‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 106 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

fait » (Eccli. xxxn,24). « Mais ne consultez pas un homme sans religion sur les choses saintes, un injuste sur la justice, une femme sur celle dont elle est jalouse, un homme timide sur ce qui regarde la guerre... Mais tenez-vous auprès d'un homme saint, lorsque vous en aurez connu quelqu'un qui craint véritablement Dieu, dont l'âme a du rapport avec la vôtre, et qui prendra part à votre douleur, lorsque vous aurez fait un faux pas dans les ténèbres » (Eccli. xxxvn, 12-16). Les païens eux-mêmes se sont plu à louer la prudence et à formuler ses préceptes. Que votre conseil soit lent, disait Aristote, mais que l'exécution soit rapide. Homère a célébré la prudence du fils de Laërte, qui l'emporta par elle sur tous ses rivaux, triompha des plus grands obstacles et survécut à ses ennemis. Les poètes, les fabulistes ont répété que la sagesse est au-dessus de la force, et que l'homme prudent vaut mieux que l'homme fort.

Astuce. — Le monde lui-même enseigne la prudence ; mais il l'a déshonorée en créant la politique machiavélique, en récompensant l'habileté des intrigants et des parvenus. Il a mis en honneur cette astuce qui n'est que l'alliance sacrilège de l'esprit et de la malice. C'est contre cette fausse prudence du siècle, qu'il est écrit : « Je perdrai la sagesse des sages, et je réprouverai la prudence des prudents (/ Cor. i, 19). Je déteste la bouche à deux langues (Prov. vin, 13)... Celui qui va simplement sera sauvé : celui qui marche par des voies corrompues tombera sans ressource (Prov. xxviii, 18)... La voie des méchants les séduira. Le trompeur ne jouira point du gain qu'il cherche (Prov. xn, 20-27)... Qui creuse une fosse tombera dedans; qui rompt une haie, sera mordu du serpent (Eccles. x, S)... Dieu mène ceux qui donnent conseil aux autres à une fin insensée (Job. xn, 17) ». En un mot, la perfidie retourne toujours sur son auteur, et celui qui abuse de la prudence finira par être pris dans ses propres pièges.

Guet-apens. — En droit et aux termes du Code pénal, le guet-apens consiste à attendre quelqu'un pour le tuer ou pour exercer sur lui des actes de violence. Il suppose la préméditation et devient par conséquent une circonstance aggravante des crimes ou délits. Considéré au point de vue moral, le guet-apens a une double malice : celle de la violence et celle de la perfidie, ordinairement accompagnée de lâcheté.

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