‹ Dictionnaire universel de cuisine pratiqueChapitre 66 sur 110 · DYS · texte numérisé non relu

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un régime herbacé, rafraîchissant et varié dans lequel entreront les herbes amères. On pourra se permettre des eaux minérales riches en acide carbonique. On pourra aussi combattre la dyspepsie en commençant par un régime lacté et r des œufs frais. Si la dyspepsie est occasionnée par le travail intellectuel, on joindra au régime des poissons de mer légers; on se reposera l’esprit et on abandonnera toute lecture. On prendra un petit verre de la liqueur suivante :

Liqueur antidyspeptique. — Formule 1508.

— Employer :

Quinquina pulvérisé . grammes 15

Rhubarbe pulvérisée . — 5

Quassia-amara pulvérisé . — 15

Bois de genièvre concassé . — 15

Vin de Xérès ou de Madère. . . . litre 1

Procédé. — Faire macérer le tout pendant deux ou trois jours et filtrer. D’autre part, faire un sirop d’écorces d’oranges amères en les faisant macérer dans un litre d'eau. Ajouter un kilogr. de sucre, clarifier sur le feu, le passer, le laisser refroidir; mélanger les deux liqueurs et mettre en bouteille.

DZIGGUETAI, 5. m. — Mot tartare employé pour désigner un quadrupède du genre cheval, qui vit en troupes libres dans le désert de la Tartarie et en Perse; il tient le milieu entre l’âne et le cheval par ses aptitudes et ses forces en général; son poil est gris clair, avec une bande noire le long du dos; sa chair est recherchée par les habitants de la Tartarie qui la traitent culi* naircment comme le bœuf.

EAU, s. f. ( Aqua ). Ail. Wasser ; angl. loater; ital. aqua; du sanscrit, âpas. La forme littéraire actuelle dérive du latin, et par diffusion avec la langue picarde iaue, et de là eau. — Substance liquide, transparente, sans saveur ni odeur, réfractant la lumière, susceptible de dissoudre un grand nombre de corps et formant environ les trois quarts de notre globe.

Les Anciens considéraient l’eau comme l’un des quatre éléments de la nature, et les chimistes de l’époque l’appelaient oxyde d'hydrogène. A la fin du dix-liuitième siècle, M. Thénard y découvrit un deutoxyde qu'on nomma désormais protoxyde d’hydrogène. C’est un composé de 88,91 parties d’oxygène avec 11,09 d’hydrogène; ou, dans la proportion de poids 100,00 parties d’oxygène sur 12,50 d’hydrogène, soit en volume d’une partie d’oxygène pour deux d'hydrogène. Un centimètre cube d’eau pèse un gramme. Newton avait déjà entrevu l’existence d’un corps combustible dans l’eau, en raison du grand pouvoir réfringent dont elle est douée; mais ce n’est

qu’ensuite de la découverte de Thénard que Monge et Cavendish constatèrent en 1781 que l’eau n’était autre que le résultat de la combinaison de deux gaz, l'hydrogène et l’oxygène. Quatre ans plus tard, Lavoisier et Meunier répétèrent ces expériences et démontrèrent définitivement que le poids de l’eau produite par la combinaison de ces deux gaz est exactement égal à celui des deux gaz réunis, et que ces mêmes gaz, pour produire cette eau, se combinent toujours dans des proportions fixes.

L’eau existe dans la nature sous les trois états de la matière : solide , liquide et gazeux. L’eau solide reçoit le nom de glace, et se présente sous forme de grêle, givre, neige, générais; elle prend naissance par l’abaissement de température ou le froid, se congèle et se maintient dans cet état jusqu’à zéro. Une température plus élevée la convertit en eau. Contrairement aux autres liquides, l’eau se contracte quand la température s’élève de zéro à 4 degrés où elle a atteint son maximum de densité, et à partir de cette tem-

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pérature elle se dilate, et à 100 degrés, c’est-àdire à l’ébullition, elle s’évaporise en état gazeux.

L’eau possède une chaleur spécifique très grande et absorbe, pour passer de l’état liquide à l’état de gaz, une quantité de chaleur considérable représentée par 540 calories. L’eau solide est plus légère que l’eau liquide : 14 litres d’eau, en se congelant forment 15 litres de glace.

La force que possède l’eau en se congelant est remarquable; moins prompte que la poudre et la dynamite, elle n’en a pas moins les mêmes propriétés. La glace est ce mineur infatigable, cet ouvrier de la nature qui travaille sans interruption au nivellement de la terre; l’eau transportée en état gazeux ou de brouillard se décompose par des courants atmosphériques et tombe sous forme de pluie; elle s’infiltre dans les crevasses des rochers et, lorsque l’hiver arrive, la gelée s’effectue et sa puissance à étendre le domaine de sa place fait rompre les montagnes. Les Suisses qui passent l’hiver avec leur bétail sur les hautes montagnes sont fréquemment témoins de bruits sourds semblables à des coups de canon, accompagnés de craquements souterrains qui viennent interrompre le silence de ces vastes mers de neiges glacées. Ces bruits sont occasionnés par la glace qui fait éclater d’énormes blocs de rochers formant les pics les plus élevés.

Au printemps à la fonte des neiges et des glaces, l'eau s’infiltre à travers les fentes, entraînant avec elle les graviers qui viennent les élargir, et détachant finalement par un éboulement formidable une partie de la montagne qui est entraînée par les fleuves dans la mer sous forme de gravier.

Dans les régions polaires, où la glace se lie éternellement avec le granit et autres roches, elle se meut en abaissant ou en élevant la croûte terrestre de laquelle elle fait partie.

Les Romains connaissaient la puissance de l’eau glacée, aussi s’en servaient-ils pour détacher des blocs monstrueux, servant pour la construction des ponts, des aqueducs et des châteaux magnifiques dont les ruines sont aujourd’hui les derniers témoins de leur puissante civilisation.

Pourquoi l’eau éteint le feu. — Pour qu’un corps puisse prendre feu, il faut qu’il possède l’élément combustible qui est le carbone; et pour que le carbone puisse s’allumer, il faut qu'il soit mis en contact avec l’oxygène de l’air; la combi¬

naison de ces deux corps commence aussitôt et le feu brûle. L’eau jetée sur le feu ne supprime pas le corps combustible, mais elle supprime la combinaison du carbone avec l’oxygène de l’air; elle sépare l’air et détruit la combinaison des corps; elle agit donc comme le verre qui emprisonne la bougie, comme la trappe qui bouche la cheminée : elle isole les corps combustibles par une couche liquide qui les met dans l’impossibilité de se combiner. Il y a un proverbe qui dit : Il n’y a pas de feu sans fumée; il serait plus juste de dire : Il ny a pas de feu sans air.

Brouillard, givre, neige. — L’évaporation de l’eau de la mer se présente sous forme de gaz épais appelé brouillard, qui, plus léger que l’air se forme sur la mer, les fleuves, les rivières, s’élève jusqu’aux sommets des montagnes en suivant de préférence les cours d’eau, et s’étend en nappe au-dessus d’une couche atmosphérique plus ou moins haute, selon sa densité; il prend dès lors le nom de nuage.

Lorsque le brouillard traverse des zones d’air froid, il se dépose sur les plantes en forme de givre, qui n’est autre que de l’eau dilatée et gelée en forme cristalline. Lorsque l’atmosphère est moins froide, les molécules du nuage congelé se réunissent et tombent en forme de flocons, connus sous la dénomination de neige.

La grêle, la glace artificielle. — Nous venons de voir que l’eau se transporte dans l’air sous forme de nuage plus ou moins dense dans les couches atmosphériques ; là, sous leur pression, il se produit les plus curieux phénomènes : lorsque les courants tempérés sont rencontrés par des couches froides et que le nuage s’y trouve, il se produit le phénomène électrique que l’on connaît : le bruit se nomme tonnerre, l’étincelle électrique éclair ; dans cette métamorphose, si la température est de 5 degrés au-dessous de zéro, les gouttes résultant de la décomposition du nuage seront, grâce à la rapidité avec laquelle elles sont précipitées, instantanément congelées. Si, au contraire, le degré reste au-dessus de zéro les gouttes tomberont en état liquide, la vitesse tempérant le calorique.

Etudiant la qualité chimique des couches atmosphériques, on s’est rendu compte qu’en soumettant de l’eau à 5 degrés au-dessous de zéro dans un bain d’azotate de potasse ou d’azotate d’ammoniaque, et en tournant avec rapidité, on obtiendrait un résultat analogue à celui qui se

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passe en temps d’orage pour la grêle. Quelques industriels ont mit cette théorie en pratique et aujourd’hui nous trouvons des appareils à vapeur produisant la glace en toute saison. La glace artificielle se présente blanche comme la grêle, tandis que la glace formée naturellement audessus des lacs et des fleuves est limpide et transparente.

L’eau distillée, l’eau de pluie. — Lorsque l’on veut obtenir de l’eau pure, on la distille en la chauffant dans l’alambic; les matières salines qui existent dans l'eau soumise à la distillation, n’étant pas volatiles, restent dans la chaudière et l’eau condensée est du protoxyde d’ hydrogène pur.

L’eau de pluie, l’eau qui coule à la surface du sol s’y forment par une vraie distillation, dont l'alambic nous donne une vue exacte en miniature. La chaudière de l’alambic de la nature est l’océan et son foyer le soleil; l’eau, sous forme de brouillard, monte dans les régions élevées de l’atmosphère et, comme elles sont plus froides que les couches inférieures, une partie de cette vapeur se dissout en pluie. L’air froid des montagnes est le réfrigérant de cet alambic gigantesque dont le ciel est l’immense chapiteau, qui débite le volume d’eau que tous les fleuves réunis de la terre jettent dans les mers.

L’eau de pluie est donc de l’eau distillée; celleci, en sillonnant l’atmosphère, balaie et entraîne avec elle les poussières et les corpuscules qui y flottent et dissout les principes de l’air, l’oxygène, l’azote et l’acide carbonique.

L’eau de neige est également distillée, mais elle ne renferme pas les éléments de l’air si nécessaire à l’homme. Il est prouvé que le goître, cette affreuse difformité, n’est due qu'à l’absence de l’iode et des principes aériens dans l’eau des glaciers dont on fait usage.

L'eau pluviale pénètre dans la terre et se charge nécessairement des principes solubles que cette terre contient, elle devient alors minérale et chaude lorsqu’elle passe près des volcans souterrains. L’eau, après avoir pénétré dans le sol, sourd sous forme de fontaine et alimente les ruisseaux, les rivières et les fleuves. Cet ordre admirable, par lequel chaque chose retourne à sa source, fait de notre planète un vaste appareil mu par des lois physiques auxquelles nul ne peut se soustraire : sortir de la terre, s’organiser, vivre et retourner à la matière, en prenant

successivement les forme liquide, végétale, animale et solide.

L’eau potable. — L’influence que l’eau joue sur la santé et la beauté physique des populations est considérable. Nous venons de voir que l’eau de neige donne naissance au goître et prédispose au crétinisme. Les eaux calcaires prédisposent à la pierre, à la goutte et carrient les dents. Les eaux des fleuves dans lesquels s’écoulent les égouts des grandes villes deviennent de vraies sources pestilentielles, où les infusoires, microbes, bactéries, anguillules, etc., sont en nombre compact avec ceux fournis par l’air vicié des villes. Je passe sous silence les déjections virulentes chargées de ptomaïnes qui viennent achever de les contaminer et d’en faire des fleuves empoisonnés. Telle est l’eau de Seine que nous buvons à Paris et en aval de Paris.

La présence de l’air, qui est absolument nécessaire dans l’eau, empêche de trouver dans l’eau filtrée toutes les qualités de l’eau potable, cette eau, alors même qu’elle serait filtrée, contient toujours, à Paris, des sels de plomb provenant des tuyaux, si nuisibles à la santé.

Les meilleures eaux de Paris seraient celles des puits artésiens de Passy et de Grenelle qui jaillissent de 600 mètres de profondeur, et encore ne sont pas exemptes de microbes.

Comme nous l’avons vu plus haut, l’eau de pluie est une eau distillée naturelle dépourvue des sels nécessaires pour alimenter l'économie; si elle a l’avantage d’être saturée d’air, elle a l’inconvénient d'être chargée de bactéries atmosphériques; l’eau de pluie la meilleure est celle qui tombe après le premier orage alors que l’air est épuré. L’eau cuite a pour effet de tuer une partie des microbes, mais elle a l’inconvénient de précipiter les sels, d’évaporiser l’air.

Lorsque l’eau est potable, le moyen le plus simple et le moins coûteux pour la conserver est d’y ajouter du charbon de bois; c’est ainsi que procèdent les viniculteurs de Tliomery pour conserver saine dans des flacons, pendant trois ans, la même eau qui maintient frais le célèbre chasselas dit de Fontainebleau.

L’eau la meilleure est l’eau de source traversant en forme de ruisseau une forêt de mélèzes ou de sapins, sur un sol granitique; l’air ambiant est épuré et frais, l'eau en est légère et agréable.

C’est à la qualité de l’eau que nous devons attribuer la force physique et la vigueur intellectuelle des riverains de la Garonne et du Rhône.

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Toutes les eaux de source ne sont pas recommandables; celles qui traversent des terrains schisteux, tourbeux, calcaires acquièrent les propriétés du terrain et ne sont pas potables. J’ai vu des eaux de source calcaires dans lesquelles il était impossible de cuire des légumes; les pommes de terre restaient dures, et la combinaison du calcaire avec les principes de certains végétaux forme des composés insolubles qui les empêchent de s’attendrir.

Les Romains avaient poussé l’étude des eaux au plus haut degré : ils savaient mieux que nous l’influence que ce liquide naturel a sur la vie des peuples. Les thermes grandioses disséminés dans tout leur empire et les aqueducs gigantesques, conduisant l’eau la plus saine à des centaines de lieues, dont nous voyons encore les ruines imposantes, attestent de leur mâle vigueur et de leur préoccupation de la santé publique. Ces aqueducs murés, garnis de ciment, étaient recouverts intérieurement d’une couche d’enduit rouge resté inconnu. Que diraient-ils s’ils voyaient leurs premiers descendants civilisés, la capitale du monde, abreuvée par de l’eau impure avec un Sénat composé de savants et une Chambre élue par le peuple, occupés à toute autre chose qu’à l'hygiène et à la santé publique?

Mais inutile d’insister; Paris est bonne fille, elle attendra un fléau terrifiant, une leçon qui lui coûtera cher et, ensuite, elle exigera de l’eau potable. En attendant, voici d’après Van de Vyvire ce que doit être l’eau potable :

1. L’eau potable doit être limpide, transparente, incolore, sans odeur, exempte de matières en suspension.

2. Elle doit être fraîche, d’une saveur agréable; sa température ne doit pas varier sensiblement et ne pas dépasser 15 degrés centigrades.

3 . Elle doit être aérée et tenir en solution une certaine quantité d’acide carbonique. L’air qu’elle renferme doit contenir plus d’oxygène que l’air ambiant.

4. La quantité de matière organique ne doit pas dépasser 20 milligrammes par litre et évaluée en acide oxalique; elle ne doit pas être azotée.

5. La matière organique azotée, brûlée par une solution alcaline de permanganate de potassium, ne doit pas fournir plus de 0 milligr. 1 d’azote albuminoïde par litre d’eau.

6 . Elle ne doit pas contenir plus de 5 dixièmes de milligramme d’ammoniaque par litre.

7. L’eau potable ne doit renfermer ni nitrite, ni hydrogène sulfuré, ni sulfures, ni sels métalliques précipitables par l’acide sulfhydrique ou le sulfhydrate d’ammoniaque, à l’exception de traces de fer, d’aluminium ou de manganèse.

8. Elle ne peut acquérir une odeur désagréable, après avoir été conservée dans un vase fermé ou ouvert.

9. Elle ne doit pas contenir de saprophytes, de lepto trix, de leptomites, à'hyphéotrix et autres algues blanches, de nombreux infusoires , de bactéries.

10. L’addition du sucre blanc pur ne doit pas y développer de fungus.

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