‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 62 sur 170 · K OVO · texte numérisé non relu

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saisir les phénomène* qu'il y manifeste à l'observateur, même le plus exercé.

Nous ayons déjà parlé dans l'Ovogénie de deux de ces phénomènes découverts récemment par la science actuelle, que montre l'œuf des Mammifères, lorsqu'il est encore dans l'oviducie propre, et conséqiicmmcnt avant son arrivée dans son Heu d'incubation, l'utérus.

1. Ils caractérisent la première période du développement du germe.

Le premier de ces phénomènes est la segmentation du vitellus en deux , quatre , huit petites sphères, etc. , etc. , de plus en plus nombreuses et plus petites.

Le second de ces phénomènes est la rotation de cette masse vitelline dans la zone transparente, qui la renferme <*omme une capsule plus volumineuse, et dans laquelle elle se meut librement , au milieu d'un liquide séreux , par le moyen de cils vîbratiles qui recouvrent sa surface. Celte rotation a été vue, pour la première fois, dans Paru f d'une Lapine, par M. Bischoff (t). L'aspect de l'ovaire d'un de ces animaux, qui avait cohabité depuis huit jours avec un mâle, lui Gt penser que la fécondation venait d'avoir lieu ; il trouva encore dans l'utérus des spermatozoïdes vivants.

Après avoir placé chaque oviducte sur une lame de verre , pour l'observer au microscope , il découvrit dans l'oviducte gauche quatre œufs rapprochés. Le disque granuleux que l'ovule a dans l'ovaire, était remplacé par une couche mince d'albumen de 0,0075 pp. de diamètre.

Cette couche renfermait un grand nombre de spermatozoïdes morts ; elle entourait immédiatement la zone transparente ou la sphère d'enveloppe, qui avait 0,0010 pp. d'épaisseur. Le vitellus que contenait cette sphère avait 0,0030 pp. de diamètre. Entre lui et la capsule transparente était un liquide également transparent.

Quelle surprenante satisfaction n'eus-je pas , dit ce physiologiste , en voyant ce vitellus se mouvoir majestueusement sur lui-même, avec un mouvement continu et régulier, tandis que son enveloppe, la sphère transparente et la couche d'albumen qui la recouvrait, paraissaient immobiles.

Le fluide qui environnait la sphère vitel-

(l) Utntoir* cité. Artkittê dt J. MùHtr pour mtr. p. i4-ii.

line participait à son mouvement. Un grossissement de 800 d. Gt voir à cet observateur ingénieux et persévérant, que cette rotation était due à des cils vibratiles, dont la surface du vitellus était hérissée (1).

II. La seconde période du développement des Mammifères, comme celle des autres Vertébrés, est caractérisée par l'apparition de la membrane du germe ou blastoderme, et sa séparation en plusieurs lames.

Voiri les phénomènes successifs de la formation de cette membrane, tels qu'ils ont été observés par M. BischofT dans l'œuf de la Lapine. Nous en donnons les détails, en citant les figures de cet ouvrage, pour ceux qui voudront approfondir celte histoire si intéressante du développement primitif du germe et de l'embryon.

Les globules vilellios de la surface du vitellus se changent en cellules sphériques à noyau , lesquelles, pressées les unes contre les autres, prennent la forme polygonale; elles constituent autour de la sphère vitelline, et en dedans de la zdne transparente, une couche membraneuse que l'on désigne sous le nom de vessie du germe. L'œuf de Lapine a, dans ce degré de développement, 0"',001 de diamètre.

Dans un œuî de O-'.OOfS, au centre de la vessie du germe , on aperçoit une petite tache plus foncée, c'est l'aire germinalivc (2).

Une nouvelle couche de cellules développées en dedans de la vessie du germe, la double d'un second feuillet qu'on appelle feuillet végétatif, en opposition au premier feuillet, qui est celui qui produira les organes de ta vie animale.

Dans un œuf de 0m,0025 de diamètre, Paire germinalive parait comme un point de couleur foncée (3).

A un grossissement de 250 diamètres, ce même point parait un disque formant l'aire germinalive. Dans un œuf de sept à huit jours , on a réussi à le séparer en deux la* mes, et à démontrer que l'interne est pro-

(i) Ut planrbri III »t IV. flf. «->*. da M*«"»'« * H. BiichoO. Sar te ititttopprmtnt dm Lapin . doniwro-î "M idée de la division dr la sphère TftcHio» •» »pnérr* gn*«*u Irmrntplu* pctitr» Cet planrbn ont *të rrprudluta àtoi VEnerclopidtt amatomi^ut, t. VIII; Pari», iS*!-

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duite par le feuillet végétatif, et que l'eiterne appartient au feuillet animal (1).

Cette aire germinative se sépare, dans l'étendue de sa surrace, en deux parties, Tinterne transparente et l'externe opaque. Elle change bientôt de forme; de ronde, elle devient elliptique , puis ovale , avant qu'on y observe aucune trace de l'embryon (2).

L'œuf, à cette époque (le commencement du troisième jour), est fixé à sa place, et son chorion est couvert de villosités.

III. Dans la troisième période, on commence à distinguer les premiers linéaments de l'embryon ; c'est une ligne longitudinale, transparente, qui partage l'aire germinative en deux moitiés symétriques. De chaque côté de cette ligne , d'abord peu sensible, puis très manifeste, une partie de l'aire transparente devient opaque en se matérialisant, par des productions de cellules; à mesure que celles-ci s'amassent davantage de chaque côté de cette ligne primitive, elle paratt comme un sillon. Observée avec soio , cette ligne primitive se compose d'une simple couche de cellules ; tandis que, sur les côtés, les cellules et les granules qui en produiront d'autres, sont accumulés et serrés les uns près des autres, de manière à rendre les parties qui circonscrivent la ligne primitive, comprenant entre autres les premiers traits des carènes dorsales, très sensiblement opaques (3). La partie opaque de l'aire germinative s'étend et reprend sa forme ronde ; la partie transparente prend celle d'un biscuit. La ligne primitive se développe et dessine en avant son extrémité arrondie, qui deviendra la téte du fœtus, et en arrière une partie élargie et terminée en pointe, qui deviendra son extrémité caudale (4).

IV. Un peu plus tard, le sillon dorsal est devenu un tube dans presque toute son étendue, et l'on commence à apercevoir, de chaque côté de sa partie moyenne, dans cet amas opaque de cellules qui appartiennent au corps du fœtus , quatre plaques vertébrales. Un peu plus tard encore, on distinfjue en avant des élargissements et des ré-

(i) »U..flf.4i.D.

(>) tt. Ai, 4««t47.

<J) Ui4.. if. 48, 5o.

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lotissements du tube dorsal qui dessinent les cellules cérébrales; en même temps les plaques dorsales se sont multipliées. Ces diverses formations se passent uniquement dans le feuillet producteur des organes de ta vie animale ; elles caractérisent la quatrième période du développement.

V. Durant la cinquième période , les trois divisions cérébrales se distinguent parfaitement, et les sinus oculaires se prononcent par une saillie que présentent les cellules cérébrales antérieures.

La tète de l'embryon commence à se dégager du blastoderme ; en même temps on la voit entourée du premier pli du feuillet séreux qui formera l'amnios. En dessous , à l'endroit où l'extrémité cépbalique se détacha du blastoderme , et où l'embryon se continue dans les feuillets végétatif et vasculaire, on voit les vaisseaux qui paraissent obscurément dans l'aire vasculaire, sa diriger vers cette partie.

VI. La sixième période correspond , pour le degré de développement des organes d'alimentation, à celle des Poissons : les feuillets végétatif et vasculaire forment la première rainure, qui deviendra le tube intestinal. Mais les organes de la circulation ont un développement plus avancé, tel qu'il s'observe au moins dans la période suivante, et même dans la huitième du développement des Vertébrés inférieurs. Le cœur est Un boyau deux fois replié sur lui-même. Il produit deux aortes dont les branches se portent dans l'aire vasculaire, pour en former le réseau artériel. Le réseau veineux de cette aire aboutit, de chaque côté, à deux branches terminales, qui le circonscrivent en dehors et en dedans, et se réunissent, par paire, à deux troncs qui se rendent au cœur.

Cette circulation vitelline précoce, que nous avons déjà trouvée telle chez les Reptiles et les Oiseaux, aurait-elle quelque rapport avec un développement embryonnaire plus rapide?

Dans cette période , les organes de la vie animale sont moins avancés que ches les Poissons, puisque la queue, chez ceux-ci, est dégagée du vitellus, et que la nageoire pectorale commence à poindre. Cependant on distingue les trois principales cellules cérébrales, les yeux et les capsules auditives.

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Les arcs, qui deviendront les branches de la mâchoire inférieure, font saillie de chaque côté, et sont suivis de deux autres plus petits, que l'on désigne sous les noms d arcs pharyngiens (1).

VU et VIII. Noua croyons devoir rapporter aux septième et huitième périodes le développement du Chien figuré par M. BischofT, pl. X, F. 41, a, de l'ouvrage cité. Dans ce degré de développement, le cœur a ses quatre cavités ; mais il y a encore un canal auriculo-ventriculaire.

Les poumons se montrent comme deux vessies, annexes de la partie du canal alimentaire qui répondra à l'oesophage.

Un peu plus en arrière se développe la poche de l'estomac. Au-delà se montrent deux renflements de ce même canal alimentaire, qui deviendront le fuie. La partie moyenne de l'intestin n'est encore qu'un demi-canal.

Les corps dè Wolff, situés au fond de la cavité viscérale, se distinguent encore par la série de petites capsules qui les compolent. On voit i'allantoïde former une petite vessie à l'extrémité postérieure de l'embryon.

Quant aux organes de la vie animale , ils ont fait des progrès sensibles. Les cellules cérébrales , l'œil , la capsule auditive , ont pris de l'accroissement. Celle-ci se rattache par un pédicule à la troisième cellule cérébrale, qui renfermera la moelle allongée.

La mâchoire supérieure se dégage en avant de l'arc maxillaire inférieur. L'extrémité antérieure germe à peu près vers le milieu de la longueur du corps. Dès ce moment, le développement du fœtus est rapide ; on en Jugera par l'exposé succinct de la composition d'un fœtus de Chien , vingtcinq jours après le dernier accouplement (2).

IX. Ce dernier degré de développement répondrait en général a la neuvième période de celui des Poissons. Le fœtus a germé ses quatre extrémités, dans lesquelles cependant les articulations ne sont pas distinctes, ni les doigts développés.

Les orifices des narines se montrent à la

(i) Z»io\. s* ss. SS, s7 et SB.

(») Voir Vouirtgt dt U.Bi$cbQtt , Sur U dtvtlcppttne*t de htuf du Ckitn; Bruowrick, 184*, in-*, pl. VIII. flf . 3i . Le» citation» mi vante* a» rapporteront tu me me développement

face, et les deux branches de la mâchoire inférieure sont réunies en un seul arc Le canal alimentaire est un tube dans lequel s'ouvre la vessie vilelline. Celle-ci occupe une partie du chorion, et l'allantoide l'amie partie. Le fœtus est couché entre ces deux vessies (t).

X. Nous rapporterons à la dixième penotto un développement plus avancéd'un fournie Chien de quatre semaines. Dans ce degré de développement, les narines externes m sont éloignées de la bouche par l'accroissement de la face; l'ouverture buccale s'est rétrécie. Les doigts se dessinent aux exuémités antérieures ; la queue s'allonge et m replie en dessous. Intérieurement la trachéeartère s'est séparée de l'appareil d'alimentation. Les poumons se composent de tubes aériens terminés en culs-de-sac. Le foie • trois lobes; le tube intestinal s'est allongé. Les reins primitifs sont encore apparents. Au-dessus de ces corps, se voient les reins permanents et les capsules surrénales, qui ont presque leur volume. Le pédicule en canal de l'allantoide forme l'ouraque. Il J a des rudiments de testicules ou d'ovaires.

XI. Entre ce développement déjà avancé pour un fœtus qui n'est pas même à miterme et celui d'un Mammifère à l'époque de la mise bas qui caractérise la onzième période du développement de cette classe, il y a sans doute un grand perfeclionnemeot dans tous les systèmes organiques, surtout dans les téguments, les muscles, le squelette; mais on peut dire qu'aucun organe essentiel ne vient plus compliquer cet organisme. Il en est d'ailleurs des Mammifères comme des Oiseaux, pour le degré de développement qui termine la première époque de la vie. Chez les uns, il est tellement avancé que, immédiatement après la mise bas, le petit peut se tenir debout, et s'avancer sous le ventre de sa mère pour la téter. Sa peau est couverte de poils; les yeux sont ouverts: tels sont les petits desSolipèdes(le Poulain; et des Ruminants (le Veau) . Les Carnassiers, tes Insectivores, sont au contraire beaucoup moins avancés; plusieurs sont encore dénués de poils; leurs yeux sont fermés généralement.

On a beaucoup exagéré le faible degré de développement des Marsupiaux, à l'époque

(■) in* . ts. 4i. a.

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de la mite bas. Sans doute ils sont extrêmement petits ; mais leur organisme est assez avancé dans tout l'appareil d'alimentation , de circulation et de respiration. Le petit peut saisir avec sa bouche un des tétons de la mère, e'j cramponner, pour ainsi dire, par la force des muscles des mâchoires et des lèvres, «créer des mouvements de déglutition , sinon de succion, à mesure que le lait coule dans la bouche ; recevoir ce lait dans l'estomac , le digérer, le convertir en chyle, le verser dans le système sanguin pour le mélanger au sang, élaborer celui-ci par la respiration, etc. Dans ce cas si remarquable, la principale différence qui distingue les fœtus des Marsupiaux, de ceux des Uooodelpbes, me parait surtout dépendre du volume proportionnel de leur corps beaucoup plus pelilchez les premiers, quoique le développement des différentes parties de leur organisme soille mémo que celui des fœtus de Monodelpbes , qui sont beaucoup plus grands à proportion.

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