PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
cri, Evoè ! (Courage, mon fils !) On le représente vêtu de la nébride, jeune, imberbe et riant, avec des cornes, symbole de force, couronné de pampres ou de lierre, etc., et ayant un thyrse à la main. Son char est traîné par des tigres, des panthères, des lions. Son culte scandaleux, venu de l'Orient, finit par être admis à Rome, malgré le sénat (v. Dionysiaques, Bacchanales, Saturnales, bacchantes).
Minerve, déesse romaine qui personnifiait la sagesse dans la force, fut identifiée avec la Pallas Athèné des Grecs, qui sortit tout armée du cerveau de Jupiter. Elle donna son nom à la ville d'Athènes et créa pour elle Volivier. Vierge, le Parthènon lui était consacré. Les Athéniens célébraient en son honneur les Panathénées et les Latins les Minervales. Elle protégea Hercule, Thésée, Ulysse, prit parti pour les Grecs contre les Troyens. Elle anima l'homme formé par Prométhée et enseigna à Pandore la couture et la broderie (v. aussi Arachnè, Méduse). Phidias la représenta vêtue d'une longue tunique, avec le casque en tête. Vègide (v. ce mot) sur la poitrine, tenant d'une main une victoire et de l'autre une lance. Aucune autre divinité n'a mieux personnifié le génie grec.
Janus etJana ou Dianuset Diana (v. Diane), divinités du jour (en latin dies) et de la nuit chez les Latins. Janus s'établit dans le Latium, sur le Janicule; où il recueillit et cacha Saturne, chassé du ciel. Les portes de son temple étaient ouvertes pendant la guerre et fermées pendant la paix. Elles ne furent fermées que deux fois avant Auguste : sous Numa et après la première guerre punique. On représentait Janus avec une tête à deux faces : l'une regardant le passé et l'autre l'avenir, ou même avec quatre faces, parce qu'il présidait aux quatre saisons de l'année.
Vénus, nom latin de la déesse grecque Aphrodite. Aphrodite est d'origine orientale. Homère la fait naître de Jupiter et de Dioné ; les autres la font sortir de l'écume de la mer. Elle fut d'abord honorée à Cythère, occupée par les Phéniciens, qui la nommaient aussi Astarté (v. ce mot). La mythologie en fait l'épouse infidèle de Vulcain. Elle eut de Jupiter les trois Grâces; de Bacchus, Hymen; de Mars, Cnpidon ; d'Anchise, Enèe, dont elle dirigea la flotte vers l'Italie. On la représente sur un char attelé de colombes. La Vénus Uranie, qu'admettait Platon, était fille d'Uranus ou le Ciel et personnifiait l'amour pur et affranchi des sens.
Neptune, dieu irascible de la mer, identifié par les Romains avec le Poséidon des Grecs. Révolté contre Jupiter, son frère, il fut exilé sur la terre et bâtit, avec Apollon, les murs de Troie pour Laomédon. 11 n'en prit pas moins le parti des Grecs contre les Troyens. Plus tard il poursuivit Ulysse de sa colère pour venger son fils Polyphème. Il disputa à Minerve l'honneur de donner un nom à Athènes et créa le cheval, alors que la déesse créait l'olivier, qui fut préféré par Cadmus. On le représente armé du trident, avec lequel il soulève ou apaise les flots. Amphitrite est son épouse. Triton, son fils, précède son char, et sonne d'une conque en guise de trompette. Un autre de ses fils, Protée, garde ses troupeaux de phoques et jouit du don de connaître l'avenir et de changer de forme.
Méduse était la seule des trois Gorgones qui fût mortelle. Elle habitait avec ses sœurs, Euryale et Sthenyo, près du jardin des Hespérides et des colonnes d'Hercule. Irritée contre elle et contre Neptune, Minerve changea ses beaux cheveux en serpents et fit que sa tête devenue horrible eût la vertu de pétrifier ceux qui la regarderaient. Cette tête tut tranchée par Persée, et Minerve la plaça au milieu de son égide. Plus tard on représenta Méduse avec une physionomie noble, empreinte d'une profonde terreur. On a dit que Méduse personnifiait la nuée orageuse.
Sirènes. — Ces filles d'Achéloûs et de Calliope furent changées en déesses marines ou plutôt en monstres marins par les Muses jal mses. On en a compté deux, puis trois et jusqu'à nuit, parmi lesquelles Parthènope. Elles attiraient par leurs chants ravissants, mais noyaient ensuite cruellement les navigateurs qui passaient entre l'île Caprée et la côte d'Italie. Ulysse n'échappa aux attraits mortels de ces ennemies des Muses qu'en bouchant les oreilles de ses compagnons et en se faisant attacher au mât de son navire.
Pluton ou Hadès, frère de Jupiter et de Neptune, devint le dieu des enfers. C'était aussi le dieu des richesses et des métaux précieux enfouis dans le sein de la terre (v. Plutus). On le représente assis sur un trône, à côté de Proserpine ou Perséphoné, son épouse, ayant le casque en t5te et le chien Cerbère à ses pieds. On le plaçait aussi sur un char attelé de quatre chevaux noirs. Il n'avait ni temples ni autels et on ne lui sacrifiait que des victimes noires au milieu des ténèbres. Le cyprès, le buis lui étaient consacrés.
Parque, en grec Moira ou Moire (destinée), nom des trois divinités infernales filles de l'Erèbe et de la Nuit ou de Jupiter et de Thémis, qui filaient la vie des mortels : Clotho, qui présidait à la naissance (cf. Lucine), tenait la quenouille; Lachêsis tournait le fuseau et dévidait le fil ; Atropos le coupait.
Furies, déesses infernales qui personnifiaient le châtiment et la justice. On les appela d'abord Erinnys ou Erinnyes, puis Eumènides (en grec, propices), par euphémisme ou à cause de l'acquittement d'Oreste par l'Aréopage. On en compte trois ordinairement : Mégère (la haine), Alecto (la fureur), Tisiphone (la vengeance). Elles ont l'air' terrible et des serpents s'entrelacent dans leurs cheveux : elles ont des ailes, qui marquent leur rapidité ; des torches, pour découvrir les coupables, et des fouets pour les frapper.
Gérés, nommée en latin Déméter (Terre-Mère), déesse des moissons, était fille de Saturne et de Rhée. Elle eut de Jupiter Proserpine ou Persèphoné, qui fut enlevée par Pluton et qu'elle chercha vainement par toute la terre. Un autre de ses enfants, Plutus, est le dieu de la richesse et des mines de métaux précieux. Les mystères fameux d'Eleusis avaient été institués en son honneur. On la représentait couronnée d'épis, avec une faucille ou une corbeille à la main.
Pan, dieu des pâturages et des troupeaux, inventa le chalumeau. Il avait du bouc les cornes, les pieds et les membres inférieurs velus ; on lui donnait souvent pour cortège des pans ou égipans (pans-chèvres), semblables à lui et fort peu différents des satyres ou chèvre-pieds. Les Romains l'identifièrent à leur dieu Faune et célébraient en son honneur les Lupercales. Les Athéniens l'honoraient spécialement poi*r avoir inspiré une terreur panique aux Perses, à Marathon. On croyait, en effet, que les apparitions subites de Pan, la nuit surtout, jetaient la terreur. Plus tard Pan fut assimilé à la nature entière (en grec pan signifie tout) et regardé comme le dieu suprême. C'est ainsi que, selon un récit de Plutarque, on disait sous Tibère, que le dieu Pan ou le grand Pan était mort. C'était le moment où J.-C. venait de détruire l'empire du démon, qui perdait ses adorateurs.
Nymphes, divinités féminines et subalternes dont les poètes avaient d'abord peuplé les eaux, puis les bois, les montagnes, etc. On distinguait : les naïades (nymphes des fontaines et des rivières, qu'on représentait épanchant l'eau de leurs urnes) ; les néréides et les océanides (nymphes de la mer, filles de Nérée ou de l'Océan) ; les napées (nymphes des bois) ; les oréades (nymphes des montagnes), etc. Les chênes avaient leurs dryades et leurs