sont flottants dans le sein des eaux ou fiiés au sol par des radicelles. Le genre Hydrogastrum est surtout remarquable par sa plus grande simplicité, puisqu'il consiste en une vésicule spbérique ou obovoïde dont la base fournit un système radicellaire qui pénètre dans la terre humide. L'intérieur des tubes des Vaucbériées est rempli de grains de chlorophylle. La tribu des Spongodiées se compose aussi de plantes chez lesquelles le système végétatif consiste en cellules tubuleuses continues, formant par leur réunion ou leur enchevêtrement des frondes globuleuses et creuses, cylindracées et funi-

formes, ou plaues et flabellées. Celle des Ectocarpées, qui vient ensuite, correspond aux Confervées dont elle a les filaments monosipboniés, cloisonnés, et les endoebrômes verdaires ou jaunâtres, mais dont elle i>e distingue principalement par ses deua fructifications latérales. Il existe encore, entre celte tribu et lesSpongodiées, un petit groupe dont le Dasycladus est le type, et chez lequel le filament principal, tubuleux, coutino, quelquefois annelé , porte des rameaux ou verticillés, ou fascicules, et réunis en touffe au sommet (ex. : Chamœdoris). Ce groupe a reçu de M. Endlicber le nom de Dasycladées, et de M. Dccaisne celui d'Aclinocladées que nous adoptons ici. En remontant toujours vers des organismes de plus en plus compliqués, nous rencontrons la tribu des Datrachospermées, aussi curieuse par sa structure que par son fruit. Nous retrouvons encore ici des rameaux verticillés, dichotomes, disposés autour d'un filament moniliforme, cloisonné, et ces rameaux eux-mêmes émettent à leur naissance des fibres qui descendent k long de la tige ou fronde principale, et la rendent en quelque sorte polysiphoniée. Toute la plante est enveloppée d'un mucilage abondant qui l'a fait comparer à du frai de Grenouille, d'où dérive son nom. La tribu des Spbacélariées est formée d'Algues à frondes cylindriques , tubuleuses , continues et munies à l'intérieur de cloisons plus ou moins espacées. Ces frondes sont rameuses, à rameaux mono- ou polysiphouiés, pennés ou distiques (ex. : Sphacelaria), quelquefois quadrifariés (ex. : Myriolrichia), d'autres fois enfin verticillés (ex. : Cladoslephus). Dans le groupe des Chordariées, nous voyons des cellules exiles, cloisonnées, longitudinales, donner naissance à d'autres cellules monosipboniées, horizontales et libres, qui rappellent, dans une série parallèle, le genre Nemalion.

Une fronde souvent stipitée , plane ou creuse, membraneuse, continue, composés d'une ou plusieurs couches de cellules le plus ordinairementquadrilatèresquila font paraître comme réticulée, constitue la forme typique de la tribu des Diclyotées. Chez quelques espèces, le stipe se perd dans la fronde, en donnant naissance à une nervure {cosla) qui en parcourt longiludinalement toutes les divisions. Celle des Sporochnnée

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s'en distingue par sa continuité, sa consistance cartilagineuse et sa ramiflcalion pennée ou diebotome.

La tribu des Lamioariées ouvre la série des Pbycoïdées dont la structure est ta plus compliquée. Ces plantes offrent toutes en effet un stipe solide , presque ligneux lorsqu'il est sec, qui se dilate en une ou plusieurs eipansions membraneuses, planes, foliiformes, diversement conformées. Dans les Macrocysles, le stipe devient une sorte de tige dont les rameaux s'épanouissent en feuilles. Cbez le Capta , la lame primordiale qui résulte de la dilatation du stipe porte, de chaque côté, des épines dont l'accroissement incessant en fait une fronde largement pennée ou bipennée. La lame des Lessonies se divise en dichotomies successives. Dans les genres Alariael Haligenia, le stipe comprimé est chargé sur ses bords de pinnules opposées. Ces pinnules renferment le fruit dans le premier, tandis que, dans le second, celui-ci se rencontre plutôt sur la base du stipe renflée en un énorme bulbe. La structure anatomique n'est pas la même dans la lame et dans le stipe. Dans ce dernier, de même que dans la tige des Macrocysles, on trouve plusieurs couches, en allant du centre a la circonférence: 1* La couche médullaire composée de fibres noueuses entrecroisées ; 2° la couche intermédiaire formée de cellules polyèdres irrégulières ; 3" une couche sous corticale dans laquelle se voient des lacunes remplies de mucilage et qu'on ne peut a percevoir que dans une section transversale; 4° enfin une couche corticale de cellules dressées et recouvertes par l'épiderme. La lame offre à peu près la même composition dans la Lessonie digitée et peut-être quelques autres; mais, en général, on n'y retrouve le plus ordinairement que les trois couches médullaire, intermédiaire et corticale. Dans la tige des Macrocyslis et le stipe du Lcssonia, on observe en outre, entre les deux premières, une couche de cellules tabulaires qui les sépare. Les lacunes, que M. Kûizing nomme casa mua fer a, ne sont point des vaisseaux, à proprement parler; leur paroi est composée de petites cellules et non d'un tube unique. On ne les voit pas dans une coupe longitudinale. Le genre Alaria présen te en outre des pores mucifères. Le genre J/acrocyslis, par sa tige rameuse etsurtout par le

renflement vésiculaire de ses pétioles, forme une transition entre les Laminariées et les Fucées etlesCystosirées. Le stipe de quelques Laminaires présente un renflement semblable ou analogue (ex. : Laminaria Ophiura).

Par la présence d'un stipe, le Dwvillaa et VEcklonia qu'on a pris longtemps pour des Laminariées | établissent le pesage de ce groupe à la tribu des Fucées, dont le genre Fucus est le type. Ce sont des Algues olivacées dont la fronde, le plus souvent dichotome, comprimée ou plane, porte des fructifications sur des réceptacles distincts. Les acrospermes et les basispermes sont réunis quelquefois dans le même conceptacle ou dans des conceptacles différents sur le même individu ou des individus distincts. Il y a des aérocystes. Une nervure parcourt souvent la fronde. Dans 17/tmanfftaiia, celle-ci naît du centre d'une cupule à court pédicelle. Le genre Hormosira est remarquable par sa forme en collier. Enfin le genre Scaberia est une Cystosirée à fructification de Fucéc. Dans tous les genres de cette tribu, nous trouvons une structure analogue à celle que nous venons de décrire pour les espèces de la précédente, avec cette différence que les cellules allongées qui entrent dans la composition de la couche médullaire sont anastomosées entre elles par des tubes de jonction horizontalement placés, et semblables à ceux qui fonteommuniquer entre eux lesfilamenls des Zygnémées au moment de la copulation.

Enfin dans la tribu des Cystosirées, la plus élevée de l'ordre des Pbycées, an peut reconnaître de vraies tiges, garnies de feuilles souvent péliolées, des vésicules natatoires (aérocystes) et des réceptacles de fruits , les uns et les autres discrets , c'est-à-dire manifestement distincts de la fronde. Mais ce sont surtout les genres Marginaria et Sargassum qui offrent les types du plus haut développement auquel puissent atteindre les Algues ; car le Cystosira a encore des vésicules rangées en série dans les frondes, et ses réceptacles rappellent un peu ceux des Fucées. Les vésicules sont mullicloisonnées dans VHalidrys ; elles sont confondues avec les feuilles, sous la forme d'une pyramide triquètre, dans le genre r«irei»ar/a. Quelques genres ne présentent point ces pores mucipares qui ne font presque jamais défaut sur les frondes et les aérocjstes des

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Cystosires et des Sargasses. Quant à l'organisation de U tige et des frondes des espèces de cette tribu , les belles analyses de M. Kutzing (Phyc. gen., t. 37) montrent qu'elle ne diffère pas de celle que Ton trouve dans les mêmes parties des Fucées.

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Dans ce qui précède, nous avons jeté un <oup d'œil rapide sur la structure des Algues et les formes diverses qu'elles revêtent, depuis la plus simple jusqu'à la plus compliquée ; pour compléter ce que nous avions à dire touchant leur végétation, il nous reste à mentionner quelques organes accessoires dont il n'a pu être question que transitoirement.

Ou périderme. M. Kutzing affirme (Phyc.

gen., p. 86) que la fronde de la majeure partie des Algues est revêtue (bekleidet) d'une surpeau qu'il nomme périderme, et il compare celui-ci à une grande cellule qui envelopperait entièrement la plante. D'un autre côté, M. J. Agardb (Alg. Médit., p. 58) professe une opinion contraire, et soutient que les Floridées, pas plus au reste que les autres Algues, ne sont recouvertes d'aucun épiderme. Ce qui en tient lieu, selon lui, c'est la cohésion des cellules de la périphérie. Il est évident que la question n'en est pas une pour plusieurs tribus des Zoospermées, puisque tout le monde comprend que les cellules endochromatiques des Conrervées, des Zygnémées et des Oscillaires doivent être reliées et maintenues en place par un tube général qui s'accroît en même temps qu'elles. La même chose se conçoit très bien encore pour les Céramiées et, en général, pour les Algues filamenteuses des deux autres familles. La présence du périderme n'est pas loutà-fait aussi manifeste dans les Algues continues; néanmoins nous croyons l'avoir constatée dans un certain nombre d'entre elles, sinon dans toutes celles que nous avons examinées, et nous n'éprouvons aucune répugnance à fadmettre. &I. J. Agardb (in Syst. hod. Alg. Adversaria, p. 29) revient lui-même sur sa première assertion, mais il explique la formation de cet épiderme prétendu par la condensation de ce mucilage, qui, dans les Glœocladées, est assez lâche pour permettre aux filaments rayonnants de

la couche corticale de rester isolés et sans adhérence.

Des racines. Toutes les Algues ne sont point fixées au sol; quelques unes reposent sur lui sans y adhérer (ex. : Protococcus, Fucus Mackayi) ; beaucoup d'autres, qu'on pourrait appeler sociales, parce qu'elles sont toujours réunies en grand nombre, nagent à la surface des eaux douces ou salées, libres de toute adhérence, même dès leur Jeunesse (ex. : Zygnema, Hydrodictyon, Trichodesmium, etc'.). Parmi les Pbycées adhérentes , les unes présentent une espèce de rhizome horizontal d'où naissent les racines qui vont se perdre dans le sable (ex. : Coulerpa). Par suite de leur tendance à croître de haut en bas, M. Kutzing assimile aux vraies racines des plantes les plus élevées celles qu'on rencontre dans les Conrervées, les Dietyotées , les Céramiées, les Polysiphoniées, etc. Chez ces dernières et chez beaucoup d'autres bydropbytes, l'extrémité des radicelles se dilate en une sorte de bouclier ou d'épatement évasé qui multiplie la surface des points d'attache et augmente les moyens de résistance. Au lieu de fibres radicellaires, la plupart des Algues présentent une sorte de callosité, une dilatation en forme de disque, qui sert à les fixer fortement au rocher. Ce disque atteint d'énormes dimensions dans les Laminariées, où il est quelquefois remplacé par des crampons rameux dont la grosseur et la force de résistance aux vagues sont toujours en rapport avec la longueur ou la largeur de la portion foliée ou membraneuse. On conçoit effectivement que ces fibres doivent posséder une grande puissance dans le Durvillœa et les Macrocystes, qui acquièrent des développements si considérables.

Des pores mucipares. Nous avons parlé plus haut des lacunes mucifères des genres Hafgygia, Lessonia et Macrocyslis; nous allons toucher quelques mots de ces pores (Cryptostoma, Kg.) qu'on rencontre dans les feuilles ou les vésicules aériennes de quelques autres Algues de la famille des Pbycoïdées. Ce sont de petites cavités arrondies dont le bord est un peu saillant et la paroi formée de petites cellules. On les observe dans quelques Dietyotées, dans le genre .Maria, mais seulement chez les individus stériles, et principalement dans les Fucées et

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les Cystosirécs, dernières tribus où elles font rarement défaut, même dans l'état de stérilité. Il « élève de leur fond une touffe de filaments déliés, confcrvoïdcs {Oryptenenwtfa.Kg.), qui croissent incessamment jusqu'au point de dépasser le niveau de leur orifice et auiquels, entTe autres usages, il a été attribué celui d'opérer la fécondation, c'est-à-dire de jouer le rùlc d'organe» mâles. Nous verrons plus loin quel est celui que la nature leur a réellement départi.

Des aérocystes. Ce sont des vésicules plus ou moins volumineuses que l'on trouve dans tesPbycofdées angiospermes et qui, au moyen des gax dont elles «ont remplies, favorisent la natation de ces faydropbyte*. Elles peuvent en occuper les tiges, les rameaux, les feuilles ou leur rétrécissement pétiolaire. Leur forme est sphérique, elliptique ou en poire. Elles sont ou solitaires et pédicellées, comme dans les genres Marginaria et Sargassum, ou placées à la file . Tune de l'autre, comme dans les Cyslosira. Tout semble prouver que, comme les réceptacles eux-mêmes, ce ne sont que des feuilles métamorphosées. M. KOtzing, modifiant sa première opinion, n'admet aujourd'hui de vraies aérocystes que dans les Sargassées; il regarde comme de simples boursouflements de la tige les vésicules conea té nées du Fucus et des Cystosires.

Mais il est évident que les unes et les antres ne sont qu'un état, une forme différente du même organe. L'analyse qui a été faite du gaz contenu dans les vésicules ou à leur surface a donné les résultats suivants, qui doivent au reste varier infiniment, et varient, en effet, dans une foule de circonstances, comme la température de Tair et de l'eau, la latitude, la saison, l'heure du jour ou de la nuit, etc.— Gaz intérieur, le matin avant le lever du soleil, 0. 17. A. 83. — Avant son coucher, 0. 36. A. 64.— Gaz extérieur, avant l'aurore, 0. 2! . A. 79.— Sous l'influence solaire, avant 10 heures du matin, 0. 53. A. 45.

Mais les Algues marines ou d'eau douce ne dégagent pas des gaz seulement dans des réceptacles spéciaux, comme les plus élevées de l'ordre; il s'en forme encore au sein de la gauguemucilagineuse dans laquellevivent et croissent beaucoup d'Oscillariées, de Coufcrves, etc. On en voit enfin se dégager

de la surface des Laininariées, sous certaine* influences atmosphériques.

OBCAXES DE REPRODUCTION.

Considérés d'une manière générale , les j organes de la reproduction des Phycées, ' assez variables quant à leur forme, se réduisent en dernière analyse à une ou plusieurs ce) Iules privilégiées donU'endocbronie, plus vivement ou autrement coloré, prend un développement relativement plus grand, et qui, à la maturité, se séparent spontanément des cellules voisines pour aller germer et reproduire un individu semblable de tout point à la plante-mère. Il y a deux choses à considérer dans les organes en question: 1° le corps reproducteur; 2° le conceptade.

Dans les Zoospermées. Il y en a de deux sortes , les zoospores et les spores.

Des soospores. A une époque déterminée de la vie de certaines Zoospennées , la matière verte cblorophyllaire contenue dans les endoebrômes des filaments, dans les cellules ou dans les tubes qui les constituent, subit une modification organique profonde, par suite de laquelle ils se transforment en corpuscules mobiles que M. J. Agsrdh nomme Sporidies, M Decaisne Zoojporcs, el M. Kûtzing Gonidia. Ces corpuscules sont globuleux ou ovoïdes et munis d'un appendice en forme de bec. On les a dbservés dans le Conferva antennina et le Bryopsis arbuscula (J. Agardh), dans les Cbstéries (Morren) , dans le Vaucheria clavalo (Uoger et Treviranus), dans le DropornaMia p'«mosa, VVlothrix zonata (Kutzing) et enfin dans le Bryopsis Bcdbisiana (Solier). Les mouvements commencent dans l'intérieur des cellules ou des tubes. M. J. Agardb affirme avoir vu les zoospores venir frapper de leur rostre un même point de la cellule et s'échapper ensuite par le pertuis qu'elles auraient réussi à y pratiquer. MM. Decaisne et Hassal nient la possibilité de cette perforation d'une paroi aussi résistante , par la simple action d'un corps mou et d'ailleurs faible, comme doit l'être le rostre d'une gonidle ou d'un zoospore. Il est plus rationuel de penser avec eux, en effet, que la sortie de ces corps se fait par des ouvertures que leur a ménagées à dessein la «sge et

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prévoyante nature. Quoi qu'H en soit, devenus libres, les zoospores s'agitent et s'abandonnent à des mouvements rapides »

toujours diriges vers la I ornière et qui paraissent instinctifs et volontaires. Ces mouvements, après avoir duré l'espace d'environ un quart d'heure, ne cessent qu'au moment où les zoospores se sont fixés sur les corps environnants. M. KQtzing dit avoir suivi toutes les phases de leur développement dans le Drayamalàlti, ce qui laisse peu de doute sur la puissance reproductrice de ces corps. M. J. Agardh rapporte aussi <tans tes termes suivants toute la morpbose des sporidies , telle qu'il l'a observée dans le Conferva œrea Dillw. La matière verte contenue dons reudochrdme est d'abord tout- à- fait homogène et comme fluide. Pfas elle- avance en âge, plus elle devient granuleuse. A leur naissance , ces granules adhèrent aux parois des cellules, puis s'en détachent, s*ai«* rendissent peu à peu et se réunissent au centre do rendochrôme en une masse d'abord elliptique et enfln 'spbérique. C'est aluns qu'on commence à observer dans la masse un mouvement de fourmillement.

Les granules qui la composent s'en séparent !*tin après l'autre et , devenus libres , .se meuvent dans la loge avec une extrême vitesse. Gn observe en môme temps que la membrane extérieure de l'article se gonfle en nn point. Là se produit un petit mamelon qui devient le point de dépars des granules mobiles. Peu à peu ce point mamelonné se perfore d'une ouverture par on s'échappent les granules métamorphosés en zoospores. En cet état, ils sont munis d'un prolongement antérieur assez semblable à un bec (rastrum) et d'une couleur plus pâle que te reste du corps. Tant qu'ils sont en mouvement dans la cellule, ils présentent constamment cet appendice en avant, comme slts devaient s'en servir en guise de bélier pour pratiquer Pouverture qui doit leur donner issue. Après leur sortie, ils perdent leur rostre , qui se replie sous leur corps , et continuent encore a se mouvoir dams le liquide ambiant pendant une à deux heures. Eaûn, ils so rassemblant en masses innombrables, et, s'attachent à quelque corps étranger, toit au fond du vase , soit à la surface de l'eau, ils ne lardent pas à germer et à se développer en filaments semblables

à la plante-mère. On observe la même chose, selon le même phyeologiste, dans les tubes du Bryopsis Arbuscula. Biais ce que ne dit pas M. Ajordb , c'est que le rostre des zoospores est armé de deux cils qui paraissent avoir échappé à son observation (1).

Des spores. Celles-ci résultent de la condensation de la matière verte contenue dans les cellules des UItcsou les endochrômes des Confortées et des Zyftnémées. Elles ont en général un volume infiniment plus grand que les zoospores et sont souvent revêtues d'un épispore simple on double. A l'époque de la maturité, ou bien elles restent simples, ou bien elles se partagent en quatre autres, dont chacune, comme Tes divisions d'un tétras pore ou des spores quaternées du Fmcïis nodosus, est susceptible de germer isolément et de propager la plante. Leur forme est arrondie ou ovoïde et, à l'Instar des zoospores, elles sont souvent, à la maturité, effilées en un rostre qui lenr donne celle d'une toupie. L'extrémité amincie , ou le bec, dépourvue ofeodnchrdme, porte deux cils filiformes dans les C. crispata et glomerata. Ces cHs, qui égalent la spore en longueur en la surpassent rarement, sont les organes locomoteurs-. La spore se meut ordinairement en dirigeant le rostre en avant, et tournoie dans le liquide par un mouvement vif do trépidation. La lumière exerce aussi une influence positive sur la direction du mouve* ment, qu'il est facile d'arrêter subitement en ajoutant au liquide un peu d'extrait aqueux d'opium on de teinture eTiode affaiblie. C'est dans ce moment qu'à un grossissement de 2*0 fois le diamètre, on pourra aisément distinguer les tentacule» dont le rostre es» armé. af. Tburet, à qui nous empruntons ces intéressants détails , • observé quatre cils ou tentacules dans la spore de rUXothrix zonata, du Chasiophora ékgans et dans celles des genre» UlwtBnleromorphn.

Il y a aussi constaté la présence d'un point rouge que M1. KOtzfng 7 mentionne également, circonstance qui rend cette spore tellement semblable a l'infusoire nommé Microglccna monadina Enrenb., qu'il devient Impossible de l'en distinguer. Les spores ovoïdes des vésiculiferesde M. Hassal ( Pro-

(1) Rapport hit à l'Artdenf* d« Science» d« tliurtw», p.r M. de Juuteu («Jectmtw* lS«*J. nr »" «Knolr* d»

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lifera, Vauch.; OEdogonium Lk.), portent autour de leur rostre une couronne entière de tentacule*, ce qui rend raison de la vivacité beaucoup plus grande de leurs mouvements. EnÛn , dans les Vauchéries , la spore a son épispore couverte de cils courts dans toute sa périphérie. Quant à la durée du mouvement, elle parait varier selon les espèces, et peut-être selon d'autres circonstance» inappréciables, mais parmi lesquelles les influences météorologiques doivent tenir le premier rang. C'est ainsi que M. Unger a suivi pendant deui heures les mouvements d'une spore en liberté dans l'eau , et que M. Tburet n'a pu les voir durer plus d'un quart d'heure, ce qui tenait sans doute , comme il le remarque lui-même , à ce que la spore était maintenue entre deux lames de verre. C'est vers huit heures du matin qu'a lieu la sortie des spores du Vaucheria, en sorte que l'œuvre entière de l'évolution de la spore s'opère dans les premières heures de la journée.

Mais toutes les Zoospermées ne se reproduisent pas par les deui sortes d'organes que nous avons examinées jusqu'ici. Dans les plus inférieures, les Protococcoldées, par exemple , il se passe des phénomènes si curieux, si singuliers que nous ne pouvons les passer sous silence. Plusieurs espèces de celle tribu ont été l'objet de travaux du plus haut intérêt et d'où il résulte que la place à assigner à ces organismes est encore aussi indécise que celle des Diatomacées. Il devient, en effet, difficile de prononcer, en présence des faits rapportés par M. Sbultleworlh , pour le Prolococcus nivalis {Bibliolh. univ. ie Genève, 1840), et par M. de Flotow, pour le Prolococcus pluvialis {Nouv. Acl. Acad. Nat. Curios., t. XX, p. 2), auquel des deux règnes, végétal ou animal, doivent être rapportés ces êtres dont les formes extrêmes présentent successivement les caractères de l'un et de l'autre.

M. de Flotow a décrit fort au long et avec une grande exactitude la série des transformations d'une petite algue microscopique , VHœmatococcus pluvialis ( Prolococcus , Nob.) jusqu'au moment où elle prend la forme d'un animalcule infusoire, puis jusqu'à celui où l'animalcule redevient une algue. C'est à Herschberg, dans le creux d'une roche granitique où s'était conservée

de l'eau de pluie , qu'il observa une matière rouge formée de vésicules sphériques de la plus grande ténuité, luisantes et remplies de granules de couleur carmin , dans les endroits encore humides. Sécbéc sur le papier, elle devint d'un rouge de cinabre. Avec le temps ces granules changèrent de couleur et passèrent au vert. A la fin de septembre , on commença à y apercevoir des mouvements manifestes : 1* des mouvements de translation en avant, mais en suivant une ligne courbe; 2* des mouvements onduleux de haut en bas et de bas en haut; 3 'des mouvements de rotation. Au 30 novembre , quelques globules s'allongèrent en filaments confervoldes; d'autres, ce qu'il est bon de noter, se réunissaient pour former des membranules ulviformes. Enûn, le 30 décembre, l'auteur observa un infusoire, VAstasia pluvialis, prochainement allié, comme les deux algues entre elles, kV Astasia nivalis. «Je ne » puis, dit-il , me refuser à penser que cet • Astasia, né de VHœmatococcus , n'en était » que le plus haut degré d'évolution. L'ana- » logie que je remarquais entre la nature et » la couleur des parties intérieures del'ani* m melcule et de la vésicule-mère , les inm nombrables formes intermédiaires que » présentèrent les aspects divers des états » transitoires entre les vésicules mobiles » tout-à-fait arrondies , d'abord médiocre- » ment, puis de plus en plus ovales ou al- » longées, lisses ou verruqueuses , permet- » taientà peine d'établir des limites absolues » entre les individus pbjtonomiques etioo- » morphes. On ne trouvera jamais Y Astasia » pluvialis dans un liquide où ne se ren- » contre pas VHœmatococcus. Entre ces deux » états d'un même être, on observe encore m d'autres rapports : ainsi V Astasia se mul- » tiplie par division (t), et sa lignée rede- » vient en partie de VHœmatococcus.» Ainsi, dans les vases où il était conservé , l'auteur a vu celui-ci se multiplier et se rapprocher des parois , tandis que dans le milieu nageaient des individus xoomorphes; mais il n'a jamais remarqué que l'J/oîffw/ococcu* se multipliât, lorsqu'il est abandonné au repos.

(i) An» pmoane* qa'mtf'rmfnt en qo«tlo«». ■«*'' ■• «iutlont tmp r*comai*Dd«r U lecture do bran tti«il *• notrt cuiiffrir, M. Laarrnt. *»r I Rydr». t«T*il 0> • ■»** rilé un piii d* l'Aridàuie d«» Scicam, rl fut • *t' l0** prima1 daot l« F oyû%» dt eimm»MHtêtH* é» torrttu ta

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Ce mémoire est suivi de considérations sur les mouvements phytonomiques, dues à l'illustre professeur Nées d'Esenbeck, et desquelles il résulte qu'en admettant un règne infusoirâ (l) divisé en deux ordres , c'est-àdire en micropbytes et en microzoaires , on ferait cesser par là tous ces doutes qui naissent des transformations, tantôt soutenues, tantôt contestées , de plantes en animaux et d'animaux en plantes.

Chez les Nostochinées, les spores ne sont autres que les gonidies elles-mêmes qui, par leur enchaînement, constituent la plante. Elles se multiplient par un dédoublement , c'est-à-dire que, devenues elliptiques, de globuleuses qu'elles étaient d'abord, elles se divisent en deux par une scissure transversale. M. Tburet, qui a observé la reproduction du Nosloc verrucosum, affirme que les cellules plus grosses qu'on voit ça et là dans les chapelets n'ont pas l'usage qu'on leur attribuait.

Dans les Rivulariées et les Oscillariées , c'est aux disques qui remplissent le tube que la nature a commis le soin de les reproduire.

L' Hydrodictyon offre un phénomène admirable dans la manière dont il se propage. Chacun des côtés du pentagone que représenté chaque maille du réseau se détache , se gonfle, et devient à lui seul un sac orga nisé sur le plan de la plante-mère. A cet effet , les granules contenus dans l'article , après s'être abandonnés à des mouvements fort vifs dans l'intérieur du tube, se déposent symétriquement sur sa paroi; et à une certaine époque, lorsque les rudiments du réseau existent, cette paroi se détruit et laisse l'article ou la Jeune plante libre de végéter par elle-même jusqu'à ce qu'elle ait acquis les dimensions de ses parents.

Dans les Zygnémées, on observe un rapprochement, une sorte de copulation, c'està-dire que deux filaments, dont, avant l'acte de fécondation (?) il serait impossible, à des caractères physiques , de dire quel est celui qui donnera , quel est celui qui recevra , se rapprochent dans toute leur longueur et émettent de chaque endochrôme un tube de jonction, par lequel passent de l'un dans l'autre tous les granules de l'un d'eux. Ce

(i) C«« fefetUKM ta Mft» p*jchoditU( d( Bot? «U

8ùat-Vtoc«aL T. X.

qu'il importe de noter ici , c'est que l'un de ces filaments est toujours donnant et que l'autre est toujours recevant. Les gonidies ou granules qui, par leur condensation, doivent produire la spore , forment d'abord dans les articles des filaments, des spires, des étoiles ou des croix. Au moment de la fructification, toute symétrie disparaît, et les granules passent successivement et avec ordre de l'un dans l'autre filament. D'après les observations de M. Hassal , la conjugaison de dem filaments ne serait même pas indispensable à la formation de la spore, car il l'a vue so produire dans quelques espèces par le passage des gonidies de l'un dans l'autre de deux endochrômes voisins, et dans quelques autres par leur simple condensation dans chaque endochrôme isolé, absolument comme cela a lieu chex les Conféras. Le plus souvent la spore occupe l'endochrôme lui-même , mais elle s'arrête aussi quelquefois dans le tube de jonction (ex. Ncsocarpu», Slaurospermvm). La spore , restée entière jusqu'à sa sortie de l'endochrôme ou du tube de jonction , peut encore subir la division quaternaire comme celle du Fucus nodosus (ex. Thwaite sia , Tt/ndarideo).

Chez les Confervées (voy. ce mot et coufebves), les spores résultent de l'union et de la contraction des gonidies contenues dans la même cellule ou dans deux cellules contiguès du même filament. Le passage de la matière d'un endochrôme dans l'endochrôme coutigu n'est pas un acte subit et instan tané, mais, au contraire, lent et gradué. H. Hassel , qui l'a observé dans ses Vésiculifèrcs (OEdogonium) , l'attribue à une attraction spéciale soutenue, quoique inégale, à laquelle obéissent les deux endochrômes. On ne rencontre jamais qu'une seule spore dans chaque cellule renflée, et cette spore, ellipsoïde, sphérique ou ovolde, est tout à fait semblable à celles de la tribu précédente. Leur dissémination s'effectue par la rupture des parois de la cellule matricale, rupture à laquelle doit puissamment contribuer la disposition annulaire dont nous avons parlé ailleurs. Dans le C. glomcrata en particulier , MM. Decaisne , Hassal et Tburet ont tu les spores s'échapper par un pertuis de l'endochrôme.

Les spores des Ulves se forment aussi dans les cellules du tissu de la fronde. La

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matière de l'endochrdme se divise crucialement en quatre portions que sépare le mucilage, lequel , venant a se concréter, forme autour de chaque portion, devenue spore, une membrane qui constitue leur épispore. La dissémination a lieu comme dans les Conferves, c'est à dire par un pertuis naturel ou par une déchirure des cellules.

Dans les Floridées. Les corps reproducteurs sont aussi de deui sortes dans cette famille (de là le nom d'Hétérocarpées, Kg.), et placés, pour chaque espèce, sur des individus distincts (1). D'après leur origine, qui est différente, ces organes ont reçu les noms 4e spores ( Spermatia, Kg. ) et de tétrasporea (Teirocaocarpio, Kg.; Sphœrosporœ, J. Ag. ).

Spores. Les spores des Floridées, à quelques exceptions près, tirent leur origine de la couche médullaire ou centrale de la fronde , que celle-ci soit cylindrique ou plane. Ellea sont arrondies , anguleuses ou pyriformes, et se forment le plus souvent dans les articles des fllaments qui viennent s'épanouir en gerbe dans le conceptacle. Quelquefois le dernier endochrôme seul se métamorphose en spore, ou bien les endochrômes suivants participent à la même transformation. De même que dans l'inflo* rescence terminale des plantes supérieures, c'est de haut en bas ou de dehors en dedans que s'opère leur maturation. Ces spores, dans les cas mêmes où elles sont disposées eu série quaternaire, diffèrent des tétraspores par la présence de l'endophragme qui les sépare. Sessiles ou pédicellées, elles sont revêtues d'un épispore simple ou double. Dans ce dernier cas, l'épispore extérieur a encore reçu le nom de périspore.

Tétraspores. Ceux-ci naissent presque toujours dans la couche corticale des frondes. Us ont successivement été appelés Anthospermes. Granules ternes, Sphérospores ,

(i) Opend.nl M. Z.mrd.nl nous ipprend [DtUi Cttti- (•«■». im C.ior. Bot. /<«/ ) qu'il ponede un esemplur* d'un* Oele*»er.«« «oUlucde l^taoj»»,//.*. «Uni («quel le» f roupt» {ion) de» trlraipom m rencontrent ta tocnmrt dt» >.-,ment» de la mitât (ronde, k U b»*è de laquelle to'it pUcr» Irtcoctidie». On troue* no mire fait analogue énoncé p*r M. CreTill* (Ait. Bht, p. 1J0); e'ert un mdlvldu de l<l.r:i„iJ»,ra mf*>tr,nJolf. wr lequel croi»»»lent ,.*le-n.*le «J<» nritistliértr» «t de» coticeptacU». Enfin M. Suhr (Âr(h. dt H t . I, p. 3:6) r»rP°*M l'eiempl» d'un PofyuphoHim offr.nt i>ir le to#me individu In deut ton»*» dt fruit. Ce «ont U du «aopi. e».

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Tétrachocarpes et VtricuUs spot ophores. Or-f dinairement globuleux, rarement oblong, ou ellipsoïdes , ils sont primitivement continus, et ce n'est qu'à mesure que l'algue approche du temps de la maturité que leur nucléus se divise en quatre portions , qui deviennent autant de spores {Spermalidia, Kg ). Reofermés à leur naissance dans une cellule matricale gélatineuse, transparente, qu'on nomme périspore, ils s'en échappent plus tard , soit que celle-ci se rompe, soit que la résorption s'en fasse. Leur place n'est pas moins variée que leur forme et le mode de conjugaison des quatre spores entre elles. On les trouve, en effet, isolés et nus le long des ramules (ex. Spyridia), ou réunis en plus ou moins grand nombre dans l'aisselle d'un involucre , constituant ainsi ce que plusieurs phycologistes nomment un Glœocarpe (ex. GriffUhsia)', ou bien, résultant de la métamorphose d'un ou plusieurs eodochrômes, ils donnent au rameau, originairement cylindrique, dans lequel ils sont nés, une forme lancéolée ou alractoïde, modification commune dans la tribu des Rhodomélées, où elle porte le nom de Stiebidie (ex. Polysiphonia , Dasya). Dans le genre Sirospora, ils occupent le sommet des ramules, et sont rangés , au nombre de 3 ou 4, à la flte l'un de l'autre, comme les perles d'un collier. Les tétraspores se développent encore dans les cellules de la coucha sousépidermique des Floridées à fronde continue; et là, on les rencontre ou irrégulièrement épars, comme, par exemple, dans lea Plocariées, ou réunis dans un espace circonscrit de la fronde (ex. AglaophyUum), ou enfin placés sur des appendices foliacés, auxquels cette fonction est dévolue, et que l'on nomme pour celte raison Sporophjlles (ex. Delesseria). Dans quelques genre* des Cryptonémées , ces tétraspores sont nichés entre les fllaments cloisonnés qui rayonnent d'un point de la périphérie de la fronde, et constituent ces verrues hémisphériques, qui ont été désignées sous le nom de Nérnathéciei dans les Spongiocarpées (ex. Chondnts norvégiens). Bien plus, nous avons constate* (et les dénégations de M. J. Agardh ne peuvent rien contre l'observation plusieurs fois répétée d'un fait) qu'ils pouvaient résulter de la métamorphose des endocbrôrnes de ces lîlamcnts eux- mêmes ( ex. Gymnogongna

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Griffithsiœel PUyllophora Hercdia{\). Il est enfin un autre mode d'évolution propre i ces organe* , et qu'on pourrait considérer comme l'inverse du précédent, c'est celui que nous avons Tait connaître à l'occasion du genre Ctenodus (voy. ce mot).

Nous avons annoncé que le tétraspore , parvenu i sa maturité, se séparait en quatre spores. Cette division, loin d'être uniforme, se fait de trois façons différentes; ou bien elle a lieu triangulairement {Spermalidiaquadrigemina obliqua Kg.), chaque portion représentant un tétraèdre dont une des faces est conveie (ei. Gelidium corneum); ou bien elle a lieu crucialement (Sp. quadrigemina reclangularia Kg.)» c'est-à-dire suivant deux plans qui passeraient par les deux axes longitudinal et transversal du tétraspore (ex. Gelidium peclinalum); ou bien encore, et cela s'observe surtout dans les formes oblongue ou elliptique, elle s'opère transversalement [Sp. quadrijuga Kg.), de façon que les deux tranches moyennes sont disciformes , et les deux extrêmes hémisphériques. Bientôt après leur sortie de la cellule périsporique, chacune des divisions du tétraspore constitue une spore parfaitement sphérique.

Dans les PhycouUes. Le fruit des Pbycoldées soulève en ce moment les plus hautes questions, et nous ne pensons pas qu'il soit encore possible d'y répondre avec certitude. Nous allons donc, en attendant que de nouveaux documents, qui s'amassent en ce moment, viennent y jeter du jour et en amènent la solution vivement désirée, nous allons, disons-nous, exposer sommairement l'état actuel de la science sur ce point. Dans la famille en question, le fruit, ou, pour parler plus exactement, les organes de la reproduction se composent de spores, d'antbéridies (?), de zoospores et de paraphyses.

Des spores des Pkycotdées. Les spores sont les organes que nous désignions autrefois (Afe'ro. sur le Xiphophora) sous le nom de fructification basisperrne. Si elles sont nues, c'est-à-dire externes , on dit l'Algue gym • nosperme, et on la nomme angiosperme quand elles sont contenues dans un conceptacle. Dans l'un et l'autre cas, ce sont des corps sphériques, ovoïdes ou pyriformes, dont la couleur est vcrdàtre, olivacée, puis

(i) V. encore Kulxin|, r*r<*/. gtntr., t. LXX, II, 4.

brune. Ils se forment toujours dans une cellule périphérique ou superficielle, que celle-ci fasse partie de la couche corticale de la fronde , ou de la paroi du conceplacle. La cellule grandit avec son nucléus et lui sert d'enveloppe ou de périspore. Les spores sont externes {Gymnocarpium, Kg.) dans lesDiclyotées et les Eclocarpées, nues ou seulement accompagnées de quelques paraphyses (ex. Asperococcus). Elles sont involucrées dans les Vauchéries, latérales ou terminales, sessilesou pédonculées; on les trouve cachées entre les filaments rayonnants du Mesogtœa, entre les paraphyses des Laminariées, ou dans l'intérieur des conceptacles des Fucées, des Cyslosirées et des Sargassées. Les spores sont continues, ou bien elles se partagent avant ou après leur sortie du conceptacle en deux , quatre ou huit portions , qui constituent autant de spores capables de germer isolément. La division quaternaire a été observée pour la première fois sur le Fucus nodosus par MM. Crouan et Dickie , sur les Xiphophora et Durvilleta par MM. J.-D. Hooker et Harvey, et enfin par ce dernier sur le Fucus Mackayi; celles binaire et oclonaire par MM. Decaisne et Thuret, la première chez le Fucus canaliculatus, la seconde sur le F. vesiculosus (?). A la maturité , les spores incluses se détachent de la paroi du conceptacle, tombent dans la cavité de celui ci, et en sortent par le pore apicilaire. Leur sortie est facilitée par l'abondance du mucilage qui baigne alors toutes les parties. Ce n'est qu'après qu'elles sont devenues libres, qu'elles se subdivisent. Chaque portion offre un épispore couvert de cils, comme dans la spore des Vauchéries, mais aucun mouvement n'a été observé dans ces cils.

Zoospores des Phycoidces. Quelques zoospores ont été observées dans la famille qui nous occupe. M. J. Agardh assure eu avoir rencontré dans les Ectocarpes et le hlesoglcea, sans pouvoir découvrir le lieu de la plante d'où ils étaient sortis, et M. Crouan dans VElachistea. Au moment où nous écrivons ces lignes , le Bulletin de VAcad. des Se. de Bruxelles (novembre 1846) nous apprend que M. Thuret , poursuivant ses recherches sur les Algues vivantes, vient de communiquer le fait curieux et nouveau de Laminaires, ces géants delà végétation sous-

marine, reproduites au moyen de mot pores d'une excessive petitesse.

Anthéridies{f). Ces organes, sur la signification physiologique desquels on n'est pas encore bien d'accord , ont reçu successivement les noms de filaments, fibres, microphyles, fila sporigera , paraspermatia, acrospermes, etc., selon l'idée qu'on s'est faite de leur nature et de leurs fonctions. Ils consistent en filaments articules , rameux, très courts et comme rabougris dans les Sargasses, plus longs dans les Cystosires, quelquefois moniliformes, et dont le dernier endocbrome, plus gros, ordinairement elliptique, renferme des granules. Ils sont placés soit dans le même conreptacle que les spores (Monoclinie, ex. HaUdrys), soit dans des conceptarles différents sur le même individu (Monœcie, Diclinie, ex. Xiphophora) , soit sur des individus distincts (Diœcie, ex. Mmanthalia). Les antbéridies existent dans toutes les Fucées, dans les Sargasses et les Cystosires, etc. Nous reviendrons plus loin sur ces organes , lorsque nous traiterons de la sexualité des Algues (1 ).

Paraphyses. Ce sont des filaments confervoïdes, ordinairement simples, qui accompagnent quelquefois les spores externes, et qu'on rencontre toujours dans les spores incluses , tantôt seuls , tantôt avec les acrospermes. Us naissent, comme ceux-ci, des parois, et convergent vers le centre du conceptacle. On les voit souvent faire saillie en dehors de l'ostiole pori forme de celui-ci

DU CONCEPTACLE.

Dans les Zoospermées. D'après ce que nous avons dit précédemment du mode de reproduction des Zoospermées, on peut se convaincre qu'il n'y a chez elles d'autres conceptacles que les cellules privilégiées dans lesquelles se sont développés soit les spores , suit les zoospores. De là résulte une analogie manifeste entre la première de ces fructifications et la tétrasporique des Floridées. Il n'y a donc, pour ainsi dire, point de localisation du fruit, toutes les cellules de la fronde étant presque également propres à le reproduire et à le recéler. Les Zygnémées semblent toutefois faire une exception à cette

(t) Le» rorpi qa« M. Kataiaf a oberré* dan* In conrrptwlc. d.. l'totemtum rtrfu D*tr* »« *f mblrnt p.* ,u»ctpt.blc» C'iut comparé* tut antfatridira dr« Pbyrûdfek

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règle, puisque l'un des filaments accouplés est toujours donnant, et l'autre recevant.

Dans les Floridées. Les coneeptacle«(Cystocarpia, Kg.) contiennent les spores et présentent dans leur forme, selon les tribus, des variations auxquelles ont été attachés des noms divers. Nous allons les examiner. Et d'abord, indépendamment des spores , il Y a deux autres choses à considérer : 1* le placenta; 2* le péricarpe ou sporange. Le placenta (Spermopodhtm, Kg.) est axile, nul ou peu apparent dans les Polysipbonies, convexe ou hémisphérique dans le Thamnophora Seaforthii, et, dans ce cas, il esteelluleuxou» fibreux. Dans le Sp h crrococcvs coron opifo fias, il forme une sorte de gerbe dont les spores seraient les épis. Il est pariétal dans les Cbétangiées, et principalement dans le Nolhogenia , c'est-à-dire que les filaments sporigènes forment des faisceaux qui partent de tous les points de la loge, et convergent vers le centre, comme dans les Fucées et les Cystosirées. Le sporange {Spermanghtm , Kg.) parait oblitéré chez les Floridées ou le fruit conceptaculaire est caché dans la fronde ; mais, dans le plus grand nombre des cas, il fait saillie à l'extérieur. Il est clos ou indéhiscent, ou bien percé au sommet d'un pore plus ou moins apparent , quelquefois même muni d'un ostiole ou d'un rostre. Chez les Céramiées, les spores sont oblongues et renfermées, d'une manière lâche, dans une membrane hyaline et sphérique. Cet appareil , qu'on nomme Favelle, est axiliaire ou terminal, nu ou maintes fois involucré, c'est-à-dire muni à sa base de quelques ramilles avortés. Le sporange des Corallinées est ou inclus dans la fronde (ex. Melobesia), ou bien il termine les ramules, et se renfle alors pour revêtir la forme d'un petit œuf (ex. Corallina). Il n'a reçu aucun nom particulier. Quoique les Cryptonémées offrent, en général, à peu près le même appareil que les Céramiées , néanmoins cette forme de fruit, par la place différente qu'elle occupe dans les subdivisions de la tribu, a mérité de recevoir un nom différent, et s'est appelée une Faveilidie. C'est ainsi que les Favellidies sont nues ou presque nue dans les Glœocladées (ex. Nemalion lubriewn) ; ou cachées entre les filaments rayonnants de la couche périphérique de la fronde dans les Némastomées (ex. Calenella Opuntia);

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ou nichées dans une excroissance verruqueuse (Némathécie) de cette même couche chez les Rhizophyllinées et les Spongiocarpées (ei. Rhizophyllis dentata) ; on enfouies jusque sous la couche corticale dans les Oastéroearpées (ex. Ginannia furcellata) ; ou enfin contenues, soit dans une protubérance mamelonnée de la fronde, terminée par un pore (ex. Grateloupia verrucosa), soit dans an réseau propre, comme dans le genre Gigartma. U. J. Agardb , qui a imposé tous ces noms, que nous avons cru de notre devoir d'historien de rappeler, bien qu'i vrai dire nous n'en sentions pas l'absolue nécessité , donne encore celui «ie Céramides aux conceptacles des Choodriéfcs et des Rhodotnélées. Ici, le sporange est spbérique, ovale ou urcéolé , et percé au sommet d'un pore plus ou moins ample. Il renferme des spores pyrifbrmes, fixées par leur extrémité la plus mince a un placenta axile ou basilaire, et revêtues d'un périspore quelquefois très lâche. Enfin dans les Delessériées etlesPlocariées, le conceptacle a reçu le nom de Coccidie. Celleci, spbérique ou hémisphérique , contient, dans un sporange celluleux dont la déhiscence a lieu par déchirure, des spores oblongues, agglomérées et fixées a un placenta central.

Dans les Phyccîdées. Ici les conceptacles (Angiocarpia, Kg.; Scaphidia, J. Ag.jont la même origine et à peu près la même forme que dans certaines Floridées. Formés dans la couche corticale de la fronde, ils ne sont séparés de la médullaire que par une ou plusieurs couches de cellules. Peu saillants au dehors , on observe à leur sommet un pore (Carpostomium , Kg.) destiné à livrer passage aux spores à la maturité. C'est de leur paroi que naissent intérieurement , et convergent vers le centre de la loge, les spores jeunes, les anthéridies et les paraphées. Ces conceptacles, ou bien sont épars sur toute la fronde (ex. : Himanthalia, Xi- Phophora, Carpoma, Kg.), ou bien sont réunis au sommet des frondes en un organe qu'on nomme réceptacle et qui conflue avec elle dans les Fucées , mais qui en est toutà-fait distinct dans les Cystosirées. H n'y a point de conceptacle proprement dit chez les Laminariées. Les spores y sont placées debout entre des parapbyses dont l'agrégation constitue, de chaque côté de la lame ou sur

la stipe, des sortes de macules (sort), qui ne sont pas sans analogie avec la lame proligère des Lichens.

Il est encore quelques organes accessoires dont les fonctions encore mal connues peuvent être rapportées à la reproduction : ce sont les Spermatoldies et les Pseudo-spores. Nous ne parlons pas des Acrospcrmes dont il a déjà été question, sur lesquels nous reviendrons encore , et que H. Kutzing énumère sous le nom de Paraspermatia dans cette catégorie.

Spermatoîdies (Anlheridia, Mengh.; Propagula, J. Ag. ). Elles existent dans les Ectocarpes et les Mesoglœa, et naissent dans ce dernier genre à la base des filaments rayonnants , dont elles ne sont probablement qu'un rameau transformé par arrêt de développement. Elles sont scssiles ou stipitées, simples ou bi-quadrifides au sommet , lancéolées , ovoïdes, acuminées, etc. De nombreuses gonidies vertes, disposées par séries linéaires longitudinales et transversales, les constituent en entier. M. Kutzing rapporte en avoir vu dans VOdonthalia ; mais ces dernières , de même que celles observées dans le Laurencia par M. Greville, ont- ils bien réellement la même organisation que celles des Mesoglœa, et doivent-elles leur être comparées? C'est ce que nous ne sommes pas à même de décider.

Pseudo-spores (Opseospermata , Kg.). Le professeur de Nordhausen a encore observé dans son Stygeoclonium , et figuré d'autres organes qu'il prend pour des corps reproducteurs et qui diffèrent des spores , selon lui , par leur moindre volume et l'absence de toute tunique propre. Quant à ceux qu'il a aussi rencontrés dans les genres Alaria et Haligenia, nous pensons qu'il serait plus convenable de les considérer, ainsi que ceux des autres Laminaires (voy. nos analyses, Fl. d'Alger. , t. 8, fig. n , et t. 9, Hg. b ), comme des anthéridies ou des acrospermes mêlées aux vraies spores. Les recherches ultérieures de M. Thuret mettront probablement celte supposition hors de doute.

PHYSIOLOGIE DES PHTCÉF.S.

Les fonctions principales des Algues sont la nutrition et la reproduction , et celles qui

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sont dam leur dépendance, comme la végétatîon ou l'accroissement en longueur et en grosseur, la germination, etc.

De la nutrition. De même que les Lichens puisent exclusivement dans l'air atmosphérique , et par toute leur surface , les matériaux qui doivent servir à leur nutrition, de même aussi les Phycées trouvent dans le liquide ambiant tous ceux qu'elles s'assimilent. C'est un nouveau rapport entre les Aéropbycées et les Hydropbycées. Tandis que dans les végétaux supérieurs la matière nutritive est a la fois pompée par les racines et absorbée par les feuilles , dans ces deux classes de cryptogames , c'est la surface entière des frondes qui devient la voie par laquelle s'introduisent les éléments de la nutrition. Ainsi, dans les animaux, il y • inlussusception, dans les Lichens et les Phycées extutiusceptùm, qu'on veuille bien nous passer ce terme, et dans les plantes supérieures tout à la fois intus- et exlus-susception. Ce qu'on nomme racines dans la plupart des Algues doit être plutôt considéré comme un moyen de fixation que comme un organe d'absorption, excepté peut-être dans quelques espèces, qui vivent en parasites sur d'autres Phycées. Dans une espèce terrestre, le Vauclieria Dillwynii, M. Kutiing a constaté qu'un courant ascendant de sucs peut se porter des radicelles dans les tubes de cette plante. Une différence notable dans la structure parenebymalique des frondes âgées et des Jeunes frondes du Sphœrococcus coronopifolius lui fournil aussi une preuve , que , même dans celles de ces plantes dont la structure est plus compliquée, il s'opère un mouvement ascendant de la matière alibile. Mais, sans avoir recours à l'action vitale, comment expliquer le phénomène de l'absorption de celte matière et celui de sa transformation en tissu végétal? L'endosmose pourrait bien Jusqu'à un certain point rendre raison du premier ; quant au second , cette puissance dont les chimistes et les physiciens sont généralement disposés à tenir peu de compte , la vie seule peut l'opérer. Nous ne saurions donc , sans nous égarer , pénétrer uien avant dans le labyrinthe des mystérieux procédés que la nature met en ceuvre pour accomplir cette fonction. Ajoutons toutefois que l'eau étant le grand véhicule des matériaux alibiles, les plantes qui

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nous occupent doivent y trouver , indépendamment des substances qu'elle tient en dis* solution , an très puissant moyen de nutrition. On a encore remarqué que, parmi ces plantes, les plus élevées dans la série ne vivent que dans les eaux salées, et que même leur nombre est en corrélation avec te degré de salure des différentes mers.

De l'accroissement. De quelque manière que tes sucs nutrilifs parviennent dans l'intérieur des cellules du tissu des Algues, ces cellules s'allongent et se multiplient, et de là naît l'accroissement. Or , le mode de cet accroissement ne semble pas différer de celui des autres végétaux, puisqu'il a pu servir à plusieurs physiologistes à en expliquer le mécanisme. Dans ses ingénieuses recherches sur le développement du Marchantia, M. de Mirbel nous avait déjà initiés au mystère de la multiplication des utricules du tissu végétal. Cette multiplication peut avoir lieu : 1# Par division; T par conjugaison; 3° par interposition ; et 4* par juxtaposition. Nous avons un exemple du premier mode dans l'accroissement des Conferves, où le dernier endoebrôme du Clament, après s'être allongé, est partagé en deux autres par une cloison transversale. Celle-ci croit peu à peu en s'avançant circulairement de la paroi vers le centre jusqu'à occlusion complète du tube. Les rameaux naissent du sommet de l'article, et se divisent en segments ou endoebrômes par le même artifice. Ce qui se passe dans les endochrômes d'une Conferve se répète dans les cellules qui composent le tissu de la plupart des Algues (voy. Kûtx., Phyc. gen., t. 80, fig. 3: Ulothrix zonata; etThwaites, Ann. and. Mag. of nat. Hist. Jul , 1846 , p. 15-23), car ce mode de multiplication est le plus général, même dans les plantes phanérogames , où la division quaternaire des granules polliniques en montre l'exemple le plus frappant. Les Zygoémées, par la production du tube latéral qui réunit les filaments au moment de la reproduction, fournissent un autre exemple remarquable du mode de formation des tissus par conjugaison , que l'on retrouve encore dans VHalimeda et dans les Fucées. Le troisième mode, ou le développement intercellulaire , a lieu dans une foule d'Algues de tribus fort diverses. Il parati devoir son origine au mucilage interposé qui n'aurait, dit-on, qu'à se con-

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créler pour la production d'une cellule. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse , qui n'est pas la nôtre » les cellules de nouvelle formation sont semblables aux anciennes ; eeulement ' elles sont plus petites, leur dimension étant en rapport avec l'espace intercellulaire. Quelquefois elles entourent comme d'un anneau les cellules primitiTes. Enfin, dans l'accroissement des Algues par apposition, à l'extérieur d'une vieille cellule, il s'en forme une nouvelle, qui commence par un globule, et grossit peu à peu en restant toujours unie à la cellule-mère dont elle semble n'être qu'une prolification. On trouve des exemples de cette apposition dans les Algues à rameaux verticillés, comme les Batrachospermes , le Dasycladus et même dans le Callithamnion.

Une chose digne de remarque, c'est la promptitude avec laquelle se développent certaines Algues d'eau douce, telles que les V au chéries et les Oscillaires. M. KQtzing nous apprend que les Oscillaires qui habitent les eaux thermales croissent avec une grande rapidité, et que cette rapidité est toujours en raison de la vivacité des mouvements que ces plantes exécutent. VOscillaria limosa est surtout remarquable sous ce rapport. Si l'on en place tant soit peu sur une feuille de papier humide et qu'on entretienne la moiteur de celui-ci , les filaments croissent et rayonnent à vue d'œil, et finissent même par envahir et recouvrir le papier en entier. Les rayons s'allongent de 12 i 1 5 millimètres en une heure. L'allongemcn t en question sera encore plus facilement appréciable, si l'on place cette Oscillaire sous le microscope, de manière que l'extrémité d'uu filament corresponde au foyer. L'accroissement est si prompt que ce sommet a bientôt disparu du ebamp de la vision. M. Thuret a observé aussi la facilité et la promptitude avec lesquelles germent et s'accroissent les Vauchéries. Il a vu aussi leurs filaments s'allonger visiblement sous le microscope, et croître de 3/20 de millimètre par heure.

De la reproduction. Quel botaniste ignore que les plantes se propagent au moins de deux manières et par des organes différents? Dans le premier cas, l'organe (bourgeon, bulbille, propagule, coccidie, gonidieou gemme), quelque nom que Ton veuille lui donner, est le simple produit de l'acte nutritif ; dans le

second, l'organe exige en outre pour son développement ultérieur une opération, la fécondation, qui suppose le concours des deux sexes. Cet organe, ainsi modifié, reçoit alors les noms de graine, de semence ou de séminule. Dans la reproduction par gemmes, le développement n'est qu'une évolution ou simplement une nutrition continuée, par suite de la propriété qu'a l'organe en question de s'assimiler de nouveaux matériaux alibiles. Mais, indépendamment de la même propriété dont jouit l'organe fécondé, il conserve encore, pendant un temps plus ou moins long, après qu'il a été séparé de la plantemère, la faculté de germer et de se développer. Le bourgeon, la gemme, la propagule, meurent, si, à l'instant de leur séparation, ils ne se trouvent pas dans des conditions favorables à leur évolution ; la semence et la séminule, au contraire, reçoivent de l'acte même de la fécondation la puissance de résister, pendant un temps qui varie selon les espèces, aux causes qui rendent les premiers stériles.

De la sexualité dans les Phycees. C'est encore une grande question parmi les phycologisles de savoir si les Thalassiophytes sont ou non pourvues des deux sexes. Cette question n'est toutefois pas nouvelle, car Réaumur, qui a essayé le premier de la résoudre par l'affirmative, a publié ses mémoires en 1711 et 1712. On sait que ce savant attribuait le rôle d'anthères aux filaments confervoldes qui s'échappent des pores mucipares. Plus tard , Correa de Serres, ayant remarqué la turgescence de la masse mucilagineuse qui a lieu au temps de la fructification dans les conceptacles des Fucées et des Cystosirées, crut qu'on pouvait regarder ce mucilage comme la matière fécondante. Il est évident qu'en émettant cette opinion il ne s'avançait pas beaucoup; car comment prouver le contraire? Comment soustraire les spores à l'action du mucus? Mais aussi, d'un autre côté, comment arriver i s'assurer de l'exactitude d'une assertion si gratuite, d'une hypothèse ingénieuse, si l'on veut, \ mais qui ne s'appuyait sur aucun fait? L'espèce de copulation des filaments de plusieurs Zygnémécs est venue aussi donner quelque vraisemblance i l'idée que les Algues n'étaient pas entièrement dépourvues de sexualité; mais, daos ce cas- là même, il est diffl-

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