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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

pour en tirer des déductions superstitieuses, les lignes innombrables et infiniment variées selon les individus (pie porte l'intérieur de la main. Ces lignes se dessinent mieux quand la main se contracte et prennent différents noms : lignes de vie, ceinture de Vénus, etc. La main devient ainsi comme une carte géographique ou une page interminable où le devin peut lire tout ce qu'il veut. Par pure curiosité ou par superstition, plusieurs auteurs, anciens et modernes, ont écrit sur la chiromancie.

Cartomancie. — La divination par les cartes, qui n'était pas connue des anciens, est celle qui a été le plus pratiquée de nos jours peut-être. Elle a ses règles, comme la chiromancie. Plusieurs s'en l'ont un simple jeu ; mais la superstition, avec des appréhensions et des espérances chimériques, s'y mêle insensiblement.

Astrologie. — On a confondu longtemps sous un même nom l'astronomie et Y astrologie. Considérée comme science qui cherchait à se constituer, l'astrologie n'était point une superstition. Les astrologues croyaient à l'influence des astres et cherchaient à la déterminer ; or cette influence est plus évidente que jamais : elle s'exerce sur l'atmosphère,le climat, les saisons, la végétation, etc. Mais les astrologues tombaient dans une superstition condamnée par l'Eglise, lorsqu'ils prétendaient soumettre les actes libres de l'homme et les événements publics aux influences des astres et les faire entrer ainsi dans l'objet de leurs prédictions. Sixte- Quint et Urbain VIII en particulier portèrent des peines très sévères contre Y astrologie judiciaire, défendant de consulter les astrologues sur l'état de l'Eglise, la vie ou la mort du pape, etc. Cette superstition paraît être née en Chaldée, et les premiers astrologues furent nommés Chaldèens. Elle sévissait à Rome, où Auguste renouvela d'anciennes lois qui frappaient de mort les astrologues. Au moyen âge, malgré les défenses de l'Eglise, plusieurs princes eurent leurs astrologues et les protégèrent : Louis XI, Catherine de Médicis, etc. Citons, parmi les astrologues, Cardan, Nostradamus. Les Arabes s'adonnèrent beaucoup à cet art équivoque et le propagèrent.

Horoscope. — En tirant Y horoscope, les astrologues cherchaient à lire la destinée d'un enfant dans l'état des astres à l'heure de sa naissance. A cet effet, ils partageaient le ciel de diverses manières, selon les méthodes ; par exemple ils divisaient le zodiaque en 12 parties égales appelées maisons, chacune avec ses attributions : longévité, richesse, etc., etc.

Présage. — Les païens tiraient des présages d'une foule de choses insignifiantes ou fortuites : paroles entendues ou lues au hasard et qu'ils s'appliquaient ; rencontre de certaines choses ou personnes, chutes accidentelles, coups de la foudre, grondement du tonnerre, éternuement, tintement d'oreille, tressaillements. Ces mêmes superstitions ridicules renaissent dans les pays chrétiens selon que la religion est abandonnée ou mal comprise.

Magie. — La magie proprement dite, celle qui consiste à opérer des prodiges surhumains, implique un pacte exprès ou tacite avec le démon. Le pacte est tacite lorsqu'on pose un acte, en attendant de cet acte un effet qu'il ne peut produire naturellement. Ce crime peut être accompagné de plusieurs autres : l'apostasie, l'hérésie, le blasphème, le maléfice, etc. Il était puni de mort par la loi de Moïse (Levit. xx). La magie florissait avec le paganisme : le nom de magie vient des mages de la Chaldée ; il y avait des magiciens à la cour de Pharaon ; Circé etMédée furent de célèbres magiciennes, chez les Grecs ; les talmudistes et cabalistes, les alexandrins, les néo-pythagoriciens s'adonnèrent souvent à l'art magique. Bien que l'existence des magiciens et leur influence dans l'histoire ne soit pas dou-

teuse', souvent l'ignorance et la crédulité ont fait regarder comme des magiciens et des sorciers des personnes qui ne l'étaient point, et comme magiques des effets qui n'étaient qu'extraordinaires, surprenants. Des hommes comme Gerbert, Roger Bacon, Albert le Grand furent tenus pour magiciens par plusieurs de leurs contemporains. Il est arrivé aussi qu'on a regardé comme magiciens des imposteurs, des charlatans habiles, ou bien des bandits ou autres malfaiteurs qui se rendaient redoutables par leurs prétendus rapports avec le démon, ou bien enfin des maniaques, des fous, des hypocondriaques. Par contre, la magie, a pu s'exercer plus d'une fois sous le couvert d'une prétendue science et d'une industrie toute naturelle. Bref, si la magie blanche a pu se confondre avec la noire, celle-ci a pu, à son tour, passer pour celle-là. La magie blanche n'est que l'art de produire des effets surprenants par des moyens naturels, scientifiques ou autres, prestidigitation, etc. Les ressources qu'offre la science sous ce rapport se sont multipliées de nos jours. — Tous les livres de magie (v. grimoire) sont proscrits par YIndex.

Théurgie. — La magie, chez les païens, comprenait la théurgie, par laquelle on prétendait recourir aux divinités bienfaisantes, et la goctie, par laquelle on invoquait les génies malfaisants. Les Egyptiens, instruits, disaient-ils, par Hermès Trismégiste, les néo-platoniciens, Julien l'Apostat, etc., s'adonnèrent à la théurgie.

Sort, sorcellerie. — Sort est synonyme de maléfice. Il signifie aussi une espèce de divination en usage chez les païens et qui se pratiquait avec des dés portant certains caractères ou en ouvrant au hasard quelque livre. Ceux d'Homère et de Virgile étaient employés de préférence. Le passage amené par le sort était interprété comme un oracle. Des chrétiens superstitieux substituèrent la Bible aux livres profanes. La sorcellerie est beaucoup plus grave : c'est la forme la plus basse de la magie ; elle suppose la malfaisance. Au moyen âge les sorciers étaient condamnés au bûcher : Jeanne d'Arc fut condamnée comme sorcière par ses juges prévaricateurs. Les procès de sorcellerie paraissent avoir donné lieu à de graves abus. Les sorciers étaient accusés d'assister au sabbat, sorte d'orgie, qui n'existait souvent que dans leur imagination dépravée et hallucinée (V. P. Verdun, le Diable dans les missions, Paris et Lyon 1896, 2 vol. in- 12).

Envoûtement. — C'était un maléfice particulier, qui consistait à poignarder, à brûler, etc. l'image de la personne à qui on voulait nuire et causer le même mal : Horace parle de l'envoûtement. Il fut pratiqué au moyen âge. On s'en est moqué depuis comme d'une fable. De nos jours M. A. de Rochas s'est flatté de le produire scientifiquement en transportant la sensibilité d'une personne sur son image, etc.

Occultisme. — Ce nom s'étend à toutes les sciences et à tous les arts occultes, qui ne sont autres aujourd'hui que la magie et ses récentes formes. En réalité l'occultisme n'est pas une science, et ceux qui s'adonnent à ses pratiques se font les instruments de causes surhumaines. L'occultisme comprend le spiritisme et aussi, en partie du moins, le magnétisme et l'hypnotisme.

Spiritisme. — Superstition de ceux qui cherchent à communiquer avec les âmes trépassées ou les esprits par le moyen de tables tournantes, frappantes, de chapeaux tournants, de crayons écrivant d'eux-mêmes, etc. Les phénomènes du spiritisme ont été niés d'abord par le monde savant ; mais, en faisant la part de la supercherie et de l'imagination, il reste des faits nombreux, indéniables et caractéristiques. Les docteurs Richet, Dariex, etc. 'les ont reconnus, de même que cer-

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