‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 48 sur 170 · C. Chez les Reptiles propres · texte numérisé non relu

C. Chez les Reptiles propres

En général, les Reptiles propres sont peu féconds, et plus particulièrement ceux qui sont vivipares.

Les Tortues de mer font seules exception, puisqu'une de leurs pontes peut être de plusieurs centaines d'œurs (100, 200, 250, jusqu'à 300).

D. Chez les Oiseaux.

Ce nombre est en général très borné, comparativement à celui des Reptiles, et surtout à celui des Poissons. On sait que les Oiseaux n'ont généralement qu'un ovaire développé et qu'un oviducte (le gauche).

Leur faculté de voler n'aurait pu se concilier avec l'augmentation de poids qu'aurait amenée un plus grand nombre d'oeufs : et la grandeur proportionnelle de ceux-ci n'aurait pu trouver de place dans l'abdomen, s'ils se Tussent rencontrés dans deux oviductes.

Les Oiseaux de proie pondent un très petit nombre d'œufs , deux ou trois.

Parmi les Passereaux, les petits Grani-

ovo

vores . tes peliU Insectivores sont ceux qui eu pondront le plus. Les Mésanges, te Roitelets , ont des couvées de quinze à vingt oeurs. Celles des Perdrix , parmi les Gallinacés, peuvent s'élever au-delà de ce nombre.

Il 7 a d'ailleurs des Oiseaux qui ont deux couvées par an , entre autres les Cigognes blanches, qui pondent, à ce que Ton présume , dans la même année, en Afrique et en Europe. Il y en a qui ont trois pontes ou plus par an , tel est le Serin des Canaries en domesticité. En général, les Oiseaux polygames sont plus féconds que les monogames.

Tous les Palmipèdes, à l'exception des Lamellîrostres , ne pondent qu'un très petit nombre d'œufs , comme les Oiseaux de proie , ou même encore moins , puisque ce nombre se borne à un seul œuf ou à deux au plus; les Mouettes cependant en pondent trois ou quatre. Le Cygne en pond cinq à sept, et le Canard sauvage jusqu'à dix-buit et au moins buit : c'est aussi le plus petit nombre des oeufs du Harle vulgaire, et le plus grand, celui de quatorze.

E. Chez les Mammifères.

Le lieu d'incubation de l'œuf des Mammifères le met à l'abri des causes extérieures de destruction auxquelles l'oeuf des autres Vertébrés est exposé , lorsqu'il est pondu dans l'air ou dans l'eau. On peut en conclure que le nombre des œufs , par ponte , doit être moindre que dans les autres classes.

Les grands Mammifères n'en ont généralement qu'un par gestation, rarement deux. I.a portée peut être encore limitée à deux chez les petits Mammifères, tels que les Cbauves-Souris, qui n'auraient pu se mouvoir dans l'air et y ebasser leur proie avec une gestation plus nombreuse. Mais elle est «le quatre ou de cinq cbez le Chat domestique, le Cbien, la Taupe, le Lièvre. Les Rais, le Cochon d'Inde ont des portées plus nombreuse ; elles peuvent s'élever jusqu'à dix et au-delà , et se renouvellent plusieurs fois dans l'année. Les espèces du genre Sarigue , parmi les Marsupiaux , ont de même une grande fécondité relative.

S 4. Époque de l'arrivée de l'œuf dans le lieu dincubalion.

A. Chez les Poissons.

L'époque de l'arrivée de l'œuf dans le lieu d'incubation peut précéder la fécondation, ou coïncider, pour ainsi dire, avec elle; c'est ce qui a lieu , en effet , chez la plupart des Poissons ovipares. Elle la suit, au contraire, après un intervalle plus ou moins long, cbez les Sélaciens ovipares, comme cbez les Oiseaux.

Dans les genres non vivipares de ce groupe de Poissons cartilagineux, la fécondation a lieu, en effet, avant la ponte, dans l'ovaire même, et l'œuf se complète dans l'oviducle; il y prend son albumen, sa membrane de la coque, et il s'y revêt d'une coque solide. Ces formations successives mettent plus ou moins d'intervalle entre le moment de la fécondation et celui de l'arrivée de l'œuf «dans son lieu d'incubation.

Une circonstance à laquelle, d'ailleurs, on n'a peut-être pas assez fait attention , c'est que, chez les Ovipares dont l'œuf est fé^ condé avant la ponte, cet œuf peut séjourner dans l'oviducle, non seulement pour s'y compléter, mais encore pour le premier développement du fœtus. Celui-ci est à peine commencé chez les Sélaciens, lorsqu'ils pondent leurs œufs.

Cbez les Poissons vivipares , les premiers instants de l'incubation sont difficiles à déterminer. M. Ratbke n'a pu avoir des sujets de la Blennie vivipare, chez lesquels le développement commençait au moment même de ses observations. Chez trois des plus jeunes individus , ce développement était déjà un peu avancé.

Une remarque générale que nous ferons sur cette époque, c'est qu'elle varie beaucoup , même pour les espèces des genres les plus naturels : les Loches, les Cyprins et les Gades.

Un assez grand nombre de Poissons pondent leurs œufs dans la saison froide et dans une eau dont la température est la plus basse de toute l'année.

On conçoit que l'époque du rut, qui produit une excitation générale dans tout l'organisme , qui en élève probablement la température propre , ne soit pas arrêtée par celle peu élevée de la saison d'hiver. Mais com-

ment cette puissance vitale, qui résiste à l'influence délétère d'une basse température, agit-elle encore dans l'œuf une fois qu'il est détaché de la mère, et qu'il n'a plus que sa vie propre au milieu des influences 'physiques où il est placé? Le calorique latent dégagé par le passage de l'état de fluide aériforme à l'état liquide, ou de ce dernier état à celui de solide , des substances qui entrent successivement dans la composition du petit être, suffit il pour expliquer ce phénomène physiologique?

B. Chez les Amphibies.

Pour les Vivipares, l'arrivée de l'œur dans l'organe d'incubation a lieu au moment de sa maturité, cl probablement avant sa fécondation, qui s'effectuerait dans la même partie de l'oviducte où son développement doit avoir lieu.

Pour les Ovipares , c'est immédiatement après la fécondation, qui s'effectue , chez les Batraciens anoures , à l'instant de la ponte , et chez les Urodèles , selon nous du moins , pour les Tritons, avant la ponte.

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