C. Point d'yeux
5. TaioCKPiiALX. Triocephalus ( Triencéphale de Geoffroy Saint-Hilaire. qui a ainsi nommé ce genre pour rappeler l'absence simultanée de trois appa reils se n s i t i fs ) . — Da n s ce genre très curieux et peu rare, la bouche (et par conséquent la langue) et l'appareil nasal manquent comme les yeux; la face ne
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se compose plus que d«s deux oreilles rapprochées ou réunies sous la té Le. La léte est ainsi réduite à un. très petit volume et on peut dire à demi effacée, et Ton conçoit l'erreur des auteurs qui ont rapporté les Triocéphales aux monstres Paracéphaliensou même Acéphaliens; mais cette erreur, assez naturelle au début des études tératologiques, n'en est pas moins grave. Les Triocéphales, dernier genre des Autosites» ont encore toute l'organisation intérieure do ceux-ci, indiquée i l'extérieur par leur conformation régulièrement symétrique ; ce qui établit un intervalle immense entre eux et les premiers genres de Tordre des Omphalosiles.
(Is. G. St-Hilairk.)
"OTOCMLUS (ovî, «ire;, oreille; Xtïloç, lèvre), bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées, tribu des Pleurothallécs, établi par Lindley {Orchid., 35). Herbes de l'Inde boréale. Voy. orcuidkes.
•OTOCnLAMIS (o7i, «5to':, oreille ; xlcceblamyde). bot. ph. — Genre de la famille des Composées , tribu des Séoécionidées, établi par De Candolle (Prodr., VI, 77). Herbes du Cap. Voy. composées.
oreille; xvmv, chien).
mam. — II. Licbleinstein {Viegmann Arch., IV, 1838) a créé sous ce nom une subdivision dans le genre naturel des Chiens. Voy. cet article. (E. D.)
• OTOES (wT^ctj, qui a des oreilles), «ah. — Synonyme de Phoca, d'après M. G. Fischer. Voy. l'article phoqub. (E. D.)
•OTOGLENA (ùr£;, oreille; ^'vt,, œil).
iifFts., stst. — Genre de Sys toi ides ou Rotateurs établi par M. Ehrenberg , dans sa famille des Bydatinœa, et caractérisé par la présence de trois yeux ou points oculi formes, dont deux en avant , et un trobième porté par un pédicule sur la nuque. (Ddj.)
OTOLICNUSUto'î, oreille; Xi'xvoy, van ).
MAM.-IIliger (Prodr. syst. Mam. et Avium, 1811) indique sous ce nom un groupe de Mammifères qui correspond au genre des Galagos. Voy. ce mot.
Depuis, G. Fischer ( Zoognos, 1812) a créé sous la même dénomination un groupe de Carnassiers de la division des Chien*. Voy. ce mot. (E. D.)
OTOLITHE. OtolUhus (0ÎÇ, ir*{. oreille; Mac, pierre), rocs*. — Genre de Tordre des Acaothoptérygiens, famille des Sciénoïdes,
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établi par G. Cuvier {Règne animal, t. II, p. 172). Les Otolilhes ressemblent aux Scieoes proprement dites, par tous les détails de leur structuie et surtout par l'extrême petiiesse de leurs épines anales et l'absence de barbillons; mais ils s'en distinguent par deux canines fortes qu'ils ont à la mâchoire supérieure. Lear vessie natatoire est remarquable par deux productions pointues en forme de bras ou de cornes, situées sur les côtés de la partie antérieure et dirigées en avant.
MM. G. Cuvier et Valenciennee (Histoire des Poiss., t. V, p. 60) décrivent treize espèces de ce genre qui appartiennent aux meis d'Amérique et des Inde*. Parmi elles, noos citerons principalement I'Otolithe rocge, Otol. ruber {Johnius ruber BL, vulgairement Pèche- Pierre- k Pondfchery). Cest un Poisson long de 40 centimètres environ: il est fauve sur le dos, avec des reflets métalliques, argenté sur les flancs et au ventre; les nageoires supérieures sont de las couleur du dos , les inférieures sont blanches. (M.)
OTOMYS(«Téç,oreiMe;pû;, rat), mam.— Genre de Rongeurs de la division des Rats, créé par P. Cuvier {Denis des Mam., 1825), et assex voisin des Campagnols. Voy. ce mot. (E. D.)
OTOPHIS. hept. — Syn. d'Anguis. Voy.
OBVBT. (P. G.)
'OTOPflORUS (*riç, oreille; yr>», je porte), ims. — Genre de Coléoptères pe manières, famille des Scarabéides coprophages, établi par Mulsant (Histoire naturelle det Lamellicornes de France, p. 172), compté seulement d'une espèce qui est propre à l'Europe : le Scarabœus hœmorrhoidahs Lin. (Aphoditu III.). (C.)
*OTOSI>ERMOPfl!LUS oreille; Spermophilus, Spermophile). mam. — Charles Brandi (Af.od. des se. de St-Ptiersbowrg, 1844; et Journal de l'Institut, 1844) indique sou* ce nom un sous-genre de Spermophile*. Voy. ce mot. (E. D.)
•OTOSTEGIA (*r£(, «retire; «rtépt, toit). bot. ph. — Genre de la famille des Labiées , tribu des Stacbydées, établi par Bentham (Labial., 601). Arbrisseaux de TArabieelde TAbyssinie. Voy. labiées.
•OTOTROPIS (iro'î, oreille; Tpowf;, carène), bot. ru.— Genre de la famille des Légumineuses-Papiltonacées, tribu desLotées, établi par Bentham (in Ann. Wiener. Mus., II,
142). La principale espèce, Lotus microphyU- Jus, Blook., est une herbe originaire du Cap. — Olotropii , Schauer ( Index sem. Hort. Wartislaw., i839), syn. de Dollinera, Endl.
OTTEL AMBEL, Rbèede (Malab.. IX, 25, l. 46). bot. ph. — Syn. VOttelio, Pers.
OTTELIA. bot. ra. — Genre de la famille des Hydrocbaridées, tribu des Stratyotidées, établi par Persoon (Encheir. , l , 400). Herbei du Nil, du Gange et de l'Australie.
Vojf. BTOBOCHABIDKBS,
•OTTILIS, Gaîertn. (t. 57). bot. pb. — Syn. de Leea, Lion.
OTTO A. bot. ph. — Genre de la famille des Ombellifères, tribu des Sésélinées, établi par H.-B. Kunlb (in Humb. et Bonpl., Nov. gen. et sp., V, 20, t. 428). Herbes du
QUÏIO. Voy. OMBELLIFÈRES.
OTTONIA. bot. ph. — Genre de la famille des Saururées , établi par Sprengel (Neu$ Enldeck., I, 255). Arbrisseaux de l'Amérique tropicale. Voy. saururées.
OTl'S. ois. — Cuvier a désigné sous ce nom les Chouettes-Hiboux. Voy. chouette.
OUANDEROU. hah. — One espèce du genre Macaque (voy. ce mot) porte vulgairement ce nom. (E. D.)
OUARIN. m ah. — Nom d'une espèce de Sapajou. Voy. ce mot. (E. D.)
OUBLIE, holl.— Nom vulgaire du Bulla Ugnaria.
OUDîMEYA ( nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères , tribu des Arabidées, établi par B. Brown (in Denh. et Clappert. Narrât. , 220 ). Arbrisseaux de l'Afrique boréale. Voy. crucifères.
ODETTE, hah. — Nom vulgaire du Ifarsouin. Voy. daupihs. (E. D.)
OUIE. zool. — Voy. oreille.
OUÏES. P0I58. — Voy. poissons.
OUISTITI. lacchus. hah. — Genre des Quadrumanes formant, dans le groupe des Singes américains ou Plalyrrbiniens , une section particulière sous le nom d'Arctopithèques, selon la classiGcation d'Élienne Geoffroy Saint-Hilaire , et se rapportant, suivant Buffon , à la famille des Sagouins, c'est-à-dire à la division des Singes américains, à queue entièrement velue, lâche et droite. Les Ouistitis ont, en général, été placés à la Gn de la section des Singes , et ils établissent le passage entre les Cebus et les Lernur.
Ces animaux, comme tous les Singes américains, n'ont pas de callosités aux fesses , ni d'abajoues; leurs narines sont écartées, comme dans les Sagouins; leur queue est longue , non prenante et couverte partout d'un poil fourni, mais pas fort long: ils diffèrent des Plalyrrbiniens en ce qu'ils sont encore plus petits ; que leurs ongles sont transformés en véritables griffes; que leurs pouces, surtout les antérieurs, out presque entièrement perdu la propriété d'être opposés à tous les autres doigts ensemble ou séparément; et surtout en ce que leurs molaires, moins nombreuses, puisqu'il n'y en a que cinq au lieu de six à chaque côté des mâchoires , ont une forme qu'on ne retrouve dans celles d'aucun autre genre de Singes, c'est-à-dire qu'elles ont leur couronne garnie de tubercules pointus, analogues à ceux des molaires des Insectivores.
Les Ouistitis ont la tète petite, assez ronde , avec l'occiput moins saillant en arrière que dans les Sapajous. Leur face est perpendiculaire, ce qui pourrait faire croire que leur angle facial est très ouvert, ce qui n'est véritablement pas ; les yeux sont médiocrement grands ; ils sont rapprochés l'un de l'autre et dirigés en avant. Le museau est court et le nez un peu saillant. La bouche a les proportions ordinaires de celles des Singes. Les oreilles sont assez grandes et presque nues. La taille de ces animaux est petite et ne dépasse pas celle de notre Écureuil d'Europe, avec lequel ils ont été plusieurs fois comparés ; leurs corps est long, leurs membres sont grêles, et ne diffèrent pas, dans leurs proportions, de ceux des Sajous; mais leurs ongles sont beaucoup plus voûtés , plus recourbés et semblent se rapprocher davantage de ceux des Carnassiers , et principalement des Ours , ce ce qui leur a valu le nom que leur a appliqué Éi. Geoffroy Saint-Hilaire. Moins quadrumanes que la plupart des Singes américains , leurs extrémités antérieures ne peuvent plus recevoir le nom de mains , le pouce n'étant plus opposable oux autres doigts. Les membres postérieurs sont pourvus de véritables mains; la queue, toujours plus longue que le corps, est , ainsi que nous l'avons déjà dit , velue et non prenante; enfin, les poils, ordinairement
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peints de couleurs très gracieuses et bien nuancée», sont généralement longs, touffus et très doux au toucher , ce que l'on remarque sur toutes les parties du corps excepté •ur les mains et la té te, où ils sont courts et peu abondants.
Leur système dentaire, assez analogue & celui des aut,res Singes, présente cependant quelques particularités qu'il est bon de noter. Les canines supérieures , au nombre de quatre, sont semblables à cellci des Sajous; mais, au lieu d'être parallèles, comme elles le sont dans les autres Singes, elles sont disposées en arc de cercle assez petit ; les canines sont longues , arquées et tranchantes postérieurement. Les trois fausses molaires qui les suivent ont une pointe à leur bord externe, avec un talon à l'interne, et leur grandeur croit successivement de la première a la troisième; la quatrième dent, qui est une vraie molaire, est très grande et ne diffère des premières que parce qu'elle présente deux tubercules pointus a son bord externe , avec un rudiment de tubercule intermédiaire ; la dernière molaire ou la cinquième ressemble a la précédente, mais elle est de moitié plus petite. A la mâchoire inférieure les deux incisives latérales sont un peu plus fortes que les deux mitoyennes, et toutes sont disposées en arc de cercle. Les canines ressemblent toul-à-fail aux incisives latérales. Les trois premières dents qui suivent sont des fausses molaires à une pointe sur leur bord externe , et sont pourvues d'un rebord interne en forme de talon. La quatrième molaire , qui est la plus grosse , a quatre tubercules pointus ; enfin la cinquième, qui est beaucoup plus petite que celle-ci , présente à peu près les mêmes formes.
L'ostéologiedes Ouistitis a été étudiée par plusieurs auteurs , et nous en parlerons ici d'après M. de Blainville (Osléographie, Fascicule des Primates, 1841). La tête de ces animaux a une forme moins allongée que dans les autres Cebus; le museau est très court, ce qui fait que l'angle facial peut être estimé à 50 degrés; le plan des orbites est très peu oblique, celui des narines est également presque vertical : aussi les os du nez sont-ils parallélogrammiques, au lieu •l'Être triangulaires; enfin, l'angle de la mâchoire inférieure se détache en une apo-
physe distincte. Le reste du squelette est presque semblable à celui des Cebus; toutefois , les membres antérieurs se raccourcissent en comparaison des postérieurs. Le nombre des vertèbres dorsales est de onze ; quelquefois, comme dans l'Ouistiti ordinaire, il y eo a treize; et, dans ce cas, le nombre des vertèbres lombaires , qui est ordinairement de sept, n'est plus que de six. Elles ont, du reste, leurs apophyses épineuses et Iran verses, assez longues, et surtout antéroverses. Les vertèbres sacrées ne sont , au contraire , qu'au nombre de deux, et quelquefois de trois, mats dont la première seule est articulée avec l'iléo. Quant aux coccygieoncs, elles sont souvent, lorsque la queue est bien complète, au nombre de vingt-huit à trente , de forme et de proportion ordinaire. L'hyoïde a aussi son corps assez large , mais sans cavité , et surtout la corne antérieure est de nouveau réduite à être un très petit tubercule pointu, cartilagineux, situé à la base de la corne postérieure , fort large , et ayant quelque ressemblance avec la première c4te de l'homme. Le sternum n'est jamais formé de plus de sept sternèbres , en comptant les terminales , et toutes assez larges et assez plates; dans l'Ouistiti ordinaire il n'y en a que six. Les côtes , au nombre de douze , rarement de treize, sont larges et aplaties, sauf la dernière , qui est droite et grêle. La proportion des membres est un peu comme dans l'Écureuil. Les antérieurs, plus couru en totalité et dans chacune de leurs parties, ont, du reste, une ressemblance presque parfaite avec ceux des Sajous; même forme d'omoplate, de clavicule , d'humérus , qui est même percé d'un trou au condyle interne dans le Tamariu ; de radius , de cubitus et d'os du carpe, du métacarpe et des doigts; l'os intermédiaire du carpe est peut-être même plus considérable proportionnellement que dans les Sa* jous, au contraire du trapèze, notablement moins développé. Mais une différence capitale porte sur la forme de la phalange uoguéalc, qui est courte , étroite , comprimée et assez aiguë même , surtout au pouce. Aux membres postérieurs, le bassin , peu différent de ce qu'il est dans le Sajou, si ce n'est qu'il fait un angle un peu plus ouvert avec la colonne Terlébralc, ne s'articule eo
-effet qu'avec nue seule vertèbre du sacrum ; l'os des îles est aussi peut-être un peu plus étroit ; quant au fémur , au tibia , au péroné, il n'y a pas do différences notables à signaler, et c'est ce que l'on peut dire également du pied, à l'exception de la tubérostté calcanéenne, qui est davantage creusée en poulie , et des phalanges unguéales , qui ont la même disposition qu'au membre de devant.
Les Ouistitis sont surtout abondants à la Guiane et au Brésil; mais on en trouve aussi quelques uns en Colombie et au Mexique, ainsi que dans la partie sud du Pérou et au Paraguay. Leurs mœurs , à l'étal de nature, sont assez peu connues; on sait seulement qu'ils vivent sur les arbres comme les autres Singes , et qu'ils s'accrochent aux branches au moyen de leurs griffes, à la manière des Écureuils. Ils font une guerre très active aux Insectes , dont ils se nourrissent presque exclusivement.
On les réduit assez facilement à l'esclavage , et il n'est pas rare d'en voir en Europe. Moins délicats que beaucoup d'autres espèces du même ordre, les Ouistitis supportent plus facilement le froid de nos climats; leur petite taille et leurs gentillesses permettent d'ailleurs de les y soustraire plus facilement : aussi a-t-on plusieurs fois réussi à les faire reproduire en France et en Angleterre. Edwards savait déjà qu'ils avaient pu se reproduire en Portugal , et il pensait qu'on pourrait les acclimater dans le midi de l'Europe. Dès 1778, on en avait vu naître à Paris; depuis, il en est également né plusieurs fois à la ménagerie du Muséum.
Fr. Cuvier (Hist. des Mamm. ) a donné quelques détails sur les moeurs de plusieurs espèces étudiées en domesticité , et principalement au temps de l'éducation de leurs petits. Deux Ouistitis ayant été réunis vers la fin de septembre 1818, ne tardèrent pas à s'accoupler ; la femelle conçut, et elle mit bas le 27 avril suivant trois petits, un mâle et deux femelles, très bien ponant* ; ceuxci, en venant au monde , avaient les yeux ouverts et étaient revêtus d'un poil gris foncé, très ras et à peine sensible sur la queue. Us s'attachèrent aussitôt à leur mère en l'embrassant et en se cachant dans ses poils ; mais avant qu'ils tétassent, elle mangea la tête à fun d'eux. Cependant les deux
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autres prirent la mamelle , et dès ce moment la mère leur donna ses soins que le père partagea bientôt. Quand la mère était fatiguée de porter ses petit* , elle s'approchait du mile , jetait un petit cri plaintif, et aussitôt celui-ci les prenait avec ses main», les plaçait sur son dos ou sous son ventre , où ils se tenaient d'eux-mêmes, et il les transportait ainsi partout, jusqu'à ce que le besoin de téter les rendtl inquiets ; alors il les faisait reprendre à leur mère, qui ne tardait pas à s'en débarrasser de nouveau. En général , le père était celui des deux qui en avait le plus de soin ; la mère ne montrait pas pour eux cette affection vive, cette tendre sollicitude que la plupart des mères ont pour leurs petits : aussi le second mourut il au bout d'un an , et le troisième ne prolongea sa vie que de quelques jours de plus ; et cela parce que , dès les premier* Jours de juin 1819, la mère, ayant éprouvé de nouveau les besoins du rut, avait Ûni par perdre son lait.
Victor Audouin ayant possédé deux individus du Iacchus vulgarts, et ayant observé leurs mœurs avec grand soin , nous croyons devoir rapporter ici plusieurs de ses remarques , d'après ce qu'en dit M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire {Dict. classique, 1827). Les Ouistitis savent très bien reconnaître dan* un tableau , non pas seulement leur image, mais encore celle d'un autre animal : ainsi l'aspect d'un Chat, et même celui d'une Guêpe , leur causent une grande frayeur , tandis qu'à la vue d'une Sauterelle ou d'un Hanneton ils se précipitent sur le tableau comme pour s'emparer de l'objet qui y est représenté. Ce fait est important, car il montre que ces animaux ont une intelligence assez développée , et sur ce point plus parfaite même que celle du Chien. Un autre exemple de leur instinct doit être cité : Il arriva un jour à l'on des deux individus que possédait Audouin de se lancer dans l'œil , en mangeant un grain de raisin, un peu de jus de ce fruit; depuis ce temps , il ne manqua plus, toutes les fois qu'il lui arriva de prendre du raisin , de fermer le* yeux. Ces deux animaux aimaient beaucoup le sucre , la pomme cuite et les œufs qu'ils savaient saisir avec beaucoup de grâce et vider avec une adresse remarquable ; mais ils ont toujours refusé les amandes de toute
nature, les fruits acides ou acidulés et les feuilles qui se mangent en salade ; ils n'aiment pas non plus la chair; mais lorsqu'on mettait dans leur cage un petit Oiseau vivant, et qu'ils parvenaient à s'en rendre maîtres , ils lui ouvraient le crâne , mangeaient tout le cerveau , en ayant soin de lécher le sang qu'ils faisaient couler, et dévoraient quelquefois aussi la corne du bec , les tendons des pattes , etc. Ces Ouistitis étaient très curieux; leur vue était très perçante; ils tenaient beaucoup à leurs habitudes, quoique asses capricieux ; ils reconnaissaient partout les personnes qui avaient soin d'eux ; enQn , leurs cris étaient très variés, suivant les passionsqui lesanimaient. Lorsqu'ils étaient effrayés , ils faisaient entendre des glapissements qui semblaient partir du gosier; dans d'autres circonstances, ils poussaient de petits sifflements prolongés , ce qui arrivait surtout quand on les mettait en plein air; ou bien ils s'appelaient l'un l'autre par un gazouillement semblable à celui d'un grand nombre d'Oiseaux.
Le genre Ouistiti des auteurs, qui a reçu d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire le nom de Jacrhus, et d'illiger celui oVHapale, a été subdivisé en plusieurs groupes secondaires. Etienne Geoffroy Saint-Hilaire , Kuhl , Mikan, et plus récemment H. Lesson, ont proposé de former plusieurs divisions dans ce genre naturel. Sans nous arrêter à toutes ces subdivisions particulières , nous n'indiquerons ici que celles des Ouistitis proprement di/J et des Tamarins, qui ont été le plus généralement adoptées par les naturalistes, et nous dirons quelques mots de chacune des diverses espèces qui doivent y rentrer, tout en faisant observer que plusieurs ne sont probablement que nominales et n'ont pas été assez étudiées jusqu'ici.
§ 1. Ouistitis propbeueht dits {lacchus, Ét. Geoffr.; Hapale, lllig.).
Incisives supérieures non contiguès : les inférieures presque verticales, les latérales étant les plus longues ,* oreilles médiocres.
1* Ouistiti proprement dit, Buffon ( Ilist. nat. gén. et part., t. XV, pl. U), Simia laccAus Lin., lacchus vulgaris Ét. Geof., Desm. C'est l'espèce du genre la plus anciennement et la plus généralement connue, et celle que l'on voit presque seule en Europe.
Le pelage est grisâtre , avec la croupe et la queue mêlées de gris- brun et de cendré; il y a une tache blanche au milieu du front, et deux grandes touffes de poils blanchâtres, qui sont situées au-devant et derrière chaque oreille. Le dessous du corps est d'un gris plus clair que le dos et un peu jaunâtre. La longueur du corps est d'environ huit pouces, sans y comprendre la queue, qui est un peu plus longue que lui. Le jeune Age offre quelques modifications dans les couleurs de son pelage. Cette espèce se trouve à la Guiane et au Brésil , et elle a été très souvent apportée en Europe, où elle peut se reproduire; ses mœurs ont pu être étudiées avec soin ainsi que nous l'avons dit plus haut. Les sons qu'il fait entendre lorsqu'il crie ont vain à l'Ouistiti le nom qu'il porte.
21* Ouistiti a puceau , lacchus penkillalus Ét. Geoffr., Desm. Plus petit que l'espèce précédente, dont il n'est peut-être qu'une simple variété, il se distingue par sa gorge et son ventre roussilres, par la nuance plus éclaircie de son dos, et surtout par l'espèce de pinceau de longs poils noirs, naissant audevant de l'oreille, et qui remplacent les poils blancs qui ornent les cotés de I Ouistiti ordinaire. On ne connaît pas les mœurs de cet animal, qui habite le Brésil.
Z* Ouistiti a téte bukche , lacchus leucocephalus Ét. Geoffr., Desm. , Simia Geoffroyi Humboldt. Ce Singe , qui ne diffère peut être pas spécifiquement de l'Ouistiti vulgaire, se fait remarquer particulièrement par sa tête et sa gorge qui sont entièrement blancs. Il provient du Brésil , d'où plusieurs individus en ont été rapportés au Muséum d'histoire naturelle par M. Auguste Saint- Hilaire.
4° Ouistiti oreillard, lacchus auritut Ét. Geoffr., Desm. Très voisin des précédents, ce Singe se distingue, principalement en ce qu'il a au-devant de l'oreille un pinceau de poils blancs, beaucoup plus court que le pinceau noir du lacchus penicillatus. Il habite également le Brésil.
5° Ouistiti cahail, lacchus humeralifer Ét. Geoffr., Desm., Humboldt. Dans cette espèce la face est généralement blanchâtre au centre, et brune autour, avec le front seulement couvert de très petits poils fins I et serré* : toutes les parties supérieures du
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corps sont couvertes de poils d'un brun foncé dan» la plus grande partie de leur longueur , et terminés de blanc- gris ; la queue est noire, avec des anneaux fort distincts entre eux et de couleur cendrée. Il provient du Brésil.
Ces cinq prétendues espèces ont à peu près la même taille ; elles sont toutes pourvues de touffes de poils aux deux côtés de la léte, et ont plus ou moins la croupe et la queue rayées ou annelées de couleurs différentes, etc. D'après cela, et jusqu'à ce que des observations complètes puissent bien démontrer qu'elles sont bien distinctes les unes des autres, n'est on pas en droit, ainsi que l'ont fait plusieurs auteurs, de les réunir en une seule et même espèce, présentant seulement des variations plus ou moins profondes?
6° Ouistiti mblakurb, lacchus melanurus Ét. Geoffr., Desm. De la taille de l'Ouistiti ordinaire ; le corps et les membres de cette espèce sont généralement d'un brun clair, avec les parties inférieures et les cuisses d'un blanc roussàtre ; les pieds et les mains bruns; la queue n'étant plus annetée, mais entièrement d'un noir brunâtre. Cette espèce provient du Brésil.
7° Ouistiti mico , Buffon ( Hist. nat. gén. et part., t. XV, pl. 18), Humboldt; Stmia argenlala Linn. , lacchus argentalus Ét.
Geoffr., Desm. Pelage d'un blanc lustré assez pur, le milieu de la face nu ; les oreilles, les tubercules palmaires et plantaires d'un rouge de vermillon; la queue noire en entier. Celte espèce a été trouvée dans le Para. Ce singe forme le genre Aftco de M. Lesson.
$ 2. Tamabiks. Jtfidos, Ét. Geoffr.
Incisives supérieures contiguè's; les inférieures pt oclivest conliguës et convergentes en bec de flûte ; oreilles très grandes, membraneuses, et plates sur les eûtes de la tête; front grand et très relevé par la saillie des crêtes sus-orbUaires.
8" Tarubin , Buffon ( Hist. nat. gén. et part., t. XV, pl. 13); Simia midas Linné, Humb., lacchus rufimanus Desm., Midas rufimanus Ét. Geoffr. De la taille de l'Écureuil; son corps est assez allongé; ses oreilles sont grandes , plates, nues et de forme anguleuse; son poil est généralement
noir , mais varié de gris sur la région des lombes; la face supérieure des mains et des pieds est couverte de poils d'un jaune roux ou couleur de feu ; sa queue est très longue, fort mince et toute noire. Dans l'étal de nature il babite en grandes troupes, sur les sommités des arbres, dans les endroits de la Guiane et du Maragnan qui sont à la fois monlueux et distants des babitations de l'bomme. Ce Singe s'apprivoise facilement, et nos ménageries le possèdent souvent; son cri est un sifflement aigu; il est fort vif et très sujet à la colère ; en captivité, il aime à chercher les puces sur le corps des animaux domestiques, et il grimpe avec plaisir sur les épaules des personnes qui le soignent, sans chercher à leur nuire; sa ebair a un mauvais goût et n'est pas recherchée même par les Indiens.
9" Tabtarih règre, Buffon ( Hist. nat. gén. et part., suppl., t. VII, pl. 32), Fr. Cuvier, Saguinus ursulus Hoffm., JWtdas tirsulus Ét. Geoffr. , lacchus ursulus Desm. Très semblable au précédent, dont il n'est peutêtre qu'une variété ; il est entièrement noir, avec le dos intérieurement varié de gris, mais en outre les poils qui couvrent les pieds, tant en dessus qu'en dessous, sont du même noir que le reste du pelage, et nullement teints de roux comme dans le Tamarin ordinaire. Il se trouve communément au Para.
10° Ouistiti labié, Simia labiata Humb., Midas labiatus Ét. Geoffr. , lacchus labiatus Desm.. Midas fuscicollis? , nigricollis?, et myslax? Spix. De la taille des espèces précédentes, il est en dessus du corps ei de la face extérieure des membres d'un brun noirâtre ; en dessous, d'un roux ferrugineux , et la tête , la queue et les eitrémités des pattes sont noires; mais ce qui le distingue surtout, c'est que le nez et le bord des lèvres sont recouverts de poils blancs, très fins et très courts. 11 se trouve au Brésil.
1 1# Ouistiti a fboht jauhr , Midas cftrysomelus Kuhl , lacchus chrysomelus Desm. , lacchus chryjurusNeuwied. Son pelage est noir; son front et la face supérieure de sa queue sont d'un jaune doré; ses avantbras , ses genoux , sa poitrine et ses côtés sont d'un roux marron. Ce Singe babite les grandes forêts du Para et du Brésil, et
n'est pif commun entre les quatorzième et quinzième degrés de latitude australe.
12" Ouistiti a fesses dobils , Iacchus ckrytopygus N a itérer et Mikan. Le pelage de cette espèce est généralement noir, avec les fesses et la partie iuterne des cuisses d'un jaune doré, elle front Jaunâtre; il est remarquable par l'existence d une longue crinière noire, qui tombe de la téte jusque sur les bras, et par sa queue qui Corme plus de la moitié de la longueur totale. Se trouve au Brésil, dans la capitainerie de Saint- Paul.
13vMiautnu, Buff. (£/«*. naU gé%. et part., t. XV, pl. 16) Fr. Cuv., Sunia rosalia Unn., Midas rosalia ÉL Geoffr. , Iacchus rosalius Des»., le Singe-Lion, vulgairement type du genre Leontopithecus de Lcsson. Le corps est long de 25 centim , et la queue est un peu plus longue; le pelage est d'un jaune clair, et présente sur la téte et les épaules une sorte de crinière très marquée par rallongement du poil, qui, dans ces parties, est doré à la pointe; la poitrine et la croupe ont également des reflets dores , tandis que le dos, la base de la queue, les cuisses et le bas-ventre sont d'un jaune plus clair; la queue, aussi jaune, est terminée par un flocon de poils plus longs que « eux qui la couse trouve dans la Guiane et le Brésil.
44° Leonito, Sitnia leonina Humboldt, ilidas leoninus Et. Geoffr.; Iacchus leoninus Des m. Un peu plus petit que le précédent; son pelage est d'un brun olivâtre, tant sur le corps que sur la grande crinière qui recouvre le derrière de la téte, le cou et la région des épaules; la face est noire; le dos est marqué de petites taches et de légères lignes d'un blanc jaunâtre; la queue est terminée par un flocon, il habite les plaines qui bordent, à l'est, la chaîne des Cerdilières, et particulièrement les rives du Pata-Mayo et du Caqueta. Rare dans son pays natal, il ne « élevé jamais jusqu'à la région tempérée des montagnes; son caractère est très vif et très irascible; il fait entendre souvent un son de vois semblable ta chant des petits Oiseaux.
15" Pinchb, Buflon (MisL nat. gén. et JHM1., t. XV, pl. 17 ), Simio œdipus Linn., Attdas œdipus Et. Geoffr. , Iacchus œdipus Desm. , Titi de Canhagène Humboldt. Type
du genre Œdipus de Lesson. Il a environ 1.5 centim. de longueur, et sa queue a près* que le double ; il présente une chevelure très longue, mais n'offrant pas l'aspect d'une véritable crinière comme dans les deux espèces précédentes. Son pelage est lustré , d'un brun fauve, quelquefois moucheté de taches fauves en dessus, et toujours blanc en dessous ; les deux premiers tiers de sa queue sont d'un roux vif, et le dernier est noir ; le sommet et les cotés de la téte sont garnis d'un toupet de poils lisses et blancs contrastant avec la couleur noirâtre et foncée de la face, qui est à peine couverte d'un duvet gris ; quelques poils blancs et raides sont implantés sur les lèvres, le menton et auprès des oreilles, qui sont fort grandes et arrondies. Ce Singe se trouve aux environs de Canhagène, vers l'embouchure du Rio-Sian; il est rare à la Guaine. A l'état de liberté il est d'un caractère méchant et irascible, et fait entendre un cri à peu près semblable à celui de nos Chauves- Souris. Fr. Cuvier en a étudié des individus à l étal de domesticité : ils dormaient tout le jour, et ce n'était qu'au crépuscule qu'ils commençaient à remuer cl à prendre leur nourriture; et dès que l'aube apparaissait ils retournaient se cacher dans un coin de leur cage, et l'on ne pouvait les en retirer qu'avec peine. (E. Deshabest.)
OUIVKO. ma m. — Nom donné par Fr. Cuvier au Gibbon desRaffles, UylobaUs Ilaf- (lesii Ét. Geoffr. Voy. gibbon.
OURALITE. min. — Nom donné par G.
Rose aux cristaux d'Amphibole qui existent dans les Diorites des monts Ourals. Voy. m-
PBIBOLK.
OURAGANS, lirtcm. — Voy. mbtéobo-
LOGIB.
OURAPTERYI, Leach. no. — Sja.
û'Urapteryx , Rirb.
OURAV chs, — Syn. de Pauxi.
•OUREBIA. sua. — L'une des divisions des Ruminants cavicornes a reçu ce nom de M. Ogilby (Proe. zool. Soc. Lond. , 1836).
OURISIA. bot. ph. — Genre de la famille des Scrophularinées, tribu des Véronicées , établi par Jussieu (ex Cominers.). Arbustes de la Nouvelle-Hollande et du détroit de
OI IILON. ins. — Nom vulgaire des Han-
notons dans quelques parties septentrionales
de la Fraoce.
OUROUPAQIA, Aubl. bot. pu. — Syn.
d'Uncaria, Scfareb.
•OLROZtLKTES. cudst. — Ce genre, qui appartient à l'ordre des Amphipodes, a été établi par M. Milne Edwards, qui le range dans sa famille des Cymolhoadiens et dans sa tribu des Cymolhoadiens parasites. Dans celte coupe générique, le corps est large, déprimé et assez régulièrement ovalaire. La tête est très petite, presque globuleuse et profondément enfoncée entre deux prolongements du premier anneau thoracique. Le front est moins saillant que le labre. Les anteunes sont courtes et coniques. La bouche est très avancée et dirigée en avant plutôt qu'en dessous. Le thorax est très large, et présente de chaque coté uue bordure formée par les pièces épiraériennes qui sont allongées; le dernier anneau est en forme de fer à cheval , et loge la moitié de l'abdomen dans lécbancrure de son bord postérieur. Les pattes sont courtes et présentent à leur base de grandes lames foliacées qui constituent sous le thorax une poche ovifère. L'abdomen est composé d'anneaux tous soudés ensemble, et ne se distinguant entre eux que par de légers sillous transversaux. Les fausses pattes de la première paire sont très grandes , et leur lame externe recouvre non seulement toutes les fausses pattes suivantes, mais se recourbe sur la partie latérale et supérieure de l'abdomen. Les fausses pâlies des quatre paires suivantes ne présentent rien de remarquable; quant à celles de la dernière paire, elles sont cachées sous la lame terminale de l'abdomen.
Ces Crustacés, dont on ne connaît pas la femelle à l'étal adulte, subissent des modifications considérables par le progrès de l'âge. Quand ils viennent de naître ils sont encore renfermés dans la poche ovifère de leur mère , ils ressemblent beaucoup à de jeunes Anilocres. Leur léte est grosse ; le thorax ne porte que six paires de pattes; l'abdomen est divisé en six anneaux mobiles ; les fausses pattes des cinq premières paires sont semblables entre elles, et garnies de deux lames ovalaires à bord ciliés ; enOn les dernières fausses pattes sont grandes, et forment, arec le dernier article de l'abdo-