‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 51 sur 170 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

DE L'OVOGÉNIE OU DES CUAXGI.UF.NTS QU'ÉPROUVE L'OEUF , PENDANT l/lNCURATIOX , DAMS SES SPHÈRES D'ENVELOPPE ET NUTRITIVE.

Les changements qui ont lieu dans les substances que renferme l'œuf, et dans ses membranes, durant le développement de l'embryon ; la considération analytique des métamorphoses qu'éprouvent, pendant cette première époque de la vie, la sphère d'enveloppe ou protectrice et la sphère nutritive de l'œuf; le travail organique qui se manifeste dans celle-ci; les nouvelles membranes qui se produisent; les rapports organiques et nutritifs qui s'établissent entre le fœtus et ses enveloppes, entre celles-ci et les parois de l'organe incubateur, chez les vivipares, forment le sujet de cette partie de l'Ovologie , que j'appelle Ouogénie.

A cet égard, les trois classes supérieures des Vertébrés , les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles, diffèrent essentiellement des deux classes inférieures, les Amphibies et les Poissons. Chez les premiers, une vessie membraneuse et vasculaire nouvelle, l'allantoïde, se manifeste dans l'œuf, et vieot tapisser intérieurement toute l'étendue ou une partie de l'enveloppe extérieure de l'œuf, à des époques déterminées du développement de leur embryon, qui a toujours lieu dans l'air, s'ils ne sont pas vivipares.

Chez les derniers, dont le développement a toujours lieu dans l'eau , lorsqu'ils sont ovipares, et c'est le cas de l'immense majorité , la composition de l'œuf arrivé dans le lieu d'incubation ne se complique pas de celle nouvelle enveloppe respiratrtee.

Ces différences considérables dans JXJvogénie rapprochent les ReptiW Amphibies des Poissons, et les H»puies propres des Oiseaux et des Mammifères, et justiucnt entre

des Reptiles, que Linné appelait Amphibia, en deux classes distinctes.

Comme pour l'Exogénie, nous allons passer successivement en revue les cinq classes

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«tes Vertébré* , dans cette seconde partie de l'Ovologie, en étudiant les changements qui mi lien dans la sphère d'enveloppe ou protectrice, et ceux qui se passent dans la sphère nutritive.

A. Ovogénie des Poissons.

Pour plus de clarté, nous ferons connaître, en premier lieu, l'Orogénie des Poissons osseux; nous décrirons ensuite celle des Poissons cartilagineux.

Ait. I". — Ovocéiîie des Poissons osseux.

§ 1 . Changements dans la sphère d'enveloppe ou protectrice.

La viscosité albumineuse qui entoure la plupart des œufs pondus dans l'eau, la coque et sa membrane ou le chorion , qui forment les enveloppes protectrices de l'œuf, absorbent, au moment de la ponte, la quantité d'eau nécessaire pour entourer le vitellus et le germe d'un liquide albumineux qui favorise le développement de ce dernier. Ces mêmes substances se durcissent par leur séjour prolongé dans Peau , et deviennent ainsi des enveloppes protectrices, qui garantissent l'embryon de l'action dissolvante de l'eau, et d'autres effets nuisibles des corps extérieurs. La zone d'eau albumineuse qui se forme autour de l'embryon , après avoir eu pour premier effet physiologique la fécondation, donne à l'embryon l'espace nécessaire a son développement, et contribue probablement encore à sa nutrition et à sa respiration.

M. Chus a trouvé le vitellus des œufs de Meunier, au commencement de l'incubation, libre dans un liquide albumineux abondant, que renfermait le chorion ; tandis qu'une substance glutino-albumineuse plus dense agglutinait une masse de ces œufs entre eus, et à la plante autour de laquelle U mère les avait déposés.

Lt* Syngnathes à gestation sous-ventrale, que j'appetu jutowpare, ont leurs œufs baigués dans l'eau Mr leur surface libre. Us sont, sous ce rapport , oh< les mêmes conditions que les ovipares ordinaire , et ils éprouvent les mêmes changements dans leur sphère protectrice.

Chez les Syngnathes à poche sous-caudale, une substance albumineuse épaisse remplit cette poche, et agglutine les œufs à ses

parois, en même temps que la partie la plus liquide de cette sérosité albumineuse est absorbée par les membranes de l'œuf, pour former autour du vitellus cette sorte d'eau de l'ammios nécessaire au libre développement du germe.

Les parois de l'oviducte , chez la Blennte vivipare, celles du calice de l'ovaire chez les Pcecilies, fournissent de même au chorion la sérosité indispensable dont le vitellus qu'il renferme doit être entouré. L'œuf, chez la> première, est d'ailleurs enveloppé, dan** l'oviducte, d'une humeur albumineuse cristallinc qui distend cette poche et remplit tous les intervalles que laissent entre eux les œufs d'une même portée. M. Rathke compare le liquide du chorion, chez ce Poisson , à l'albumen des Oiseaux, quand l'embryon est formé. Il y est tellement abondant, que la sphère vitelline n'y forme, dans le principe , que le tiers de la sphère d'enveloppe. Les changements subséquents, qui ont lieu durant le développement du germe, dans les différentes parties qui composent la sphère d'enveloppe ou protectrice de l'œuf, sont relatifs à la proportion des substances contenues dans te chorion , et à l'épaisseur de celui-ci , qui diminue beaucoup vers la fin du développement dans l'œuf. Pour les œufs qui sont pondus dans l'eau, il est probable que ce liquide respirable renouvelle, jusqu'à un certain point, celui du chorion , à mesure qu'il est absorbé par le fœtus.

On ne peut douter que l'albumen extérieur contenu dans la poche à gestation des Syngnathes , ou dans l'oviducte incubateur de la Dlennie vivipare , ne devienne , par absorption, successivement un albumen intérieur, et ne serve ainsi a la nutrition du foetus. Cette même sérosité albumineuse, qui continue de s'exhaler des parties de cette poche ou de cet oviducte , après l'éclosion , qui précède de beaucoup la mise bas, enveloppe encore, de toutes parts, les petits Poissons, dans les deux cas que nous venons de citer, et sert uniquement à leur nutrition et à leur développement ultérieur, pendant la seconde époque de la vie. A la fin de cette époque, la petite Blcnnie , en particulier, « quinze fois le volume de son œuf.

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§ 2. Changements dans la sphère nutritive proprement dite ou dans le vitellus.

Ces changements sont relatifs, en premier lieu , au contenu de cette sphère nutritive, c'est-à-dire à la substance vilelline, et au disque de gouttes d'huile ou à la sphère huileuse que ces gouttes forment par leur réunion; en second lieu, ils se rapportent à la membrane vilelline; en troisième lieu , ils tiennent aux rapports du vitellus et de l'embryon ; mais ces derniers seront le sujet de l'Embryogénie; nous ne ferons que les indiquer ici.

Le premier changement apparent dans la sphère nutritive, qui est en même temps germinative, est son changement de forme, par l'élévation d'un segment de sphère plus petite, transparente, qui apparaît à la surface du vitellus comme un petit verre de montre posé sur une plus grande sphère, et s'en distingue par sa transparence. C'est la vessie du germe , dont l'étude appartient à la première période du développement de l'embryon.

Disons seulement ici qu'on observe bientôt, dans ce segment de sphère, un travail organisateur qui se manifeste extérieurement par une division de cette vessie en parties régulières et de plus en plus multiples , par des sillons de moins en moins profonds; de sorte que cette surface, si profondément divisée d'abord , redevient toutà-fait unie.

Après ce travail organisateur, marqué par ce singulier sillonnement, le germe se trouve distinct du vitellus; mais celui-ci n'est pas resté sans participer à ces première» transformations organiques, dans des degrés très différents, suivant les espèces.

Dans la Palee, la grande masse du vitellus reste liquide et visqueuse et ne s'organise pas. Dès notre sixième période (1) , on voit la surrace du vitellus prendre une apparence marbrée dans une partie de son étendue, et cette apparence s'étendre de plus en plus dans les périodes suivantes. Elle e't due à la formation d'une couche de diverse: cellules transparentes, qui renferment pour a plupart un noyau, et entre lesquelles les

(.) Voir, poor ce» pr-lodr,. I. trou*»* p.rl.f A* r«t «rtlcl* qui trille d« l-Eoibrjoiéoi».

vaisseaui du vitellus ne tardent pas à se montrer. Les cellules de cette couche passent, à mesure de leur formation, dans le torrent de la circulation du vitellus et du fœtus, où elles se translorment en cellules du sang (l). Il n'est pas douteux que la portion de la substance vilelline, qui ne pénètre pas immédiatement dans le canal intestinal par le canal vilellin , s'organise successivement dans cette couche, à mesure que celte substance arrive sous l'influence des téguments du vitellus, et des liquides ou fluides oxygénés qui agissent sur ceux-ci. Dans la Blennie vivipare le vitellus augmente d'abord rapidement , en même temps que l'albumen est absorbé. Il diminue ensuite, comme toujours, à mesure qu'if fournit à l'embryon les matériaux de son développement.

Nous venons de voir que ces matériaux ne se transforment en cellules, chez la Palée, qu'à la surface du vitellus, ou dans l'embryon lui -même. Dans d'autres cas, ils sont préparés par un développement prélimioaire de cellules dans toute la substance vilelline , devenue granuleuse. MM. Prévost et Rusconi ont vu cette substance granuleuse dans le Chabot de rivière et la Tanche.

Le vitellus ne sert pas seulement au premier développement dans l'œuf; la substance vilelline est encore la principale nourriture du petit Poisson éclos , et conséquemment durant la seconde époque de sa vie; elle ne disparaît entièrement qu'à la fin de cette seconde époque. La sphère huileuse subsiste la dernière , et se voit entre le cœur et le foie, lorsque toute la substance vilelline a disparu. Elle existait, mais très réduite, onze jours après l'éclosion , dans les petits du Meunier; tandis que la substance vilelline était entièrement absorbée depuis cinq jours.

Nous verrons, dans l'Embryogénie, que la membrane du germe s'étend rudement au-dessus du disque huil»*1 » et q,,e déjà , à la seconde périod» <ie «on développement , elle vo «aisse qu'un petit espace circulaire , qui ne tarde pas à disparaître dans la période suivante. La membrane vilelline, sous laquelle ce développement a lieu , se trouve ainsi successivement séparée du vitellus, et ne tarde pas à

[ij Voir M. Vojt, ou», cit. p ïoï «» l«J.

ovo

éprouver une résorption complète. La couche extérieure des cellules du blastoderme qui la remplace peut être considérée , dès ce moment , comme la peau de l'embryon ; tandis que la couche intérieure se continue arec son canal alimentaire , et comprend , comme une hernie de ce canal , le sac vitellin , renfermant la substance vitelline. Dès ce moment aussi le sac vitellio fait partie de l'organisme du fœtus. On peut l'envisager à la fois comme un sac alimentaire transitoire extérieur, et comme son premier organe de chyliQcation et de sanguification. Sa liaison avec le reste de l'organisme pourra être pins ou moins évidente et rapide, suivant les familles et les classes.

Le développement des Batraciens ne diffère à cet égard de celui des Poissons que du plus au moins.

A«t. II. — Oyocékie dbs Poissoxs

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