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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

l'Ecole place la perfection et le bonheur dans la vie contemplative, de préférence à la vie active. D'ailleurs le premier acte de l'esprit c'est de connaître ; son premier progrès est de savoir; de longs siècles de spéculation, qui ont pu paraître stériles, étaient la préparation nécessaire de la civilisation présente, qui ne donnera ses fruits qu'à la condition de conserver toutes ses racines. Ceux qui opposent 'la science d'aujourd'hui à la science d'autrefois font donc acte d'ignorance ou d'ingratitude. Nul n'est fondé à séparer de parti pris la spéculation et la pratique, ni surtout à opposer celle-ci à la première : les empiriques sont plus à craindre que les rêveurs. Bref, la science en général, comme aussi toute science particulière, doit renfermer ces deux éléments, qui sont comme l'âme et le corps du savoir, ou plutôt ses divers aspects, selon ces aphorismes scolastiques : L'intelligence spéculative ne diffère de F intelligence pratique que par la fin. — L'intelligence pratique n'est qu'une extension de l'intelligence spéculative.

Théorie. — Souvent la théorie s'oppose à la pratique et se confond alors avec la spéculation. Mais on entend aussi par théorie une explication complète et raisonnée d'un certain ordre de faits : ainsi la théorie delà gravitation, la théorie mécanique de la chaleur, etc. Si la théorie proposée n'est que probable, elle se confond avec les hypothèses. Si elle est certaine, elle fait partie intégrale de la science.

Technologie. — C'est comme la théorie des arts industriels, la science pratique de l'industrie. Elle ne se [confond pas dès lors avec la terminologie des arts mécaniques, qui a été son point de départ. On classifie de la manière suivante les arts qui sont du ressort de la technologie : 1° industries qui tirent du sein de la nature les matières premières (agriculture, mines, chasse, pêche, etc.) ; 2° industries qui préparent ces matières (préparation des plantes textiles, poils, laines, cuirs, soies, etc., fabrication de produits chimiques) ; 3° industries qui achèvent de mettre en œuvre les matières déjà fournies ou élaborées par les arts précédents (industries de l'alimentation, de l'habillement, du bâtiment, etc.). Dans son opuscule De réductions artium ad theologiam, saint Bonaventure distinguait l'art de travailler les étoffes (lanificium), l'art de construire, de travailler le bois, la pierre, le fer, etc. (armatura), l'agriculture et l'art pastoral (agricultura), la chasse, la pêche, etc. (venatio). Nous retrouverons tous ces arts et toutes ces industries au livre IX. La technologie est traitée dans toutes les Encyclopédies (partie des arts et métiers). Beaucoup de Dictionnaires lui ont été consacrés.

Théologie. — Il faut distinguer tout d'abord la théologie sacrée, dont il s'agit maintenant, et la théologie nature/le ou théodicée, qui n'est qu'une partie de [la philosophie (v. plus bas). La première est la science qui s'éclaire des lumières de la révélation et traite non seulement de Dieu, mais encore de l'homme et de toutes choses par rapport à Dieu. Cette science supérieure est le couronnement de toutes les connaissances humaines. On peut la diviser comme l'a fait saint Bonaventure en trois parties : dogmatique, morale, mystique. Néanmoins cette division peut paraître incomplète, car elle ne comprend pas explicitement le droit canon, ni la liturgie, ni l'apologétique, etc. On distingue souvent la théologie positive et la scolastique. La première consiste dans un exposé des doctrines traditionnelles et de leurs preuves d'autorité, tel que nous le trouvons généralement dans les écrits des Pères et des écrivains ecclésiastiques. La théologie scolastique, au contraire, est un exposé méthodique, rigoureux, didactique, tel que nous le trouvons dans les Sommes du moyen âge, surtout celle de

saint Thomas. Elle implique une philosophie profonde ; elle n'est même que l'application de cette philosophie aux données de la révélation. Mais il va sans dire qu'on peut passer insensiblement de la théologie positive à la scolastique et allier plus ou moins heureusement les deux genres — Voir sur la théologie les Œuvres des Pères et des plus grands théologiens : saint Thomas, saint Bonaventure, Suarez, etc. Goschler a publié un Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, traduit de l'allem. (1858 et suiv.). Le Dictionnaire de théologie, de Bergier, a été réédité avec des compléments, par Lenoir. M. Vacant vient d'entreprendre la publication d'un nouveau Dictionnaire de théologie. M. Didiot, professeur à la faculté de Lille, publie un Cours de théologie catholique. Citons encore les travaux théologiques et bibliographiques du P. Huiter.

Exégèse. — L'objet principal de cette science est la Bible. L'exégèse biblique ou absolument l'exégèse est donc l'interprétation des livres saints, l'explication des diverses parties de la Bible : d'où la. théologie exégêtique. On confond souventj'exégèse et \' herméneutique. Mais l'exégèse se dit particulièrement de l'interprétation grammaticale et mot par mot, et aussi de l'interprétation historique. Rien ne doit échapper à l'attention de l'exégète dans le texte et dans chaque mot dont il se compose. Parmi les anciens exégètes, on remarque surtout Origène et saint Jérôme. L'exégèse s'est développée beaucoup de nos jours, grâce aux progrès de la philologie et de toutes les sciences archéologiques (v. sur cette partie de la science sacrée, le Dictionnaire de la Bible, de l'abbé Vigouroux, en voie de publication, v. aussi le mot Bible).

Patrologie. Patristique. — Ces sciences ont pour objet la vie, les discours et les écrits des Pères, c'est-à-dire des auteurs ecclésiastiques qui, dans les premiers siècles, se sont distingués également pour leur doctrine et leur sainteté. La patrologie traite en particulier de l'usage légitime qu'on peut faire des écrits et de l'autorité des Pères, tandis que la patristique expose systématiquement leurs doctrines. La première est donc plus spéculative et la seconde plus pratique. C'est un principe de théologie, confirmé par le concile de Trente, qu'il faut interpréter l'Ecriture sans jamais s'éloigner du sentiment unanime des Pères : « Celui qui s'éloigne du consentement unanime des Pères, dit saint Augustin, celui-là s'éloigne de l'Eglise ». «Quiconque, dit Bossuet [Défense de la tradition et des SS. Pères), veut devenir un habile théologien et un solide interprète (de l'Ecriture sainte), qu'il lise et relise les Pères. S'il trouve dans les modernes quelquefois plus de minuties, il trouvera très souvent dans un seul livre des Pères plus de principes, plus de cette première sève du christianisme, que dans ^beaucoup de volumes des interprètes nouveaux, etc. » — L'abbé Migne a publié un Cours complet de patrologie ; l'abbé Guillon, la Bibliothèque choisie des Pères grecs et latins. Citons aussi Fessler-Jungmann, Institutiones patrologiœ (3 vol. in-8) ; Alzog, Schmid-Cornet, Précis de patrologie ; Hurter, S. Patrum opuscula selecta (toute une bibliothèque) ; Freppel, Etudes sur les Pères des premiers siècles.

Apologétique. — Elle a pour but de démontrer la vérité et l'excellence du christianisme, et de répondre à toutes les objections dont il est l'objet. Bien qu'elle relève de la théologie, c'est une science complexe, car elle ne peut invoquer l'autorité de la révélation contre les incrédules. L'apologiste lait donc appel tour à tour à l'autorité et à la raison ; il emprunte ses ressources à toutes les connaissances humaines ; la philosophie, l'histoire, la nature individuelle et sociale de l'homme, le progrès et les découvertes scientifiques, les besoins de la civilisa-

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