‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 110 sur 686 · LIVRE IV : DE LA VEKTU · texte numérisé non relu

LIVRE IV : DE LA VEKTU

terre, le blasphème contre Dieu et Jésus-Christ est frappé de peines quelquefois infamantes. Un constatée peut arrêter sur la voie publique un homme qu'il entend jurer, et le conduire devant le juge pour le faire condamner. En France, depuis 1789, le blasphème est sans répression légale.

Sacrilège. — C'est la profanation d'une personne ou d'une chose sainte et consacrée à Dieu. Le sacrilège est personnel (outragea un religieux, à un prêtre, surtout dans l'exercice de ses fonctions, etc.) ou local (profanation d'une église, d'un cimetière, etc.) ou réeli profanation des sacrements, des vases sacrés, des livres saints, des biens de l'Eglise, etc.). Mortel de sa nature, le sacrilège peut être léger à cause de la légèreté de la matière et de l'inadvertance. Chez les anciens, les Romains en particulier, le sacrilège était sévèrement puni, comme les autres impiétés. En France, avant la Révolution, certains sacrilèges étaient frappés de mort avec mutilation du poignet droit. Une loi contre le sacrilège fut portée en 1825, mais abolie cinq ans plus tard.

Simonie. — Les canonistes la définissent : une volonté réfléchie d'acheter ou de vendre les choses spirituelles ou qui tiennent au spirituel. Le premier des sinioniaques fut Simon le Magicien, qui a laissé ce nom à ce crime poursuivi constamment par l'Eglise comme l'un des plus énormes. On distingue deux sortes de simonie : l'une défendue par le droit divin, et l'autre par le droit ecclésiastique. On commet la première en donnant une chose temporelle pour en acquérir une qui est spirituelle de sa nature (p. e. les sacrements) ou qui est jointe à une spirituelle (p. e. les bénéfices, les vases sacrés). La simonie ecclésiastique est défendue par les canons, sans être par elle-même une simonie. On distingue le plus souvent la simonie en mentale, conventionnelle et réelle. On entend par simonie confidentielle le pacte par lequel un ecclésiastique reçoit un bénéfice à condition de le remettre un jour ou d'en donner les fruits, en tout ou en partie, à celui qui le confère ou à une autre personne. La simonie a sévi sous toutes les formes aux époques de relâchement et dans les temps où les biens ecclésiastiques étaient considérables. Elle ne s'éteindra vraisemblablement qu'avec les biens de ce monde. L'Eglise l'a poursuivie en frappant de nullité les actes sinioniaques, en frappant d'irrégularité les clercs sinioniaques, etc.

Superstition. — Elle consiste à rendre à la créature un culte qui n'est dû qu'à Dieu ou à rendre au vrai Dieu un culte illégitime. La superstition est donc dans l'objet même du culte ou dans la manière de le rendre. La superstition dans l'objet comprend : Y idolâtrie, la magie, le maléfice, la divination et la raine observance. La superstition dans la manière consiste à rendre à Dieu un culte faux et apparent (par ex. observer la loi de Moïse, prêcher de faux miracles, vénérer de fausses reliques), ou bien un culte superflu, ce qui a lieu quand on mêle au culte approuvé par l'Eglise des choses vaines et inutiles (par ex. ajouter d'autres cérémonies à celles de la messe et des sacrements). On peut juger qu'une pratique est superstitieuse d'après les règles suivantes : 1° C'est un signe de superstition s'il n'y a entre l'acte que l'on accomplit et l'effet que l'on espère aucune proportion, ni selon l'ordre de la nature, ni selon l'institution de Dieu et de l'Eglise (par ex. entre les talismans, phylactères, etc., et les accidents ou maladies dont on espère être préservé par ces moyens). — 2° De même quand on joint à ce que l'on fait d'ailleurs raisonnablement une circonstance vaine (par ex. de cueillir des herbes au point du jour de la Nativité de S. Jean-Baptiste). — 3° De même si on récite des prières singulières, qui ne respirent point la piété chrétienne, ou si on 'emploie des

prières bonnes en elles-mêmes et des objets saints pour obtenir un effet vain et ridicule. Les superstitions qui impliquent la magie, les maléfices, les pactes implicites ou explicites avec les démons sont des fautes graves de leur nature ; mais elles sont atténuées souvent par l'ignorance et la simplicité. Des populations gagnées au christianisme, mais imparfaitement instruites, sont tombées souvent dans certaines superstitions de ce genre, légères en comparaison de celles du paganisme. Les pires superstitions, au contraire, tendent à renaître avec l'esprit d'incrédulité. C'est le rôle de l'Eglise de combattre les unes et les autres, de promouvoir la connaissance du vrai Dieu et de maintenir dans sa pureté le culte qui lui est dû (v. spiritisme, occultisme).

Idolâtrie. — Le culte défi idoles avait prévalu généralement avec l'anthropomorphisme, chez les peuples païens. Ceux-ci ne voyaient pas seulement dans les statues des temples les images de leurs dieux, mais ils attachaient souvent à ces statues une vertu occulte et les adoraient avec les divinités elles-mêmes. Les Juifs ne tombèrent dans cette superstition que d'une façon accidentelle, préservés qu'ils étaient par la loi de Moïse, qui prohibait sévèrement toute représentation de ce genre : Non facietis vobisidolum et sculptile (Levit. xxvi, 1). Il serait injuste d'attribuer à l'idolâtrie elle-même les merveilles de la statuaire grecque ; car les Egyptiens et les Hindous qui tombèrent dans cette même erreur n'y trouvèrent aucune inspiration esthétique.

Nécrolâtrie. — Culte idolàtrique des morts, crainte superstitieuse des défunts, etc. La nécro— latrie aurait été la première forme des religions et aurait précédé le fétichisme et le naturisme ou culte des éléments de la nature, d'après MM. Durand de Gros, Herbert Spencer, etc. Mais cette prétention est détruite par les conclusions les plus sûres de l'histoire des religions.

Fétichisme. — Culte des fétiches, forme la plus dégradée de la religion et du polythéisme. Il règne encore chez la plupart des nègres d'Afrique, etc. D'après Comte et certains évolutionnistes, la religion aurait débuté par le fétichisme, puis se serait élevée, en passant par un polythéisme de moins en moins grossier, jusqu'au monothéisme. Toutes ces prétentions sont détruites par la psychologie et surtout par l'histoire la plus authentique, qui montre que les peuples primitifs ont connu la Divinité et que les superstitions ne sont que des corruptions de la religion véritable.

Divination. — C'est la contrefaçon de la prophétie. Les devins étaient fort en honneur en Chaldée, en Grèce et à Rome. De là les oracles, les pythonisses, les aruspices, l'astrologie. Celle-ci était fort répandue au moyen Age. Tournée en ridicule de nos jours, la divination n'en est pas moins pratiquée peut-être sous d'autres formes (chiromancie, cartomancie, interrogations de somnambules ou médiums). La loi française frappe ceux qui font métier de deviner, de pronostiquer, d'une légère amende; le juge peut même prononcer un emprisonnement qui peut aller à cinq jours ; les peines sont plus graves s'il y a eu escroquerie. La loi de Moïse condamnait à mort les devins et les magiciens, ceux qui offraient leurs enfants en sacrifice à Moloch, etc. (Levit. xx).

Nécromancie. — L'évocation des âmes des morts a été pratiquée de tout temps. Cette superstition était proscrite, comme toutes les autres, parla loi de Moïse. Saùl n'en alla pas moins chez la pythonisse d'Endor pour évoquer l'ombre de Samuel Nous voyons, dans l'Odyssée, Ulysse évoquer l'ombre de Tirésias. Aujourd'hui les pratiques du spiritisme comportent de véritables évocations.

Chiromancie. — Elle consiste à inspecter,

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