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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

parmi les modernes : les Anglais Hutcheson,Burke, ne sont pas sortis de l'empirisme ; en Allemagne, Lessing a préparé les spéculations de Kant, Schelling, Hegel, etc. ; en France, le P. André a résumé les meilleures idées des anciens ; Cousin a écrit des pages remarquables ; les travaux se sont multipliés depuis lors. Citons, entre bien d'autres, et à divers points de vue, ceux de Chaignet, Lévèque, Taine, Ravaisson, Séailles.

Psychologie. — Pour les empiristes, qui refusent de se prononcer sur la nature de l'âme, la psychologie n'est que « la science des phénomènes de conscience et de leurs lois ». La psychologie comparée est celle qui traite des facultés humaines comparées à celles de l'animal. On appelle aussi de ce nom la science comparée des races humaines étudiées au point de vue psychologique. On donne le nom de psychologie extérieure à l'étude de l'àme humaine dans ses manifestations historiques et sociales.

Une psychologie complète doit traiter de la nature de l'âme (simplicité, immortalité, origine, union avec le corps), des faculté* de l'âme, soit sensibles, soit intellectuelles ( sens externes et internes, imagination, mémoire, intelligence, volonté, appétits i't passions, liberté, etc.) ; des opérations de l'âme et en particulier de la cou naissance, de l'origine des idées, de certains états extraordinaires de l'àme: hypnose, somnambulisme, etc. A la psychologie on peut rapporter encore la question de l'origine du langage et celle de la vie. Plusieurs philosophes, depuis Descartes, ont prétendu fonder uniquement sur la psychologie toutes les sciences philosophiques. De là le psychologisme.

On divise souvent aujourd'hui la psychologie en expérimentale et en rationnelle. Mais cette division est celle de la méthode plutôt que de la philosophie elle-même. Toute psychologie, en effet, doit être, dans toutes ses parties, expérimentale et rationnelle; on ne saurait étudier l'àme d'abord d'une manière tout empirique, puis d'une manière métaphysique. De cette opposition outrée et du mépris de la méthode rationnelle qui en est la suite est née la psycho-physique (v. âme).

Psycho-physique ou psycho-physiologie. — On désigne par là l'étude des rapports du physique et du moral, prise du côté du corps, des organes et de leurs fonctions. Les psycho-physiciens s'appliquent notamment à mesurer les sensations et à trouver des lois telles que celle-ci, dite de Fechner : « L'intensité de la sensation varie comme le logarithme de l'excitation. » (v. Mgr Mercier, Origines de la psychologie contemporaine 18U8).

Mnémonique ou Mnémotechnie. — C'est l'art d'aider la mémoire et de la cultiver. Toutes les méthodes de mnémonique reposent sur l'association des u/ées, qui est naturelle ou artificielle. De là deux sortes de mnémonique, qu'il serait injuste d'opposer absolument entre elles, car il est possible et nécessaire de les combiner. On associe les idées de mille manières : par le lieu (si plusieurs choses ont été vues ou remarquées dans le même endroit, le même édifice) ; par le temps (si on les a observées simultanément) ; par l'analogie (si l'une est l'image, le pendant, l'opposé, l'effet ou la cause de l'autre) ; par le symbole (si l'une exprime ou rappelle l'autre : ainsi le nœud fait à un mouchoir, la fève mise dans une tabatière servent de mémento). On a eu recours à la mnémotechnie pour retenir des nomenclatures-, des dates, etc. Avec des lettres, exprimant des chiffres, on a composé des vers chronologiques. C'est une préoccupation analogue qui a inspiré de mettre en vers les racines grecques. Ces exemples montrent déjà l'utilité et les abus de la mémoire artificielle. On en attribue

l'invention à Simonide. Cicéron (de Oratore) a parlé de la mémoire locale ou topo/ogie. Parmi les mnémotechniciens modernes, citons Aimé Paris, auteur de la Mnémotechnie (1825), l'abbé Moigno, l'abbé Chavauty. Avec ces auteurs on peut penser que l'art de cultiver la mémoire devrait faire partie de l'enseignement. Mais les moyens logiques, les ressources du raisonnement l'emportent toujours sur les moyens purement artificiels, qui doivent leur être constamment subordonnés.

Idéologie. — C'est le nom que d'Alembert, de Tracy et autres empiristes, disciples de Locke et de Condillac, ont donné à cette partie de la métaphysique ou de la logique qui traite de l'être et des idées supérieures, telles que les catégories, etc. Les mêmes philosophes portèrent le nom d'idéologues, qui fut justement discrédité. Mais considérée comme science des idées vraiment intellectuelles et non pas seulement comme une « analyse des sensations », l'idéologie comprend les parties supérieures de la logique et de la psychologie (v. Picavet, las Idéologues).

Pneumatologie. — Cette science traite des esprits, anges ou démons. Tous les peuples ont cru à l'existence de génies (v. ce mot), les uns bons et les autres mauvais, intermédiaires entre l'homme et la divinité. La pneumatologie rentre dans l'objet de la philosophie. Remarquons toutefois qu'un traité de ce genre ne peut être abordé avec fruit et épuisé que si l'on s'inspire des lumières de la foi. Qu'il nous suffise de rappeler que le monde spirituel ne peut faire l'effet d'un doute pour le spiritualiste. Que deviennent, en effet, ces âmes immortelles et innombrables qui ont quitté leur corps et qui tous les jours émigrent encore de cette terre? Et puis, s'il y a des esprits liés à des organes, n'y en a-t il pas qui sont affranchis par nature de toute matière ? Le monde spirituel ne doit pas être moins vaste et moins rempli, ni surtout moins beau que le monde des corjis. Enfin les deux mondes peuvent-ils être complètement étrangers l'un à l'autre, et le Créateur n'a-t-il pas dû les enfermer tous les deux dans l'ordre universel de sa Providence ? La théologie, en s'appuyant sur les données de la foi, répond à toutes ces questions. Mais ceux qui les soulèvent avec le parti pris de combattre la seule science qui peut les éclairer ici, tombent dans la superstition ou dans une sorte de scepticisme non moins regrettable.

Cosmologie. — C'est la science philosophique du monde. On peut la diviser en trois parties : la première traite du monde en général (ses caractères, son origine, sa fin, ses lois) ; la seconde, des corps inorganiques (leurs premiers principes et leurs principaux accidents : quantité et nombre, qualité, espace et temps, etc.); la troisième, des corps vivants (animaux et végétaux). On peut traiter aussi, en cosmologie, de l'existence même du monde, niée parles idéalistes, qui sacrifient la philosophie delà nature à celle de l'esprit. Une foule de sciences traitent de la nature (cosmographie, cosmogonie, géologie, biologie, etc.) ; mais seule la cosmologie s'en occupe au point de vue des premières causes et des dernières fins.

Théodicée. — La thêodicée ou théologie naturelle diffère de la théologie sacrée en ce qu'elle est fondée sur les principes de la raison. Dès lors elle ne peut s'étendre aux mystères de la Trinité, de l'Incarnation, etc., que la foi seule nous découvre. Plusieurs philosophes ont confondu les objets de ces deux sciences. La théodicée se borne à l'existence de Dieu, aux attributs divins et aux rapports naturels du monde avec son Auteur. Cette science encore si belle a été cultivée par les plus beaux génies de tous les temps : Platon, Aristote, Leibniz, etc. .Ce dernier donna le nom de théojlicée à ses Essais sur la bonté de Dieu, la liberté de

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