VARIÉTÉS
n'étant qu'une variété al bine et accidentelle, nous n'eu parlerons pas ici. On ne l'a signalé que daus les Alpes; mais il doit se rencontrer accidentellement partout où il y a des Ours, puisque sa couleur est un résultat pathologique.
2° L'Ours de» Pyrénées, L'rsus pyre miens Fr. Cuvier; Ours des Asturies, id.
Il est plus petit que le précédent, d'un blond jaunâtre sur le corps, et noir sur les pieds. Il habite les montagnes des Asturies.
3° L'Ours de Morvége, Ursusnoruxgicus Fr. Cuvier, n'est connu que par de jeunes individus, st son espèce n'a été établie par Fr. Cuvier que sur un Ourson âgé de cinq semaines. Il était d'un brun de terre d'ombre , sans aucune trare de collier blanc.
4° L'Ours à collier , Ours de Sibérie ,
Vrsus colibris Fr. Cuvier/ a beaucoup de ressemblance avec l'Ours des Pyrénées, mais sa taille serait un peu plus petite , et un large collier blanc lui passerait sur le haut du dos, sur les épaules, et se terminerait sur la poitrine. Il habite le nord de l'Asie, et Fr. Cuvier a cru remarquer que ceux qui ont vécu à la ménagerie étaient un peu plus carnassiers que les autres.
Nous observerons que tous les petits de l'Ours brun ou commun ont, pendant leur jeunesse, un collier blanc plus ou moins prononcé. Cependant on trouve dans la même portée des Oursons qui n'en ont pas du tout, d'autres qui le perdent peu de temps après leur naissance, et enfin d'autres qui le conservent jusqu'à ce qu'Usaient atteint le quart ou même le tiers de leur pros<cur. Or, comme Fr. Cuvier a établi ses nombreuses espèces sur de jeunes Oursons , il est probable qu'il a dû être induit en erreur par la présence ou l'absence de ce collier, auquel il attachait beaucoup trop d'importance. Beaucoup de voyageurs ont parlé de cet Ours qui habite le nord de l'Asie , et aucun ne fait mention de ce large collier blanc. Nous citerons, au sujet de cet Ours, un passage assez curieux du voyageur Les-
seps : « La chasse de l'Ours, dit-il, exige de l'art et beaucoup de hardiesse. Les Kamtschatdales l'attaquant de différentes manières : quelquefois ils lui tendent des pièges. Sous une trappe pesante, suspendue en l'air, ils mettent un appât quelconque afin d'attirer l'Ours. Celui-ci ne l'a pas plus tôt senti et aperçu qu'il s'avance pour le dévorer: en même temps il ébranle le faible support de la trappe qui lui tombe sur le cou et punit sa voracité en lui écrasant la tête, souvent même tout le corps. H est encore une autre chasse aux Ours fort en usage au Kamtschatka, et pour laquelle on jugera qu'il faut autant de force que de courage. Un Kanuschaldalc part pour aller à la découverte d'un Ours ; il n'a pour armes que son fusil, espèce de carabine dont la crosse est très mince, plus une lance ou un épicu, et son couteau. Toutes ses provision!» se bornent à un petit paquet contenant une vingtaine de poissons sécbés. Ainsi muni et équipé, il pénètre dans l'épaisseur des boia et dans tous les endroits qui peuvent servir de repaire à l'animal. C'est pour l'ordinaire à travers les broussailles , ou parmi les joncs, au bord de* lacs et des rivières, qu'il se poste et attend son ennemi avec constance et intrépidité. S'il le faut, il restera ainsi en embuscade une semaine entière, jusqu'à ce que l'Ours vienne à paraître. Dès qu'il le voit a sa portée , il pose en terre une fourche de bois qui tient à son fusil. A l'aide de celte fourche le coup d'œil acquiert plus de justesse et la main plus d'assurance ; il est rare qu'avec une balle même assez petite il ne touche pas l'animal soit à la tête, soit daus la partie des épaules , son endroit sensible. Mais il faut qu'il recharge dans la même minute, car si l'Ours n'est pas renversé du premier coup, il devient furieui et accourt aussi têt pour se jeter sur le chasseur qui n'a pas toujours le temps de lui en tirer un second. Alors le Kamtscbatdale a recours à sa lance, dont il s'arme à la hâte pour se défendre contre l'Ours en furie qui l'attaque à son tour. Sa vie est en danger s'il ne porte à l'animal un coup mortel. Souvent il arrive dans ces combat* que l'homme n'est pas le vainqueur ; cela n'empêche pas les habitants de ces contrées de s'y esposer presque journellement. »
On trouve , dans le troisième voyage du
capitaine Cook, une description absolument semblable de cette chasse, et une notice très précieuse sur l'Ours du Kamstchaïka, qui ne peut être qu'une variété de celui-ci, quoique les navigateurs anglais disent qu'ils est d'un noir lustré , et qu'ils ne fassent pas mention de son collier blanc. « Les Ours sont spécialement redoutables, selon ces voyageurs, lorsqu'ils sortent de la tanière où ils ont passé l'hiver. Si la gelée se trouve forte , et si la glace n'est pas encore rompue dans les lacs , et les prive de leur moyen de subsistance, ils ne tardent pas à -devenir affamés et féroces. » Ce passage prouverait que l'Ours du Kamslchatka est pécheur, ou au moins qu'il fréquente les bords des lacs pour se nourrir des cadavres de Poissons ou autres animaux que les vagues rejettent sur la grève. Il est certain que c'est toujours dans les roseaux des rivages que les chasseurs vont se placer en embuscade pour les attendre à l'affût. « Les Ours, ajoute la relation , ont l'odorat très fin ; ils sentent de loin les Kamlschaldales et ils les poursuivent; comme ils rédent hors de leurs sentiers ordinaires , ils attaquent souvent les malheureux qui ne se trouvent pas sur leurs gardes, et quand ceci arrive, les chasseurs du pays ne sachant point tirer à la course et ayant toujours besoin d'avoir leur fusil posé sur un point d'appui, il n'est pas rare de les voir dévorer par ces animaux. Il règne une grande affection entre l'Ours femelle et ses petits, et les chasseurs la mettent à proût pour assurer le succès de leur chasse. Ils ne s'avisent pas de tirer un Ourson lorsque la mère est dans les environs, car elle entre dans un accès de fureur qui va jusqu'à la frénésie si son Ourson est blessé, et si elle découvre son ennemi elle l'immole à sa vengeance. D'un autre coté, si la mère est blessée, ses petits ne la quittent pas; lors même qu'elle est morte depuis assez longtemps ils continuent à se tenir près d'elle; ils témoignent l'affection la plus profonde par des mouvements et des gestes très expressifs , et ils deviennent ainsi la proie des chasseurs. » Il est possible que l'Ours du Kamtscbatka ne soit rien autre chose que . V Ursus americanus. Cependant ce dernier n'est nullement féroce , et , hormis le Poisson, il n'attaque aucune proie vivante.
Il est fort remarquable que les mêmes contes sur ces animaux sont débites par nos paysans des Alpes et des Pyrénées, et par les habitants du Kamtscbatka. Selon les uns et les autres, l'Ours se nourrit de sa propre graisse, en hiver, en se suçant les pattes, et la prudence, la sagacité des Ours, va presque jusqu'au dernier échelon de l'intelligence.
Pendant la belle saison, les Ours du nord de l'Europe et de l'Asie se nourrissent de fruits, de baies, et principalementde celles de l'Airelle (Kaccttttttmmyr(i/lum),de l'Arbousier, etc., des bulbes de certaines Liliacées, telles que les Lilium bulbifervm, Kamtschatcenst, etc. Ils ne dédaignent pas les graines, et, faute de mieux, ils mangent les feuilles laiteuses du Laiteron (Sonchus alpinus) , de la Campanule à larges feuilles (Campanula Ictifolia), et même les jeunes pousses de Bouleau. Il parait qu'ils nagent très bien et qu'ils vont pécher dans les lacs.
5* L'Ouk Isabelle , Ursut isabellinus Horsf., qui habite les Himalaya du Népaul, n'est qu'une très légère variété du précédent, à pelage d'un fauve jaunâtre.
6° L'Ours de Syrie, Ursus syriacus Chremb. et Hemp., n'est qu'une très légère variété de notre Ours des Alpes. Il habile toutes les hautes montagnes du Liban.
7° L'Ours du Th&et , Ursus tkibelanus Fr. Cuvier, se trouve au Thibet, au Népaul , et au Sylhet. Il a beaucoup d'analogie avec notre Ours des Alpes, sous le rapport des formes, mais il en diffère par la grosseur de son cou, et par son ebaufrein qui forme une ligne droite. 11 est noir , à poils lisses ; son museau est un peu roux ; sa lèvre supérieure couleur de chair, et l'inférieure blanche ; il a , sur la poitrine , une tache blanche en forme d'Y.
8° L'Ours noir d'Europe, G. Cuv. ; Ursus ater Boit. , Ursus niger Less., est une espèce plus que douteuse , décrite par Buffon et adoptée par G. Cuvier. Ce dernier naturaliste dit qu'il a le front aplati, et même concave , surtout en travers , ce qui convient très bien à certaines variétés de notre Ours brun ; son pelage serait laineux, non pas lisse comme celui de l'Ours d'Amérique, et d'un brun noirâtre, ce qui existe encore chez le vieil Ours brun. Enfin, il aurait le dessus du nez d'un fauye clair, et le reste
du tour du museau d'un brun roux. G. Cuirier ignorait sa patrie; mois je pense que cette description ne peut s'appliquer qu'à l'Ours du Kamtschatka, dont j'ai parlé au n* 4, à moins que cet Ours du Kamlscnatka vesoit, comme le pense M. Isid. Geoffroy St-Hilaire, YUrsus americanus.
9° L'Ours d'Amérique, Ursus americanus Richards, Pallas. G. et Fr. Cuvier; l'Ours noir d'Amérique, G. Cuvier. Il a le front plat, presque sur la même ligne que le museau; la plante de ses pieds et de ses mains est très courte ; son pelage est noir, lisse, long et brillant. G. Cuvier dit lui avoir toujours trouvé les petites dents derrière la canine plus nombreuses qu'aux Ours d'Europe. Il a quelquefois une tache fauve audessus de chaque œil , et du blanc ou du fauve à la gorge ou à la poitrine. Enfin, on en a vu des individus entièrement fauves.
La taille de cet animal ne dépasse guère quatre pieds huit pouces (t"\ 516) ; cependant j'en ai vu un beaucoup plus grand que cela. Il varie beaucoup dans la couleur, et on en trouve des variétés plus ou moins jaunes, couleur de chocolat. Tous habitent les États-Unis d'Amérique et peut-être le Kamtschatka. « L'Ours noir , dit M. Dupratr, paraît l'hiver dans la Louisiane, parce que les neiges qui couvrent les terres du Nord, l'empêchant de trouver sa nourriture, le chassent des pays septentrionaux. Il vil de fruits, et entre autres de glands et de racines , et ses mets les plus délicieux •ont le laitet le miel ; lorsqu'il en rencontre il se laisserait plutôt tuer que de lécher prise. Malgré la prévention où l'on est que l'Ours est carnassier, je prétends, avec tous ceux de cette province et des pays circonvoisins, qu'il ne l'est nullement. Il n'est jamais arrivé que ces animaux aient dévoré des hommes, malgré leur multitude et la fairn extrême qu'ils souiïreni quelquefois, puisque, même dans ce cas, ils ne mangent pas la viande de boucherie qu'ils rencontrent. Dans le temps que je demeurais au Natchés, il y eut un hiver si rude dans les terres du Nord , que ces animaux descendirent en grand nombre ; ils étaient si communs qu'ils s'affamaient les uns les autres et étaient forts maigres; la grande faim les faisait sorlir des bois qui bordent le fleuve; on les voyait courir la nuit autour des habi-
tations, et entrer dans les cours qui n'étaient pas bien fermées ; ils y trouvaient des viandes exposées au frais : ils n'y touchaient pas et mangeaient seulement les grains qu'ils pouvaient rencontrer. »
D'après cette citation faite par Buffon, il semblerait que l'Ours noir n'est jamais carnassier, et que, par conséquent, ce ne peut être celui du Kamtschatka , sans cesse occupé de faire la chasse aux Rennes, et se jetant sur tous les animaux et sur les hommes. Mais cependant, l'un et l'autre sont pécheurs et se nourrissent de Poissons. Kn hiver, l'Ours noir d'Amérique descend des bois et vient pérber sur le bord des lacs et des rivières. Il uage et plonge fort bien, et s'empare de sa proie avec beaucoup d'adresse et d'agilité. Il se plaît particulièrement dans les forêts d'arbres résineux, et il se loge dans les cavités formées par le temps dans leur tronc. La plus haute est celle qu'il choisit de préférence, et il n'est pas rare de le trouver niché à plus de quarante pieds ( 12", 892) de hauteur. Pour le prendre , les Américains mettent le feu au pied de l'arbre, et le forcent ainsi à sortir de sa retraite pour se sauver des flammes. Si c'est une femelle, elle descend la première, à reculons comme font tous les Ours , et lorsqu'elle est près de terre ils l'abattent d'un coup de fusil tiré à bout portant dans le cœur ou dans l'oreille. Les Oursons descendent ensuite, et on les prend vivants et sans danger s'ils sont encore petits ; dans le cas contraire, on les tue. On chasse encore l'Ours noir avec des chiens courants qui le harcèlent jusqu'à ce que le chasseur ait trouvé le moment favorable pour le tirer. Toutes les manières de le chasser sont sans danger, parce qu'il ne couri jamais sur le chasseur, et que, blessé ou non, il nerherche jamais qu'à fuir. Seulement il ne faut pas s'approcher imprudemment de lui lorsqu'il est abattu et mourant, car alors, entant qu'il ne peul plus échapper au danger, il cherche a se défendre et a se venger.
Son cri esl 1res différent de celui de l'Ours brun; il consiste dans des hurlements qui ressemblent à des pleurs. Les Américains lui fout une chasse continuelle, non oas seulement parce qu'il dévore leurs champs de maïs, d'avoine et autres grains, mais encore parce qu'ils estiment beaucoup
OLR
m chair, et que sa fourrure, dont ou fait chez nous les bonnets de grenadiers , ne laisse pas que d'avoir de la valeur. Sa graisse remplace avantageusement le beurre; ses pieds offrent un mets très délicat , et ses jambons , salés et fumés comme ceux du cochon, ont une grande réputation en Amérique , et dans toute l'Europe où on les envoie pour la table des riches.
10* VUrsus gularis d'E. Geoffroy, ne peut être distingué de l'Ours noir d'Amérique.
1 1° Enfin , VUrsus sibiricus de Fr. Cuvier est une variété très peu différente de VUrsus eoitorâ. On le trouve en Sibérie et en Laponie. Le missionnaire Canute Leems , qui est resté dix ans en Laponie, raconte la manière singulière dont les habitants de ces froides contrées s'emparent de cet animal. « Il arrive souvent, dit-il, que le Lapon étant à la poursuite du gibier découvre, au moyen de ses Chiens , la retraite que l'Ours s'est choisie. Alors , le chasseur se dispose à surprendre l'animal , et pour y parvenir il coupe un certain nombre des branches des arbres voisins, qu'il plante et entrelace fortement à l'entrée du repaire, ne laissant qu'un espace suffisant pour que l'Ours puisse y fourrer la tête. Cela étant fait, le chasseur, qui s'est pourvu d'une bacbe , se met en devoir d'éveiller l'animal quand il est dans son plus profond sommeil. L'Ours, provoqué par la témérité et les insultes de l'assaillant , s'avance avec la plus grande rage vers l'ouverture ; mais il n'a pas plus tôt mis la tête à l'espèce de guichet rail à dessein, que le chasseur lui porte un coup avec sa hache qui , s'il tombe au bas des yeux, abat sûrement l'animal par terre.» Celte chasse se fait l'hiver.
Si l'on s'en rapporte au voyageur Acerbi {Voyage au cap Nord) , la chasse d'été est bien autrement merveilleuse: « Lorsque, dit-il , un Lapon connaît la retraite d'un de ces formidables animaux , il se munit d'une longue lance, ayant un fort bâton attaché en travers , i dix-huit pouces ou deux pieds de sa pointe. Avec cette arme il a l'audace de s'approcher de l'Ours, et de lui présenter le fer de sa lance devant la poitrine au moment où l'Ours se lève sur les pieds de derrière pour élreindre le chasseur dans ses terribles bras; l'Ours blessé, loin de se
reculer pour fuir , saisit avec ses deui pattes le bâton placé en travers de la lance , le tire a lui et, ainsi , s'enfonce lui-même le fer dans la poitrine quand il croit tirer à lui son ennemi. » Les Hommes , sauvages ou civilisés , ont tous la vanité de ne pas vouloir se contenter d'une gloire ordinaire , et ils aiment à eiagérer beaucoup les dangers qu'ils ont à courir dans l'attaque des animaux féroces. C'est à cela qu'il faut attribuer l'histoire que je viens de rapporter, et que des chasseurs auront sans doute racontée au voyageur Acerbi, pour se faire valoir à leur manière. Quoi qu'il en soit, il est beaucoup plus certain que les Lapons attaquent les Ours avec des Chiens , et les tuent avec leur carabine , comme le dit ailleurs le même auteur.
L'Ours oimé , Ursus ornatus Fr. Cuv. , VOrso frontino des Colombiens , pourrait bien encore n'être qu'une variété de notre Ursus arctos, très voisine de l'Ours noir d'Amérique. Il est assez commun dans les Cordillères du Chili, et peut-être dans toute l'Amérique australe. S'il est te même que celui que Garcilasso de la Vega et Acosta disent exister au Pérou, c'est le seul animal de ce genre qu'il y ait dans l'Amérique méridionale. Sa taille dépasse rarement trois pieds et demi (1,137); son museau est un peu plus court, d'un fauve sale; son pelage est d'un noir lisse et luisant, mais il a un demi-cercle fauve sur chaque ail , et du blanc ou du fauve à la gorge ou à la poitrine. Dans sa jeunesse il parait que cet animal se nourrit exclusivement de fruits et de racines , et qu'il est alors peu dangereui; mais lorsque , pc ussé par la faim , il a une fois mangé de U chair d'un animal, il y prend tellement goût qu'il ne veut plus d'autre nourriture. Il devient alors la terreur de toutes les fermes du canton, auxquelles il enlève un grand nombre de Mules et de Chevaux (Roulin, Jl/ém. sur le Tapir).
Quatrième stctio». — Helarclos , Uorst. ; Prochilus , Gray.
Ils ont les ongles longs et comprimés , le pelage noir; une tache jaunâtre , large, en cœur ou en croissant sur la poitrine. Une seule espèce, savoir:
L'Ours malais, Ursus malayanus Raffl., Helarctos malayanus Horsf., Prochilus ma-
îayanus Gray , Helarctos euryspilus Horsfield, VOurs bateleur des Malais. Cet animal a la tête arrondie et le front large, ce qui le distingue assez bien des précédents , mais pas suffisamment de l'Ours aux grandes lèvres , dont il pourrait fort bien être une variété plus petite, à la vérité assez bien tranchée. On le trouve à Bornéo , à Java , à Sumatra, probablement dans d'autres lies de la Sonde, et, selon Duvaucel, dans le Pégu. Son museau est assez court ; son pelage d'un noir luisant. Il a le museau d'un fauve jaunâtre et une grande tache do la même couleur, à peu près en forme de cœur, sur la poitrine. Dans la jeunesse on lut trouve , au-dessous de chaque oeil , une petite tache d'un fauve un peu plus pâle. 11 paraît que cet animal est peu farouche et qu'il ne manque pas d'intelligence , car les Malais l'apprivoisent et lui apprennent facilement à danser et à faire différents tours pour amuser le peuple. Il est d'un sixième plus petit que VUrsus labiatus, qui, ainsi que je l'ai remarqué à la ménagerie , a naturellement comme lui quelque chose de grotesque dans les gestes et la tournure. Horsfield fait deui espèces de ses Helarctos malayanus et Helarctos euryspilus , mais sans aucun fondement.
CiHQUtÈMB Sictios. — Prockilus , Gray.
Helarctos, Horsf.
Ils ont, comme le précédent, les ongles longs et comprimés; mais ce qui les en distingue parfaitement , c'est leur museau allongé et leurs lèvres longues, pendantes et très mobiles.
L'Ours aux grandes lèvres, Ursus lahiatus Blainv. , Prochilus labiatus Gray , Ursus longirostris Tiedem, Bradypus ursinus Shaw; l'Ours jongleur, Fr. Cuvier. Cet animal , qui habite les montagnes de l'Inde, a été le sujet d'une singulière mystification pour les naturalistes, et nous la citerons comme une anecdote fort piquante, analogue à celle des ossements du Mégalonyx. Nous laisserons parler M. Is. Geoffroy. •< Cet Ours, dit-il , a été l'objet de l'une des plus singulières méprises qu'aient jamais faite les naturalistes. Un individu de cette espèce , privé de toutes ses incisives, soit par l'effet de l'âge, soit par quelque autre circuuslance individuelle , fut amené en Eu-
rope vers 1790, par des montreurs d'animaux; il fut examiné à cette époque par plusieurs naturalistes et décrit par eux avec soin. L'espèce pouvait dès lors être bien connue ; mais ces naturalistes ne comprirent pas que l'absence des incisives pouvait être accidentelle, et, grands admirateurs de la méthode linnéenne (méthode établie, comme celle de Cuvier, sur les dents , les pieds , etc.), ils se trompèrent pour avoir suivi à la lettre un immortel ouvrage sans en avoir pénétré l'esprit. Le nouvel animal, manquant d'incisives, appartenait nécessairement , suivant eux , à l'ordre des Bruta, que caractérise la phrase suivante : Dentés primores nulli ulrinque. Ainsi , quoiqu'il eût le port , la physionomie , les doigts et tous les caractères extérieurs des Ours , il fut placé dans le genre Bradypus. On sa fondait, pour ce dernier rapprochement, sur l'existence , cheï le nouvel Ours , d'ongles très allongés et de poils assez semblables à ceux des Paresseux, et sur cette autre considération , purement négative , qu'il s'éloigne des autres genres de l'ordre des Brûla, beaucoup plus encore que des Bradypus. On se rappelle , en effet , que cet ordre , qui correspond à peu près à celui que l'on désigne aujourd'hui sous le nom d'Édentés , comprenait les genres Bradypus, Myrmecophaga , Manis , Dasypus, Rhinocéros , Elephas , et Trichecus. C'est ainsi que VUrsus labiatus fut décrit par divers auteurs sous les noms de Bradypus ursinus^ de Paresseux uniforme, Ursiform sloth; de Paresseux Ours , et de Paresseux à cinq doigts. Plus tard, quelques auteurs, sans comprendre encore ce qu'était le Bradypus ursinus , comprirent du moins qu'il n'était pas un véritable Paresseux , et ils créèrent pour lui un genre nouveau qui fut nommé Prochilus par Illiger, et Slelursus par Meyer. On doit à Buchanan et à Sonnini , les premiers , puis à Blainville et à Tiedemann , d'avoir démontré que le prétendu Paresseux n'est qu'un Ours. »
Cet animal a ordinairement un peu plus de quatre pieds de longueur. Son pelage est d'un noir foncé , et on lui trouve quelquefois des taches éparses , un peu brunâtres ; il a sur la poitrine une tache blanche en forme de V. Mais ce qui le rend reconnaissante au premier coup d'œil, ce sont
ses lèvres qui sont lâche* , très extensibles , tt sa langue qui est d'ao« longueur extraordinaire. Son museau est très allongé et asses gros , et son nez est soutenu par un cartilage mobile et fort large. La tète est assez petite, et les oreilles sont grandes comparativement a celles des autres Ours. Selon Duvaueel , il est assez commun au Bengale, particulièrement dans les montagnes du Silhet , et il passe pour être entièrement frugivore. Il est intelligent , d'un caractère douz , et s'apprivoise aisément. On le dresse comme le précédeot à plusieurs exercices.
( Boitazo. )
Ol'RS FOSSILES, faléokt. — Des ossements d'Ours se trouvent dans les brèches osseuses du littoral de la Méditerranée, dans les fentes des rochers et dans le dituviom ; mais c'est surtout dans les nombreuses cavernes des roches calcaires qu'il s'en rencontre un nombre si grand, que pendant des siècles on tirait des cavernes d'Allemagne, sous le nom de Licorne fossile, des dents qui entraieut dans la matière médicale. En 1672, Paterson Hayn représenta plusieurs os d'Ours tirés de ces cavernes , sous le titre d'ossements de Dragons , mats BrUckman , en 1732 , dans une description des cavernes de Hongrie , annonça que les os qu'elles renferment , aussi bien que ceux des cavernes d'Allemagne, sont des ossements d'Ours. Une fois cette affinité admise, on voulut les comparer aux espèces actuelles, et les premiers qui s'occupèrent de ce sujet crurent reconnaître dans les tètes d'Ours des cavernes la tète de l'Ours blanc. Bientôt après, Camper, Rosenmuller, Hunier et Blumenbach , annoncèrent que ces tètes diffèrent de celles des espèces actuelles, et le dernier établit même deux espèces parmi elles, sous les noms d'Ursus spelœus et d'I/rjiworctoiûVus.
Enfin O. Cuvier (Oss. foss., t. IV, 2* éd.) admit la première comme espèce distincte, et la seconde avec doute, ainsi qu'une troisième espèce décrite par M. Goldfuss (Nova nat. ewr., X) sous le nom d'Ursus priscus. Depuis ce temps plusieurs paléontologistes ont établi de nouvelles espèces, en sorte qu'en les inscrivant toutes elles s'élèveraient en Europe à onze, tandis que M. de Blain- VilIe(Oif. du genre Ours) n'en admet quo deuz , l'Ours des cavernes et l'Ours d'Au-
vergne ; encore regarde-t-il la première comme constituant, avec les Ours bruns et noirs d'Europe actuels, et l'Ours féroce d'Amérique, une seule et unique espèce, qui atteignait une taille presque gigantesque, comparativement avec les races actuelles.
11 est certain que plusieurs de ces espèces fossiles ont été établies sur des caractères trop fugitifs, mais nous pensons cependant, avec MM. Wagner (Bulle t. de l'acad. roy. des se. de Munich, juillet 1842), Pictet (Traité étém. de Paleont., 1844, 1), et Owen ( Jfan». et Ois. foss. de la Grande-Bretagne, 1844), pour ne parler que des auteurs qui ont traité nouvellement de cette question, que les Ours des cavernes diffèrent autant, et même plus , de l'Ours brun , que celui-ci diffère des autres espèces vivantes, et nous enregistrons comme espèces fossiles :
L'Ours a front boudé ou des cavcmes, Ursus spelœus Blum. (Cuv., IV, pl. 24 à 27 bis, et de Biainville, pl. 13 à 18), dont le principal caractère consiste dans la forte élévation du front au-dessus de la racine du nez, et dans les deux bosses convexes de ce même front. Le diamètre de l'orbite est comparativement plus petit ; les dents offrent chacune quelques différences avec celles des espèces actuelles, mais les plus sensibles se trouvent dans la première permanente d'en bas qui a une pointe de plus , comme l'a remarqué M. Owen , et dans le diamètre antéro-posiérieur plus long de la première permanente d'en haut. Cette espèce était d'un cinquième, et même d'un quart, plus grande que nos plus grands Ours, bruns; elle était également plus trapue, car des os longs d'individus de même taille sont plus épais à proportion dans l'espèce fossile que dans les vivantes. Cet Ours se rencontre en grande abondance dans toutes les cavernes d'Allemagne, de Belgique et de France, et plus rarement dans celles d'Angleterre.
L'Ours arctoîdb, Ursus arctoideus Blum.
De la même taille, ou même plus grand que le précédent, mais à crâne moins bombé, à bosses frontales moins saillantes; les crêtes temporales se réunissent plus en arrière et par un angle plus aigu. M. de Biainville regarde les têtes sur lesquelles cette espèce est établie comme celles des femelles de l'Ours à front bombé; mais M. Wagner fait remarquer que les Ours v>
m ocr
vent en monogamie, et que ces télés existent en très petite quantité, comparée au grand nombre des autres ; cependant le savant de Munich, ainsi que M. Piclet et M. Owen , croient que YUrsus arctoideus pourrait bien n'être qu'une variété de YUrsus spelœus , comme Cuvier penchait à le croire. Mais si l'on considère qu'il existe de rares humérus, qui se distinguent par un trou au condyle interne pour le passage de l'artère cubitale, on sera tenté peut être de les attribuer avec nous à ces tètes de forme particulière et peu nombreuses , et de considérer dès lors l'Ours arcloïde comme espèce distincte.
L'ÛUBS INTERMÉDIAIRE , UfSUS pÙSCUS Gold-
fus (Cuv., pl. XXVII bis, flg. 5 et 6). Cette espèce, de la grandeur de l'Ours brun, et trouvée, pour la première fois, dans la caverne de Gaylenreuth , a une forme de tête qui tient le milieu entre les Ours bruns et les Ours noirs d'Europe et d'Amérique. Le profil supérieur de la tête est moins arqué que dans aucune espère vivante ; l'espace compris entre la première molaire permanente et la canine est plus étendu, de sorte que les petites fausses molaires sont plus écartées.
M. de Blainville regarde cette tête comme un degré encore plus rapproché de l'Ours d'Europe que l'Ours à front bombé.
M. Wagner pense que son caractère spécifique ne peut être donné avec certitude, mais MM. Piclet et Owen l'admettent comme espèce perdue. On sera toujours forcé de reconnaître , soit qu'on la considère comme une espèce particulière, soit qu'on l'envisage comme la souche de nos Ours d'Europe, que les différences qui distinguent les Ours à front bombé et arcloide de celui-ci, ne tiennent pas aux circonstances extérieures, puisque ces circonstances étaient les mêmes pour toutes les espèces contemporaines.
L'Ours d'Auvergne, Ursus arvernensis Croizet et Jobert. Les débris de cette espèce, dont une mâchoire supérieure est représentée dans VEssai sur la montagne de Boulade, de MM. Devèze de Cbabriol et Bouillet, 1827, pl. XIII, et dans les Recherchés sur les ossements fossiles du Puyde-Dôme, par MM. Croixet et Jobert, 1828, pl. I, flg. 3 été, et une autre, pl. XIV, de
M. de Blainville, se rencontrent dans les alluvions anciennes sous- volcaniques de l'Auvergne (époque pliocène, suivanlM.Pomel). D'une taille un peu moindre que l'Ours brun, l'Ours d'Auveigne a le museau plus large, les dents molaires plus peliles, les fausses molaires très séparées l'une de l'autre cl persistantes, le talon interne de la carnassière d'en haut ou première persistante aussi rudimentaire que dans l'Ours blanc et l'Ours malais. Les six incisives occupent un espace moindre , comme daos l'Ours noir d'Amérique, quoique les externes soient fortes. L'Ours d'Auvergne se distingue encore par son humérus, qui est percé au condyle interne comme dans l'Ours des Cordillères. M. de Blainville pense que cette espèce , la seule qu'il regarde comme éteinte, pourrait bien être la même que I'Ours de Toscane , U. Etiuscus Cutier (pl. XXVll bis, fig. 8 à 11), établi sur des fragments de maxillaires supérieures. Mais nous voyons que le talon interne de la carnassière est plus marqué dans l'Ours d'Auvergne, ce qui nous fait croire à la distinction de ces deux espèces. Cuvier avait changé ce nom d' Ursus elruscus en celui d' Ursus culhïdcns, d'après le témoignage de M. Portland, qui lui avait annoncé que cet Ours portait de longues canines aplaties, comme le Stenodon ou Felis cullridens d'Auvergne ; mais aucun naturaliste italien n'ayant rien publié depuis ce temps a cet égard, nous devons nous borner à exprimer le vœu que les Ossements fossiles de la Toscane soient bientôt publiés, pour que l'on puisse se former une opinion définitive sur cène espèce.
Quant aux espèces nommées Ursus pittorii et U. meloposcairnus par M. Marcel de Serres, U. leodiensis et U. giganteus par M. Smerling , et U. neschersensis par M. Croizet, nous croyons avec M. de Blainville qu'elles ne reposent point sur des caractères assez déterminés, et qu'elles appartiennent soit à VU. spelœus, soit à VU. arctoideus. MM. Cautley et Hugh Falconer ont signalé uu Ours trouvé dans les monts Sivaliens , auquel ils ont donné le nom d' Ursus SivalenAs , et qui sera sans doute bientôt décrit et figuré dans l'ouvrage qu'ils ont entrepris sur les fossiles de l'Himalaya.
(Laorillard.)
OURSE, iab. — On désigne Ainsi la femelle de l'Ours.
OURSIN, mam.— Nom quelquefois appliqué à une espèce du groupe des Phoques, division des Otaries. Voy. pboqob. (E. D.)
OURSIN. Echinus. Écnm. — Genre d'Éehinodermes pédicellés à intestin complet , revêtus d'une coque ou d'un test calcaire symétrique, sur lequel sont implantées des pointes ou épines mobiles en grand nombre, qui leur ont Tait donner anciennement le nom de Châtaignes de mer. Linné, en instituant le genre Oursin, lui donna une telle extension, que ce genre a dû devenir Tordre des ÉcHistOEs. Ce furent d'abord Klein , Van- Pbelsum et Leske qui subdivisèrent les Oursins en genres nombreux-, mais Lamarck, venant ensuite, en réduisit le nombre et limita le genre Oursin aux seules espèces dont le corps est régulièrement orbiculaire, ou légèrement ovale, avec cinq ambulacres complets, bordés chacun de deux bandes multipares, divergentes. Ces ambulacres sont étendus en rayonnant depuis l'anus, qui occupe le sommet en dessus, jusqu'à la bouche, située au milieu de la face inférieure, et armée de cinq mâchoires osseuses portées par une charpente très compliquée. Lamarck distinguait alors les vrais Oursins des Cidarites, parce que ceux-ci, disait-il, ont des épines de plusieurs sortes , dont les plus grandes sont portées par des tubercules perforés, et parce que leurs ambulacres sont plus étroits, plus réguliers, plus semblables i des allées de jardin, les bandelettes poreuses qui les bordent étant plus rapprochées et moins divergentes. Mais ces deux genres de Lamarck, les seuls parmi les Echinîdes qui dussent avoir l'anus supérieur vertical et la bouche inférieure ventrale, ont été subdivisés depuis en plusieurs autres genres par MM. Gray et Agassiz; c'est ainsi que le premier de ces auteurs a d'abord séparé des Oursins , sous le nom d'Échinomèlres, toutes les espèces dont le corps est ovale transversalement , arqué en dessous , couvert de tubercules mamelonnés de deux sortes, et portant des épines diversiformes, mais toujours fortes et grosses. Les vrais Oursins et les autres genres ou sous-genres qu'on peut établir a leurs dépens comprennent seulement alors des espèces orbiculaires , dont les épines sont aciculaires, assez minces.
Le test calcaire des Oursins, au lieu d'être complètement extérieur, comme celui des Mollusques, des Annélides tubicoles et des Crustacés, est revêtu extérieurement d'une membrane vivante munie de cils vibratiles, laquelle se prolonge sur les épines et sur les divers appendices mobiles implantés à la surface, et qui parait exclusivement chargée de sécréter ces parties , et de faire mouvoir les épines calcaires. Le test d'ailleurs, ainsi que les épines, préseute une structure éminemment poreuse ou lacuneuse, et ce n'est qu'après la fossilisation qu'il présente cette compacité et cet aspect cristallin et spathique tout a -fait caractéristique des Oursins fossiles des divers terrains.
Déjà pendant la vie, mais plus aisément après la dessiccation, et surtout après la fossilisation , le lest , qui semble alors parqueté, se partage symétriquement en pièces polygonales ordinairement hexagones , dont le nombre augmente avec l'âge , ainsi que le nombre des épines qui sont implantées sur ces pièces. Ces épines sont formées de lames longitudinales poreuses, disposées en rayons autour de l'axe, reliées entre elles par des zones concentriques également poreuses, et revêtues d'un enduit vivant et de cils vibratiles dans toutes leurs anfractuosités. Entre les épines qui servent d'organes locomoteurs se trouvent d'autres petits organes d'une structure particulière, les pédicellaires , qu'on avait cru d'abord des Polypes parasites, et que depuis on a cru être les jeunes individus de l'Oursin. Ce sont de petites tiges calcaires très minces et mobiles, revêtues de la même couche charnue proportionnellement plus épaisse, et terminées par une sorte de pince à trois branches, qui , par ses contractions, sert à saisir des filaments de Conferves ou de Ceramium pour fixer l'animal. Enfin, par les trous nombreux des doubles rangées multiples de chacun des cinq ambulacres sortent des pieds tubuleux complètement rétractiles, et susceptibles de s'allonger audetà des épines, pour se fixer, comme autant de ventouses, sur les corps solides. A cet effet, les pieds sont terminés par un petit disque soutenu par une rondelle calcaire finement découpée à jour. Au point de rencontre des ambulacres au sommet se trouve l'anus, et autour de lui dii petites ouvertures
asser difficiles à reconnaître au premier coup d'oeil, et dont les cinq plus grandes donnent passage aux oeufs, tandis que les cinq autres, correspondant à l'extrémité des ambulaeres, ont été considérées comme des yeux.
A la face inférieure, la bouche occupe le centre d'an grand espace mou , revêtu d'une membrane résistante et parsemée de petites pièces calcaires. La bouche, très contractile , laisse voir seulement l'extrémité des cinq mâchoires, comme cinq dents très dures , très luisantes , au moyen desquelles l'animal se nourrit exclusivement de fucus. Ces mâchoires ou dents consistent en un long cordon replié à l'intérieur, où il est encore mou et formé d'une série innombrable de petites lamelles calcaires obliquement empilées. C'est l'extrémité seule qui se consolide pour servir à la mandueation. Avec une structure si particulière, les mâchoires devaient être soutenues et protégées à l'intérieur par une charpente très compliquée, qu'on nomme In lanterne d'Ariftote, i cause de sa forme. Les pièces nombreuses qui la composent sont fortement articulées entre elles, et sont mues par cinq groupes de muscles puissants pour faire jouer les dents. A partir de là, l'intestin se contourne le long de la paroi interne du test, où il est fixé par une sorte de mésentère que traversent des vaisseaux nombreux, puis enfin vers le sommet se trouvent, dans l'intervalle des ambulacres, cinq ovaires jaunes ou rougeàtres, formés d'un nombre immense de très petits œufs, qui , à l'époque de leur maturité , sortent par les cinq orifices correspondants, autourde l'anus. Ce sont précisément ces ovaires très volumineux qui sont la seule partie comestible dans les Oursins que l'on apporte en grand nombre sur les marchés, au bord de la Méditerranée.
Les organes génitaux mêles se trouvent à la même place que les ovaires dans des individus distincts, et s'ouvrent de même par des oriûces correspondants autourde l'anus; ce sont des amas.de tubes ou canaux ramifiés et enroulés, contenant un liquide blanchâtre; mais ils ne sont bien distincts qu'à l'époque de la fécondation.
Des tentacules rameux, implantés autourde la bouche, sont considérés comme des organes respiratoires ; mais il est plus probable que la respiration s'effectue sur toute la surface exté-
rieure munie de cils vibratiles. On a annoncé récemment, chez les Oursins, la découverte d'un système nerveux, remarquable surtout par sa coloration violacée ou rotigeâire qui avait empêché de le reconnaître auparavaut. Cest un anneau nerveux entourant la masse buccale, et d'où partent cinq branches principales correspondant aux ambulacres et terminées à l'organe ocukforme situé près de l'anus. Les Oursins se trouvent répandus dans toutes les mers, où ils vivent près do rivage cachés entre les rochers , et sous les pierres et parmi les Algues. On en compte plus de cinquante espèces. On en connaît aussi un grand nombre de fossiles dans les terrains secondaires et tertiaires. (Du.)
OLRSI\E. bot. pu. — Nom vulgaire du genre àrctopus, Lmn.
OURSIN IENS. Vicqd'Axvracréé sous celte dénomination une famille de Carnassiers plantigradesqui correspond au genre Urtus de Linné. Voy. osas. (E. D.)
OURSON, uah. — Ce nom a été appliqué à deux espèces du genre Ours et à une espèce de Singe du genre Hurleur. Voy. ces mots.
OUSTROP1S , Don. bot. ph. — Syn.
d'Qtotropis , Ben th.
OUTARDE. Olis. ois. — Genre de l'ordre des Écbassiers et de la famille des Pressi rostres, de G. Cuvier. Il est caractérisé par un bec aussi long ou plus court que la tète, droit, conique, comprimé ou légèrement déprimé à la base, à mandibule supérieure un peu voûtée vers la pointe; par des narines ovales, ouvertes vers le milieu du bec; des pieds longs, nus au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne; trois doigts devant, couru , réunis à leur base , et bordés par des membranes; des ailes médiocres, obtuses.
Les Outardes sont des Oiseaux dont les formes ambiguës ont longtemps embarrassé les naturalistes qui ont cherché à les classer d'après leurs véritables rapports. Leur bec assez semblable à celui du Coq, du Dindon, et leurs jambes allongées et en partie nues comme celles des Cigognes, ont contribué, suivant qu'on donnait plus d'importance à l'un ou à l'autre de, ces caractères , à les réunir tantôt aux Gallinacés , tantôt aux Écbassiers. Pourtant le plus grand nombre les a rapportés à ce dernier ordre.
Orques auteurs, comme MM. Tomminck cl illiger, les ont réunies dans un même ordre (celui des Coureurs) avec les Autruches, les Casoars, etc. Du reste, tous les ornithologistes sont portés à en Taire le passage des Gallinacés aux Écbassiers , en les plaçant, soit à la suite des premiers, soit à la tète des seconds.
Dans les méthodes modernes , les Outardes, qui, pour Linné, pour G. Cuvicr , Vieillot , U. Temmiock et beaucoup d'autres naturalistes , composaient un genre unique, forment une famille ou une sousfamille qui comprend cinq genres tous établis aux dépens du genre primitif (kis. Nuits indiquerons plus bas quels sont les types sur lesquels reposent ces divisions généri-
Les Outardes sont généralement des Oiseaux pesants, plus propres i la locomotion terrestre qu'à la locomotion aérienne. Elles courent avec beaucoup de vitesse et peuvent fournir de longues traites sans s'arrêter. Pour prendre leur volée, elles ont besoin de parcourir un certain espace les ailes étendues. Leur vol n'est pas très élevé; elles n'en font usage que lorsqu'elles y sont forcées ou lorsqu'elles émigrent ; néanmoins il est assez rapide. D'un naturel très farouche et très sauvage, elles fuient l'homme du plus loin qu'elles l'aperçoivent. Plus elles sont Agées , plus elles montrent de défiance, et toutes agissent avec tant de précaution , qu'il est difficile de les surprendre et de les approcher. Le caractère défiant de ces Oiseaux est si bien connu , qu'il était devenu proverbial , et que du temps de Delon nos ancêtres disaient faire la Canepelière, par allusion à une personne rusée et soupçonneuse. Rarement elles prennent leur volée du côté où leur vient un ennemi. Si elles voient qu'un cherche à les surprendre , aussitôt elles partent. Presque toujours elles se tiennent dans un endroit assez élevé, afin de pouvoir découvrir tous les lieux environnants , et s'il arrive que le chasseur qui les poursuit échappe à leur vue, soit en se cachant, ou bien encore en se courbant pour les approcher de plus près , elles cherchent aussitôt, d'un air inquiet, un point dominant d'où elles puissent le découvrir. Les animaux leur inspirant plus de confiance que
! , on peut les aborder plus aisément t. x.
( lorsqu'on est à cheval ou en voiture. La grande Outarde est celle de toutes les espèces qui montre le plus de défiance. C'est d'elle surtout que l'on pourrait dire ce que l'on a tant de fois répété, à tout propos, de ces êtres que la peur domine : que son ombre même l'effraie. Et cependant, cet Oiseau, auquel un rien fait prendre la fuite, est dompté par la faim (comme le sont d'ailleurs tous lesanimaui pressés par le besoin), au point de se laisser approcher de très près , quelle que soit pour lui l'apparence du danger. En 1836, l'hiver, dans toute la France, fut très rigoureux, et les terres demeurèrent longtemps couvertes de neiges. On vit alors les Outardes , affamées par plusieurs Jours de jeûne, s'avancer jusque dans les jardins voisins des habitations, et se laisser tuer sans trop chercher à fuir.
Les habitudes des Outardes et leurs be soins les portent à vivre dans les campagnes maigres et pierreuses , dans les plaines frappées en quelquesorte de stérilité. Le Houbara d'Afrique établit de préférence son domicile dans des lieux incultes , voisins des déserts. En France , la grande Outarde se rencontre particulièrement dans cette partie de ta Champagne qu'on appelle Pouilleuse.
Cependant quelques espèces , comme l'Outarde canepelière, recherchent les plaines couvertes de verdure, se plaisent dans les prés , dans les champs ensemencés d'avoine.
Les Outardes ne vivent point dans l'isolement. Elles se réunissent communément en petits groupes , et quelquefois pendant l'hiver elles composent des compagnies de quinze individus.
C'est au printemps que les Outardes entrent en amour. De même que chez les Gallinacés, plusieurs femelles passent le temps convenable pour la fécondation avec un seul mâle; et, comme chez eut aussi, celui-ci trahit ses transports en étalant, à la vue des femelles, les plumes de sa queue et de ses ailes. Il tourne autour d'elles; il se gonfle, s'irrite; en un mot, il fait ce qu'on nomme vulgairement la roue. L'accouplement semble être un acte pénible pour le mâle, et une cause d'épuisement profond; car, immédiatement après la consommation de cet acte, il est tellement fatigué, qu'il ne peut reprendre son vol. Alors on s'en
rend aisément maître, et ce n'est que dam