C. Chez les Reptiles propres
Chez les Chéloniens, les Sauriens et les Ophidiens, l'œuf est fécondé dans l'ovaire avant son arrivée dans l'oviducte. Ce n'est qu'après la fécondation qu'il passe dans ce canal pour y prendre un albumen, une membrane de la coque et la coque ellemême.
Les Chéloniens pondent leurs œufs consécutivement à mesure qu'ils sont ainsi complétés.
Ceux des Sauriens et des Ophidiens ovipares ne sont pondus qu'après un séjour plus ou moins long dans l'oviducte, où commence le développement, où s'effectue la première partie de l'incubation, dont la seconde partie commence avec la ponte , ou l'arrivée de l'œuf dans un milieu respirable.
D. Chez les Oiseaux.
Chez tous les Oiseaux qui ne sont point a l'état de domesticité, dont les mœurs naturelles n'ont pas «té modifiées par la puissance de l'homme, la ponte a lieu à l'époque des amours; et c'est peu de temps après la fécondation dans l'ovaire que l'œuf nasse
dans l'oviducte , et se revêt successivement de l'albumen , de la membrane de la coque et de la coque elle-même, et qu'il est pondu immédiatement après avoir été revêtu do son enveloppe protectrice.
Chez les Oiseaux à l'état de domesticité , le rapprochement des sexes ayant lieu toute l'année , la ponte se continue également toute Tannée, quoique le printemps, dans nos climats, en provoque le nombre. Remarquons seulement ici qu'elle s'effectue même chez les Poules qui n'ont pas de Coq, et qui produisent, dans ce cas, des œufs inféconds.
E. Chez les Mammifères.
Nous avons indiqué, dans le premier paragraphe, le chemin que l'œuf des Mammifères doit parcourir depuis l'ovaire, à travers le pavillon de l'oviducte propre et le long de cet oviducte, jusqu'à son arrivée dans l'oviducte incubateur.
Une étude récente de cette circonstance a conduit, au moyen d'expériences sur les animaux, à des résultats très intéressants.
On sait qu'à l'époque du rut , les ovules mûrs, contenus dans les vésicules de (ïraaff qui sont à la surface de l'ovaire, sortent de ces vésicules indépendamment du rapprochement des sexes , et sans qu'il ait eu lieu. Il en résulte qu'au moment où une femelle de Mammifère en rut est couverte pour la première fois , il peut se trouver dans l'oviducte propre, et même dans l'utérus, des ovules mûrs qui ont cheminé dans ces cavités et qui y sont fécondés.
D'autres fois , aucun ovule n'est encore sorti de la vésicule qui le renferme à l'instant du rapprochement des sexes. Il peut donc y avoir des différences sensibles entre l'époque de l'arrivée de l'œuf dans la place de l'organe incubateur, où il doit se fixer et se développer, et l'époque et le lieu de sa fécondation.
Après des observations multipliées sur les Chiennes, et de celles faites par MM. Prévost, Dumas, et de Beer, M. Bfschoff croit devoir conclure, que l'œuf n'arrive dans l'utérus que huit jours, au plus tôt, après le premier accouplement ; qu'immédiatement après le rut cesse, et qu'alors la Chienne ne se laisse plus couvrir.
La cessation du rut est donc un indice
ovo
certain de l'époque de l'arrivée de l'oeuf, ou des œufs, dans te lieu d'incubation.
Mais il s'écoule'encore on temps difficile i déterminer entre le moment où l'œuf vient de passer de l'oviducte propre dam l'oviductc incubateur, et celui où il a pris, dans celui-ci , la place où il doit adhérer pour son développement ultérieur.
Dans un cas où M. Biscfaoff (i) a trouvé neuf ovules dans les deux cornes, douze jours après le dernier accouplement et disneuf jours après le premier, ces ovules étaient encore peu avancés dans chaque corne. 11 les a vus dans leur place définitive vingt-quatre jours après le premier accouplement. Une autre fois, il a reconnu les premières traces de l'embryon dans des œufs attachés à leur place définitive , vingt et un jours après le premier accouplement, et douze après le dernier.
Nous n'entrerons pas dans plus de détails sur cette circonstance difficile à apprécier, devant y revenir dans la suivante, concernant l'Ovogénie.
5 5. Durée de l'incubation.
A. Chez les Poissons
La durée de l'incubation répond exactetement à celle du développement dans l'œuf, et se termine par l'éclosion , pour les Poissons qui pondent leurs œufs dans l'eau et qui s'en séparent immédiatement.
Elle se prolonge plus ou moins, quelque- Ibis fort longtemps après l'éclosion, pour les Poissons vivipares, qui peuvent conserver plusieurs semaines, et même plusieurs mois, , leur petit dans l'oviducte , après qu'il a brisé les enveloppes de l'œuf.
Dans le premier cas , la durée de l'incubation, qui correspond exactement avec le développement dans l'œuf, peut être courte ou longue suivant les espèces, les localités, les climats et les saisons. Elle varie avec les causes extérieures qui accélèrent ou ralentissent le mouvement vital d'assimilation dans le germe ; «Ile varie avec le degré de développement que doit avoir l'organisme pour supporter l'action du milieu respirable dans lequel l'éclosion l'abandonne.
M. Rusconi estime à cinquante-deux heu-
U) DH<*orfaun, d* f «./ du tt.«. Brumwidl, U*S.
res seulement la durée du premier développement pour la Tanche, dans les eaux douces de la Lombardie, et durant les chaleurs du mois de juillet; tandis qu'elle serait de vingt et un jours, suivant M. Rathke, dans l'oviducte de la Blennie vivipare, prise dans les eaux de la Baltique, durant les mois de septembre et d'octobre, indépendamment des trois mois et quelques jours que le Poisson passe dans l'oviducte, après l'éclosion , pour y compléter son organisme, et qui composent la seconde époque de sa vie.
D'après J. Davy, le développement des petits dans l'oviducte dure, chez la Torpille, de neuf à douxe mois. Il est probable qu'il faut comprendre dans cette longue incuba* tion, comme chez la Blennie, le premier accroissement hors de l'œuf, ou la seconde époque de la vie. Chez la Palée ( Coregonus jxrlœa Cuv.), du lac de Neufcbatel, qui fraie en septembre , l'incubation dure , suivant M. Vogt , soixante à quatre-vingts jours. Selon H. Carus, les œufs de Meunier?, qu'il a découverts dans la seconde moitié du mois d'avril, venaient d'être pondus ; les petits sont éclos le dixième jour.
M. Filippi a observé que le développement du Gobie fluviatile, qui a lieu en mai et en juin, durait vingt et quelques jours.
B. Chez les Amplubies.
La durée de l'incubation extérieure , ou dans un milieu respirable, varie d'une espèce à l'autre, suivant l'époque de la ponte et l'élévation de la température.
Celle de la Grenouille rousse, qui pond ses œufs de très bonne heure, au printemps, dure de douze à quinze jours. Elle est de cinq à six jours seulement pour la Grenouille verte et le Crapaud commun , de trente pour le Crapaud accoucheur , de quinze à dixhuit pour le Triton à crête.