‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 165 sur 170 · SOMMEIL DES PLANTES · texte numérisé non relu

SOMMEIL DES PLANTES

Abt. V. — Absorption.

Plongées dans la terre humide, les racines absorbent par leur extrémité toujours jeune et sans cesse renouvelée, ou par leur spongiole, l'eau chargéedematières en dissolution qui doit former la sève des plantes ou ce qn'on nomme plus particulièrement la sève ascendante. C'est là ce qui constitue le phénomène de Yabsorption radicale, phénomène fondamental pour la vie végétale, et sur lequel les expériences de Haies ont de bonne heure jeté beaucoup de jour. A l'étude de l'absorption se rattachent des questions très importantes et qui devraient être examinées ici. Mais, comme M. Ad. Brongniart, dans son article circulation, en a renvoyé l'examen au mot racine , nous sommes obligé de suivre son exemple et de renvoyer à ce mot. Voy. RACINE.

Art. VI. — Circulation.

Ce sujet ayant été déjà traité dans un excellent article de M. Ad. Brongniart (voy.

cjbcclatiox), nous n'avons pas à nous en occuper de nouveau. Néanmoins, depuis que ce tableau du mouvement des liquides dans les plantes a été tracé avec cette clarté, avec cette profonde connaissance de l'organisa lion végétale qui distinguent son savant auteur, des travaui importants ont conduit à modifier, à certains égards, les idées admises précédemment; nous nous trouvons donc conduit à présenter ici en peu de mois quelques considérations sur ce sujet.

L'influence de la Physiologie animale sur la Physiologie végétale a été puissante surtout dans les premiers temps de la science. J Elle a donné cours aui idées d'analogie entre les deux règnes d'êtres vivants , idées qui n'ont peut-être pas servi beaucoup aux progrès de la botanique, mais qui, dans tous les cas, ont entravé sa marche en plus d'une circonstance. C'est à ces idées d'analogie physiologique, concevables principalement à l'époque où l'anatomie végétale était toute à faire, que remonte la théorie de la circulation dans les plantes; or, pour qu'il y eût réellement dans ces êtres quelque chose d'analogue à une circulation, il fallait que le liquide séveux eût un mouvement d'aller et de retour; qu'après être parvenu, à l'état àe sève ascendante, sève lymphatique, etc., de son point d'origine aux extrémités radicellaires, à travers tout le corps ligneux, jusqu'aux parties supérieures du végétal, dans les feuilles, après y avoir subi u n e él a boratîon propre à le rendre plus éminemment nutritif, il continuât sa marche dans un sens inverse à celui qu'il avait suivi jusque là, et qu'il formât dès lors la sève descendante, liquide éminemment nutritif, spécialement destiné à fournir les matériaux de l'accroissement végétal. Mais, de même qu'on voit très bien la sève ascendante, qu'on peut la recueillir en grande quantité sur beaucoup de végétaui ligneux, elle qui était regardée comme ne servant pas à nourrir les organes, il semblait naturel que le liquide essentiellement chargé de cette nutrition générale pût aussi être manifesté et observé directement. Il aurait été, en effet, assez surprenant que des idées théoriques pussent seules justifier l'existence d'un fluide chargé d'un réle si important, et que l'observation directe ne pût venir leur donner un caractère plus positif. Aussi, dès qu'on eut remarqué la

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présence des sucs laiteux et colorée de manière quelconque dans l'écorce, on se demanda si ces sucs ne seraient pas la sève descendante elle-même, et les observations de M. Schultt sur ce suc parurent donner définitivement à cette théorie le caractère de vérité démontrée. Ces sucs colorés returent dès lors les noms de suc vital, latex, et les canaux tubuleux dans lesquels on admettait qu'ils circulaient furent nommés vaisseaux laticifires, vaisseaux vitaux (Milch Refasse, Lebensgefasse). Ces idées ont régné pendant plusieurs années dans la science ; mais peuvent-elles continuer a avoir cours* aujourd'hui? Cest ce que nous allons examiner rapidement.

D'abord la circulation du latex, on la cyclose, comme l'a nommée H. Scbaltx, bien que généralement admise d'abord sur l'autorité du savant que nous venons de nommer, a été contestée récemment, combattue par des faits et des observations, enfin niée positivement par des observateurs du plus haut mérite. Sans doute ce liquide se montre d'ordinaire en mouvement dans l'intérieur de «es canaux; mais ses mouvements sont irréguliers, et ne semblent pas pouvoir être regardés comme dépendant d'une vraie circulation. Ainsi M. Schleiden déclare n'avoir jamais réussi à le voir s'effectuer régulièrement dans une direction déterminée; M. Amici le regarde comme dépendant uniquement de l'influence de la chaleur, et, comme M. Ch. Monen rapporte l'avoir vu chex lui [Doionasa, deuxième partie, p. 3), il le dirige à volonté dans un sens ou on autre, en réfléchissant successivement sur divers points d'une plante où ce liquide est très apparent la lumière d'un quinquet.

Quant à II. Hugo Mohl, il a reconnu que la marche du latex est sous l'influence directe des actions mécaniques, de la pression, des blessures, delà chaleur, etc., mais que, dans tous les cas, elle ne constitue nullement une circulation.

En second lien , diverses observations, et particulièrement tes belles recherches spéciales d'un auteur anonyme publiées dans le Botanischo ZeUung de 18*6, n* 49, 50 et 51, ont prouvé l'exactitude de l'opinion émise d'abord par M. Link , savoir que les laticifères ne sont pas des vaisseaux. En effet, dit l'auteur anonyme que nous citons, • à son

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