LIVRE II : DE LA VERTU
qui procure aux indigents le travail qu'ils sont capables de fournir, afin qu'ils puissent par le salaire plutôt que par l'aumône suffire à leurs besoins. Cette assistance, quand elle est possible, est la plus parfaite ; car elle honore l'indigent et le moralise, s'il en est besoin ; elle ajoute à la vertu de charité celle de justice et rétablit ainsi l'ordre social complet.
Secours. — Parmi les secours innombrables et de toute nature que la charité et la simple bienfaisance doivent prodiguer dans l'occasion, il faut remarquer certains secours immédiats, très pressants, qui seraient vains s'ils étaient différés. Tels sont les soins à donner aux asphyxiés (v. asphyxie), à ceux qui sont frappés d'une attaque, ou qui ont absorbé du poison, ou dont les vêtements ont pris feu, etc. On voit par ces seuls exemples que les secours pécuniaires ne sont pas les plus nécessaires, bien qu'ils soient les plus ordinaires. Rien ne remplace les services personnels ; rien surtout ne dispense du dévouement, des sentiments de bienveillance et de charité. On appelle sociétés de secours mutuel des sociétés qui se sont multipliées au xix1-' siècle et qui ont pour but de venir en aide à leurs membres. On distingue les sociétés reconnues d'utilité publique, les sociétés approuvées, les sociétés autorisées et les sociétés libres. Avec tant d'auties institutions, elles suppléent, mais très imparfaitement, les anciennes corporations professionnelles.