‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 50 sur 170 · C. Chez les Reptiles propres · texte numérisé non relu

C. Chez les Reptiles propres

Suivant Cetti, la ponte de la Tortue grecque, de Sardaigne , a lieu en juin , e t l'éclosion seulement en septembre.

Les Tortues d'eau douce viennent découvrir leur nid après trente jours.

Catesby, qui a observé des Tortues de mer sur les rivages de l'Amérique, limite à vingt-huit jours la durée de l'incubation de leurs œufs. Dans les Iles du Cap- Vert,

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elle n'est que de vingt-cinq , vingt-quatre , et même de dix-sept jours seulement. Au reste , dans cette famille des Chéloniens , dont les œufs ont une coque molle, l'incubation , ou le développement , pourrait bien avoir commencé avant la ponte.

Chez les Sauriens et les Ophidiens, la durée de l'incubation ne peut plus être calculée du moment de la ponte , celle-ci n'ayant lieu le plus souvent qu'après un intervalle assez long, qui la sépare du dernier accouplement. Il y a cbez ces animaux, ainsi que nous l'avons déjà exprimé, une incubation intérieure dont la durée est variable dans la même espèce, suivant la saison de l'année; puis l'incubation extérieure, qui commence à l'instant de la ponte , et qui finit avec l'éclosion.

Les vivipares ne diffèrent des ovipares que parce que, chez les premiers, la ponte est retardée. Cela est si vrai, que M. Ét. Geoffroy Saint- Hilaire a réussi à rendre des Couleuvres vivipares, en prolongeant , par la privation d'eau , l'incubation intérieure.

Les Crocodiliens doivent faire exception et pondre leurs œufs, qui ont une coque dure et résistante , peu après le rapprochement des sexes , ou après une 1res courte incubation intérieure; l'extérieure dure vingt jours selon les uns, trente ou quarante selon les autres. Sans doute que cela dépend des climats.

La durée de l'incubation intérieure et de l'incubation extérieure a pu être constatée pour le Pithon molure Gray, dans la ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Taris. Une femelle longue de trois mètres, accouplée, une première fois, le 22 janvier 4841, et, en dernier lieu, à la fin de février, mit bas quinze œufs le 5 mai suivant. Elle avait donc gardé au moins soixante -six jours, et au plus quatre-vingt-seize jours, une partie de ces oeufs dans son oviducte incubateur. Leur éclosion , après une incubation extérieure protectrice non interrompue pendant cinquante-six jours, a eu lieu le 3 juillet pour huit d'entre eux. Durant ce long intervalle, cette femelle n'a pas pris d'aliments ; elle a bu trois fuis la valeur de plusieurs verres d'eau, et n'a pas cessé de former autour de ses oeufs un cone creux , dont la base était sa queue et sa tête le sommet. La température de son corps et de

ses œufs a paru à M. Valenciennes , qui l'a observée régulièrement chaque jour , constamment plus élevée què celle de la caisse qui la renfermait. Cette plus grande élévation a été surtout remarquable au commencement de cette incubation , où elle s'est élevée jusqu'à 41° 5'c, tandis que celle de la caisse n'était que de 28* l' c. Mais cette grande dilTérence de température, suivant MM. Duméril et Bibron, pouvait provenir en partie des œufs , en partie d'un réservoir d'eau chaude , dont la chaleur se communiquait sans doute dans toute la caisse, mais pouvait aussi se concentrer plus particulièrement dans le cène de l'animal (I).

Cette incubation exceptionnelle de la part d'un Serpent provenant d'une contrée (les Indes) où la température est constamment très élevée, tandis que ceux de nos climats n'en ont pas l'instinct, et se contentent de placer leurs œufs dans des lieux chauds et humides, est un phénomène physiologique difficile à expliquer.

La durée de l'incubation extérieure est de deux mois environ pour la Couleuvre à collier ; mais cette durée varie beaucoup suivant la saison. Lorsqu'elle est très chaude et le printemps précoce, la mise bas a lieu beaucoup plui tôt, après une courte incubation intérieure et un développement de l'embryon peu avancé. Cette incubation intérieure se prolonge d'autant plus, avec le développement de l'embryon, que la saison est plus froide.

D. Chez les Oiseaux.

Cette durée est généralement plus grande chez les grands Oiseaux que cbez les petits. Le Cygne couve quarante à quarante-cinq jours ; l'Oie trente à quarante ; les Canardi vingt-cinq à trente ; les Poules vingt et un ; le Serin des Canaries quinze à dix-huit ; l'Oiseau- Moucbe douze jours. Cependant, la durée de l'incubation n'est pas toujours proportionnée à la taille ; si ce qu'on dit du Harle huppé est exact , il doit couver vingt-cinq jours. Cette durée varie encore beaucoup pour les œufs d'une même couvée ; ce qui peut s'expliquer à la vérité par leur position, qui les a soumis plus ou moins complètement à

(i) Comptet-RendH dt rM*tt<ni* Jet ,ti,ntti, t. XIO. p. uS et iui» ; et Erpitotafi* t itérait , ft MM. DoBtril «I ■ibroD.t. VI, p. loletmi».

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la chaleur de la couveuse. Ainsi M. Darcet a vu l'œuf le plus hâtif d'une même couvée de Poule éclore déjà le quinxième jour; et le plus tardir, le vingtième de l'incuba- Uon (1).

E. Chez les Mammifère».

Le temps qu'ont mis les œuf* d'une portée multiple, ou celui d'une portée unique , à passer de l'ovaire daos l'oviducie propre, et de celui-ci dans l'oviducie incubateur, peut être déterminé par l'intervalle qui s'est écoulé entre le premier accouplement et la cessation du rut, qui, comme nous l'avons dit, détermine d'une manière précise l'arrivée de l'œuf, ou des œufs, dans l'utérus ou l'oviducie incubateur.

Il faut ensuite un temps variable pour l'arrangement, le placement des œufs dans la partie de cet oviducie a laquelle iU doivent s'attacher, pour ne pas être gênés dans leur développemeut ultérieur et simultané. Ces circonstances , et plusieurs autres dépendant de la constitution et de l'état de santé de la mère, influent sur la durée de la gestation , et la font varier dans certaines limites.

Cela peut se dire surtout de la Femme et des Mammifères domestiques, au sujet desquels M. Tessier (2) a réuni un grand nombre d'observations qui démontrent cette proposition.

Sur 160 Vaches, il J a eu soixante-neuf jours d'intervalle entre la plus courte portée et la plus longue; sur 102 juments, quatrevingt-trois jours ; sur 16 Truies, cinq jours ; et sur 159 Lapines, sept jours.

La durée de la gesiaiion n'a pas de rapport bien marqué avec les ordres, ni même avec les familles. Celle durée est plutôt dans ta dépendance absolue de la taille de l'animal adulte, qui domine à son tour celle que peut atteindre le foetus à terme, pour le moment de la mise bas. La grossesse de la femtM dure, terme moyen, dis mois lunaires ou d«ux cent quatre-vingts jours ; mais elle peut aussi •* prolonger au-delà, ou se terminer en moins de ]uuc«.

Parmi les Mammifères Monodelphes , les femelles des grands Singes portent aussi neuf mois ; tandis que les petites espèces ne

(i) BuBttim dê U totttti pft</MMtifs«, »o ,J, tD VII. (a) BuUeu* <U U Mttiti phdummqiu, W yi, an VII.

portent que sept mois et moins. L'Ours blanc porte cent quatre-vingts à deux cent dix jours ; l'Ours brun , deux cent dix jours a deux cent quatorze. La Louve porte soixantetreize jours ; la Lionne, cent huit jours; la Tigresse, de même; la Chatte cinquantesix jours; mais la Chatte, quoique domestique, n'a pas été modifiée dans sa taille, qui varie peu.

La Chienne, au contraire, dont la taille diffère considérablement , depuis celle du Mann ou du Dogue de forte race , jusqu'à la petite stature ue l'Épagneul , devrait, eu raison de ces différences considérables , en moutrer de correspondantes dans la durée de la gestation. Cependant on la dirait uniforme, puisqu'on la fixe, sans distinction de variété, à soixante-trois jours.

La Genette porterait quatre mois; c'est beaucoup pour sa petite taille.

Les Hongeurs , qui sont généralement de petits animaux, ont une gestation très courte et plusieurs portées, pour la plupart, durant la belle saison. Chez le Cochon d'Iode, la gestation n'est que de 21 jours, c'est la durée de l'incubation du Poulet, et ses portées, qui sont de huit à dix petits, peuvent se renouveler tous les deux mois. Dans la famille des Rats , la gestation peut être de 35 a 42 jours. Les portées sont également nombreuses et se renouvellent plusieurs fois dans la saison favorable. Les Loirs portent 40 jours ; les Lièvres et les Lapins, 30 jours. La durée de leur gestation, comparée à celle des Loirs, n'est plus proportionnée à la taille, il y a sans doute des différences qui tiennent au tempérament, à la nature de l'espèce.

Le plus grand des Mammifères terrestres , l'Eléphant d'Asie, porte près de deux années, 20 à 22 mois. Une femelle en domesticité , couverte dans l'Inde , par les soins de M. Corse, a porté 20 mois et 18 jours.

Le Sanglier et le Cochon, parmi les Pachydermes , portent 4 mois ; le Cbeval , PAne et le Zèbre, une année.

Chez les Ruminants, la durée de la gestation est de nouveau proportionnée à la taille. Ainsi, la Girafe porte 15 mois; la Vache, 9 moto; le Cerf et le Daim, 8 mois ; la Chèvre et la Brebis 5 mois. Le Chevreuil ferait une exception singulière, en ce qu'il

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entrerait en rat aux moi* de juillet et d'août, et ne mettrait bat qu'au moii d'avril.

Cela tiendrait, suivant Poekelt et Ziegler, à ce que les œufs mettent plusieurs mois à traverser l'oviducte propre pour arriver dans l'utérus. On peut douter de l'exactitude de cette observation , et l'expliquer par une différence de plusieurs mois , entre les époques d'accouplement et de conception des divers individus.

Ce qui parait certain , c'est la longue durée du rut , depuis le mois d'août jusqu'en novembre, intervalle pendant lequel on trouve des spermatozoïdes chei les mâles, et des corps jaunes fraîchement formés chez les femelles. Resterait à constater si les gestations commencées en septembre se terminent au mois d'avril , comme celles qui dateraient du mois de novembre.

En résumé, la durée de la gestation, chez les Mammifères monodelphes , parait généralement proportionnée à la taille ; mais elle dépend aussi du tempérament et de la nature des animaux, plus ou moins doués pour la propagation.

La série des Marsupiaux diffère surtout de celle des Monodelphes par les organes et la fonction de génération.

Nous avons indiqué , en peu de mois, la composition particulière de leur oviducte incubateur. Sa structure est telle qu'il n'est pas susceptible de cette expansion que prend le même organe chez les Monodelphes, pour se prêter au développement d'un ou de plusieurs fœtus à terme.

Aussi les fœtus des Marsupiaux n'atteignent-ils qu'un très petit volume pendant leur développement dans les membranes de l'œuf. Ils éclosent de très bonne heure, et passent, lorsqu'ils ne sont encore que de très petits embryons, dans la poche sousabdominale de leur mère. Us y subissent une sorte de gestation extérieure, durant laquelle chaque embryon reste fixé à l'une des tétines qui forme saillie dans cette poche.

L'époque précise du rut , de sa cessation , de l'arrivée de l'œuf dans l'oviducte incubateur, de la durée de la gestation intérieure et de la gestation extérieure , qui se confond ici avec l'allaitement , avec l'âge d'éducation , sont autant de circonstances difficiles à déterminer, et à comparer avec

les circonstances analogues chez les Mammifères Monodelphes. On n'a que très peu de données , que très peu d'observations à ce sujet; encore ne sont elles guère que des présomptions.

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