‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 64 sur 170 · C. Organogénie des Reptiles · texte numérisé non relu

C. Organogénie des Reptiles

L'Organogéuie des Reptiles a été traitée , avec les détails les plus circonstanciés , par M. Ralhke, dans son remarquable ouvrage sur le Développement de la Couleuvre à collier, publié à Kœnigsberg en 1839.

On y voit les métamorphoses successives des organes d'alimentation (pl. III); le développement des diverses parties de l'encéphale de l'œil et de l'oreille (pl. V et VI) , ainsi que les métamorphoses du cœur et des principaux vaisseaux (pl. IV).

Aucun animal n'a été étudié sous cet important rapport de toute son Organogénie, et aux périodes correspondantes de son dévelop-

(«) Rerbercbet anetomlqoee et pbjiluloj irjuea tnr If» or» fanes tranaitolrrt ci la nmamorpuoM de» Batraciens, Amn. dtt te. matur .t XXIV.

(») L'auteur a birn vooIb me remettre, d ja en |83J. pojr Ira dépovr dam la collection d'analoaaie roaaparrc du colleté de France, lea préparation* orlf inalee de ce travail cov> • iMiatit rO*léolo|ie.

OYO

peinent, avec plus de détails et de soins persévérants. Aucun travail dans ce genre n'est plus instructif, ne mérite, à notre avis du moins , une mention plus honorable.

Nous avons analysé, dans nos leçons au Collège de France, tous ces changements organiques, en les rapportant aux onze périodes dans lesquelles nous divisons le développement dans l'œuf, pour les classes qui éclosentdans l'air. Nous n'en citerons qu'un exemple; il concerne les reins primordiaux ou les corps de WolfJ.

Ces organes commencent à paraître, dans notre septième période, au-dessus du cœur, et s'étendent presque jusqu'à la partie la plus reculée de la cavité abdominale. Leur partie antérieure, déjà organisée, montre les vésicules dont ces organes se composent; en arrière, on ne voit encore qu'une masse organisante (un blastémc) sans forme. Leur canal excréteur parait comme un Gl.

A la Gn de notre huitième période, ces corps s'avancent jusque près du pharynx. Leurs vésicules se multiplient; elles prennent une forme conique; elles se changeront plus tard en canaux urinaires en forme de cornue ou de massue. Durant notre neuvième période, leur canal excréteur devient sinueux. Les canaux urinaires se multiplient, s'allongent; les corps de Malpighi, ces pelotons de vaisseaux capillaires artériels, qui serviront à la sécrétion immédiate de l'urine, se montrent.

Cependant les reins permanents qui doivent succéder aux reins transitoires commencent à se former à la Gn de cette période : on les aperçoit de chaque côté de l'aorte, contre les corps de Wolff, en arrière ; ils n'ont encore que le quinzième de la longueur de ces derniers. Dès qu'on peut 7 reconnaître une organisation, elle ressemble à celle des reins primordiaux.

Durant notre dixième période, les corps de Malpighi de ces derniers augmentent encore. A la Gn de cette période, on voit naître les reins succenturiés, très en avant des reins permanents.

EnÛn , dans notre onzième période, on voit décroître, en avant et en arrière, les reins primordiaux. Leurs canaux se réunissent aux uretères pour se terminer au cloaque. Ces organes ne tardent pas à disparaître

après l'éclosion ; le rôle qu'ils devaient remplir dans la vie étant terminé.

D. Organogénie des Oiseaux.

L'Organogénie des Oiseaux , comme leur Embryogénie, date de Malpighi , de Haller et de Wolff, c'est à dire du xvn* et do xnsf siècle.

Mais c'est surtout dans le siècle actuA, depuis les observations de MM. Prévost et Dumas, publiées en 1821 , que cette partie de l'Ovologic a fait des progrès réels. Les mêmes auteurs, qui se sont occupés du développement du Poulet , sous ce dernier point de vue de l'embryogénie, cl dont nous avons fait mention dans la troisième partie de cet article, ont publié, sur le développement particulier des organes , plusieurs observations que la science actuelle a confirmées; d'autres qu'elle a la prétention d'avoir rectifiées ; parmi ces dernières, citons celles qui concernent le cœnr.

Dans une note publiée en 1845 par MM. Prévost et Lebert (I), Sur le développement des organes de la circulation et du sang dans l'embryon du Poulet , ces auteurs annoncent que les deux ventricules du cœur se développeraient simultanément comme deux boyaux soudés l'un à l'autre; et, selon toute apparence , les deux oreillettes qui forment deux renflements arrondis à l'une des extrémités des boyaux Yentrieulaires. C'est entre la trente-sixième et la quarantième heure que se manifesterait cette organisation du cœur.

Ces dernières observations infirment celles de la plupart des auteurs, entre autres de MM. Prévost et Dumas , qui datent de 1824 (2); elles font partie d'un travail sur la génération et le développement , qui a eu la plus grande part aux progrès que la science, dont nous cherchons à donner one idée, a faits depuis celte publication importante.

Suivant ces derniers observateurs , la ventricule droit ne se formerait qu'entre le troisième et le quatrième jour, à la suite de la division de l'oreillette en deux parties. C'est celle-ci qui paraîtrait la première dès la vingt-septième heure, et le ventricule

(1) A**.dt, te. nntmr., terir. t. IH.p. 96*1 >ï». dci iê. mat., t. J II. p. 96. et pl. 4-

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gauche, avec le bulbe de l'aorte, dès la trente-sixième heure. A la vérité , de nouvelles et toutes récentes observations de MM. Prévost et Lebert(t) pourraient expliquer une partie des anciennes observations de MM. Prévost et Dumas.

U y aurait , suivant ces nouvelles observations, deux cœurs primitifs et transitoires développés simultanément , et deux cœurs ou deux ventricules permanents, dont le droit se développerait plus tard que le gauche , ainsi que l'exprimaient les premiers observateurs en 1824.

Un autre résultat, qui confirme une ancienne observation de M. Serres (2) , c'est l'existence de deux aortes primitives; mais au lieu de se réunir, elles seraient remplacées plus lard par une aorte pcrmancnte(3).

Le développement des poumons dans la classe des Oiseaux , et dans le Poulet en particulier, est un des plus instructifs que l'on puisse étudier. M. Ratbke a publié à ce sujet, déjà en 1827, un travail remarquable , en ce qu'il rectifie plusieurs idées erronées, assez répandues, sur tes rapports des sacs aériens qui remplissent en partie les cavités viscérales des Oiseaux, et pénètrent jusque dans celles des os (4).

Les poumons sont d'abord deux masses gélatineuses annexées dans le thorax au commencement du canal alimentaire, qui s'approchent peu à peu , en se développant , de la colonne vertébrale et des cotes, contre lesquelles elles sont appliquées le douzième Jour de l'incubation.

Dès le cinquième et le sixième jour, chaque poumon est creux dans sa moitié inférieure; tandis que la partie supérieure est encore une masse homogène sans canaux • aériens apparents.

\ Cette cavité parait être la première origine des sacs aériens. Elle se diviserait, dans te cas, en quatre sacs principaux, qui se développent après le douzième jour. Les trois

(r) ObarrvatWM wt le développement in rotur rhea la PouJrt, Comptt+rtndut d<$ tranttt dt FAeailtmit, du ai ferrie r I»*;. t XXIV, p. »2i.

(ij Sur le développement da système sanguin. Aan. du

<J) Voir le* observations de M. Serres. ia sujet de crtta CoœosunicsUon, Comptti-mtdMj dt tAf démit du tcUmett, t.XXIV, p. »7i et 199.

(4) Uimoirt i*r U drrrlopprmeMt dtt organet dt ta rtiplrat.o* dam Ut Oittaux tl lit Uammiftnt. par l« professeur KaUikr;. fuUlië, « fr»nr*i», par C. Dr situes.

premiers restent dans la poitrine, le quatrième est le grand sac abdominal. Ils y sont recouverts par le pleuro-péritoinc, et se placent entre les viscères sans les contenir. Ceux qui doivent s'avancer jusque dans les cavités des os, n'y pénètrent qu'après l'éclosion. L'amincissement extrême de leuri parois par leur extension , et le défaut d'étude de leur mode de développement, a fait méconnaître leur membrane propre, que Ton a confondue mal à propos avec la plèvre ou le péritoine ; tandis qu'elle appartient essentiellement et originairement au tissu pulmonaire (1).

Les canaux aériens des poumons , qui se voient très bien dès le dixième jour, parlent de l'extrémité de la bronche pour rayonner dans le tissu pulmonaire.

Ces premières bronches se divisent et se sous-divisent en rameaux cl en ramuscules plus petits (2) , desquels partent des tubes filiformes, à terminaison vésiculeusc (3).

Il y a sans doute encore une très grande différence entre cette organisation et celle que nous avons fait représenter dans la planche jointe à la dissertation de M. Lcrcboullet(4), pour donner une idée de la composition d'un poumon d'Oiseau à l'âge adulte. Ici il n'y a plus de terminaison vésiculeuse, ou en « ul-de sac, des canaux aériens qui les rendrait indépendants les uns des autres. Ces canaux s'ouvrent tous les uns dans les autres jusqu'à la surface des poumons, et sont partout tapissés d'un fin réseau vasculaire sanguin. Les changements qui ontlicu depuis l'époque décrite par M. Ralhke , jusqu'à celle où l'on ne voit plus que la structure du poumon d'adulte, sont encore à étudier.

E. Organogénie des Mammifères.

L'Organogénie des Mammifères et celle de l'espèce humaine sont exposées en détail , avec l'Embryogénie, dans un ouvrage récent

(1) Mi-moi.e cité, pl. », fig iG. 19 et ïo. (1) liid,\>i. ». fig. 16, loeUo.

(3) iW, pl. r. flj. 9r.

(s) Aaatomit compatit dt rappartil rttpiratoirt dû ni Ut animaux rcrtttrit. DitserUti«» présentée et Kul»nu« publiquement, JKiur obtenir la friuV de dortrur ea-M-irocei, le a aoûtrfttt, derent la Faculté dea science* de Susuboure;. Occupé de ce mine sojrl poar le soin me de* Ltftnt, l'aval» fait faire la planche litliof rapbtce et imprimé l'eipliri* Mon de cette plancha, dont j*ai céda on nombre d'exemplxirajiufOsant a M. L<-rrlioui:et, ator* mon aide, pour être joints n il UtstrrUlion.

de M. Bischoff (1). C'est le premier traité complet qui ait été publié sur cette matière. Il compreod ta description circonstanciée des divers changements que montrent les organes des Mammifères et ceux de l'espèce humaine, durant la vie fœtale. Un grand nombre d'observations sont ducs à l'auteur, dont nous avons cité, au sujet de l'Embryogénie, îes beaux travaux sur le développement du Lapin et du Chien. 11 a eu soin d'ailleurs de joindre à ses propres observations, celles des principaux anatomistes qui se sont occupés du môme sujet, et de les discuter.

Au reste, la science de l'Embryogénie et de l'Organogénie, que nous ne séparons pas dans cet aperçu historique , est plus vieille qu'on ne le pense de nos jours ; du moins si Ton compte les premiers essais qui s'y rapportent.

J'ai sous les yeux une dissertation intitulée Embryologia (2), soutenue à l'Université de Montpellier en 1753 sous la présidence du célèbre de Sauvages, qui fait honneur à celte école , pour l'époque à laquelle elle a été publiée. On y trouve, entre autres , une table du poids proportionnel à celui du corps , de tous les organes principaux d'un fœtus à terme, comparés à ceux d'un adulte, âgé de vingt trois ans. Le cerveau, par exemple, d'après cette table, aurait le ,\ du poids total du corps dans le premier cas, et seulement le £ dans le second.

Cependant nous pensonsque l'Embryogénieet l'Organogénie de l'Homme et des Mammifères, telles que la science actuelle les envisage, ont leur origine dans deux Mémoires qui datent de la fin du siècle précédent et du commencement de celui-ci.

L'un, publié en 1797 par Aulenrieth, est un travail consciencieux et très substantiel, qui fait connattre les dimensions , la forme générale et la forme particulière de tous les organes extérieurs du fœtus humain , comparées à celles de plusieurs Mammifères, aux différents âges de la vie fœtale (3).

(i) Il • paru en allemand en 184»; poli en françuU en I*»J. a»ec de» addition* de l'aotear, toua le litre auivant: D:i ftopptmt*t ds tHommi et a?e« Mammiftrtt, Eatjtlepitfi« d«*/om.*e«. t. VIII. Parit.J.-B. Bittlière. tê«J.

(O EmbryoW te» duirruUo H* ftetu, in «v«/<r/«j ai adulio dtfftrentim diluaJê rrponumtur , a R. i. Rjîtin • M m* Brllleardo, prziide IL 0. D. Francisco de San» Monapcllt. t;M.

(J) OburvaUonitm U kiitorUm Enl^rtmù /scitntium

C'était la première partie d'une histoire complète de l'Embryogénie et de l'Organo» génie des Mammifères et de l'Homme.

L'autre mémoire, que nous venons dè signaler comme ayant contribué à fonder ces deux sciences, appartient au célèbre F. Meckel. Il fait partie de sa première publication d'anatomie et de physiologie humaine et comparée, et il a pour titre : Fragments sur l'histoire du développement du fœtus humain. C'est un essai sur le développement des organes internes , dont l'histoire devait composer la seconde partie de la tâche entreprise par Aulenrieth.

Dans ces fragments, l'auteur a étudié suc* cessivement les principaux organes de neul fœtus humains, dont le plus jeune avait 0 ",026 de long et deux mois d'âge , et les plus grands avaient environ Oœ,084, ou à peu près.

On y trouve des comparaisons lumineuses entre les organes du fœtus humain et ceux des Mammifères , qui ont conduit l'auteur à cette conclusion remarquable, sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir : « Je suis » loin , dit- il , de regarder comme une idée » simplement ingénieuse, celle de Kielmeyer, » qui pense que le fœtus humain passe par > les divers degrés de développement aui- » quels s'arrêtent les animaux inférieurs. Do » trop grand nombre de faits viennent la m confirmer (1). »

Pour donner une idée de l'intérêt de celte étude, telle que F. Meckel l'envisageait, telle que je l'ai suivie avec lui en 1804 et 1805 au Jardin des Plantes, dans le laboratoire de M. Cuvier, où ces recherches ont été faites (2); je vais extraire la conclusion que ce jeune savant avait cru devoir tirer des diverses formes de l'utérus dans les fœtus qu'il a eu l'occasion d'observer.

Dans le plus jeune de ces fœtus, dont nous avons déjà donné les dimensions et l'Age probable, les trompes ou lesoviduciM étaient d'une grande proportion et se réu-

part prima, fvrmam tUiut eittrnam , eelalem tt itmittri .

etc.. titUnt- Toblneae, 1797.

(1) Htmoirt d*«««fea*f« et tU ptriiolOfU humai»* e* tt»— pane, p. »ç,«. HâUe, 1*06, co allemand.

(») Voirie préface de cette première pnMicatioo dl» jeune amtoraiite, devenu depuialora l'a* dei piaf tél'Brtl que l'Allemagne ait prodoit. L'aotear an appelle * ■»©» te» moicnace pour la confiance qo'll eipere obtenir dn pont* allemand »or l'eiactlUde de eu oblei ration*.

ovo

oissaient à angle aigu pour former une dila- Uliou à peine sensible» de laquelle naissait le vagin ou le canal génital, qui n'était guère plus gros que chacune des trompes.

Jl est évident que, dans cette première forme, le» oviductes ne se distinguaient pas des angles de la matrice, qui étaient ici prolongés en cornes , comme cbex les Ruminants.

Celte forme, avec quelques modifications dans (es proportions, subsistait encore dans un fœtus de 0",034 de long, et même dans un fœtus ayant probablement trois mois d'âge, qui mesurait en longueur 0m,052.

Ce n'est quo dans un fœtus de 0 ",08* , qui était probablement au commencement de son quatrième mois , que l'utérus était bien distinct des oviductes propres, et montrait à peu près sa forme triangulaire et dé* finitive.

u Si l'on se rappelle, dit Meckel (1), » à la suite de ces descriptions, les change-

* ments successifs et gra iués que l'utérus » et les trompes montrent aux divers Ages s du fœtus , on ne peut s'empêcher de pré-

* sauner , que les formes anormales que » Von connail sous les dénominations d'ulérus » bifide y bicorne, sont uniquement la suite v d'arrêt de cet organe dans les degrés in- » rieurs de son développement. Je possède v deux matrices à deux cornes, et je trouve » qu'elles ontabsolument la forme de l'ulé- » rus des fœtus les plus jeunes. »

Parmi les transformations, les métamorphoses que subissent les divers systèmes organiques de l'embryon et du fœtus, il n'en est pas de plus nombreuses que celles du système sanguin et de son organe central, le cœur. Ce que nous en avons dit, en parlant de l'Orgauogénie des Oiseaux, aura pu en donner une idée. A une certaine période du développement de l'embryon , les vaisseaux étant les réservoirs et les conducteurs du liquide nourricier dans tous les organes, ils se produisent, augmentent ou diminuent avec eux.

Lorsqu'on veut se rendre compte de la disposition première que prend le système Yasculaire, il faut se rappeler qu'il se forme par arcades ou par anses, qui naissent les unes des autres ; et que la partie de Parc précédent , comprise entre les deux bran-

Ui tiil . p. J;«.

cbes de Tare suivant, s'oblitère par suite de la marche directe du sang dans l'arc nouveau, et ainsi de suite.

On'sait, d'ailleurs, que, lorsqu'il doit y avoir d'importantes métamorphoses dans ce système, des branches de communication, très peu importantes dans le principe, prennent tout à coup, suivant les progrès que l'organisme a faits dans la composition et In degré de développement de telle ou telle de ses parties, un accroissement extraordinaire.

Toutes ces transformations dans le système sanguin se comprennent et s'expliquent :

1° Par la nécessité de sa formation première en arcade, pour le flux et le reflux du sang, ou plutôt pour sa circulation.

2° Par la direction que le sang est forcé de prendre vers les organes, à mesure qu'ils se forment.

3* Par la quantité qui s'y rend, et qui doit toujours être proportionnée au degré de développement de ces organes.

On pourra voir un exemple de ces transformations successives, dans une description, très circonstanciée, faite par M. Rathke, de celles des artères, qui, chez les Mammifères, sortent de l'arc ou de la crosse de l'aorte ( 1 ),

M. Martin Saint-Ange a décrit, dans ce Dictionnaire, au mot circulation , les principales différences qui existent dans la circulation du fœtus humain et de l'adulte. Ou comprendra facilement ces détails, en jetant un coup d'œil sur la planche destinée à les démontrer.

Beaucoup d'auteurs ont fait connaître sur le développement de quelques uns des organes des Mammifères ou de l'Homme, des observations qui ont contribué à éclairer l'histoire de ce développement, et qui ont conduit à la connaissance plus exacte de leur composition et de leur structure définitive.

Déjà en 1807, M. E. Geoffroy Saint-Hilaire eut l'heureuse idée de rechercher, dans le fœtus du Poulet, la composition delà tète osseuse, qui disparaît dans le jeune age, par suite de la soudure précoce de toutes les pièces osseuses du crâne et de la plupart de celles de la face (2). Quoique celte observa-

(r) Mémoire d« M. R»tbke , Arttovt» i* J. UûVtr pour

iSj . p Ï76, et pl. XIII.

tA Âtmaltt da Matimm d'tittoirt n*t*ttU« t.\.

lion ne concerne pas la classe des Mammifères, le principe qui avait conduit à cette recherche était applicable à toutes les autres. Nous la citons comme une première démonstration de la proposition que nous «rions d'avancer.

Cette proposition paraîtra de plus en plus évidente aui anatomistes et aux physiologistes qui chercheront, entre autres, à approfondir la structure des glandes.

En prenant à la fois pour point de départ, et comme revue rétrospective , le beau travail de M. J. Mollcr sur ce sujet important, on verra combien, depuis le commencement de ce siècle, on a senti la nécessité d'étudier les organes dans leur structure simple de l'état fœtal , pour avoir une idée plus nette de leur complication à l'âge adulte.

C'est une espèce d'analyse naturelle que l'élude comparée de ces âges fait faire à l'observateur. Citons-en quelques exemples:

Les canaux aériens des poumons d'un fœtus de Brebis, de Oa,036 de long, forment des branches principales, desquelles partent de simples rameaux en forme de massue , rangés le long de ces branches, comme les folioles d'une feuille d'acacia , ou moins régulièrement (1). Ces canaux se montrent à travers une masse gélatineuse transparente, qui en renfermait les matériaux et ceux de tout l'organe. Il est impossible de ne pas voir, dans cette formation primitive, les éléments de la structure définitive des poumons, telle que l'anatomie l'a démontrée.

Les reins d'un fœtus de Dauphin se composent de très petits reins coniques ou pyriformes, festonnes dans leur partie la plus large, opposée à leur pédicule. Vus au microscope, ces petits reins forment chacun un peloton de canaux urioaires très repliés, qui se redressent dans le pédicule seulement, ci deviennent parallèles. . 11 est curieux de voir, dans un rein d'adulte, combien cette dernière partie, qu'on appelle la partie médullaire du rein dans l'anatomie humaine, a pris d'extension, relativement à la première dite corticale (2>.

Les corps de Wolff, ou les reins primitifs, éludiéidans la classe des Mammifères, ont montré, dans leur développement, dans leur existence transitoire et dans leur struc-

li) T.bl.XVtt, A(. 7.

0) T-UL XIV. Cf. ,».i4.

ture intime, les mêmes phénomènes et les mêmes caractères que dans les deux classes précédentes (1).

Une fois développés , ils se composent de tubes ou de canaux repliés et dirigés en iravers, vers un canal excréteur longitudinal qui va se terminer au cloaque.

Nous avons vu, dans l'Embryogénie, le foie se développant comme un bourgeon du canal intestinal. Celui-ci germe une capsule conique (2), dont la surface se couvre bientôt de vésicules , qui tiennent au renflement intestinal par un pédicule qui s'allonge peu à peu. Telle est la première apparence des canaux à la fois sécréieurs et excréteurs de cet organe.

C'est absolument la structure du foie dans les Crustacés décapodes.

Ces vésicules pyriformes varient ensuite, suivant les animaux, dans leur arrangement; en même temps le premier renflement intestinal autour duquel ils ont germé se divise en cellules , qui deviennent plus tard les canaux biliaires principaux et la vésicule du fiel (3).

Les glandes parotides, les principales des sativaircs , observées dans un Veau, de O^OiS de long, se composent de leur canal excréteur, qui se ramiGe comme une branche de végétal , commençant à pousser quelques rameaux. Ici, ce sont de petites vésicules pédiculées, simples ou géminées. Dans un fœtus plus Agé, deOm,096 de long, ces divisions se multiplient et se groupent dans les lobes futurs de la glande. Elles corn* meocent à être accompagnées de quelques vaisseaux sanguins.

Ces divers canaux se ramifient dans une masse homogène demi -transparente qui s'organisera successivement , à mesure que la glande se compliquera. Elle en forme la matière première.

Chaque glande a , en effet , son origine apparente, suivant le m6mc auteur, dans une substance homogène , une sorte de blastème, qui semble le produit des parois de l'organe où s'insérera son canal excréteur.

(i) Voir entre autres letobsenrition* de M. CotU *»r V» corps de Wolff. de li Brebis. An*, éu **. BM., a* Kri*. t. XIII, p. aqo et ni* . et H- 9 M

(>) T.bl. XI , 6,. ,-«J , d« l'ooTiage de J. Miller, *!•

rit*.

(J) ISM., I. VI, 0|. ->-i6.

ovo

Celte substance homogène est comme gélatineuse; transparente d'abord, elle perdra plus tard une partie de cette transparence en s'épaississent. Cette masse organisable , ce blastème, ne tardera pas à dessiner des lobes dans son contour, lorsque la glande dans laquelle il se transformera , devra se diviser en lobes. Cette division est une preuve du travail organisateur qui s'étend jusqu'à sa circonférence. On y voit dans le principe, très peu de vaisseaux sanguins, le blastème du foie excepté.

Le blastème de chaque organe est à ces organes ce que le blastoderme ou la membrane du germe est à l'embryon.

De même que celui-ci renferme le germe 1 virtuel, ce blastème a en lui-même la puissance de se métamorphoser dans l'organe qu'il devra produire.

Dans les glandes qui se composent d'un canal excréteur principal, qui se ramifie dans leur substance', c'est ce canal principal qui produit des branches, et celles-ci produisent des rameaux, qui se divisent en ramuscules. Ce développement du centre à la circonférence, s'aperçoit à travers le blastème encore transparent, dans l'intérieur duquel germent successivement, les unes des autres, ces diverses ramifications.

Lorsque les canaux sécréteurs sont des faisceaux de longs tubes aveugles, repliés sur eux-mêmes, ceux-ci naissent chacun séparément, et paraissent comme des vésicules pédonculées, placées les unes vers les autres ; telle est l'origine des canaux urinaires (Tabl. XIII).

Cette théorie que nous ne faisons qu'ébaucher ici, fondée sur les propres observations de l'auteur, etsur celles de MM. Ratbke et de Baer, conduisait naturellement à l'examen plus particulier des changements qui se passent dans cette matière des organes, pour les produire dans leur forme première.

C'est ce qu'a fait M. Schwann , disciple et collaborateur de M. J. Muller.

II a découvert que les tissus des animaux avaient, comme les plantes, d'après les observations de MM. de Mirbel et Scbleiden, pour premier organe élémentaire, des cellules; que te blastème s'organisait en granules et en cellules de différentes formes, et que celles-ci renferment des noyaux, qui produisent d'autres cellules.

Depuis M. Schwann , un grand nombre de micrographes ont multiplié les observations sur ces cellules génératrices des organes des animaux, et les ont distinguées en un certain nombre d'espèces, qui se transforment les unes dans les autres , avant de prendre la forme définitive qu'elles montrent dans les divers organes.

Nous ne faisons qu'indiquer ici le nouveau champ de recherches sur les transformations successives des molécules qui entrent dans la première composition du germe, de l'embryon et de ses organes, dans lequel on observe et distingue des molécules ou des globules, n'ayant que vingt-cinq dix millièmes de millimètre, en diamètre (1).

Nous avons dit ailleurs: • Les trans- » formations successives qu'amène le pro- » grès du travail organisateur de la vie, ar- » rangent bientôt, en organes élémentaires » plus compliqués, ces cellules, qui compo- » sent tous les organismes à leur naissance. » Elles ne tardent pas à se dessiner chez les » animaux, en Ûleis nerveux, en fibres mus- 9 culaires, en fibres et en lames cellulaires. » Ces trois organes élémentaires, qui for- » ment encore, comme le démontrent les » découvertes les plus récentes , une sorte » d'unité de composition, pour l'immense » majorité des organismes des animaux , » montrent par leur développement et par » leur disposition variée à l'infini , qu'il y » avait déjà dans ces cellules qui en sont » l'origine, une diversité que l'œil le plus » exercé, le mieux armé, n'avait pu suffi- » samment apprécier.

» Les organes élémentaires s'agrégeant » bientôt de mille manières dans les orga- » nismes définis, composent cette immense » diversité qui constitue en réalité l'en- » semble des corps organisés ; diversité qui » était nécessaire pour remplir les râles si » admirablement variés, que I'Oidonhateuh » suprême de l'économie générale de la naît ture a assignés, dès l'origine des temps, à » chacun des êtres sortis de sa main toute- » puissante, par sa volonté créatrice (2). •

Si nous résumons ce que nous avons dit

(i) Mtnolrt cité de MM. Prétort et Leber. Âmn. 4u H. ■•»., S* *rrle, «rril |M4, p. 19S.

(») Caractère «ctael de l'blrtolre naturelle des ttrr* orpntttJ, a* Irçon d'intmdnrtion prononcée M Collt|« de Fraace, le it décembre

sur l'Ovologie des Vertébrés, et sur les caractères principaux que présente ce type, durant son développement dans l'œuf, nous en conclurons :

i° Que les premiers organes qui se manifestent, sont tes organes centraux de la vie animale ; les premiers rudiments <lu système nerveux cérébro-spinal , ceux du crâne et de la colonne vertébrale qui doivent les contenir, et même ceux des principaux organes des sens.

2° L'organe central du système vasculaire, le cœur qui donne ta première impulsion et la première direction au liquide nourricier, et les réservoirs vasculaires de ce liquide, ne se matérialisent et n'apparaissent qu'après les organes qui constituent essentiellement l'animal , en général , et même l'animal vertébré en particulier.

3° Les organes d'alimentation, qui sont destinés à entretenir la vie individuelle, avec les organes de nutrition, ne paraissent qu'en troisième lieu.

C'est que, durant la vie fœtale, l'animal se forme, croit et se développe par une nutrition immédiate, sans aucune alimentation préalable.

Il n'y a d'exception que durant les dernières périodes de la vie fœtale, lorsque l'intestin est formé, et suffisamment organisé pour recevoir la substance' vilelline par le canal vilello-intesliual, resté perméable. C'est le cas du Poulet et des Oiseaux, en général.

4° Les organes de génération se développent les derniers et paraissent au moins à l'état rudimeutaire, à l'instant de l'éclosion.

Les Vertébrés se divisent ensuite en deux groupes, pour le développement des organes de respiration , suivant qu'ils manquent d'allantolde etd'amnios, et qu'ils respirent en sortant de l'œuf, par des branchies ( les Poissons et les Amphibies) ; ou qu'ils sont pourvus, dans l'œuf, de ces deux membranes, et qu'ils respirent par des poumons à l'instant de l'éclosion [\t$ Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères) ; c'est à-dire suivant qu'ils éclosent dans l'eau ou dans l'air.

Les propositions suivantes feront comprendre la liaison de l'une ou l'autre de ces deux circonstances avec la quantité de vitellus, et avec le degré de développement du

fœtus à la fiu de l'incubation. Si nous ne nous faisons pas illusion, ces rapports, tell que nous les présentons., n'avaient pas encore été suffisamment apprécies :

1° L'organisme du fœtus éclos dans l'en peut être mou, peu solidifié, ainsi que dooi l'avons uYja dit. Sa respiration peut se faire encore par la voie la plus naturelle, par toute la surface du corps mise en contact arec le fluide rcspirable ambiant, à cause de la perméabilité du derme. Voila pourquoi les branchies des Poissons et celles des Amphibies ne se développent complètement, en géuéral, et ne sont mises eu action qu'après l'éclosion.

2° Lorsque le derme est plus avancé dau son développement, il y a, dans ce groupe, des branchies externes transitoires (quelques Sélaciens, les batraciens anoures), sorte d'allantolde de ces animaux.

3° Chez le Crapaud accoucheur, qui se développe dans l'air, les branchies ei ternes se développent et sont en fonction dans l'œuf; elles tiennent lieu exactement d'allantolde.

4° L'organisme du fœtus, dans le second cas, chez les Vertébrés qui éclosent dans l'air, est toujours plus avancé daus sa solidification. 11 a toujours un organe de respiration spéciale pour l'air dans lequel il éciuL Cet organe est assez développé au moment de l'éclosion pour être mis immédiatement en action.

Ces deux circonstances sont dépendîmes l'une de l'autre. La première est uoe nécessité pour préveuir l'action desséchante de l'air dans lequel un organisme trop mou n'aurait pu vivre. Celorgauisme, plus solidifié, ayant le derme plus consistant, n'étant plo* susceptible d'une respiration générale; il fallait que celte fonction fût localisée dans un organe intérieur.

5e L'incubation qui a lieu dans l'eau, pouvant fournir à l'œuf, par imbibilion ou par endosmose, une partie des matériaux de l'organisme de l'embryon; il en résulte que la provision de ceux-ci, renfermée dans l'œuf» est plus petite, et que son vitellus esta la fois moins dense et moins volumineux.

6" Dans les véritables Ovipares du second groupe, la provision de nourriture contenu* dans l'œuf est la plus grande possible : parce aue l'incubation se fait dans l'air, «nal'é-

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cli sion doit avoir lieu dans ce fluide, et que l'organisme doit être plus avancé dans son développement et plus solidifié pour en supporter l'influence.

Leur fœtus se développe enfoncé dans son vi tel lus volumineux (relui des Reptiles), ou à la surface de celui-ci (celui des Oiseaux), «cause de la place que lui donne la capacité plus considérable de l'œuf, rempli en partie d'albumen.

Les Ovovivipares ne diffèrent pas, à cet égard, de* véritables Ovipares. Leur vitellus parait aussi abondant, aussi dense, et leur organisme aussi matérialisé a l'époque de la mise bns.

8° Ici plus de mouvements rotatoires de l'embryon ou du fœtus , comme chez les Batraciens, dont le vitellus se confond rapidement avec l'embryon.

9* L'œuf des Vivipares a le plus petit vitellus, quoique le développement de l'organisme doive are très avancé, comme dans tout le second groupe ; puisque leur mise bas a lieu de même dans l'air.

10* La vésicule vilelline ne se confond jamais avec l'embryon, chez ces mêmes Vivipares; elle s'en sépare de plus en plus; elle loi fournit les premiers matériaux de son développement, plutôt par les vaisseaux sanguins oniphalo-méseutériques , que par son canal vitello-inteslinal , qui ne tarde pas à devenir un simple ligament. £lle absorbe une partie de ces matériaux dans la sérosité albumineuse dont le fœtus est entouré

11* Les vrais Vivipares ont, à plusieurs égards, plus de rapports, dans leur développement, avec les Oviparesquise développent dans l'eau, qu'avec les autres classes du même groope des Vertébrés ; soit à cause de la peute proportion de leur vitellus, soit par leur allantoïde, qui est à la fois, comme la membrane vilelline des premiers, avec les vaisseaui qui la pénètrent, un organe de respiration et surtout de nutrition.

L'étendue de cet article, a peine proportionnée d'ailleurs au vaste sujet qu'il comprend, nous force de nous arrêter ici , quoique nous n'ayons encore rempli qu'une partie du plan que nous avons exposé en le commençant.

11 nous resterait à décrire comparativement

rOvologie des Animaux articulés , des Mollusque* et des Zoophytcs , ou des trois types inférieurs du Règne animal.

Nous aurions voulu esquisser, à la suite de ces descriptions comparées, les principales métamorphoses des autres Ages de la vie, et montrer l'importance de cette science nouvelle, dans ses applications à la physiologie générale et à la classification naturelle des animaux. Ce sera le sujet d'un second article qui paraîtra au mot zoogénie. (Duvebsoy.)

•OVOVIVIPARA. «a-. - M. CL. Bonaparte (Sytwps. Jfamro., 1827) a donné ce nom à l'une des divisions primordiales des Mammifères. (E. D.)

OVULE. Otulo. moll. — Genre de Mollusques Gastéropodes pectioïbranchcs de la famille des Enroulés, pourvus d'une coquille dont les tours successifs s'enveloppent complètement. Celte coquille est recouverte par le manteau qui sécrète la couche émaillce externe, comme chez les Porcelaines, avec lesquelles les Ovules ont les plus grands rapports d'organisation. Mais cllesa'en distinguent par l'absence des plis ou dents multiples au bord gauche de l'ouverture , et par les prolongements plus ou moins prononcés de la coquille aux deux extrémités. Les Ovules avaient été confondus avec les Bulles par Linné; c'est Bruguière qui, le premier, les en distingua génériquemeot d'après leur coquille seule, et Lamarck leur assigna la place qui leur convient dans la méthode auprès des Porcelaines; lorsque, plus tard, MM. Quoy et Gaimard eurent rapporté l'animal de V Ovula oviformis, conservé dans l'alcool , M. de Blatnville lui trouva même une si grande analogie avec les Porcelaines qu'il pensa qu'on ne pouvait le placer dans un autre genre. M. Deshayes, plus récemment, a reconnu aussi cettegrande analogie; cependant il a vu que pour les Ovules de la Méditerranée (0. spella) la tête est beaucoup plus large proportionnellement que chez les Porcelaines, et, au lieu d'être prolongée en trompe cjlindracée, elle est ouverte en dessous pour donner passage à une trompe plus mince. Les tentacules sont allongés, très pointus, et ils portent les yeux non sur le tiers inférieur de leur longueur, mais à leur base externe, et le manteau est lisse et non parsemé de papilles. On connaît aujourd'hui vingt-sept espèces d'Ovules vivantes, dont quelques unes, très petites, se

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trouvent dans les mers d'Europe, tondis que les plus grosses espèces, telles que l'Ovule des Moluques (0. oviforntis), longue de 0 centimètres et remarquable par sa blancheur, vivent dans les mers tropicales. On connaît en outre trois ou quatre espèces d'Ovules fossiles, du terrain tertiaire. (Dcj.)

OVULE, bot. — On donne le nom d'Ovules aui Jeunes graines encore non fécondées, ou qui ont subi depuis peu l'influence fécondante du pollen. Le moment précis où l'Ovule devient graine, ou plutôt auquel on doit cesser de lui appliquer le premier de ces noms , est difficile à déterminer. Toute la série dei développements de la graine, depuis sa première apparition sous la forme d'un Ovule naissant jusqu'à son état de maturité complète, forme une chaîne parfaitement continue et sans point d'arrêt , dans laquelle on ne peut trouver d'autre motif pour une division quelconque, que l'accomplissement de la fécondation et la formation de l'embryon qui en est la conséquence. Mais des observations d'une extrême délicatesse peuvent seules permettre de déterminer le moment où s'accomplit cet acte important. Il faut donc se contenter à cet égard d'une simple approximation , et réserver le nom à' Ovule pour la partie destinée à la multiplication des plantes Jusqu'à la fin de la floraison , en commençant de l'appeler graine à partir de la chute des organes floraux extérieurs.

Les dimensions des Ovules étant toujours très faibles, leur étude exige nécessairement l'emploi du microscope: aussi, quoiqu'on trouve déjà quelques notions exactes à cet égard dans les ouvrages de Grew et de Malpighi , qui datent de la fin du xvu' siècle , ce n'est que dans ces dernières années que la science a commencé de se fixer sur ce sujet important, grâce surtout aux beaux travaux de MM. Lud.-Chr. Treviranus , Rob.

Brown, Ad. Brongniart, Mirbel , Scbleiden, etc. C'est dans les ouvrages de ces hommes célèbres qu'il faut chercher aujourd'hui l'histoire positive de l'Ovule, sans se laisser égarer par quelques écrits qui, même à une époque récente, sont venus embarrasser la science, et dans lesquels des auteurs, même distingués à plusieurs égards , ont essayé de remettre en question les points les mieux établis et les plus faciles à vérifier.

Obi igé de présenter ici l'histoire de l'Ovule sans le secours de figures , nous essaieront de suivre une marche claire et méthodique; pour cela , prenant l'Ovule tel qu'il se présente dans la plus grande partie du règne végétal, nous le suivrons depuis l'instant de sa première apparition jusqu'à celui où il devient graine. Il nous sera facile eosuite de rattacher à ce type décrit par nous les simplifications et les modifications principales qu'il présente dans le reste des végétaux.

Si nous ouvrons l'ovaire d'un bouton encore très jeune de Polygonum, nous verrons, à la base de sa loge unique , un petit corps allongé, à peu près conique, formé d'un tissu cellulaire continu et homogène. Ce petit corps est l'Ovule naissant, représenté uniquement par sa portion fondamentale et essentielle , à laquelle on a donné les noms de nucelle , nucléus , terrine , amande. Le tissu qui le forme est plein et entièrement dépourvu de vaisseaux. Sa base se confond avec celle de l'ovaire, et son sommet se dirige vers celui de ce même organe. Mais cet état de simplicité extrême n'est en lui que fort transitoire ; en effet, après un très court espace dê temps, on voit sa partie inférieure se renfler en quelque sorte, et former ainsi un léger bourrelet périphérique à bord mousse et uni; ce bourrelet se dessine de plus en plus, et bientôt il se fait reconnaître comme un premier tégument naissant qui doit peu à peu s'élever et s'étendre de bas en haut sur le nucelle, de manière à lui former une espèce de gatne ou une enveloppe A peine ce premier tégument s'est-il dessiné nettement, qu'on voit se produire encore un phénomène entièrement analogue à celui qui lui a donné naissance. Au-dessous de lui , la portion basilaire se renfle encore eo un second bourrelet périphérique à bord mousse et uni, qui se dégage de plus en plus de sa base , et se fait reconnaître en peu de temps comme un second tégument plus extérieur que le premier et venant se superposer à sa surface. A ce moment , l'Ovule entier du Polygonum a la forme d'un corps allongé, conique a son extrémité, dont II partie inférieure serait reçue dans une enveloppe de deux petits tubes courts, embolies l'un dans l'autre, et dont l'intérieur déborderait l'extérieur.

Lorsqu'on observe avec soin l'origine de

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ees deux t égara en U dans les Ovules de diverses plantes , on les voit provenir d'un simple plissement de la couche superficielle du nucelle ; de là chacun d'eux est formé de deux couches de cellules entre lesquelles on ne voit souvent aucun tissu interposé. A partir de leur naissance , tous les deux subissent une élongation plus rapide proportionnellement que celle du nucelle ; aussi couvrent-ils celui-ci déplus en plus, et finissent-ils par le déborder entièrement, dételle sorte qu'il semble enfoncé dans leur cavité.

Cette origine et cet accroissement de l'Ovule ne sont pas un fait particulier aux Polygonum; on les observe chez tous les Ovules pourvus de téguments ; les observations qui le prouvent sont aujourd'hui trop nombreuses et trop précises pour qu'il soit possible de conserver le moindre doute à cet égard.

Cependant M. de Mirbel, dont les magnifiques travaux ont contribué plus que tous autres à jeter du jour sur l'histoire de l'Ovule, a exposé le mode de formation et de développement des téguments ovulaires d'une manière entièrement différente de celle que nous venoos d'exposer. Selon lui, après que le jeune Ovule s'est montré naissant sous la forme d'un mamelon cellulaire ovoïde ou conique, l'accroissement s'opérant en lui plus rapidement au centre qu'à l'extérieur, il en résulte que la couche extérieure se rompt, se perce au sommet, et que de là résulte l'apparition d'un tégument externe ; que plus lard, un fait analogue ayant encore lieu, le tégument interne devient apparent, et qu'à travers ces deux ouvertures formées par rupture et déchirement s'élève le sommet du nucelle. Celui-ci continue quelque temps à s'élever, et devient de plus en plus saillant; après quoi , le développement des téguments devenant, au contraire, plus rapide que le sien, sa saillie diminue progressivement, et il finit par être débordé. Cette manière d'interpréter les faits est évidemment inexacte , ainsi que l'ont montré MM. Fritxsche, Meyen, etc.; mais on conçoit très bien une erreur d'interprétation dans une étude aussi délicate que celle de l'Ovule , et à une époque où le peu de notions déjà acquises à la science laissaient à cette question importante toutes les diffi- ! cul tés qui hérissent l'entrée d'une carrière ] presque Inexplorée. !

Nous ne rappellerons que pour mémoire l'opinion émise jadis par Turpin, adoptée pendant longtemps par un de nos botanistes les plus éminents, et que nous avons vue reproduite dans une thèse botanique volumineuse, publiée à Montpellier, à la date de trois ans environ , opinion selon laquelle l'ouverture des téguments ovulaires proviendrait uniquement de la chute d'un filament fécondateur par lequel l'Ovule aurait été terminé dans l'origine. C'était là une erreur peu concevable en 1806, à l'époque où parut le mémoire de Turpin (Annales du Muséum, vol. VII), et que, à plus forte raison, il serait superflu de discuter aujourd'hui. Mais nous ne pouvons nous dispenser de rectifier un passage qui a été imprimé dans le présent ouvrage, article Graine, tome IV, page 286, dans lequel l'auteur dit qu'on « a voulu voir (dans l'Ovule) plusieurs couches tégumentaires qui ne sont rien moins que distinctes. • S'il est un fait évident et facile à vérifier, même avec une simple loupe, c'est précisément la présence de ces couches tégumenlaires sur l'Ovule ; en contester l'existence , ce serait remonter au-delà de l'époque de Grcw et de Malpighi.

La nomenclature des parties de l'Ovule varie assex avec les auteurs, pour qu'il en résulte pour elles une synonymie très complexe. Sans remonter jusqu'à Malpighi, qui nommait les téguments ovulaires secundinm externes, et le nucelle chorion , nous voyons que M. de Mirbel, en raison de son opinion sur l'ordre d'apparition de ces parties, a nommé le tégument externe primine et son ouverture exoslome , le tégument interne secondine et son ouverture endostome, enfin la partie centrale entourée par eux nucelle ou tercine. D'un autre côté, M. Rob. Brown a désigné ces mêmes parties par les noms de membrane externe, interne et nueléus ; M .Ad. Brongniart a employé, au lieu de ces dénominations, celles de testa, tegmen et amande , M. Schleiden avait d'abord nommé les deux téguments, d'après leur ordre d'apparition, inlegumentum primum, pour l'intérieur; integumentumsecundum, pour l'extérieur ; plus tard il a préféré les nommer comme M. Rob. Brown, d'après leur position, integumentum externum et internum. Nous adopterons ici, malgré leurs défauts, les noms de primine, secondine pour les téguments ovulaires , et

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celui de oucelle p>ur la partie fondamentale et centrale. L'Ovule est flxé au placenta par un support ordinairement rétréci, de Ion* gueur variable, ou par un funicule; le point d'alun he de ce support à la surface du tégument ovulaire externe est le bile ou l'ombilic; de plus, le faisceau vasculairc du funicule traverse les téguments et va se rendre à la base du nucelle où il s'épanouit quelque peu et où une modification de tissu ou de couleur produit fréquemment une sorte d'aréole facile à distinguer, qu'on a regardée comme un bile interne cl qu'on a nommée la chalaze. Quant aux ouvertures des téguments, oulre leurs noms particuliers d'exostome et endostome, on leur donnecolledivement celui de micropyle emprunté à Turpin.

Les relations de position des diverses parlies que nous venons de nommer, et la forme générale de l'Ovule aux diverses époques de son développement, donnent lieu a des considérations et à des distinctions importantes dont nous allons essayer de donner une idée.

V Dana le Polygonum que nous avons pris pour exemple, pendant tout le temps de son développement, l'Ovule conserve la direction que nous lui avons vue d'abord ; son sommet reste toujours en haut, son bile et sa chalaze sont toujours dirigés vers la base de l'ovaire, de telle sorte que ces trois points ae trouvent toujours situés sur une même ligne droite qui se confondrait avec l'axe de figure de l'organe tout entier. Ce cas est le plus simple de tous ; il caractérise les Ovules oriholropes Mirb., atropes Schleid., droits Ad. Brongn., dont on trouve des exemples parmi les Polygonées, les Urticées, lesCisiinées, les Cupressinées, les Juglandées et quelques autres familles, mais qui paraissent manquer entièrement ou presqueenlièreinent chez les Monopétales. Plus souvent l'Ovule subit des courbures et des changements de relations très divers pendant le cours de son développement.

2° Le cas le plus fréquent est celui où , dès qu'il commence de se développer, l'Ovule exécute un mouvement de révolution par lequel son sommet, indiqué par l'ouverture des téguments et la pointe du uuccllc, se transporte vers le bile, tandis qu'en même temps sa ebalaze se transporte au point qu occupait d'abord le sommet. De là résulte |

une nouvelle position entièrement inverse Je la première, et par suite de laquelle le micropyle finit par se trouver reporté tout à côlé du bile. Or, pendant ce renversement, ce dernier n'ayant pas changé de place , et la ebalaze s'en étant éloiguée peu à peu de toute la longueur de l'Ovule, il en résulte que le funicule s'est progressivement allongé en se soudant aux téguments, et de là pro» vient en définitive, sur un côté, une saillie longitudinale plus ou moins marquée, qui se rend du hilc à la chalaze. Ce prolongement du funicule Ju'^u'à la basedu nucelle forme le raphé. Les Ovules qui ont subi avant la fécondation ce renversement complet portent les noms d'Ovules anatropes Mirb., rcfkchit Ad. Brong. Ce sont les plus communs dans le règne végétal ; on les trouve chez beau» coup de Monopétales, chez la plupart des Monocotyléiions et chez beaucoup de PoJrpétales. Quelques auteurs distinguent des Ovules demi-anatropes , hémi- anatropes; ce sont ceux dans lesquels le raphé est plus court que l'Ovule lui-même, et où, par conséquent, la soudure du funicule avec les téguments n'a été que partielle (exemple:

plusieurs Aroïdes). Cette distinction paraît peu importante, puisqu'on observe quelquefois, dans une seule et même plante, comme chez VEschscholtzia californica, à peu près tous les degrés de soudure, depuis uneana- Iropie totale jusqu'à un défaut presque complet d'adhérence entre le funicule elle côlé de l'Ovule. Il semble tout aussi peu utile d'adopter, avec Meyen, une catégorie distincte pour les Ovules dUropes (Ifescm&ryaatlicmum, surtout StcUice) chez lesquels , l a* nalropic étant complète, le funicule, tre» long, se recourbe dans sa portion libre, de manière à reporter en baut le sommet de l'Ovule que son développement avait porté en bas.

3* Une catégorie importante à connaître, mais moins nombreuse que la précédente , est celle des Ovules cbez lesquels, la base restant invariable , le développement s'opère presque en entier sur un côté , tandis qu'il est presque nul sur l'autre. De là , le sommet ou le micropyle se trouve reporté à côté du hile et de la chalaze, et l'Ovule tout entier, avec ses diverses parties, se courbe presque en cercle. Ce sont les Ovules campulilropes Mirb. , ou mieux campylotropct,

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eourbéi ou recourbés Ad. Brongn., dont on trouve de nombreux exemples chez les Crucifères, les Caryopbyllées, les Solanées, les Chénopodées, beaucoup de Légumineuses.

A cette modification se rattache celle que M. Schleideo a distinguée sous le nom d'Ovule camptotrope, dans laquelle l'Ovule, au lieu de se recourber régulièrement, se replie brusquement sur son milieu, de manière à appliquer sa moitié supérieure sur le côté de l'inférieure avec laquelle elle contracte adhérence {Potamogeton). Ici encore se rapportent les Ovules que M. de Mirbel avait désignés sous le nom d'amphitropes, modification du type campylotrope, dans laquelle la cbalaze se portant un peu de cdté amène la formation d'un commencement de raphé (Puis). En somme, les trois types principaux , les seuls qu'il soit réellement important de distinguer sont ceux des Ovules orthotropes ou droits, analropes ou réfléchis , campylotropes ou courbes.

Jusqu'ici, nous avons supposé l'Ovule formé d'un nucelle couvert de deux téguments; mais assez souvent son organisation reste plus simple, et Ton n'y observe qu'un seul tégument, ou même le nucelle reste entièrement à nu. Les OvuleM tégument unique ou simple se rencontrent chez la grande majorité des Dicotylédones monopétales (Labiées, Scropbutarioées , Convolvulacées, Campanulacées, Composées, etc.), et parmi les Pol y pétales , chez les Ombellifères, les Loasées et une partie des Renonculacées. D'après M. Schteiden , cette dernière famille se dislingue par ce fait singulier, qu'elle réunit quelquefois dans un même genre des Ovules à un et à deux téguments. Ainsi, il n'en existe qu'un chez les Thalictrum, Anémone, Hepatica, Ranunculus , Ficaria , Callha , Uelleborus , Deiphinium tricorne et chilense , tandis qu'on en observe deux chez les Clematis , Adonis , Trollius , Isopyrum , Aquilegia , Aconitwn , Pœonia , Deiphinium Ajacis, D. consolida, D. elatum, D. fissum et D. bicolor. Quant aux Ovules dépourvus de téguments, et dont toute la masse est formée par un nucelle nu , on en trouve des exemples chez les Santalacées , les Rubiacées, les Dipsacées , les Cuscutées et les Asclépiadées. Au reste , les Ovules à un seul tégument et les Ovules nus présentent dans leur développement , leur court. x.

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bure, etc. , des faits analogues à ceux que nous avons signalés chez ceux à deux téguments. Cependant il ne paraît pas qu'on ait encore observé des Ovujes nus orthotropes.

Presque toujours le développement des téguments ovulaires , les courbures et les modifications dans les relations des parties de l'Ovule , sont terminés à l'époque de la floraison , et par conséquent au moment où la fécondation doit avoir lieu; cependant, cbez les Orchidées , on trouve des exemples du contraire. Ainsi , Meyen décrit et figure l'Ovule de VEpipactis comme n'ayant encore qu'une ébauche de son tégument externo au moment où il est fécondé.

Jusqu'ici nous n'avons considéré que les téguments de l'Ovule et son nucelle tout entier sans pénétrer à son intérieur. Si nous examinons maintenant ce qui se passe dans le tissu même de celui-ci, nous verrons qu'à une époque plus ou moins antérieure à la fécondation, vers son extrémité supérieure ou son sommet , il se creuse d'une cavité qui grandit progressivement; par là son tissu est refoulé h proportion de l'accroissement que prend cette cavité, et souvent il se réduit ainsi à n'être plus qu'un sac très mince ( terrine Mirb.). Cette cavité est tapissée par le sac embryonnaire (quintine Mirb.), vaste cellule sans proportion avec celles qui composent le reste de l'Ovule, et dans laquelle doivent s'opérer le grand acte de la fécondation et le développement de l'embryon qui en est la conséquence. Le sac embryonnaire présente de nombreuses modifications déforme, de grandeur, etc. ; mais il existe toujours cbez les Phanérogames , et il est toujours placé près de l'extrémité du nucelle, par conséquent vers le point où l'ouverture des téguments ovulaires permet au boyau pollinique d'arriver sans obstacle jusqu'à cette extrémité, nommée quelquefois Mamelon d'imprégnation , pour s'insinuer à travers les méats jusque dans la cavité centrale de l'Ovule. Chez les Santalacées et VAvicennia, les belles observations de M. Grifflth ont fait connaître une modification curieuse à cette situation normale du sac; elles ont montré que dans ces plantes il est extérieur au nucelle, ou le devient par les progrès de son développement, de telle sorte que l'embryon se forme extérieurement à l'Ovulo.

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