‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 99 sur 170 · Û08 PEI · texte numérisé non relu

Û08 PEI

sauvage. Elles aiment la liberté et veulent de grands espaces à parcourir. Si elles n'y sont contraintes, elles préféreront toujours, pour pondre, les buissons, les halliers au poulailler. Elles sont d'ordinaire très fécondes, car, si elles sont bien nourries, elles peuvent fournir jusqu'à cent œufs , si on a le soin de ne jamais leur en laisser qu'un petit nombre. Abandonnées à elles-mêmes et dans l'état de nature, leur fécondité est moindre : elles ne donnent guère plus de ilii à quinze œufs. Ces œufs, comme ceux de la Poule, sont très bons à manger.

La femelle Peintade est, dit-on, une très mauvaise couveuse, et se montre d'ordinaire peu soucieuse de sa progéniture; aussi fait-on élever les Peiniadeaxix (c'est ainsi qu'on nomme les jeunes) par des Poules ou des Dindes. Après leur éclosion, ces Oiseaux ne portent encore rien de la livrée qui les caractérisera plus tard, et sont, commetous les jeunes Gallinacés , couverts d'un duvet doux et soyeux. Comme eux aussi, et surtout comme les jeunes Faisans, les Dindonneaux et les Paonneaux, ils sont excessivement délicats. Leur première nourriture consiste en de très petites graines et en œufs •Je Fourmis.

On a quelquefois croisé des Peintades avec des Poules, et les individus obtenus par ce croisement ont toujours été des Oiseaux incapables de se reproduire.

Le» Peintades prennent une assez grande abondance dégraisse. Lorsqu'elles sont jeunes, leur chair, qui est blanche, a la réputation d'être un mets très savoureux ; celle des individus sauvages est, dit-on, exquise. Cependant il paraîtrait que la chair de la Peintade domestique n'est pas du goût de tout le monde, si l'on en juge par le peu de commerce que l'on fait de ces Oiseaux. Les Faisans, qui jouissent d'une préférence si bien méritée, sont élevés partout; or, si, comme on le dit, le fumet de la Peintade est si délicieux , si le goût de sa chair est si agréable, pourquoi ne Ggure-t-elle pas sur nos Unies au même titre que le Faisan? Les Romains de la décadence, chez lesquels toute chose nouvelle et coûteuse était un objet de luxe, les Romains, nos maîtres en sensualité, faisaient, a ce qu'on dit, leurs délices de cet Oiseau , qu'ils payaient fort cher et qu'ils élevaient avec le plus grand soin.

PEI

Mais les Romains mettaient quelquefois unt d'ostentation dans la manière de présente! un repas , qu'on ne peut réellement dire li c'est par goût qu'ils mangeaient des Peintades , ou par vanité d'avoir sur leor table des Oiseaux qui étaient fort coûteux. Au reste, nous avons vu qu'il en était de même pour les Paons; ils les faisaient ûgurerdms leurs festins, non pas tant parce que leur chair avait quelque chose de supérieur à la chair de tout autre Gallinacé, mais plutôt parce qu'ils les payaient environ 8 ou 900 sesterces (environ 120 francs de notre monnaie actuelle).

Toutes les espèces de Peintades connues appartiennent exclusivement à l'Afrique.

C'est de là que les Romains tiraient la Peintade ordinaire ; aussi la nommaient-ils Poule d'Afrique, de Numidie. Les plaines fertiles de l'Arabie en nourrissent des troupe» considérables ; et, d'après Niebubr, elles sont si nombreuses dans les montagnes , près du Tahama, que les enfants les poursuivent i coups de pierre, les prennent et les vendent en ville. Levaillanten a rencontré de grandes bandes dans le pays des Cafres. Transportât dans les autres parties du monde, l'espèce que nous élevons s'y est propagée avec la plus grande facilité. Quoique enlevée à la biute température de son pays natal, elle peut cependant supporter aisément les froids de* autres climats. Il est pourtant vrai de dire que nulle part en Europe elle ne vit à l'eut sauvage. Seulement il paraîtrait qu'en Amérique , où les Génois en ont fait passer dès 1508, elle s'est tellement acclimatée, que, dans diverses contrées, elle erre librement au sein des bois et des savanes.

L'influence des climats dans lesquels on a transporté les Peintades a fait subir à leur plumage des variations nombreuses. Il n'est pas rare d'en trouver dont les couleurs scat totalement altérées. La ménagerie du Muséum d'histoire naturelle de Paris en a p« sédé qui étaient entièrement blanches. On en rencontre aussi dont le fond du plumage est d'un bleu noirâtre; d'autres ont un large plastron blanc sur la poitrine; d'autres encore sont d'un gris blanchâtre semé de larges taches blanches.

La Peintade ordinaire a été pendant longtemps la seule espèce que I on connût : on en compte aujourd'hui cinq, que l'on a ré-

PEI

Page 1