‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 160 sur 170 · GOSSES · texte numérisé non relu

GOSSES

•PHY9ELMIA. beli. — Synonyme de Cysloldes dans Raflnesque {Analyse dô la nature), n y place les genres Cytlicercus, Cystktkola, Polycephops ou Polycephaltu, Vesicaria, Bydalus, Physeimù, Cysliolus et Bicortims. (P. G.)

•PBY9ELMT9 mur— Genre d'Hydatides indiqué par Rafinesque, mais non décrit.

PUYSEMATIL'.M , Kaulf. (in Flora,

1829, p. 341). «oi. ca — Syn. de Woodsia, R. Brown.

PHYSENA (?ûra, vessie), bot. pb. — G.

dont la place dans la méthode n'est pas encore fixée. Il a été établi par Noronha {ex Tkouars Madagasc.,n. 20)pour desarbustasdeMadagasrar, dont les principaux caractères sont : Calice très petit , à 5-6* divisions. Corolle nulle. Étamines 10-12, et quelquefois plus, beaucoup plus longues que le calice; filets très minces; anthères oblongues, acuminées. Ovaire supère , très petit, 4-ovulé. Styles 2, linéaires. Fruit capsulaire, membraneux , renflé, uniloculaire, acuminé.

Graine unique, couverte d'un tégument coriace; cotylédons charnus, réunis en une masse solide; radicule latérale.

La Phys. Madagascariensis , seule espère du genre, a les feuilles alternes, brièvement pétiolées , ovales , aiguës , ondulées sur les bords. (J.)

PHYSETA. ois. — Ce nom, employé d'abord par Vieillot comme synonyme latin du genre Macagua , a été remplacé plus tard par celui de Uerpelotheres. (Z. G.)

PHYSETEB. — Nom scientifique appliqué par Linné au Cachalot. Voy. ce mot.

PHY9ÏAMHI S , Mart. et Zuccar. {Nov.

gen. etsp.,l, 50 , t. 32 ). sot. pb. — Syn. de Araujia, Brotero.

PHYS1BRANCHES. Physibranchia.

cbcst. — Latreille, dans le Règne animal du Cuvier, 1" édition , désigne sous ce nom une section de l'ordre des Isopodes chez lesquels les branchies sont sons la queue, toujours nues , en forme de tiges plus ou moins divisées. Les uns ont dix pieds à ongles , les autres en ont quatorze , mais dont les quatre derniers au moins n'ont point de crochet au bout, et ne sont propres qu'à la natation. Les Typhis, les Ancetis, les l'ranija, les Apreudes et les ions sont les représe ta ta e cette p* i e^ ^ .

PI1YSICARP09, Pohr. (Suppl.). bot. ph.

— Syn. de Ilovea, R. Brown.

* PBYSICHILl'S (<pv<n», vessie; x<Atc, lèvre), bot. PB. — Genre de la famille des Acantharées , tribu des Echina ta cantbée», établi par Nées (in Bot. Mag. Camp. , II, 310L Herbes de l'Inde. Voy. acantbacébs.

PHYSIOIL'M, Schrad. (in GanUng gel.

72i PHY

PHY

Ânseig., 1821, p. 714). bot. ra. — Syo. de Angelonia, Humb. et Bon pl.

•PHY$tGNATIllS(?v*a, pustule; f*' 6o;f mâchoire), «ept.— G. Cuvier a établi ce genre (Règne animal, t. II, 1829) pour un Snurien de l'Inde appartenant à la famille des Iguaniens , et qu'il appelle P h. cocinci» nus. MM. Duméril et Bibron le réunissent au genre Istiure ou Lophure. (P. G.)

•PH YSINGA. bot. ra. — Genre de la famille des Orchidées , sous-ordre ou tribu des Épidendrées, établi par Lindley (in Bol. Reg., 1838, p. 32). Herbes de l'Amérique tropicale. Voy. orchidées.

PHYSIOLOGIE ANIMALE (fvnoW., recherche ou dissertation sur la nature). — La Physiologie , suirant la signiûcation que lui donnaient les Grecs , devrait désigner la science qui traite de la nature tout entière, l'histoire naturelle dans son acception la plus générale ; mais les modernes ont restreint la Physiologie à l'élude des phénomènes de la vie cbei les êtres organisés : aussi quelques savants allemands ont-ils proposé de changer son nom pour celui de Biologie, qui serait plus rationnel s'il n'avait le tort d'être un mot de plus dans la science. La Physiologie peut être envisagée de plusieurs manières : elle est générale si elle recherche les conditions et les lois de l'existence , de tous les êtres organisés, et si elle explique les actions de ces mêmes êtres. Elle sera dite animale ou végétale, si elle se borne à l'étude exclusive de la vie chez les animaux ou cbec les végétaux. Elle est dite comparée , si plus spécialement elle procède à l'étude de chaque phénomène , de chaque fonction , dans toute la série des êtres observés dans leurs conditions normales ou pathologiques. Elle est expérimentait, si , par des vivisections et des expériences diverses , elle change ou modifie ces conditions pour simplifier le problème en y introduisant des termes connus d'avance, et, dans ce cas, elle peut se limiter à l'étude d'un seul type ou d'un petit nombre d'êtres. Elle peut enfin se proposer de rester une science pure ou abstraite, ou vouloir être science d'application; mais alors elle est l'hygiène elle-même , ou la plus haute expression de cette branche de l'art médical.

La Physiologie recherche, et démêle dans

l'élude des êtres organisés, les propriétés qui sont inhérentes à la matière et celles qui sont propret aux corps vivants : celles-ci seules sembleraient devoir l'occuper, mais, dans presque tous les phénomènes de la vie, on voit intervenir les actions chimiques ou physiques pour concourir avec les actions vitales ou en modifier les résultats. Comme toute autre science , d'ailleurs, la Physiologie se compose de faits et de doctrines; mais ces doctrines, qui ont varié avec les temps et suivant les progrès de l'esprit humain , ne doivent pas être celles de la physique et de la chimie , sans cependant être indépendantes de ces sciences, avec lesquelles seulement la Physiologie peut atteindre le degré de perfection dont elle est susceptible. Quant aux faits, ils lui ont été Tournis par l'anatomie et par les vivisections , par les observations pathologiques et téralologiques, et plus récemment encore par l'observation microscopique des animaux le plus simplement organises, et par l'élude de la structure intime des tissus et des organes chez tous les animaux.

Voilà pourquoi chez les anciens, qui ignoraient ces divers moyens d'étude, la Physiologie ne s'occupa d'abord que d'hypothèses sur les généralités et sur l'origine des choses. Alcméon de Crotone plaçait l'âme dans le cerveau, et le principe de la vie dans le mouvement du sang; Empédocle d'Agrigente admettait la circulation de l'air dans le corps des animaux , et voyait de l'analogie eoirv la graine des végétaux et l'embryon tenant au corps de sa mère par le cordon ombilical. Démocrite, s'appuyant déjà sur des observations réelles , expliquait les habitudes des animaux par leur organisation, regardait les organes des sens comme des miroirs, et admettait que la bile sert à la digestion. Suivant Anaxagore, le corps prend aux aliments les matériaux homologues de sa réparation. Diogène d'Apollonie connaissait le cœur et les vaisseaux, mais il voulait que le ventricule gauche fût destiné à la circulation de l'air , etc. Dans une deuxième période de la philosophie grecque, la métaphysique tendait à se séparer davantage des sciences naturelles. Hippocrate et ses disciples faisaient des observations suivies, mats leurs théories étaient encore erronées et décousues : ils admettaient la préexistence des

PHY

PHY 725

germes. Arbtote, plus positif, trouva dans l'anatomie comparée plus de motifs pour admettre l'épigénèse ; il arait reconnu que les pulsations du coeur sont indépendantes delà respiration, mais il croyait encore que c'est la chaleur qui fait bouillir le sang dans le cœur. L'école d'Alexandrie alla plus loin encore dans cette voie de l'observation directe : Érasistrate connaissait les valvules du cœur, et distinguait des veines des artères tout en admettant que celles-ci , qu'il avait toujours trouvées vides , conduisent seulement les esprits vitaui ; Héropbile savait déjà que les nerfs partent de la moelle éptnière et du cerveau.

Une troisième période est illustrée par le nom de Galion ; mais on s'aperçoit trop souvent que ce médecin célèbre, en même temps qu'il marchait dans la voie des observations positives, concluait au profit d'un système préconçu. Pour lui, le sang fabriqué dans le foie laisse échapper des vapeurs subtiles, les ! esprits naturels, lesquels, mêlés à l'air dans le cœur, forment les esprits vitaux, d'où dérivent ensuite les esprits animaux; il en résulte trois ordres de facultés premières pour la génération, l'accroissement et la nutrition. Le cerveau est le siège ou l'organe de l'intelligence, des sens et des mouvements volontaires. Les mouvements du cœur ont pour but la circulation de l'air dans les ventricules, quoique le ventricule gauche ne reçoive que l'air qui est allé dans toutes les parties avec le sang. La respiration, dit-il, sert à rafraîchir le sang dans les poumons. Galien, d'ailleurs, avait reconnu que les artères contiennent du sang que leur envoie le cœur, après l'avoir lui-même reçu par les veines, et que le sang va aux poumons par l'artère pulmonaire. Il était donc bien près de connaître la vraie théorie de la circulation ; et ce qui l'empêchait surtout d'y arriver , c'était son idée de la formation du sang dans le foie, d'où il faisait partir les veioes. Galien enfin , parmi ses nombreuses observations , avait étudié le nerf récurrent et le rôle de l'œsophage , ainsi que l'appropriation de l'appareil masticateur; il avait pratiqué la trachéotomie; il avait reconnu que le poumon suit simplement le mouvement de la poitrine, et ne se meut point par lui-même, et il avait constaté la fonction des reins en liant les uretères.

Cette Physiologie, tout incomplète qu'elle était, suffit seule aux Grecs d'Orient et aux Arabes pendant le moyen âge; mais, à partir du xvi* siècle, l'anatomie, cultivée de nouveau, apprit a douter de l'infaillibilité des anciens. Paracelse tenta de substituer au galénisme la chimie de ce temps-là; et bientôt les travaux des anatomistes de l'école d'Italie préparèrent des bases plus solides pour l'anatomie moderne. Vésale, un des premiers, signala toutes les erreurs de Galien, et fit connaître la membrane pituitaire et le nerf récurrent. Eustacbio découvrit le canal thoracique du Cheval, et commença l'étude anatomique de l'oreille. Colombo et Césalpin décrivirent la petite circulation que Servet, en France, avait vue avant eux ; Césalpin entrevit même la grande circulation, et Colombo constata le synchronisme du pouls et du cœur. Fallopio publia des observations sur les organes génitaux ; Varoli trouva une nouvelle méthode pour disséquer le cerveau, qu'il parvint à mieux connaître ainsi. Fabritio d'Aquapendente avait lui-même étudié plus complètement la structure des veines, et, cultivant avec succès l'anatomie comparée, il avait fait connaître le développement du Poulet dans l'oeuf.

Dans le même temps, en France, le célèbre chirurgien Ambroise Paré fournissait de nouveaux faits à l'anatomie et à la physiologie; le botaniste Gaspard Bauhin publiait une bonne description du cerveau , et, en Allemagne, Plater étudiait la structure de l'œil.

Le xvu* siècle , sur lequel les noms de Galilée, de Bacon et de Descartes jettent un si vif éclat, vit aussi les faits s'accumuler plus rapidement en Physiologie, etservirde base à des théories plus rationnelles. En 1622, Azelli de Pavie découvre les vaisseaux lactés ou cbylifères; en 1628, Harvey pu* blie son immortelle découverte de la circulation du sang, plus ou moins complètement entrevue par ses prédécesseurs; il compléta ensuite les travaux de Fabrizio d'Aquapendente sur le développement du Poulet, et enrichit la science de bonnes observations sur l'embryogénie que de Graaf et Hyghmore étudièrent aussi avec succès. En 1647, Pecquet découvre le réservoir qui porte son nom, et, en faisant connaître complètement te trajet du chyle, il rectifie les idées précé-

726 PHY

déminent admises sur le rôle du foie dans la formation du sang. Dans ce même temps, en Suède, Bartbolin et Budbeck trouvent chacun de leur côté le système des vaisseaux lymphatiques et la circulation de la lymphe, découverte qu'on attribue prétraitement au dernier. Le système nerveux était étudié par Wagler et Schneider, qui prouvaient que le cerveau ne communique pas avec la cavité nasale, par Vieusseusde Montpellier, et enûu par Willis, qui, pour la première rois, établit pour les diverses paires de nerfs une classification conservée encore aujourd'hui. Sté non essaie de calculer la force mécanique des muscles; Glisson étudie l'irritabilité et les mouvements de la vie organique; Lowcr constate que l'bydropisie peut être produite par la ligature des veines, et la paralysie ou la gangrène par la ligature des artères. Sanctorius poursuit le résultat de ses longues et fameuses expériences sur la transpiration et la nutrition. Brunner voit que la destruction du pancréas n'empêche pas la digestion.

Ruyscb, si habile dans l'art des iujeclions, cherche à pénétrer. la structure intime des organes qu'il croit trop généralement vasculaire. Mal pighi, aidé d'une simple loupe ou d'un microscope imparfait, voit les globules sanguins , étudie la structure des glandes , structure qu'il vaut trop généraliser ; il apporte de nouveaux faits pour l'histoire du développement du Poulet dans l'œuf. Ce môme Malpighi, au milieu des nombreux travaux d'anatomie comparée animale et végétale , a fait connaître la structure et le mode de respiration des Insectes dontSwammerdara, dans le même temps, portail l'anatomie à un degré de perfection très remarquable. A la fin de ce siècle et au commencement du suivant, durant plus de quarante ans, Leuwenboeck, habile à fabriquer luimême de» microscopes simple;-, 1res puissants, décrit, plus ou moins exactement, la structure intime des divers tissus animaux ou végétaux, et découvre les Zoospcrmcs que revendique Harliœker, et qu'il prend pour le véritable germe des animaui. C'est aussi vers La fia du xvu* siècle, de 1664 à 1668, qu'on s'occupe davantage et qu'on abuse si étrangement de la transfusion du sang. Pendant la même période, la chimie, ayant continué à se développer, Van-Helroont entreprit de donner une autre forme aux théories de

Paracelse, en les rendant mystiques et spiritualistes; il admettait des archées secondaires ou subordonnées a une archée principale, ayant son siège au pylore. Fr. Leboé ou Sylvius, voulant réduire tous les phénomènes vitaux à des actions chimiques, établit le système des ferments combattu par Boyle; de son côté, Mayow voyait une sorte de combustion dans la respiration, et admettait un sel nitro-aérien transporté partout. En même temps l'école iatro-mécanique était illustrée par Borelli, qui s'efforçait de rapporter tous les phénomènes au calcul des forces. Cette application de la mécanique à la Physiologie ne pouvait manquer d'en bâter les progrès, en y apportant des données exactes et des résultats positifs ; mais, en se continuant dans le siècle suivant, elle eut aussi ses abus, comme toutes les théories exclusives. C'est, toutefois, pendant le xvm* siècle qu'auront été faites les plus remarquables applications des lois physiques à la Physiologie par Boerbaave, parles Bernouilli, par Haies, etc. Mais, en même temps, Baglivi, en partant de ces idées, accordait trop d'importance à l'action impulsive des solides dans les phénomènes vitaux, et devenait ainsi le chef des solidistes. Alors aussi parut avec éclat la doctrine du vitalisme établie par Stabl, le même qui avait donné à la chimie la célèbre théorie du phlogistique. Stahf, persuadé qu'on doit chercher les principes de chaque science dans cette science ellemême, étudia mieux la sensibilité et la mobilité; et, repoussant toute identité entre les phénomènes de la vie et ceux de la matière, il admit un principe métaphysique, anima, présidant à tous les actes vitaux, ce qui se rapprochait un peu des idées de Paracelse et de Van-Uelmont.

Le vitalisme, professé avec fanatisme en Allemagne, fut introduit en France par Sauvages, qui le modifia en faisant intervenir les nerfs dans le jeu des phénomènes vitaux. Bordeu et, après lui, Barthez professèrent aussi ces mêmes doctrines en les modifiant. Ce dernier, surtout, croyait avoir tout expliqué, en admettant un principe vital. Mais, à coté de ce vitalisme spiritualiste, un vitalisme mécanique était né des idées antérieures de Glisson sur l'irritabilité; propsgé par Fr. Hoffmann , il devait, en passant'par Haller, arriver jusqu'à notre époque en se

PÏIY

modifiant plus ou raoin* dans les ouvrages de Cul I en, de Brown, de Rasori et de Broussait. Haller, le plus illustre des physiologistes du zviti* siècle, ré*uma ses devanciers, et, dans ■oo Traité de physiologie, un des plus beaux monuments de la science, il établit sa doctrioe sur l'élude des propriétés vitales dans l'organisme; il démontra expérimentalement l'irritabilité et la sensibilité, en distinguant formellement ces deui propriétés et s'éclaira nt toujours de ses propres recherches en anatomie comparée. Durant ceUe période, Duhamel étudie expérimentalement le mode d'accroissement des os , colorés artificiellement par la garance chez les jeunes animaux ; Spallanzani multiplie avec talent ses expériences sur la digestion, la respiration, la circulation et la génération. Pecquel apporte aussi de nouvelles lumières sur le phénomène de la digestion , et Liebcrkuhn étudie spécialement la structure de l'intestin dont il déeritles villosités. Scarpa travaille à perfectionner la connaissance du système nerveux et de l'organe de l'ouïe, dont s'occupa aussi avec persévérance l'Italien Valsalva , ainsi que Comparent. Bordenave recherche dans les observations chirurgicales et par les vivisections les Tondions de l'encéphale. La découverte de Galvani fait apercevoir une certaine analogie entre le fluide nerveux et l'électricité ; Hewson étudie le sang et la circulation capillaire, ainsi que Jobn Hunier qui est conduit par là à des recherches sur l'inflammation et sur la température des animaux. C'est vers la fin de ce siècle que la chimie de Lavoisier, en donnant la véritable théorie de la combustion, démontre aussi l'analogie de la respiration avec ce phénomène physique. Pendant le xvm* siècle, des faits importants sur la génération sont annoncés par Spallanzani , Saussure et Bonnet, qui constatent la fissiparilé des Infusoires et des Nais, et la multiplication des Pucerons sans accouplement ; par O.-F. Mûller, qui décrit et classe les Infusoires; par Trembley, qui publie ses observations si curieuses sur l'Hydre ou Polype d'eau douce; parCavolini, qui étudie les Zooptay tes, etc. De ces observations encore incomplètes et cependant chaque jour multipliées par l'emploi du microscope, résultèrent les doctrines les plus contradictoires. Les uns, comme Leuweuhoeck, voulaient voir dans les Zoospermes seuls les germet

des animaux futurs, et admettaient d'ailleurs une complexité indéfinie de l'organisation jusque dans les êtres les plus petits et même au-delà ; ils croyaient à la préexistence des germes. D'autres physiologistes, tout en admettant cette préeiistence , cet emboîtement des germes, comme disait Bonnet, voulaient que ce fût dans l'ovaire qu'eût lieu cet emboîtement; telle avait été l'opinion de Vallisnieri, telle était aussi celle de Haller et de Spallanzani. Buflbn, au contraire, croyait que les germes se forment successivement par épigénèse au moyen des molécules organiques.

Toutes les sciences physiques ayant pris en quelque sorte un nouvel essor à la fin du xvitt* et au commencement du xix* siècle, la Physiologie dut participer à ce grand mouvement, et ce fut Bichat qui, par ses travaux de physiologie anatomique, inaugura cette nouvelle période, tout en s'effor • çant de se rattacher aux idées de Bordeu, et en. faisant encore de l'animisme, mais en multipliant les principes émis par Haller. Cependant les expériences continuaient; Cuvieret, après lui, M. de Blainville voulurent arriver à des généralisations par les analogies que fournissent l'analomie et la physiologie comparées, et s'efforcèrent de rendre les rapprochements plus sévères et plus actifs. M. Magendie, de son côté, contribua à maintenir la Physiologie dans la voie de l'eipérience et à la préserver ainsi des écarts où les doctrines antérieures tendaient à l'entraîner. Le microscope, perfectionné de plus en plus, à partir du premier quart de ce siècle, a dévoilé la structure intime des tissus et l'organisation des animaux que leur petitesse rend asseï transparents. L'embryogénie lui doit en grande partie ses progrès rapides ; et la découverte des cils vibratiles sur les muqueuses des animaux supérieurs, faite par MM. Purkinje et Valcntin , est un des faits les plus importants de notre époque; mais l'usage du microscope nous conduit à un abus chaque jour plus prononcé, et l'étude des détails tend à remplacer l'étude des fonctions; au lieu de doctrines surabondantes, nous n'avons que des descriptions minutieuses et stériles. Toutefois, dans celte dernière période, les phénomènes généraux de la vie ont été étudiés avec succès. W. Edwards a recherché particulièrement l'in>

728 PHY

PHY

fluence des agents physiques sur la vie; Dutrochet , par son admirable découverte de l'endosmose , a donné l'eiplication la plus simple de l'absorption et de quelques autres faits exclusivement attribués auparavant à des actions vitales; par là aussi il a été conduit à expliquer la respiration des animaux aquatiques.

Le phénomène de la digestion, sous le point de vue physiologique et chimique , a été l'objet de recherches persévérantes de la part de MM. Magendie, Lassaigne, Mialhe, Boucbardat, en France ; Tiedemann et Gmelin, en Allemagne. — M. Magendie a d'ailleurs étudié également l'absorption , Jes sécrétions, la circulation générale, et en particulier le mode de transport des poisons par le sang. Cette même question a occupé MM. Brodie, Orfila et Coindet; de même que le mécanisme de la circulation a occupé MM. Poiseuille et Gerdy; et que le sang a donné lieu à des travaux très remarquables de MM. Prévost et Dumas, de M. Andral et de M. MQller, qui a fait un travail spécial sur les glandes , et qui a particulièrement traité, avec un rare talent, la physiologie des organes, des sens et la phonation.

M. Magnus, contrairement aux idées -de Lavoisier, a montré, dans un travail sur la respiration, que ce n'est pas dans le poumon seulement que se produit l'acide carbonique expiré, mais dans le tissu même des organes où le sang artériel arrive chargé d'oxygène, tandis que le sang veineux est dans tout son trajet chargé d'acide carbonique. M. Dumas , reprenant cette même question sous un autre point de vue , s'est efforcé de prouver que les végétaux seuls , doués de la propriété de réduire l'acide carbonique de l'atmosphère , sont capables de produire de la matière organique ; tandis que les animaux , brûlant au contraire du carbone par lacle de la respiration, ne peuvent que s'assimiler de la matière organique toute faite. La chaleur animale a été l'objet des recherches de Davy, de Dulong, de MM. Dcspretx et Chossat, soit comme résultat de la formation de l'acide carbonique dans la respiration , soit par rapport à l'influence du système nerveux. Le- «allois l'avait étudiée sous ce rapport, et , de plus , il avait reconnu que le mouve-

| ment du cœur dépend de la moelle, et il avait déterminé le rôle du pneumo-gastrique. Ch. Bell distingua les nerfs du sentiment et ceux du mouvement dans les racines antérieures ou postérieures des diverses paires qui naissent de la moelle épinière. M. Flourens, par une suite d'expériences curieuses, détermina le rôle du cervelet dans les phénomènes locomoteurs. A. Desmoulins, Rolando.MM. Magendie, Longet et plusieurs autres anatomistes, ont augmenté encore la somme de nos connaissances sur ce sujet. Enfin, le cerveau a été étudié q ua nt à ses fonctions, par Gai I et Spu rzbeim , puis par Broussais; et quant à sa structure et à son mode de formation chez l'homme et chez les autres vertébrés, par MU. Serres, Tiedemann , N. Guillot et Rolande

MM. Prévost et Dumas publièrent, eu 1824, une longue série de travaux sur la génération, sur les Zoospermes, qu'ils croyaient devoir représenter le système nerveux dans l'embryon, et sur l'embryogénie desBatiaciens. Ce dernier sujet a été traité plus complètement encore par M. Rusconi ; et MM. Dutrochet, Purkinje, Baër, Rathke, Wagner, Coste , etc. , ont fait de nombreuses recherches sur l'ovule et sur son développement successif. Ces éludes ont conduite des théories plus ou moins hypothétiques sur la nature et sur l'origine des divers tissus. Telle est la théorie de la formation cellulaire de tous les tissus proposée en 1838 par Scbwan , et adoptée trop facilement par beaucoup de physiologistes. D'un autre côté, l'étude du développement des embryons a conduit M. Serres à la découverte deses belles loisorganogéniques, commeprécédemment elle a fourni à Geoffroy Saint- Hilaire les arguments les plus puissants pour sa théorie des analogues. Au reste , tous ces beaux résultats de la science ont été plus complètement indiqués dans les traités de Physiologie successivement publiés depuis quarante ans , et notamment dans ceux de MM. Magendie et Burdacb , dans la Physiologie comparée de Dugès, et surtout dans le Manuel de M. MQller, de Berlin, qui résume assez bien l'état actuel de la Physiologie. Nous devons pourtant dire, en terminant , quelques mots de certains physiologistes allemands, tels que MM. Oken , Burdacb et autres, qui , mtt-

PHY

chant sur les traces de Kant et de Scbeffing, ont plus en vue les doctrines transcendantes de la philosophie , que l'exposition claire des faits et la subordination des phénomènes. M. Burdacb , notamment, rattache l'homme à l'harmonie universelle par une sorte de panthéisme. C'est la force universelle réalisée qui produit tous les corps , et l'homme , qui en est la réalisation parfaite, est un microcosme. La force est l'idée ou l'infini , la matière est le fini. Toute existence résulte de la réaction de l'infini sur le fini. L'homme, enfin, est la réalisation complète de ce Natura naturans , agissant sur le monde , qui est le Natura nalurata , pour donner lieu aux manifestations de la vie. (Dujardin.)

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — La Physiologie végétale est la science de la vie des plantes ou la partie de la botanique qui étudie le jeu et les fonctions des organes des végétaux dans leur état normal. Prenant le végétal dès les premiers moments où la vie se manifeste en lui, elle le suit dans les diverses phases de son existence; elle recherche ses relations avec les mi!: ux qui l'entourent; elle pénètre dans le» uétails les plus intimes de son organisation, pour reconnaître le rôle de ses éléments constitutifs dans ce merveilleux ensemble de phénomènes dont le résultat définitif est la végétation; enfin, elle cherche à découvrir par quel mystérieux concours de faits s'accomplit la reproduction des individus et, par suite, la conservation de l'espèce végétale. La Physiologie végétale n'envisage les plantes et leurs parties que dans l'état de santé; dès l'instant où l'ordre naturel de leurs fonctions est altéré , dès l'instant où survient un état anormal ou maladif, les phénomènes qui se produisent, les altérations plus ou moins profondes qui se déclarent, appartiennent à une autre branche de la botanique, à la Pathologie végétale {Phylolérosie Desv.), branche d'une haute importance, mais malheureusement fort peu avancée de nos jours encore et enveloppée d'obscurité.

La Physiologie végétale est la compagne inséparable et comme le complément de l'organographie. On conçoit, en effet, que l'histoire des organes des plantes serait extrêmement incomplète, et perdrait une

grande partie de son intérêt, si l'on n'ajout. x.

PHY 729

tait i l'examen de leur* formes et de leur structure l'élude de leurs fonctions. Aussi ces deux branches fondamentales de la science des végétaux ont-elles pris naissance à peu près simultanément, M suivi une marche à peu près parallèle. Néanmoins il n'y e guère plus d'un siècle que la Physiologie • commencé de se régulariser, de revêtir un caractère vraiment scientifique, et son origine réelle peut être reportée vers le commencement du siècle dernier. Alors les belles expériences de Haies commencèrent à jeter du jour sur quelques uns des phénomènes de la végétation ; bientôt quelques observations de Linné, surtout les travaux consciencieux de Duhamel, les recherches de Bonnet, étendirent les connaissance* relatives aux phénomènes de la vie dans les plantes; les recherches et les écria de Mustel, de Sénebier, ajoutèrent quelques faits à ceux déjà connus; mais, surtout, ils rendirent à la science le service d'en coordonner les diverses parties en un ensemble régulier. A son tour, le xix' siècle a rendu à la Physiologie végétale le service d'appliquer à l'explication de ses phénomènes les précieux moyens d'investigation que fournissent l'analyse chimique et le microscope. Grâce à une nombreuse série de travaux parmi lesquels ceux de Tb. de Saussure ont à peu près ouvert la voie, cette branche de la botanique s'est enrichie récemment d'un grand nombre de faits et de données qui ont contribué puissamment k éclairer et à raffermir quelques unes de ses théories. D'un autre côté, les perfectionnements qu'a reçus le microscope depuisquelques années ont fait de cet instrument un secours précieux, toutes les fois qu'il s'agit de phénomènes qui se passent dans la profondeur même des tissus élémentaires ou entre des parties d'une extrême petitesse.

La Physiologie végétale est ainsi parvenue à son état actuel. Aujourd'hui bien des pointa ont été éclaircis; bien des faits, surtout, ont été réunis et coordonnés en un corps de doctrine. Néanmoins le terrain n'est pas encore épuisé, et beaucoup de ses parties attendent encore de nouveltes observations ; on le concevra sans peine, si l'on songe, d'un côté, aux difficultés souvent insurmontables qu'on éprouve pour porter le flambeau de l'observation dans la profondeur même des organes, et, de l'autre, i la facilité avec la-,

730 PHY

quelle dire» observateur* rattachent des fait* analogue!, identiques même, à de* théories divergentes, quelquefois même contradictoires.

Dans cet article, nous nom proposons de présenter un résumé succinct de Physiologie végétale ou, plutôt, de tracer une sorte de cadre qui permettra de réunir en un ensemble unique les divers articles sur celte science qui ont été déjà publiés dans cet ouvrage et ceui que l'ordre alphabétique amènera plus tard. Seulement, comme des causes diverses ' ont fait passer sous silence plusieurs articles qui auraient eu leur place dans les volumes précédents , nous essaierons de remédier ici à ces omissions. Mais, avant de commencer cette esquisse physiologique , nous croyons devoir donner une idée de la bibliographie de la science, en indiquant, non pas tous les livres et mémoires qui s'y rapportent , mais seulement les ouvrages généraux et les mémoires les plus importants, que nous rangerons, autant que possible, d'après leur ordre

PHY

Page 1