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fait Duhamel et plusieurs autres physiologistes, oo fait germer la graine dans un vase rempli de mousse humide ou de terre, et en la disposant de telle sorte qu'on puisse suivre tous les détails de l'expérience, il suffli de retourner le vase de manière à reporter en haut l'extrémité inférieure de la radicule, pour voir celle-ci se recourber bientôt en s'allongeant de manière à reprendre la verticalité première. Si Ton retourne encore le vase une seconde , une troisième, une quatrième fois, etc., la radicule se coude chaque fois et forme ainsi une seconde, une troisième, une quatrième, etc., courbure, pour reprendre constamment sa direction normale. Mejen signale même i cet égard cette particularité remarquable que, dans ces changements successifs de direction , la courbure de la jeune racine se hit toujours vers le côté opposé à la lumière. — Cette tendance des racines en général à descendre se manifeste également dans l'air, dans la terre et dans l'eau. Elle se montre aussi dans une expérience signalée et figurée depuis longtemps déjà dans l'ouvrage de Saint-Simon sur les Jacinthes, reprise dans ces dernières années et qui se fait aujourd'hui communément avec une modification qui la rend plus curieuse à l'œil, à l'aide d'appareils de verre confectionnés pour cet objet. Cette expérience, qui a été rapportée d'une manière un peu inexacte par De Candolle , consiste à planter dans un vase à deux ouvertures opposées et rempli de terre deux bulbes de Jacinthe dirigés l'un en haut, l'autre en bas. Le vase étant posé sur une carafe entièrement pleine d'eau de manière que le bulbe renversé affleure presque, par son extrémité, la surface du liquide, l'accroissement de la plante qui en provient se fait forcément en sens inverse de sa direction naturelle ; en effet, la hampe descend verticalement dans l'eau et elle y fleurit ordinairement comme elle l'eût fait dans l'air ; elle y descend en conservant sa rigidité, contrairement a l'assertion de De Candolle; mais les racines , obligées d'abord de s'allonger vers le haut, ne tardent pas à se recourber pour reprendre la direction descendante qui leur est propre ; après quoi , la suite de leur développement ne présente plus rien d'anormal.
En même temps que la racine descenJ vers le centre de la terre , la tige s'élève dans une direction opposée. L'expérience que nous avons rapportée tout -1- l'heure pour prouver la descension nécessaire des racines, sert encore 1 mettre en lumière la tendance a l'ascension des tiges. En effet , chaque fois qu'on renverse le vase où les graines ont germé , la tige se redresse en même temps que la radicule se recourbe pour reprendre sa direction descendante.
Celte tendance à la verticalité des tiges est surtout frappante dans les arbres qui croissent sur un terrain très incliné ; leur tronc fait souvent un angle très aigu avec la ligne d'inclinaison du sol ; elle existe non seulement dans la tige elle-même , mais encore, à ce qu'il paraît, dans les branches où des circonstances anormales la mettent quelquefois au jour. Ainsi , nous avons observé près de Toulouse un Peuplier d'Italie qu'un coup de vent avait couché , mais qui a continué de végéter dans la position à très peu près horUontale que cet accident lui avait donnée. Dès ce moment ses branches se sont redressées verticalement , et quatre d'entre elles ont pris un tel développement, qu'aujourd'hui elles ressemblent à quatre beaux arbres, s'élevant, non du sol, mais du tronc primitif qui leur sert de base commune, et qui se montre disposé , par rapport 1 elles, comme un rhizome horizontal relativement aux pousses verticales et aériennes qui s'en élèvent chaque année.
Diverses hypothèses ont été proposées pour expliquer la verticalité des racines et des tiges. Nous ne parlerons pas de celle de Dodart, qui reposait sur une prétendue contraction des fibres de la racine par l'humidité et de la tige par la sécheresse ; ni de celle de Lahire , qui faisait descendre la racine par l'effet de la densité de la sève descendante et monter la lige par suite de la vaporisation des liquides nourriciers. Cet idées ne supportent pas le plus léger examen.
La première théorie qui ait obtenu l'assentiment des physiologistes, est celle de Knight que De Candolle a adoptée et dont il a essayé de démontrer la bonté. Le physiologiste anglais disposa un jour deux roues, l'une verticalement , l'autre horizontalement; daus des sortes d'augels creusés à
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leur circonférence, U plaça des graines retenues et fiiéei par de la mousse humide ; après quoi il imprima à ces roues un mouvement rapide ( environ 150 tours par minute) au moyen d'une chute d'eau qui, en même temps , maintenait ces graines constamment humides. Or, dans l'une et l'autre roue, toutes les plumulcs se dirigèrent vers le centre de la roue, toutes les radicules vers la circonférence; seulement, dans la roue horizontale, les jeunes plantes avaient une légère inclinaison de 10 degrés, qui reportait leur radicule quelque peu vers la terre et leur plumule vers le ciel ; celte inclinaison augmenta lorsque la vitesse de rotation de la roue horizontale diminua, et •Ile arrivai 45 degrés lorsque la roue ne fit plus que 80 révolutions par minute. Le physiologiste anglais conclut de ces expériences que la force centrifuge ayant contrebalancé et détruit l'action de la pesanteur sur les Jeunes plantes , celles-ci n'avaient plus obéi qu'à l'action de la force centrifuge qui avait remplacé pour elles la pesanteur. Or, comme dans le cours ordinaire des choses c'est la radicule qui se dirige en bas, tandis que dans les expériences dont il est question , c'était elle qui s'était portée en dehors, il en lira la conséquence que» dans la nature» c'est l'action de la pesanteur qui dirige la racine vers le centre de la terre. L'inclinaison que les jeunes ; plantes avaient prise dans l'expérience faite avec la roue horizontale, lui semblait provenir uniquement de ce que , dans ce cas , la force centrifuge n'ayant pu contrebalancer entièrement la pesanteur, la portion de cette dernière force qui n'avait pas été détruite avait manifesté ses effets ordinaires sur U direction de la racioe et de la tige , à un degré d'autant plus prononcé que la vitesse de rotation , et , par suite , la force centrifuge , avaient été moindres.
liais avec cette théorie toute mécanique, on est obligé d'admettre que la même cause qui fait descendre la racine fait monter la tige: or c'est là une difficulté insurmontable. On ne peut, en effet, admettre l'explication que De Candolle a essayé d'en donner après Knigbt lui-même. D'après ce célèbre physiologiste , comme les racines ne s'allongent que par leur extrémité, leur pointe naissante est dans un état de mol-
lesse qu'on peut comparer à une demi-fluidité. L'action continue de la gravitation doit donc les forcer sans cesse à descendre; l'énergie avec laquelle chaque racine tendra à se diriger vers le centre de la terre , sera proportionnée au degré de mollesse de ses extrémités naissantes. Or, en réalité, l'ex- ' trémité naissante des racines est formée (f un tissu cellulaire qui n'est nullement comparable à un état demi-fluide ; on voit même cette partie de la plante s'enfoncer dans des sols assez consistants pour qu'elles dussent y trouver un obstacle insurmontable si les idées de Candolle étaient fondées. En second lieu, comment la pesanteur obligerait-elle la radicule à rebrousser chemin et à se recourber vers la terre dans
Ces raisons , et plusieurs autres qu'on peut aisément y joindre , renversent la première partie de l'explication proposée par De Candolle. Quant à ta seconde, par laquelle ce célèbre botaniste a voulu expliquer l'ascension des liges , elle est encore moins admissible. D'abord les raisons qu'il a données pour cela, en supposant qu'elles fussent fondées sur la nature et non sur des idées purement spéculatives, auraient peut-être pour résultat de prouver qu'il ne peut pas y avoir de branches obliques, ni, à plus forte raison , horizontales ; mais à coup sûr elles ne montreraient pas que les tiges dussent s'élever verticalement; elle* expliqueraient surtout encore moins pourquoi , à la germinaison , la tigelle, avec un petit nombre de faisceaux fibreux et une homogénéité parfaite de structure sur toute sa circonférence , plongée encore dans la terre oà elle est entourée de tous côtés d'un milieu homogène , s'élève verticalement , se recourbe même dans l'expérience des germination-renversées pour reprendre sa direction ascendante verticale. Comment expliqueraient-elles également la propriété qu'ont les tiges de certaines plantes aquatiques (Sagillaria, Sparganiwn, Typha , etc.) d» se diriger vers la terre avec autant de force que si c'étaient des racines? 11 est, au reste, assez curieux de voir que De Candolle a été conduit par le désir d'expliquer deux faits peut-être inexplicables , à admettre que les tiges se redresseraient pour devenir verticales par un excès de végétation sur un d«
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