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pour les auteurs , un vaslc cercle d'erreurs dans lequel ils ont continuellement tourné sans pouvoir en sortir. Bu [Ton lui-même et son collaborateur, Guéneau de Montbeillard, n'ont pas été exempts de ces fautes , et ont souvent prêté l'oreille aux dictons populaires. Pour l'histoire du Paon , entre autres , ce dernier a consacré quelques phrases, qui décèlent cette facilité à accepter les croyances du dehors. Ainsi il a exprimé, et à peu près dans les mêmes termes, quelques unes des opinions émises par l'auteur ancien dont nous venons de reproduire un passage; car, à propos du plaisir que le Paon domestique aurait à s'admirer, comme le croit généralement le vulgaire , il parait accepter que cet Oiseau « jouit des hommages dus à sa beauté; qu'il est sensible à l'admiration; que le vrai moyen de l'engager à étaler ses belles plumes , c'est de lui donner des regards d'attention et des louanges ; et qu'au contraire , lorsqu'on parait le regarder froidement et sans beaucoup d'intérêt, il replie tous ses trésors, et les cache a qui ne sait pas les admirer. »
Cette opinion renouvelée des Romains , ce qu'atteste un passage de VArt d'aimer d'Ovide (t), et qui a toujours cours parmi le vulgaire, a donc été admise par Guéneau de Montbeillard lui-même, puisqu'il la reproduit sans l'accompagner d'aucune réflexion. Cependant , nous devons le dire, le Paon est aussi insensible à l'admiration que léserait le maie de la Dinde, lorsqu'il étale, lui aussi, les plumes de sa queue , et qu'il est tout aussi expressif dans ses mouvements, dans les poses qu'il prend, que l'est l'Oiseau dont nous parlons , bien qu'il n'ait rien de beau à admirer en lui. 11 est aussi insensible que le serait le Moineau , lorsqu'il piaffe en déployant ses ailes et sa queue autour de sa femelle; que le seraient une foule d'autres espèces polygames ou monogames qui s'agitent auprès de leur compagne, quand vient l'époque où les désirs s'éveillent en eux. Pouvons-nous, selon notre bon vouloir, commander au Paon de développer ses richesses? pouvons-nous , en lui prodiguant notre admiration par tous les beau» mots et les belles phrases que possède
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notre langue, l'engager à étaler celte queue magniGquc qu'il porte avec tant de fierté? Nullement : le Paon n'obéit qu'à un sentiment intérieur. Ou bien, lorsqu'il parade devant de nombreux spectateurs, cet Oiseau, en entendant de tous les côtés les éloges provoqués par sa beauté, récompense-t-il ses flatteurs en étalant devant eux , plus longtemps que de coutume, cette queue qui mérite leurs éloges? Pas davantage.
D'où vient donc cette croyance générale, que le Paon jouit des hommages rendus à sa beauté? Elle vient de ce que l'on a mal observé , et surtout de ce que l'on continue à interpréter d'une manière poétique , pour ainsi dire, les actes auxquels se livre l'Oiseau dont il est question. On porte sur ces actes un jugement presque traditionnel. Si, dans nos basses-cours ou dans nos jardins, un Paon étale avec majesté celle queue qui le pare si bien , il est d'usage qu'on lui prodigue des mots élogicux. Ces mots, on les dit presque machinalement, mais avec l'idée préconçue qu'ils vont flatter agréablement l'objet de tant d'admiration. Or, qu'en résulie t il? Que les personnes prévenues, à qui on a déjà dit ou qui entendent dire que le Paon est sensible aux éloges , prennent tous les mouvements que cet Oiseau fait , tous les trépignements qu'il laisse apercevoir, toutes les poses qu'il donne à son corps, comme un effet de ces éloges, comme une manifestation non équivoque du plaisir qu'il éprouve à entendre que l'on vante sa beauté ; etees mêmes personnes , si elles ne l'ont déjà , acquièrent la persuasion qu'en effet le Paon aime qu'on le loue, et que tous ces petits gestes, dont nous avons déjà parlé, sont réellement l'expression de la jouissance intérieure que les hommages rendus à sa beauté lui font ressentir.
Mais ceux-là même qui adoptent de pareilles opinions (et ils sont nombreux) pourraient se convaincre, en poussant l'observation plus avant, ou en observant mieux, que rien n'est plus fabuleui que celte prétendue satisfaction que les éloges font éprouver au Paon. Si, faisant abnégation de toute préoccupation, ils examinaient de loin et en silence cet ornement de nos basses -couri, alors qu'il étale tout le luxe de son plumage, ils pourraient aisément se convaincre que ce Paon , que la présence seule de s* femelle influence en ce moment, n'est pas
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moins expressif dans ses mouvements, qu'alors qu'il est censé s'apercevoir qu'on l'observe et qu'on le flatte. Le Paon exprime son amour en déployant les richesses de sa livrée, comme les Oiseaux chanteurs expriment le leur en donnant à leur voix tout le développement , toute l'harmonie dont elle est susceptible. Ce n'est donc pas pour provoquer les louanges , et encore moins pour en jouir, qu'il se pavane avec complaisance, mais bien parce qu'il est mû par un sentiment autre que celui de l'amour-propre satisfait, parce que des désirs s'éveillent en lui comme préludes de l'accouplement.
Il est étonnant que les écrivains naturalistes qui avaient remarqué ce fut , et qui l'ont à peine mentionné, qui avaient vu que les trépignements du Paon , que tout l'étalage du luxe de sa queue n'étaient que des moyens employés pour agacer la femelle et la disposer à l'acte copulaleur ; il est étonnant , disons-nous , que ces auteurs aient pu émettre en même temps l'opinion que nous venons de discuter et sur laquelle nous avons insisté avec intention, parce que nous Ja considérons comme un préjugé trop répandu qu'il convient défaire disparaître de l'histoire naturelle des Paons.
Une autre opinion de même nature, que nous avons vue exprimée plus haut, et que nous trouvons reproduite dans l'histoire naturelle de Buffon , est celle qui veut que le Paon soit honteux de la perte de sa queue. « Il craint, dit le collaborateur de notre illustre naturaliste , de se faire voir dans cet état humiliant, et cherche les retraites les plus sombres pour s'y cacher à tous les yeux. » Il y a la un fait exprimé : c'est que la mue est pour le Paon une époque de retraite ; mais, comme nous l'avons déjà dit , Pe.oprit humain, toujours plus poétique que positif, s'est plu ici , comme dans beaucoup d'autres circonstances, à expliquer la cause de cette retraite en supposant à cet Oiseau un sentiment de honte que la privation de son plus bel ornement lut ferait éprouver. Celte supposition est par trop gratuite, et l'admettre n'est pas notre intention. 11 nous ■emble qu'on aurait pu trouver à ce fait une explication beaucoup plus raisonnable. Le Paon , lorsque ses plumes tombent, cherche la solitude, c'est positif; il se tait, ne se avaue plus, et m ê me alTccic un air de tris-
tesse, c'est encore vrai; mais quel Oiseau, durant la mue, n'est pas dans le même cast Quel est celui dont le chant nous frappe alors , ou qui nous amuse encore par ses joyeux ébats ? Il n'en est pas. La mue, pour tous , est une période de malaise , de souffrance; et ce malaise et cette souffrance son* d'autant plus considérables , que les plumes dont le changement s'opère sont plus fortes. Ainsi, la mue des pennes caudales et alaires est beaucoup plus douloureuse que celle des plumes qui recouvrent le corps ; elle n'est même quelquefois pas sans danger pour l'Oiseau. Or, le Paon doit ressentir avec d'autant plus d'énergie tous les effets de la chute des plumes de la queue, que ces plumes sont plus volumineuses, et sont plus profondément implantées que dans aucune autre espèce. Dès lors, doit-on s'étonner, surtout lorsqu'on voit le même phénomène se reproduire chez tous les autres Oiseaux, que, durant la période de la mue , le Paon demeure triste et taciturne? Doit-on être surpris de le voir chercher les lieux sombres , lorsque l'expérience de tous les jours apprend qu'il ne faut pas , pour favoriser la mue des Oiseaux captifs, les exposer à un air trop vif? Les lieux sombres leur offrent une température qui convient beaucoup mieux à l'état maladif dans lequel ils so trouvent. Le Paon suit instinctivement les règles hygiéniques que la nature a posées aussi bien pour lui que pour les autres animaux. Ce n'est donc pas pour cacher la honte d'avoir perdu sa queue qu'il cherche des abris, mais bien pour qu'une atmosphère trop vive ne nuise pas à l'éruption des plumes nouvelles.
Observés en dehors de tout préjugé , les Paons sont des Oiseaux dont les mœurs rappellent celles des Gallinacés en général. Les maies , comme presque tous ceux de cet ordre , sont ardents en amour. Un seul peut , comme le Coq, suffire à plusieurs femelles. Quoiqu'ils n'aient complètement revêtu leur plumage adulte qu'à l'ège de trois ans, pourtant ils peuvent se reproduire avant cette époque. Les femelles sont dans le même cas ; car, bien que l'on s'accorde généralement à dire que ce n'est qu'après la troisième année qu'elles ront régulièrement leurs pontes, on a cependant des exemples fréquents qui prouvent qu'après la première ou la seconda
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•nuée elles sont en état de pondre. Lorsqu'elles ont cessé d'être fécondes , ou lorsqu'une maladie atrophie prématurément leur ovaire, les Paonnes prenuent la livrée des miles. Cette sorte de métamorphose , dont les Faisans offrent de fréquents exemples, est à la vérité assez rare chez ces Oiseaux; cependant Latham, dans son Gênera synopsis oflirdsten cite un cas assez remarquable, et nous avons vu nous-même, dans les galeries de Bonn , ville universitaire d'Allemagne , une jeune femelle qui, par suite d'une maladie des organes reproducteurs , avait revêtu en grande partie les attributs du mêle.
Dans nos climats, les Paons seraient, au dire des voyageurs, moins féconds que dans les pays d'où ils sont originaires ; car ils assurent qu'une seule couvée comprend de vingt à trente œufs , tandis que chez nous elle n'est ordinairement que de six à dix. Ces oeufs , tachetés de brun sur un fond blanc, et de la grosseur de ceux de la Dinde, sont pondus un à un et à quelques jours d'intervalle l'un de l'autre. Les Paonnes cachent mieux que ne le font la plupart des Oiseaux domestiques le lieu de leur ponte. La durée de l'incubation est de vingt-sept à trente jours environ. Les petits en naissant suivent leur mère , et peuvent déjà, comme tous les Poussiiis gallinacés , chercher euxmêmes leur nourriture ; mais, délicats et frileux , comme tous les Oiseaux des pays chauds, ceux que nous faisons reproduire clnz nous exigent de très grands soins, et ont besoin pendant longtemps de la conduite d'une mère. Les Paunnaux âgés d'un an sont, à ce qu'on prétend, un excellent manger. Nous avons dit que le Paon , jeune ou vieux, passait chez les Romains pour un mets estimé; il paraîtrait aussi qu'en France, du temps d'Olivier de Serres, on le regardait comme « le roi de la volaille terrestre , en ce qu'on ne pouvait voir rien de plus agréable que le manteau de cet Oiseau, ni manger une chair plus exquise que la sienne. » De nos Jours on n'en Tait plus grand cas , et on n'élève plus les Paons que pour en faire des objets d'agrément.
La nourriture habituelle des Paons consiste en grains de toutes sortes. Le voisinape de ces Oiseaux est funeste aux agriculteurs, car ils font, à ce qu'il parait, des dégâts
immenses aux céréales. Ils sont également importuns , à cause des cris désagréables qu'ils font entendre. Heureusement tous leurs défauts sont rachetés par leur beauté, et si, comme l'a dit un poète, ils ont U voix du diable , la démarche furlive des voleurs, ils ont en compensation une parure d'ange.
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Indépendamment du cri bruyant que les Paons font entendre, cri dans lequel on a vu, mais à tort, un présage de pluie, lorsqu'ils le poussent durant la nuit, on leur con-« naît encore un bruit sourd , un murmura intérieur, qu'ils font surtout entendre lorsqu'ils se pavanent autour de leurs femelles.
Quoique les Paons aient beaucoup de peine à s'élever dans les airs , cependant on en voit quelquefois prendre leur essor et parcourir des distances considérables. En général, ilsaimentleslieuxélevés, se plaisent sur les combles des maisons, ou bien sur la cime des grands arbres qui sont à leur portée.
On prétend que les Paons atteignent facilement la trentième année , et , s'il faut en croire Willugbby, ils vivraient même cent ans; mais il est probable que ce dernier chiffre est un peu exagéré. On ne s'écarterait pas beaucoup de la vérité en adoptant le premier.
Jadis les plumes de ces Oiseaux servaient aux arts ; on en faisait des espères d'éventails et des couronnes. Celles-ci servaient à orner le front des poêles troubadours. Les anciens ducs d'Autriche portaientune queue de Paon pour crinière. « Gesner, dit Guéneau de Montbeillard.a vu une étoffe dont la chaîne était de soie et de 01 d'or, et la trame de plumes de Paon. Tel élait sans doute, ajoulet il, le manteau tissu de plumes de cet Oiseau qu'envoya le pape Paul III au roi Pépin. »
Le Paon est devenu aux yeux de l'Homme le symbole de la vanité.
Buffon, qui n'a connu que le Paoo domestique, rapporte à celui-ci deux variétés: la blanche et la panachée. Mais , comme l'a fait observer avec raison M. Frédéric Cuvier, dans ses Suppléments à l'histoire naturelle, cette dernière n'existe réellement pas. L« Paon panaché est un Paon ordinaire sur lequel les plumes, en plus ou moins grand
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nombre, naturellement altérées dam leurs germes, naissent et se développent sans l'éclat des autres et tout-à-fait blanches. C'est la première trace de la modification qui, en s'éiendiat sur tout le plumage, produirait le Paon blanc. De tous nos animaux dômestiques, le Paon est donc un de ceux qui ont subi le moins de modifications sous notre influence; car, eicepté la race blanche, il ne s'en est point produit d'autres dans cette espèce. Cette résistance à toutes les causes qui ont si puissamment agi sur d'autres Oiseaux que nous élevons près de nous, est peutêtre digne de remarque , si Ton veut considérer que le Paon est soumis i l'Homme depuis la plus haute antiquité, et qu'aucune autre espèce, ei posée à cette épreuve, n'a pu conserver aussi purs ses caractères primitifs. Quels que soient, en effet, les Oiseaux domestiques que l'on considère, on y trouve des races nombreuses dont les modifications ont acquis toute la fixité des caractères spécifiques et qui se reproduisent sans altération.
Les naturalistes croient généralement, et cette opinion est très vraisemblable, que le Paon sauvage, naturel de Java (Pavo crislatus Lin.), est la souche d'où notre Paon domestique (représenté dans l'atlas de ce Dictionnaire, planche 5 bis) tire son origine. Cependant on observe entre eux quelques différences. Le Paon sauvage, comme tous les animaux abandonnés i eux-mêmes, a une taille un peu moins forte que le Paon domestique; mais il l'emporte sur celui-ci par ses couleurs qui sont en général un peu plus brillantes. En outre, le premier a les ailes d'un vert foncé à reflet métallique , bordées de vert doré, tandis que, chez le second, elles ont une teinte lie de vin variée irrégulièrement de petites lignes ondulées noirâtres. Sous tous les autres rapports, l'un et l'autre ont la plus grande ressemblance.
ICe qui ferait supposer que le Paon domestique n'est autre que le Paon sauvage chex lequel la servitude aurait atténué les couleurs et aurait même changé celles de l'aile, c'est que celui-ci s'apprivoise aisément et •'habitue sans peine à nos soins et aux mouvements de nos habitations. 11. Frédéric Cuvier a de plus constaté que le Paon sauvage mâle s'unissait aux femelles du Paon domestique et que leur produit donnait des t. x.
sujets à ailes vertes et des sujets à ailes fauves, sans rien d'intermédiaire entre ces deux couleurs. Ce dernier fait, il est vrai, ne serait pas une preuve bien convaincante; car on sait que les iodividus de deux espèces voisines, d'un genre naturel, se comportent les unes avec les autres, en esclavage, comme le feraient des individus de la même espèce, et se reproduisent.
Contrairement à l'opinion générale et malgré toutes les présomptions, H. Frédéric Cuvier avance qu'on n'a aucune preuve directe du passage de la race sauvage à la race domestique, et que tout ce qu'on en pense ne repose que sur des inductions qu'à la vérité permettent les faits connus. « Rien ne prouve, ajoute-t-il,que nous connaissons la véritable race sauvage de notre Paon domestique, et qu'il n'existe pas en Asie ou dans les lies voisines une espèce dont les ailes seraient rousses, comme il en existe une dont les ailes sont vertes. Ces diverses contrées ne sont pas assez connues pour que, sur ce sujet» nous puissions avoir aucune certitude. »
Une autre espèce, non moins belle que le Paon sauvage, est le Paon spicifèbe, Pavo spiciferus Vieillot {Galerie des Oiseaux, pl. 202). Le nom de Spicifère que porte cet Oiseau lui a été imposé par Bu (Ton, i cause de l'aigrette en forme d'épi qui s'élève sur sa tête. Les plumes qui la composent sont plus longues que celles de la huppe du Paon sauvage, et diffèrent encore de celles-ci en ce qu'elles sont barbelées depuis leur origine jusqu'à leur extrémité, et qu'elles offrent l'aspect d'une plume ordinaire. Son cou est noir ; il a le dessus du corps vert-noir, les épaules bleues, les ailes noires, le thorax émeraude, chaque plume bordée d'or, et le dessous du corps vert émeraude profond.
Cette espèce que Ton trouve à Java et que pendant longtemps on n'avait pu se procurer, avait été signalée par Aldrovande. Cet auteur ne l'avait connue que d'après une peinture peu fidèle envoyée au pape pa r l'empereur du Japon.
G. Cuvier a encore placé parmi les Paons les Éperonniers, espèces dont M. Temminck a fait son genre Polyplectrum. Foy. épexon-
IUER.
On a aussi donné fort improprement le nom de Paon à une foule d'Oiseaux qui n'ont
avec ceux dont nous venons de Taire l'histoire aucune sorte de rapports. (Z. Genre.)
PAONS, ois. — Famille établie par M. Lesson , dam l'ordre des Gallinacées , pour des espèces qui ont la tête et le cou garnis de fanons pendants de peau nue , ou seulement les joues et le tour des yeux dénudés; les ailes toujours amples et concaves ; la queue formée de pennes implantées horizon lalement, et pouvant, chez plusieurs espèces , l'ouvrir en éventail pour faire la roue ; un plumage resplendissant des couleurs métalliques les plus éclatantes, le plus souvent semées d'yeux. Les genres Paon , Éperonnier, Argus, Imper, Lophophore et Dindon, font partie de cette famille. (Z. G.)
PAONS, nrs.— Nom vulgaire du Bombyx, Pavonia major , média et minor (grand Paon, moyen Paon et petit Paon). On aaussi appelé deii-Paok, le Smcrinthus océllala, et Paoh w ront ou oeil ne Paon, te Vanessa Jo.
PAPAYER, bot. m. — Nom scientifique du genre Pavot. Voy. ce mot.
PAPAVÉRACÉES. Papaveraceœ. bot.
ra. — Famille de plantes dkotylédonées polypétales hypogynes, qui, dans le principe, comprenait les Fumeterres, que plusieurs auteurs continuent à lui associer, mais distinguées par des caractères assez nombreux et tranchés pour constituer une tribu ou sous-famille , si Ton refuse de rélever à la dignité de famille , que nous avons précédemment exposée sous le nom de Fuma ne - «es {voy. ce mot). Celle des Papavéracées , telle que nous l'admettons ici, pourra donc être caractérisée de la manière suivante : Calice composé de deux , très rarement de trois folioles caduques. Pétales en nombre double, triple, quadruple ou multiple, dont les paires sont disposées en croix, à préfloraison convolutive et chiffonnée , plus rarement plans ou manquant même quelquefois complètement. Étamines au nombre de S ou d'un antre multiple de 4 , en général très nombreuses et quelquefois groupées en faisceaux oppositipétales , i filets libres et filiformes, à anthères biloculaires s' ouvrant longitudinalement. Ovaire couronné par les stigmates scssiles au nombre de deux ou de plus , et alors rayonnant sur un plateau en forme de bouclier, à une seule loge sur les parois de laquelle saillent autant de placentas qu'il y a de stigmates, le plus souvent char-
gés de nombreux ovules analropes. Un seul genre présente autant de carpelles séparés. Fruit très rarement charnu , ordinairement sec, et s'ouvrant par autant de valves ou seulement de fentes apicillaires qu'il j a de placentas, avec lesquels alternent ces valves ou fentes. Graines en nombre défini ou plus souvent indéfini , quelquefois munies d'un caroncule vers le bile, près duquel est situé l'embryon très petit vers Teitrémité d'un périsperme charnu oléagineux.— Les espèces sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces , ou même frutescentes. Celles de la seconde tribu sont toutes originaires de l'Amérique du Nord , et principalement de sa partie occidentale; celles de la première habitent surtout les répions tempérées de l'hémisphère boréal, en Europe et en Amérique, beaucoup plus rares en Asie. Très peu s'avancent entre les tropiques, ou de l'autre côté de celui du Capricorne. Elles ont un suc laiteux, coloré en blanc ou en rouge, ou aqueux. Leurs feuilles sont alternes , simples ou composées une ou plusieurs lots ; leurs fleurs blanches, rouges. Jaunes, jamais bleues, quelquefois panachées, solitaires ou groupées en pauiculesou encorymbes; maïs la situation que présente souvent l'inflorescence, soit aux dichotomies de la tige, soit à l'opposé des feuilles, indique sa tendance à devenir définie. Dans quelques cas, le pédoncule, élargi et évasé en cupule à son eitrémité , donne à l'insertion l'apparence de la périgynie. Ce suc laiteux que nous venons de signaler a des propriétés très prononcées, les unes résultant d'une grande Icreté qu'on peut constater, par exemple dans celui de l'Éclairé {Chelidonium), et qui fait employer tomme purgatives ou émétiques les racines de plusieurs Papavéracées; les autres narcotiques, connues principalement dans les Pavots , et dues à plusieurs alcaloïdes que leur suc charrie, la Uéconine, la Codéine, la Narcotine, et surtout la Morphine. Ces substances, avec d'autres encore, eiiractivesoa acides, composent l'Opium, qui n'est que ce suc concrélé après avoir été extrait des capsules et de leurs pédoncules , où il est plus abondant qu'ailleurs. Ces principes ne se trouvent pas dans la graine de laquelle on tire une huile qui Tut longtemps suspecte à cause de son origine, mais qui a été admi»e dans le commerce, et l'aide surtout à falsi-
fier celle d'Olive : elle est connue sou* le nom d'huile d'OEillette, nom fort impropre, qui n'est sans doute qu'un diminutif de celui d'Oitum.
Tribu l. — Argémohées.
fiuc laiteux, coloré.
* liocconiées. Pétales mile ou non chiffonnés dans le bouton.
îioccoma , rium. — juacieya, n. tir. — Sangwnaria, L.
Papavérées. Pétales grands, chiffonnés dans le bouton.
Cheitdonium , Tourn. — Stylophorum , Nuit. — Argemone, Tourn. (EcAlrtu, Lour.)
— Muonopsis, Vigo. (CerastUes, Gray). — Papa ver, Tourn. (Calomecon, Meconium , Jfecenidisim , Mecontila, Rhœadium et 4ryemoBidium , Specb.) — Ctoslerandra , Bel.
— Roemcria, Medik. — Giauctum, Tourn.
Tribu II. — EscBscBOLTZiiES* Sac aqueux.
• Hun4manniée$. Capsule bivalve.
EsckschoUxia, Cbam. (Chryseis, Lindl.)
— Hunemannia , Sweet. — Dendromecon , Benth.
**Platystémonées. Capsule 3 -valve, ou plusieurs carpelles distincts ou tomentacés. Plalystigma, Benth. — Meconella , Nutt.
— PUUystemon, Benth. {Boothia, Dougl.).