‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 91 sur 170 · PASMFtOlUS BLEUE , passiflora COTUkî · texte numérisé non relu

PASMFtOlUS BLEUE , passiflora COTUkî

Lin. , vulgairement connue sous le nom de fleur de la passion. Celte espèce , originaire du Brésil et du Pérou, passe très bien eo pleine terre dans nos climats, mémedaiu nos départements du Nord , plantée la Ions d'un mur à une eiposition méridionale at couverte pendant limer. Sa tige grimpante acquiert jusqu'à 20 mètres de longueur ; ses rameaux sont cylindriques, striés; ses feuilles glabres, glauques à leur face inférieure, sont divisée» profondément en 5-7 lobes oblongs , entiers ; leur pétiole porte quatre glandes ; il est accompagné de deux stipules larges , dentelées , arquées en faucille ; ses fleurs, larges de 7-ê centimètre», axillaires et solitaires, sont verdàtres en dehors, d'na bleu très pâle en dedans, odorantes; te» fila, ments de leur couronne sont purpurin» a leur base, d'un bleu pèle ou blancs vers leur milieu, d'un bleu plus vif ver» leur extrémité ; elles se succèdent pendant tout l'été et jusqu'à la On de l'automne, à mesure que les branches croissent et s'allongent. Le fruit qu'elles donnent est jaunâtre,

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ovoïde , de la grosseur d'un petit œuf; il mûrit sans peine dans le midi de la France et de l'Europe. Celte espèce est aujourd'hui commune dans nos jardins ; elle est très propre i couvrir des berceaux et des tonnelles.

C'est encore au même sous-genre que se rapportent plusieurs autres espèces cultivées aujourd'hui assez communément , et parmi lesquelles nous nous contenterons d'indiquer les suivantes : la Passiflore incarnate, Passiflora incarnala Lin. , espèce de l'Amérique méridionale et de la Virginie, qui réussit assez bien en pleine terre dans nos climats , quoique sa tige gèle souvent l'hiver ; à feuilles irifides, dentées ; à fleurs d'un bleu pile, avec une longue couronne bleue ou pourpre annelée de blanc; à fruit comestible. La Passiflore pocbphk , Passiflore, ktmiesina LLuk et Otto , belle espèce du Brésil , à feuilles trilobées, entières, accompagnées de grandes stipules; à fleurs d'un pourpre viff avec la couronne caurle violacée.

?d. Dysosmia, DC. Calice et corolle chacun à cinq parties; cinq étamioes ; fruit presque capsulairc; pédoncules solitaires, uuiflores, naissant dans la même aisselle que les vrilles ; involuerc à 3 folioles divisées profondément en lobes sétacés, glanduleux au sommet. (Ex. : Passiflore f guida Cavao. )

?e. Asirophea, DC. Calice et corolle chacun à cinq parties ; cinq étamtnes ; fruit pulpeux?. Arbres dépourvus de vrilles; fleurs sans involuerc. Ces Passiflores s'éloignent de toutes leurs congénères par la différence de leur port et par l'absence de vrille. De Caadolle se demande si elles n'appartiendraient pas plutôt au genre Paropsia de Noronha. Nous citerons comme exem pic la pAS&iFLoacGLAijQrjB, Possiflora glaucaHusnb. et Bonpl. , petit arbre de 7 ou 8 mètres de hauteur; à grandes feuilles longues quelquefois de 6 ou 7 décimètres , oblongues , aigufo, cuiières; à fleurs blanches, pourvues d'une couronne jaune ; qui croh au Pérou à une hauteur d'environ 2,000 mètres.

PASSIFLOUKKS. Pasfiflortœ. bot. **.

— Famille de plantes dicotytédonées dont la place n'est pas définitivement fixée, à cause des doutes auifuel* donne lieu le

mode d'insertion de ses élamines, ainsi que le fera voir l'exposé de ses caractères, qui sont les suivants : Calice monopbjlle, à tube très allongé ou plus ou moins raccourci, 4 limbe partagé en lobes dont le nombre varie de 4 à 10, et qui sont ordinairement disposés sur deux rangs offrant les couleurs et les apparences d'une corolle, surtout ceux du rang intérieur qui reçoivent souvent le nom de pétales : on observe souvent en outre, un peu plus bas, à diverses ban leurs sur le tube, un ou plusieurs cercles , ou couronnes de ûlets ou d'écaillés qui en partent, et quelquefois c'est au-dessous , vers la base du tube, que s'insèrent cinq élamines libres ou raonadelphes : alors il ne peut y avoir de doute, l'insertion des pétales, des Ciels stériles et aothérifères est bien manifestement périgynique. Mais d'autres fois du centre de la fleur s'élève une colonne plus ou moins longue, qui porte à son sommet ces cinq é laminas autour et au-dessous du pistil , et, dans ce cas , leur insertion parait hypogynique; mais, dans tous, on remarque un disque charnu, qui, tapusaut le tube, se refléchit en un bord libre, et porte au-dessous les filets stériles : or ce uème disque , du fond de la fleur, se réfléchit en sens inversa pour recouvrir et former en partie la colonne staniiuifère, portée ainsi définitivement sur un disque périgynique, considération qui, appuyée sur l'insertion constante des filets stériles , nous engage à regarder comme telle celle des élamines. Cela posé, achevons la description des organes. Etantina ordinairement en nombre égal aux divisions extérieures du calice , et alternant avec les intérieures ou pétales, quelquefois en nombre double, très rarement presque indéfini ; à filets su bu lés , filiformes, libres ou monadelpbes; à anthères biloculaires , d'abord introrses, puis souvent oscillantes, s'ouvrant longitudinalement. Ovaire sessile ou slipité, surmonté de 3-5 styles, soudés À leur base , puis distincts et divergents sous un angle qui se rapproche du droit, et terminés chacun par un stigmate cunéiforme ou pclté, quelquefois bilobé, à une seule loge, avec autant de placentas pariétaux et superficiels qu'il y a de stigmates, chacun portant plusieurs ovules anatropes au bout de funicules asseï longs. Fruit bacciforme ou capsulairc, crustacé ou coriace, s'ouvranl

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•Ion en un nombre égal de valves, dont chacun emporte sur son milieu son placenta longitudinal. Graines nombreuses, à l'extrémité de longs funicules qui, autour d'elles, se renflent en un arille coloré sous forme de cupule ou de sac, et souvent les enveloppant complètement; au-dessous un test crustacé , doublé d'une membrane interne qui s'en sépare en emportant avec elle le rapbé. Embryon droit dans l'axe d'un périsperme charnu , l'égalant presque en longueur , à cotylédons foliacés plans , a radicule cylindrique dirigée vers le hile.

Les espèces sont des herbes ou plus souvent des arbrisseaux, à tiges le plus souvent grimpantes, très rarement des arbres; à feuilles alternes, tantôt simples, entières ou lobées, avec nervation souvent palmée ; tantôt et plus rarement composées et pennées avec impaire, à pétioles accompagnés a leur base de deux assez grandes stipules, et souvent munis plus haut de deux glandes; émettant fréquemment de leur aisselle une vrille qui parait être un pédoncule métamorphosé, puisque quelquefois elle porte des fleurs. Celles-ci sont solitaires ou disposées en petits groupes axillaires ou terminaux, portées sur un pédicelle ordinairement articulé, et muni le plus communément , à l'articulation, d'un involucre triphjlle ou triparti. Dans quelques genres elles sont unisexuées par l'avortement d'un des organes.

Les Pasiiflorées abondent dans l'Amérique entre les tropiques , qu'elles n'y dépassent que peu; elles sont beaucoup plus rares dans les régions chaudes de l'Asie et de l'A Trique; mais, dans la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande, on en trouve à des latitudes beaucoup plus distantes de l'équateur que dans le nouveau continent. Le fruit de quelques espèces est recherché , et il le doit au développement de l'a ri Ile abondant en suc d'une saveur acide et rafraîchissante. On attribue à d'autres parties ou à d'autres espèces des propriétés médicales assez prononcées t et dont quelques unes, les narcotiques, seraient dues a la présence d'un principe analogue a la morphine. Mais c'est ce qu'il faudrait avoir mieux constaté pour pouvoir se prononcer , et ajouter Ici plus de détails.

GENRES

Tribu I. — Paropjiëes.

Fleurs hermaphrodites. Tiges non grimpantes et sans vrilles.

Ryania, Wahl (Patmia, Rich. )-Smeatk.

mannia, Sol. (Bulowia, Schum. ) - P«ropjt'a, Pet.-Th.

Tribu II. Passifloubes.

Fleurs hermaphrodites. Tiges grimpantes avec vrilles.

Thompsonia, R. Br. — Detdoniio , Pet.- Tb. — Passiflora, J. (Gronadi/Ja.Tourn.- Astephananthts , Monactineirma et Anthactinta, Bory. — Balduina, Raf. — Cieca, Medik. J — Murucuia , Tourn. — Dismma , Labill.— Tacsonia, J. (Dislephia, Salisb.).

Tribu UI. — Mooeccées.

Fleurs unisexuées. Tiges grimpantes, avec vrilles.

Modecca , L. ( Bfepharanlhus , Sm. ) — Paschanthus, Burcb. — Kolbia, Beauv. — Ccratiosicyos , Nées. — Acharia, Thunb.

(Ad. J.)

PASSIONNA IRE. bot. ph. — Nom vulgaire des Passiflores.

PASSOURA, Aubl. (Guian. Suppl.,21, t. 380). bot. ph. — Synonyme à'Alsodcia, Thouars.

PASTEL. Isatis, bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères, tribu des Isatidées, a laquelle il donne son nom, rangé par Linné dans sa létradynamie siliqueuse, et avec plus de raison, par les auteurs, dans la télradynamie siliculeuse. Les plantes dont il se compose sontdes herbes annuelles ou bisannuelles qui croissent naturellement dans l'Europe méridionale et orientale, ainsi que dans les parties moyennes de l'Asie; elles sont dressées , rameuses , généralement K labres ou à peu près , glauques ; leurs feuilles sont entières, les caulinaires embrassantes, en flèche ou en coeuf à leur base; leurs fleurs, petites, jaunes, forment des grappes terminales lâches , allongées, et elles sont portées sur un pédicule grêle, filiforme; elles se distinguent par les caractères suivants : Calice à 4 sépales é^aui entre eux. Corolle à 4 pétales égaux , entiers. 6 élamines létrady names, à filets sans dents; ovaire comprimé, uoiloculaire, renfermant presque toujouro un seul ovule, suspendu

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au sommet de la loge ; stigmate sessile , presque capité. Le fruit est une silieule indéhiscente, comprimée-aplatie sur les côtés, oblongue ou ovale , rarement en cœur, dont lc$ valves sont naviculaires, entourées d'une aile foliacée (caractère du sous-genre Sameraria, DC.) ou fongueuse (ce qui distingue le sous-genre Glastum, DC.)» plane, uniloculaire et 1 -sperme, ou 2-sperme seulement dans des cas très rares. La délimitation des espèces de ce genre présente beaucoup de difficultés; les caractères par lesquels on les distingue sont principalement tirés du fruit, et leur valeur est appréciée de diverses manières par les botanistes, dont les uns y trouvent des motifs suffisants pour un nombre assez grand de divisions spécifiques, tandis que d'autres les croient tout au plus suffisants pour distinguer de simples variétés. Il sera facile de se convaincre de cette différence d'appréciation en comparant la description et la classification des Pastels, d'un côté, dans le Prodromus et le Systema de De Candolle, de l'autre, dans la partie botanique des Suites à Buffon, par M. Spacb;dans ce dernier ouvrage, la réunion et la fusion des espèces sont portées aussi loin qu'elles semblent pouvoir aller. Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces questions délicates , et nous nous bornerons à appeler un moment l'attention sur l'espèce la plus intéressante du genre qui nous occupe relativement à laquelle nous suivrons la manière de voir de De Candolle.

Pastel tinctorial, Isatis tincloria Lin.

Cette espèce importante est connue sous les noms vulgaires de Pastel , Guède , Vouède ; elle croit naturellement sur les coteaux secs et pierreux dans les parties méridionales et tempérées de l'Europe. On la cultive en grand en divers lieux , principalement comme plante tinctoriale. Sa tige droite , lisse et rameuse vers le haut, s'élève jusqu'à 1 mètre; ses feuille* sont lancéolées , entières , aiguës au sommet , embrassantes à leur base , qui se prolonge en deux oreillettes allongées, même dans les supérieures ; ses fleurs jaunes forment des grappes terminales paniculées ; les silicules qui leur succèdent •ont rétrécies en coin à leur base, qui se prolonge en pointe aiguë , presque spatulles à leur sommet, qui est très obtus, glabres, trois fois plus longues que larges.

Outre le tjpe dont nous venons de donner les caractères, et dont les individus entièrement glabres sont rares et ne se trouvent que dans des terrains gras , De Candolle distingue trois variétés de cette plante: l'une, cultivée (/. t. saliva), à feuilles glabres, plus larges ; la seconde, hérissée ( F. t. hirsuta), k feuilles hérissées, plus étroites; la troisième, à petit fruit (/. t.microcarpa).

La culture du Pastel , comme plante tinctoriale, a eu une importance très grande, tant que la rareté de l'indigo a maintenu cette précieuse matière colorante à un prix élevé. On s'était surtout occupé de lui donner de l'extension sous l'empire et pendant le blocus continental, dans le but de substituer un produit indigène k une production essentiellement tropicale; alors des encouragements et des prix furent proposés par le gouvernement français , et des ouvrages nombreux furent écrits dans le but d'amener le résultat désiré; nous citerons ici les plus importants de ces ouvrages : Puymaurin, Notice sur lePastel, in-8, Paris, 1 3 1 0 ; — Instruction sur l'art d'extraire l'indigo contenu dans les feuilles du Pastel , Paris, 1813; — Cbaptal, Tbénard , Gay- Lussac et Ternaux, Instruction sur l'art d'extraire l'indigo du Pastel, Paris, 181 1 ; — Grassi, Dclla maniera di coltivare il Guado, Turin, 1811; — Lasteyrie, Du Pastel, etc., in-8, Paris, 181 ! ; — Instruction sur la culture et la préparation du Pastel , in-8, Paris, 1812;— Giobert, Traité sur le Pastel, Paris, 1813. Mais le retour de la paix en Europe ayant ramené le commerce dans ses voies naturelles, et les perfectionnements récents apportés à la culture des Indigotiers et à la fabrication de l'Indigo, ayant rendu cette matière tinctoriale moins rare et moins cbère, le Pastel fut peu k peu négligé, et aujourd'hui son importance a beaucoup diminué. Néanmoins nous croyons devoir présenter ici un résumé succinct des détails relatifs i sa culture et à l'extraction de son principe colorant. Nous nous aiderons principalement à cet égard de l'ouvrage de Lasteyrie , Du Pastel, etc.

Le Pastel croît également dans les terres sèches, pierreuses des coteaui, et dans relies plus substantielles , un peu humides des vallées et des plaines; mais l'un et l'autre extrême dans la nature du terrain sont éga-

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lement nuisibles à l'abondance el à la qualité du produit tinctorial de la plante, el les variations déterminées à cet égard par la différence du sol peuvent s'étendre du simple au double. Les terres les plus avantageuses sont celles de consistance moyenne, plutôt argileuses que sablonneuses, grasses, riches en burnus, chaudes, légèrement humides. Les sols d'alluvioo médiocrement humides , les défrichements bien ameublis sont aussi très avaiilageui. La préparation de ces terres doit être faite avec soin , par des labours répétés deux, trois el quatre fois , et avec des engrais d'aulant plus abondants que le sol est moins fertile, mais en quautité modérée dans les fonds excellents. La graine du Pastel n'est bonne que pendant deux ou trois ans; la meilleure est celle de l'année; celle qui est vieille doit être trempée dans l'eau pcndaui une nuit «vaut d'être sciure. Les semis se font généralement a la volée, avec le plus d'égalité possible; néanmoins ceux en lignes espacées de 20 à 25 centimètres sont plus avantageux, surtout parce qu'ils rendent plu* facile l'arrachage des mauvaises herbes el la circulation de l'air entre les pieds. On recouvre la semence en passant une berse légère. L'époque la plus avantageuse pour ces semis est la dernière moitié de février pour nos dcparteuieuis méridiouaux, le commenrement de mars pour ceux du nord. Le Faste) ne redoutant pas les gelées du printemps , il est inutile et même fâcheux de retarder les semailles, puisqu'on amène ainsi une diminution notable dans les produits. Les graiucs lèvent au bout de dix ou quinae jours; dès lors, si, après cet intervalle de temps , on voit que la germination ait manqué, soit particulièrement, soit en entier , on doit s'empresser d'ensemencer de nouveau. Pendant le cours de sa végétation, le Pastel est labouré ou sarclé trois ou quatre fois; d'abord un mois environ après rensemeucemeut , et lorsque le jeune plant a un demi -décimètre de hauteur environ ; en second lieu, après la première récolte de feuilles; en troisième et quatrième lieu, après la seconde et la troisième cueillette. Ces opérations sont indispensables, très peu de cultures demandaut que la terre suit nettoyée aussi exactement de toutes mauvaises herbes. Dans ces sarclages , on a le

I soïn d'arracher tous les pieds a feuilles velues et rudes, que les cultivateurs désignent sous le nom de Pastel bâtard. La récolte des feuilles se Tait aussitôt qu'elles ont atteint leur développement complet, ou, comme on le dit vulgairement, leur maturité. Oo voit que ce moment est arrivé lorsqu'elle! ont acquis un certain degré d'épaisseur et de consistance que l'habitude apprend à reconnaître, el lorsque les inférieures commencent à s'abaisser el à pâlir, surtout sur leurs bords. Le nombre de ces récoltes varie selon les climats, le sol, la culture, etc. n s'élève à quatre, même cinq et si*, dans les climats chauds, et sous l'influence de circonstances favorables. La première a lien vers la mi-juin ; les autres lui succèdent de mois en mois ; les dernières donnent des produits de qualité inférieure. Les cueillettes se font par un temps clair , et après que h soleil a dissipé toute la rosée. Les ouvriers arrachent les feuilles après les avoir tordues, ou les coupent avec un instrument tranchant; ils les mettent à mesure dam un panier, après avoir secoué la terre, qoi pourrait les salir; après quoi ils portent ce» paniers sous un hangar ou dans un lieu see et ombragé. On les soumet ensuite à l'action d'une meule verticale, creusée de rainures à sa circonférence. Par là , on les réduit en pàtc homogène. On dépose cette pâte sous un hangar à mesure qu'on la relire du mouliu, cl on en forme des las allonges , parallèles, qu'on presse avec les pieds. Après une fermentation de huit joors, en moyenne, on rompt les las, on les mélange avec soin , et l'on en forme de nouveaux qu'on laisse fermenter pendant quin» à vingt jours. Cette seconde fermentation terminée, on émiette toute cette matière, et de la poudre qu'on obtient ainsi Ton forme des pelotes qu'on distingue d'après les récoltes successives qui en ont fourni la matière. Ces pelotes ou ces pains, de forme variable selon les pays, sont déposés à mesure sur des claies el mis à sécher dans no lieu aéré et à l'ombre. Au boui de qoin» jours en été, el nn peu plus en automne, leur dessiccation est suffisante pour qu'on puisse les emballer et les livrer au commerce. Dans cet état, ceux de bonne qualité sont violets à l'iutérieur et lourds: rh ont une odeur assez agréable. Le procédé de

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préparation qui vient d'être décrit est celui usité dans le Languedoc; il fournit le Pastel de Cocagne. Arrivés entre les mains des marchands , les pains de Pastel subissent encore une nouvelle et longue opération qui consiste a les briser, à en disposer la matière par coucbes unies et non tassées dans un bâtiment soigneusement dallé en bassin, nommé agrenoir, et à déterminer en elle, en la maintenant humide, une fermentation lente et longtemps prolongée. C'est après celte dernière opération qu'il prend le nom de Pastel en poudre, et qu'il est propre à la teinture. Le Pastel, préparé de la manière que nous venons de décrire, fournit une couleur bleue solide; mais, son mode de préparation ayant conservé avec le principe colorant lui même, les restes du tissu des feuilles, il en résulte que sa richesse en couleur est faible. De plus, aujourd'hui les avantages divers qu'offre l'emploi de l'Indigo des Indtgofera ont restreint l'usage du Pastel à un petit nombre de cas. Aussi la culture de cette plante, qui a été jadis une source de richesses pour certaines parties de la France et notamment pour le Haut-Languedoc, a-l elle perdu presque toute son importance. Un autre usage , pour lequel les conseils de quelques agronomes tendraient à redonner de l'eitension à cette culture, consiste a employer le Pastel comme fourrage vert. Outre l'eipérience décisive faite par Daubenton , on connaît aujourd'hui celles de plusieurs autres observateurs desquelles il résulte, malgré quelques assertions contraires , que cette plante constitue un bon fourrage vert dont les bestiaux se nourrissent volontiers, qui se distingue par l'avantage de résister très bien aui froids de nos hivers et de réussir dans des terres tellement médiocres que toute autre culture y serait presque impraticable. (P. D.)

PASTENADE et PASTKWGtB bot.

n. — Noms vulgaires des Panais dans le midi de la France.

PASTENAGUE. roiss. — Nom vulgaire d'une espèce de Baie, Rata pastinaca.

PASTÈQUE, bot. ru. — Espèce de Courge.

PASTEUR. Nomeus. poiss.— Genre établi aux dépens des Scombres. Voy. ce mot.

PASTINACA. bot. ru. — Nom scientifique du genre Panais. Voy. ce mot.

PASTTSSON. bot. ph.— Nom vulgaire du Cttcurbita melopepo. Voy. courge.

PASTOR , Temm . ois.— Nom scientifique du genre Martin.

PASYTIIEA ( nom mytboT. ). poltp. — Genre de polype* bydraires de la famille des Sertulariens, établi par Lamouroux, pour deui petits polypiers trouvés sur les Sargasses ou Fucus natans de l'Océan atlantique; ces polypiers phytoïdes flexibles sont rameux, articulés , et portent des cellules sesslles ou pédooculées, ter nées ou verlicillées à chaque articulation. Mais les deux espèces sont asseï dissemblables ; et l'une d'elles, p. tu* lipifera, est devenue pour Lamarck le type du genre Tulipaire (voyez ce mot), qui parait devoir être rangé parmi les Bryozoaires.

(Duj.)

PATAREA. bot. pb. — Genre de la famille des Rubiacées Cofféacées, tribu des Psychotriées , établi par Aublet (Guian., I, 111 , t. 45). Arbrisseaux de la Guiane. Voy. ar>

Bl ACCES.

♦PATiEOSAURUS. sept.— M. Fitzinger (SysL Rept.t 1843) a créé sous cette dénomination un groupe de Sauriens, de la grande famille des Lacertiens, qui correspond en partie au genre Eremia ( voy. ce mot) de MM. Duroéril et Bibron, et dont le type est V Eremia capensis, qui provient du cap de Bonne-Espérance. (E. D.)

PATAG03ES. Patagona. ois.— Division établie par M. Lesson dans la famille des Oiseaux-Mouches. Voy. colibbi. (Z. G.)

PATAGOXICA, Dillen {EUham., 304, t. 226, f. 293). bot. ph. — Synonyme dePotagonula, Linn.

PATAGOKULA. bot. pb. — Genre de la famille des Cordiacées?, établi par Linné (Gen., n. 208). Arbrisseaux de l'Amérique méridionale.

PATAS. «au. — Ce nom est appliqué au Sénégal a une espèce de Guenon (voy. ce mot) que les naturalistes désignent sous la dénomination de Cercopilhecus ruber.

Le Patas à bandeau de Buffon est une simple variété de la même espèce, et le Palus à queue courte du même auteur se rapporte au Rhésus. Voy. ce mot. (E. D.)

PATATE, bot. pu. — Nom appliqué improprement à la Pomme de terre dans nos départements méridionaux. Voy. uorelle.

PATATE DOLCE. bot. ph.— Nom vul-

gaire de II Balate comestible. Foy. batatb à l'article liseron.

PATE. moll. — Nom vulgaire et marchand de la Came gauche.

PÀTELLA. moll.— Voy. patelle.

PATELLA. bot. ci. — Voy. patellaria.

PATELLACÉS. Pateltacea. moll. — Meoke désigne ainsi une famille de Tordre des gastéropodes cyclobrancbes , qui a pour type le genre Patelle. Voy. ce mot.

PATELLARIA (patella, vase), bot. ci.— Nom imposé par Fries (Elench. fung., t. II, p. 15) à un petit genre de Champignons de l'ordre des Thécasporés ectothèques , de la tribu des Cyatbidés {voy. mycologie), et qui présente les caractères suivants : Réceptacle cupuliforme , sessile ou pédi culé , de consistance coriace , marginé ; disque presque superficiel, pulvérulent; les organes de la fructification consistent en sporanges ( thiques) allongés, claviformes, qui renferment buit spores allongées et cloisonnées. Le type de ce genre est le Pexixa atrata Pers., que l'on rencontre très fréquemment sur les vieux bois , et qui a été décrit tantôt comme un Lichen, tantôt comme un Champignon. Celte espèce est remarquable par ses réceptacles sessiles, noirs, coriaces, plus ou moins rapprochés , et qui ressemblent eiactement à une scutelle de Lichen dé pourvue de tballus. Elle est vivace ; dans les temps secs elle éprouve un peu de contraction , et dans les temps humides elle s'étale et parait revenir à la vie. Son disque, dans un âge avancé, se recouvre d'une poussière blanche, qui parait formée par la destruction des sporanges et la dissémination des spores.

Le nom de Patellaria a d'abord été donné par Hoffmann à un genre de Lichens , et adopté par De Candolle. Le professeur Fries n'a pas cru devoir le conserver dans cette famille de plantes; mais, en le transportant dans la Mycologie, il y a introduit des espères qui ne peuvent y demeurer. Ainsi , par sxemple, j'ai démontré ( Ann. te. nal., 2« série, l. XVI , p. 218) que le Patellaria coriacea Fr. ( Pexixa coriacea Bul. ) n'était que le jeune âge du Poronia punctata Willd., et que le Patellaria testacea Fr. paraissait éire la même plante. Les autres espèces dont le réceptacle est gélatineux n'ont pas encore été analysées convenablement pour

Indiquer la véritable place qui doit leur être assignée. (Ltv.)

♦PATELLARIACÉES.PaIe/!arwcca?.«oT.

en. — Famille de Champignons établie par Corda (AnUit. x. Slud. de Myc, p. 151); elle comprend les Champignons en forme de cupule, dont l'byméniura est su père, et formé de tbèques qui renferment des spores cloisonnées. Elle n'est composée que des trois genres suivants: Cryptodiscus , Cord.; MclUliosporium, Cord.; Patellaria, Fr. (Ut.)

PATELLE. Patella (patella, écuelle).

moll. — Genre de l'ordre des Mollusques gastéropodes cyclobranches, caractérisé par la disposition des branchies lamellaires en série, tout autour du corps , sous le rebord du manteau, avec les orifices anal et génital au côté droit antérieur , et une coquille en cône surbaisse recouvrant entièrement le corps. L'animal est hermaphrodite, il a une tête munie de deux tentacules pointus oculifères a leur base externe, et il rampe lentement sur un pied charnu en forme de disque ovale, épais , au moyen duquel il adhère aux rochers avec t< u de force, qu'il se laisse déchirer sur place plutôt que de lâcher prise, à moins d'avoir été enlevé a l'improviste et par un mouvement oblique. Ces coquilles avaient aussi été nommées anciennement Lepas, du mot grec qui signifie écaille, et quelques naturalistes du xvi* et du xvii' siècle les désignèrent encore sous ce nom, et plus tard encore on les associa aux Balanes, qui n'ont de commun avec elles que de vivre sur les rochers. Cependant Klein, en considérant les diverses coquilles, nommées Patelles, comme intermédiaires entre les Mollusques univalves et les bivalves, en fit deux classes subdivisées en six genres , dont plusieurs correspondent à peu près à des genres établis depuis lors. Adanson, au contraire, en laissant aux Patelles l'ancien nom dtLepas, en fit le septième genre de ses Mollusques univalves, et les sépara des bivalves par les univalves operculés qu'il regardait à tort comme devant en faire le passage ; mais en même temps il décrivit assez exactement, souj le nom de Libot, l'animal d'une espèce de ce genre. Linné, de son côté, plaça son genre Patelle parmi les univalves, mais sous ce nom il comprit non seulement toutes les diverses coquilles réunies par ses devanciers, mais encore quelques autres telles que I*

Lingule supposée uuivalve. C'est Bruguière qui, le premier, dans V Encyclopédie , commença le démembrement si nécessaire du grand genre linnéen, en séparant d'abord les genres Fissurelle et Lingule. Peu de temps après, Cuvier publia une anatomic de la Patelle commune; et bientôt, dans son Ta* bleuu d' histoire naturelle, il classa, avec les Osrabrions et les Haliolides, ce genre , compris à la manière de Linné. Lamarck, dans ses publications successives, adopta non seulement les genres déjà créés par Bruguière, mais il établit encore aux dépens des Patelles de Linné les genres Émarginule, Crépidule, Calyptrée, Cabochon et Ombrelle ; puis il adopta, en le nommant Nacelle et Navicelle, le genre Septaire de Férussac et en On le genre Parmopbore de M. de Blainville , le même que Mon tfort avait nommé précédemment Pavois. Postérieurement encore, plusieurs autres geures ont été établis par divers auteurs; tels sont YHipponix de H. Defrance, qui ne doit pas être séparé des Cabochons; la Siphonaire de Sowerby et la Patelloïde de MM. Quoy et Gaimard. Le genre Patelle, aiosi débarrassé de tous les Mollusques, qui n'avaient de commun avec lui que la forme plus ou moins analogue de la coquille , sera caractérisé, comme nous rayon* dit plus haut, par la disposition symétrique des branchies, et par la forme également symétrique de la coquille en cône surbaissé, ayant le sommet droitou recourbé vers le bord. II comprend sans doute plusieurs types génériques qu'on pourra distinguer quand ils auront été étudiés vivants , mais pour le moment il constitue seul une famille distincte dans Tordre des Cyclobrancbes, auquel appartient aussi la famille des Qscabrioos qui en diffère sous tant de rapports. Tel est aussi le mode de classement, adopté définitivement par Cuvier. Lamark plaçait également les Patelles à coté des Oscabrions et des Oscabrelles; mais il réunissait les Pbyllidies avec ces genres pour former sa fami'le des Phyllidiens. M. de Blainville, au contraire, admettant que les Patelles ont pour organe respiratoire une cavité spéciale au-dessus du cou , un sac cervical tapissé par un réseau de vaisseaux sanguins, en a fait le type de sa famille des Réti'cres, constituant, avecla famille des Branchifères, son ordre des Cervicobranches , parmi les Parat. x.

céphalophores hermaphrodites. Le genre Patelle est très nombreux en espèces, et, après tous les retranchements qu'il a dû subir, il en contient encore une soixantaine vivantes. On peut classer provisoirement ces es» pèces d'après les coquilles seulement , suivant qu'elles sont lisses ou garnies de côtes saillantes avec le bord entier ou découpé, et suivant que le sommet est droit, presque central ou oblique et recourbé. (Ddj.)

*PATELLIMANES. ws. — Tribu de ta ramille des Carabiques, établie par Latreille et Dejean, et dont les principaux caractères sont : Deuxième , troisième et quatrième premiers articles des tarses antérieurs seuls dilatés dans les mâles , formant une palette orbiculaire ou un quadrilatère allongé, dont le dessous est garni de poils serrés ou de papilles formant une espèce de brosse. Crochets des tarses simples. Élylres jamais tronquées à l'extrémité.

Cette tribu se compose des genres suivants : Platynus, Cardiomcrus, Agonum, Oiisthopus, Loxocrepis, Extleptus, Anchomenus, Callistus, Loricera , Vertagus, Chdes, Chlœnius, Epomis, Dinodes, Badister, Licinus , Bembus , Dicaltu, Pelecium, Erypus, Cynthia, Asporina, Euchroa, Microcheilat Brachygnathus , Panagœus, Coptia, Dercylus , Geobius. Les Patellimanes ont ordinairement les pattes longues et grêles. Elles fréquentent, pour la plupart, les bords des rivières et les lieux humides. (L.)

PATELLITES. sou.- Nom donné aux Patelles fossiles.

PATELLOIDE. Patelloides {patelin, patelle; t'ifoî, forme.) «ou.. — Genre de Mollusques gastéropodes de l'ordre des Scutibranches , établi par MM. Quoy et Gaimard pour des espèces assez nombreuses des mers australes, ressemblant aux Patelles par leur coquille, par la forme de leur corps, et paraissant en différer seulement par l'organa respiratoire. Cet organe , en effet , est un simple peigne branchial inséré au côté droit de la tête, et saillant en dehors du sac cervical dans lequel la tète peut rentrer , an lieu d'être, comme chez les Patelles, une séria de lamelles empilées sous le rebord du manteau. Ce genre, dont les auteurs ont déjà décrit douze espèces , a été mentionné sous le nom de Lollia dans le Gênera of Schellt de Sowerby. (Du.)

PATELLOIDES. Patelloidca. moll. — Famille de Mollusques ou Malacozoaires mo- Dopleurobranches de M. de Dlainville, comprenant les Ombrelles, lesSiphonaircs, etc., dans la sous-classe des Paracépbalophores monoïques. (Duj.)

PATENOTIER. »ot. pu.— Nom vulgaire du Slaphylier.

•PATERA (paiera, coupe), acal. — Genre de Méduses, établi par M. Lesson dans sa famille des Océanidées, pour une espèce de très grande taille dont l'ombrelle hyaline et large d'un demi-mètre , au lieu d'être en parasol comme chez la plupart des Méduses, est concave en dessus avec les bords renversés , de manière à représenter une patère antique. Du sac stomacal, qui occupe le centre en dessous, partent des vaisseaux fins et droits, rayonnant du centre à la circonférence par faisceaux de six ; la bouebe, arrondie et bordée de longs tentacules rubanés et entortillés , est située à l'extrémité du prolongement conique , de l'estomac. (Duj.)

PATERSONIA (nom propre), bot. rn.

— Genre de la famille deslridées, établi par R. Brown (Prodr., 303). Arbrisseaux des contrées sablonneuses de la Nouvelle-Hollande. Voy. «idées.

PATUODERMA (nâ6oit aouffrance ; iipjxa, peau), irs. — Genre de Coléoptères télramères, famille des Xylopbages, tribu des Colydieus, formé par Dejean (Catalogue, 3' édit., p. 337) avec le Peltis orientait* de Wied., et la Pat. squalida de l'auteur. La première est originaire des Indes orientales, et la seconde du Sénégal. (C.)

PATIENCE, bot. ni. -Nom vulgaire des Rurnex. Voy. ce mot.

PATINA, bot. ph. — Genre de la famille des Rubiacées-Cincbonacées, tribu des Hasnéliées, établi par Aublet (Guian.t 1, 196, t. 77). Sous-arbrisseaui de la Guiane. Voy.

BUBIACJÉES.

PATISSON, bot. ph. — Même chose que Pasiisson. Voy. ce mot.

PATRIIMIA. bot. ph. — Genre de la famille des Valérianées, établi par M. de Jussieu (in Annal, du Mus., X, 311). Herbes de l'Asie centrale. Voy. valéeianées. — Patricia, Don (Nep.t 150), synonyme de Aardoslachys, DC.

PATRISIA, L.-C. Rich. (in Act. Soc.

hitt. nat. Pari$, 111). bot. pu.— Synonyme

de l\yaniat Vahl.— Palrisia, Robr. (Use.), synonyme de Chaillelia, DC.

PATRORUS. tus. — Genre de Coléoptères pen ta mères, famille des Carabiqucs, tribu des Féroniens, proposé par Mégerle, publié par Dejean (Species général des Coléoptèrts, t. III, p. 26) et généralement adopté depuis. Les neuf espèces ci-après renlrent'dsns ce genre : P. excavatus F. (rvflpes F. , DeJ.), septentrionis Scbr. , hyperboreus West. , foveicollis , fossifrons , atetrimus Eschs., dfprcjjusGeb., ruflpennis HolT. et longiconit Say. Quatre sont européennes, quatre américaines et une est originaire d'Asie (Sibérie). Elles ont pour caractères : Dernier article des palpes labiaux presque cylindrique, tronqué à l'extrémité, légèrement sécuriforme; corselet plan, rétréci postérieurement, plus ou moins cordiforme. (C.).

PATROCLE. moll.? F0BAHIK. — Genre établi par Montfort pour une coquille microscopique, rapportée par M. Aie. d'Orbigny au genre Robuline. Voy. ce mot, (Dp.)

♦PATRLS. iss. — Genre de Coléoptères pentamères, famille et tribu des Gyriniens. créé par Aubé (Suite au species général de» Coléoptères, t. VI, p. 651 et 724), et ainsi caractérisé par l'auteur: Écusson apparent; dernier segment de l'abdomen trianguliire, allongé, pyramidal; labre court et transversal. Ce genre a été établi sur deux espèces femelles. Le type, le P. javanus , fait parti* de la collection du Musée d'histoire naturelle de Paris. (C)

PATTE. zooL. — Nom donné aux membres locomoteurs des animaux. On a aussi appelé :

En Conchyliologie :

Patte oe Crapaud, le Murex hatnosus;

Patte de Lion bâclée, le Murex neritoidois;

Patte d'Oie, une espèce de Rostellaira et de Strombe.

En Entomologie :

Patte étendue, le Bombyx pudtbunda;

Patte pelue, la Calandre du Blé.

En Botanique:

Patte d'Araignée, la Nigelle;

Patte de Griffon, l'Hellébore fétide;

Patte de Lapin, l'Orpin velu et le Trèfle des champs;

Patte de Lièvre, un Plantain et le Trèfle

rouge;

Patte de Lion , l'Achémille et le FUago leontovodium ;

Patte de Loup, le Lycope vulgaire ;

Patte d'Oie, les Chéoopodes;

Patte d'Oobs, VAcanthus mollis.

PATLKIN. Poa. bot. ph. — Très grand genre de la famille des Graminées, tribu des Festucacées, de la triandrie digynie dans le système sexuel de Linné. Le nombre des espèces qui le composent est très considérable, et s'élève aujourd'hui à 280, malgré les suppressions qu'il a subies. Ces plantes sont disséminées dans toutes les contrées du gl )be , surtout dans les climats tempérés, leurs feuilles sont planes; leurs fleurs hermaphrodites sont réunies au nombre de deux au moins, et généralement datantsge , en épillets distiques groupes eux-mêmes en particule, tantôt resserrée, tantôt lâ<bc. Ces épillets présentent deux gl urnes presque égales, mutiques ; chaque fleur a deux paillettes également mutiques , dont l'inférieure est carénée ou concave, dont la supérieure est bicarénée ; la glumellule est formée de deux écailles entières ou biOdes; lesétamines sont au nombre presque toujours de trois, quelquefois moins. Le fruit est libre, ou très rarement adhérent à la glumelle supérieure (P. angustifolta). Ces caractères établissent des limites assez vagues entre les Paturins et quelques genres voisins , pour que certaines espèces aient été placées successivement et avec presque tout autant de raison dans les uns ou dans les autres. Ainsi le seul caractère réel qui distingue les Poa des Fesiuca consiste en ce que , dans la glumelle , la paillette inférieure de celle-ci est mucronée ou aristée, tandis que dans les premiers elle est nautique ; or on conçoit facilement qu'il existe de nombreux passages entre des paillettes mutiques et d'autres plus ou moins mucronées. Au reste , ce groupe générique était encore plus étendu dans les ouvrages de Linné et des botanistes qui l'ont suivi , que dans le sens où nous l'entendons ici avec M. Kunlb; mais les travaux des auteurs modernes , et particulièrement de Pa- ' lisot de Beauvois , ont amené la formation à ses dépens de divers genres, dont plusieurs ont été adoptés.

Parmi les nombreuses espèces de Paturins, quelques unes ont de l'intérêt comme alimentaires, soit pour l'homme, soit pour

les animaux domestiques. Ce sont les suivantes :

1. Paturin d'Abtssiiuk , Poa Abyssinien Jacq. Cette espèce, désignée en Afrique sous le nom de Teff, d'après Bruce, est annuelle. Son chaume, grêle, cylindrique, dressé, s'élève jusqu'à un mètre ; ses feuilles sont longues et très étroites, glabres, légèrement enroulées ; sa panicule de fleurs est lâche , à rameaux capillaires , dressés ; les épillets qui la forment sont 4-5 flores, lisses, linéaires-lancéolés ; le caryopse ou le grain est blanchâtre et petit, mais la plante le produit en assez grande abondance pour compenser, jusqu'à un certain point, cet inconvénient. Cette espèce est cultivée comme céréale en Abyssinie; son grain sert à faire des pains , ou plutôt des sortes de gâteaux ronds , plats et minces, de pâte assez blanche , et d'une saveur légèrement aigrelette qui n'a rien de désagréable. La rapidité de sa végétation est telle , qu'on en fait quelquefois la récolle quarante ou cinquante jours après les semailles. On obtient de la sorte trois récoltes par an.

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