‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 63 sur 170 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

DR l'OSGAKOGÉSIB.

L'Organogénie fait connaître particulièrement l'origine ou le développement primitif et les transformations successives des organes ainsi que leurs tissus élémentaires aux différentes époques du développement de l'embryon.

Ce que nous avons dit du cœur, du canal alimentaire, de la première apparition des extrémités, du cerveau, des organes des sens, des mâchoires, etc., dans l'Embryogénie, aura pu faire pressentir tout l'intérêt de cette élude analytique du développement des organes, des formes successives qu'ils montrent, des complications qu'ils prennent, et des changements qu'ils présentent dans l'intimité de leur organisation.

Il 7 a des organes qui n'ont qu'une existence passagère et qui sont remplacés des la seconde époque de la vie par d'autres ; tels sont, chez les Vertébrés à poumons, les reins primitifs, appelés corps de Wolff, du célèbre anatomiste qui les découvrit vers le milieu du dernier siècle, auxquels succèdent les reins déGnitifs et les capsules surrénales.

Toutrécemment, MM. Prévost et Leber ont annoncé avoir observé qu'il 7 a de même un cœur primitif et transitoire, chez le Poulet,

duquel se formerait le cœur permanent , et deux aortes primitives, auxquelles succéderait l'aorte permanente.

Des changements, des transformations très remarquables ont lieu dans le système sanguin ; dans les organes d'alimentation, de respiration ; dans ceux du mouvement, dana le système nerveux. Ce sujet ayant été traité fort au long à l'article mammifères, nous ne nous 7 arrêterons guère que sous le point de vue historique.

A. Organogcnie des Poissons

On trouvera dans les ouvrages de M.

Ralbkc, sur la Blennie vivipare et les Syngnathes, de M. Vogtsur la Palée, et dans mon Mémoire sur le développement des Pœciiies, beaucoup de détails concernant l'Organogénie des Poissons.

Ce dernier travail a fait connaître , entre autres, combien le canal intestinal est court dans le fœtus , comparativement à celui de l'adulte. C'est la différence de celui d'un Carnassier a celui d'un Herbivore.

Il est curieui de comparer la forme simple, pyriforrae, de la vessie natatoire du fœtus, avec celle compliquée de l'adulte. 11 est intéressant de voir le développement tardif des branchies, et comment leurs arcs germent le long de leur convexité, les deux rangs de lames branchiales, d'abord en beaucoup plus petit nombre que chez l'adulte.

Nous avons, de plus, signalé l'organisation incomplète des fibres musculaires, qui n'ont pas encore leurs stries transversales dans les muscles de la queue, lors de la dernière période du développement.

Les nageoires pectorales, dont le développement est très précoce, s'élèvent et s'abaissent continuellement, d'après l'observation de M. Vogt, dès la huitième période, lorsque les cellules qui devront composer les fibres musculaires ne sont pas encore arrangées en stries. Bien plus, la queue, dégagée du vitellus , se meut dès la sixième période, lorsque ces mêmes cellules élémentaires forment encore comme un chaos dans ces muscles, qui agissent cependant.

On peut en conclure, ou que l'on ne voit pas complètement toute l'organisation, à ces époques reculées où elle ne parait se composer que d'amas irréguliers de cellules; ou que l'arrangement définitif des cellules eu

ovo

séries régulières et en fibres , marquées de stries transversales, n'est pas nécessaire pour Jeur fonction.

Ces phénomènes vitaux, ai-je dit ailleurs, nous reportent involontairement aux animaux inférieurs qui n'ont encore, pour nos moyens d'investigation, ni muscles, ni nerfs évidents, et qui cependant agissent et paraissent sentir comme s'ils en étaient pourvus.

B. Organogénie des Amphibies.

Les mémoires ou les ouvrages de MM. Dutrochet, Prévost et Dumas, Rusconi, de Baër, Vogt, que nous avons cités au sujet de l'Embryogénie des Amphibies, renferment d'intéressants détails sur l'Organogénie de ces animaux, surtout les travaux de MM. Rusconi et Vogt.

L'un et l'autre ont décrit avec détail l'apparition successive des différentes parties de l'encéphale , le premier dans la Grenouille verte, et le second dans le Crapaud accoucheur.

Le travail de M. Rusconi me parait surtout bien remarquable , pour l'époque où il a été fait (1827 à 1829) quoiqu'il n'ait pas raison contre M. Serres pour la détermination du cervelet, qui, le premier, a reconnu sa tardive apparition (1).

M. Vogt, préoccupé de la découverte de M. Schwann sur les cellules génératrices de tous les organes formant leur premier élément organique, a particulièrement dirigé ses observations sous ce point de vue. Son travail compreud d'intéressantes observations concernant le développement des cartilages du Crapaud accoucheur et du Triton , celui de leur corde dorsale et sur les cellules sanguines du premier.

Peu de temps après celte dernière publication, en 1844, MM. Prévost et Lebcr ont étudié, sous le même point de vue de la composition cellulaire élémentaire, les organes de la circulation et le sang de la Grenouille verte et de la Grenouille rousse (2).

Nous avons déjà comparé les branchies externes des Batraciens anouresà l'allanlolde

(l) Ânatcmie comparée du cerveau di a vol. In-S. ivec alla». P»ri», iS>7.

(l) Mémoira «or U formation da sang dam Ira Batra- Cleu, Ann.det u. natur.. 3« **tit , I. 1, p. 1,3 ; tl t. II, p. 4». le* obarnation» de M. Vo|t m «ojet de ce Mémoire.

des Vertébrés supérieurs. Cette comparaison est surtout frappante et juste dans le développement du Crapaud accoucheur quia lieu, par exception, dans l'air humide, au lieu de s'effectuer dans l'eau, comme celui desautres animaux de cette famille. Nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer ici cette coïncidence du développement précoce dei branchies internes dans cette espèce, et de leur existence fonctionnelle dans l'oeuf, avec l'incubation de cet oeuf dans l'air, et la différence qui existe entre les époques de l'apparition et de la fonction de ces brancbies , suivant le milieu dans lequel le développement s'effectue.

Chex les Batraciens dont l'œuf est pondu dans l'eau, et c'est la grande généralité, les branchies externes commencent à poindre peu de temps avant l'éclosion et n'entrent en fonction qu'après cet événement , qu'à la seconde époque de la vie.

Chex le Crapaud accoucheur, elles se développent dès notre septième et notre huitième période (1). Ce n'est alors, à la vérité, qu'un pédicule qui parait en arrière des yeux. Un peu plus tard , ce tronc se divise en lobes.

Plus tard encore, les lobes se multiplient, s'allongent en lanières, et l'on peut voir, à travers les membranes toutes poreuses de l'œuf, la circulation du sang dans ces lanières, le vaisseau afférent qui porte le sang jusqu'à l'extrémité de ce tube et se courbe en arc à cette extrémité pour se changer en veine ou en vaisseau efférent de cet organe de respiration (2).

Ces mêmes branchies sont couvertes de cils vibratiles dont on est parvenu à découvrir les mouvements réguliers.

Leur fonction cesse avec l'éclosion , époque à laquelle elles ont disparu; tandis qu'elles commencent seulement alors leur fonction passagère , ainsi que nous ventes de le dire, chez les Batraciens dont l'œuf est pondu dans l'eau.

Dans celte [courte appréciation des travaux concernant l'organogéoîe des Batraciens , nous aurions encore à mentionner un ancien mémoire de M. Carus, où il cherche à démontrer que le canal alimentaire

(■) Oo». rit . pl. I. 0(. O.

(i) Itid., ûf. il; et J. Miller, De titmiuterum uttrH» twm itruttutaptiuliori, pl. X, fif. S. « et 7.

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ovo

est formé par le tac vitellin , dans la Salamandre terrestre (I); la Monographie de M. Fuock sur la vie, révolution et la formation; de la même espèce (2).

Quoique nous ayons limité i'Organogénie •u développement dans l'œuf, sans y comprendre, pour le moment du moins, les métamorphoses considérables que subissent une partie des Amphibies, aux deuxième et troisième époques de la vie, nous ne pouvons omettre de rappeler ici deux mémoires importants, qui concernent principalement ces deux époques.

MM. Dugès et Martin Saint-Ange, en répondant à une question proposée par l'Académie des sciences, ont publié en 1834 , le résultat de leurs observations sur le développement des Batraciens, à la deuxième et à la troisième époque de la vie.

Le mémoire de M. Dugès (3), qui a eu le prix , concerne plus particulièrement le développement des organes de mouve-

Mais il s'étend encore sur toutes les parties du squelette, et spécialement sur les métamorphoses de l'hyoïde.

Cette question, déjà traitée par M. Cuvier (4), indiquait une étude du plus haut intérêt , parce qu'elle se rattache à l'unité de plan des Vertébrés. En comparant, d'un côté, les pièces branchiales des Poissons avec celles du Têtard, puis les changements que celles-ci éprouvent pour se trausformer eu appareil hyoïde, on arrivait à saisir les rapports de cet appareil avec le mécanisme de l'appareil branchial des Poissons , qui sert aussi à la déglutition et à la respiration.

Voici les conclusions que l'auteur couronné a cru devoir tirer de ses observations sur les métamorphoses qu'éprouve le Têtard dans les organes du mouvement , et dans tout son squelette, pour devenir animal parfait :

Des parties d'abord confondues se sépareut.

(ij De ta foracMoa do canal intntmal par I* tac vitellin dan* Iri larvra de la Salamandre terreatre, Drcade, 1819.

(») D» Stltmmmdrm ttrrtttrlt vrM, mtution* tt formmti»** mmetmtms, aactore A. J. Fenck. Berolini, Uïj.

(3) Il • «té public kmm U titre d« Rttkertktt tur rOtUo. fef i« tt la itjtlogit dtt BtmtitBt, à tturt difftrtntt a'ftj ,

(é) Ktdkmhtê tmr Ut tttmtnU ftiUtt, t V, part. 11. p .J3s ; rt pl. 1». fi». ♦S.ji.e.lll in-«.P*r.a. 101».

Des parties séparées se réunissent, se confondent.

D'autres changent de forme, de dimension, de position.

D'autres disparaissent.

Il y a donc disparition de quelques pièces, et formation d'autres pièces; pour d'autres, ebangementsde forme, de position et d'usage. Il y a, en un mot, évolution et épigenèse.

M. Martin Saint-Ange (1) s'est surtout appliqué à reconnaître les changements qui ont lieu dans le système sanguin , lorsque la respiration branchiale devient pulmonaire. Il montre, avec M. Rusconi, que ces changements sont rendus possibles par l'existence de petites branches de communication entre les artères branchiales et les racines de l'aorte, lesquelles, en se développant, détournent de plus en plus le sang des branchies , dont les vaisseaux finissent par s'oblitérer.

M. Martin Saint-Ange a également traité du développement du squelette et des muscles, ainsi que de tout l'appareil hyoïde, mais plus particulièrement de celui des Batraciens urodèles (2).

A la suite de ces deux Mémoires, Je dois encore signaler l'ouvrage de M. le docteur C. B. Reichert sur V Histoire comparée du développement de la tête des Amphibies nu*, quia paru à Kœnigsberg en 1838.

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