‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 145 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

Diplomatie. — C'est l'une des parties les plus délicates de la politique. Au sens le plus précis, la diplomatie est l'art des négociations ; dans un sens plus général, c'est la science des rapports internationaux et des intérêts respectifs des Etats. Elle doit s'appuyer surtout sur le droit des gens ou droit international. Les agents diplomatiques comprennent aujourd'hui 4 classes : les ambassadeurs, les ministres plénipotentiaires, les ministres résidents et les chargés d'affaires. Depuis le congrès de Vienne (1815), les agents de même classe prennent rang d'après l'ordre d'ancienneté ; le nonce a toujours la préséance. Citons, parmi les grands diplomates, outre les politiques déjà signalés, Talleyrand, les deux Pitt, Palmerston.

Guerre. — L'art de la guerre a été cultivé par les anciens : Egyptiens, Assyriens, Hébreux, etc., surtout par les Grecs, qui vainquirent les masses asiatiques. Les Romains y réussirent mieux encore, et les légions romaines triomphèrent de la phalange macédonienne. L'art de la guerre changea de caractère au moyen âge, où les armures prirent une importance exagérée; il fut renouvelé au xve siècle par la découverte de la poudre. Le xvne siècle fut l'époque des guerres longues et systématiques : les armées étaient peu nombreuses. Le génie de Napoléon inaugura de nouvelles méthodes; on revit les grandes armées. Aujourd'hui l'art de la guerre a été de nouveau renouvelé, et il se transforme chaque jour, grâce à l'invention d'armes à feu à très longue portée et d'explosifs de plus en plus redoutables ; grâce surtout à des levées en masse, inaugurées par la Prusse, qui peuvent mettre sur pied en Europe plus de dix millions de combattants (v. armée).

Stratégie. — Cette partie supérieure de l'art de la guerre embrasse tout l'ensemble des opérations d'une armée. C'est comme stratègiste qu'un homme de guerre conçoit un plan de campagne et l'arrête dans toutes ses parties ; mais c'est comme tacticien qu'il l'exécute. La stratégie tient plus de la science et de la spéculation ; la tactique se confond mieux avec l'art et la pratique. Aussi les changements inouïs qu'a subis l'art de la guerre portent-ils plus sur la tactique que sur la stratégie.

Tactique. — Elle est donc le complément de la stratégie ; elle comprend l'art de faire mouvoir les troupes, de les ranger et de les employer sur le champ de bataille. Parfois cependant on donne à la tactique un sens plus général. On distingue la tactique élémentaire et la tactique générale. La première concerne l'instruction des troupes et les manœuvres des trois armes : infanterie, cavalerie, artillerie. La seconde s'occupe des mouvements de toute l'armée, de l'ordre de bataille, etc.

Génie militaire. — C'est l'art de construire, d'attaquer et de défendre les places fortes. Il ne fut pas cultivé d'abord par des ingénieurs militaires. Ceux-ci n'apparaissent que vers le xvne siècle. Cet art a été renouvelé une première fois par la découverte de la poudre, qui rendit inutiles les hautes murailles des vieux châteaux ; il a été renouvelé encore de nos jours par les progrès des armes à feu. Citons parmi les ingénieurs célèbres : Archimède, Léonard de Vinci, Vauban surtout.

Balistique. — C'était autrefois l'art de se servir des balistes ou machines de guerre. Aujourd'hui c'est la science qui permet de mesurer et de diriger le mouvement des projectiles à travers l'espace, dans certaines conditions données. Le pendule balistique est un appareil qui sert à mesurer la vitesse du projectile au sortir du canon et partant la force de la poudre.

Histoire. — Déjà, au sujet de la classification des sciences, nous avons remarqué l'importance de l'histoire, qui est la mère des sciences. Maîtresse de la vie, ses rapports avec la morale et la poli-

tique sont très étroits : elle enseigne aux nations, comme aux individus, à préparer l'avenir. Ses enseignements se sont accrus et systématisés à mesure que les siècles s'écoulaient, et que le progrès général permettait à l'humanité de prendre mieux conscience des âges écoulés. Les anciens comptent déjà des historiens de mérite. Chez les Grecs : Hérodote, surnommé le père de l'histoire, narrateur de génie ; Thucydide, Xénophon, Polybe, historiens politiques; Plutarque, moraliste. Chez les Romains : Salluste, César, Tacite. Au moyen âge et depuis, les chroniqueurs et les historiens de divers caractère et de divers mérites. Trop souvent ils furent aveuglés par leurs préjugés, alors que l'histoire doit être avant tout impartiale. On lui demande des faits précis et des témoignages sincères. De nos jours on a exalté la critique historique. Ici, comme en philosophie, la critique est indispensable, mais il faut qu'elle ne dégénère pas en scepticisme. L'histoire ne peut se résoudre en doutes perpétuels ni en des recherches qui n'ont pas d'autre but qu'elles-mêmes : à l'histoire critique il faut donc allier l'histoire dogmatique. L'historien doit mettre en œuvre toutes sortes de documents et de témoignages, écrits ou non écrits, monuments, médailles, inscriptions, etc. Il a ainsi pour auxiliaires une foule de sciences particulières, entre lesquelles se distingue la chronologie, à laquelle on ajoute la géographie : ce sont, a-t-on dit, les deux yeux de l'histoire. L'histoire ellemême comprend deux grandes divisions : l'histoire religieuse (histoire sainte, histoire de l'Eglise) et l'histoire profane. Cette division correspond à celle des connaissances en sacrées (théologie) et profanes (philosophie, etc.). A un autre point de vue, on peut diviser l'histoire comme celle des peuples dont elle s'occupe (histoire des Grecs, des Romains, de France, d'Angleterre, etc.). On peut la diviser aussi comme les sciences et les arts dont elle retrace les origines et les développements : histoire de la politique, des beaux-arts, de l'architecture, etc. Il fut un temps où l'histoire générale et surtout l'histoire politique, celle des guerres et des conquêtes, absorbait l'attention. Avec plus de raison on étudie aujourd'hui l'histoire des mœurs, des coutumes, de l'industrie, du travail, du commerce, etc., qui nous font mieux connaître la vie intime des peuples et peuvent nous servir de leçons (v. sur les règles de la critique historique, le P. de Smedt, bollandiste ; sur les instruments de l'historien : Manuel de bibliographie historique, de Langlois).

Préhistoire ou science préhistorique. — C'est la connaissance que donne l'archéologie des époques de l'humanité sur lesquelles l'histoire proprement dite est muette. La préhistoire est relative aux différents peuples, car leurs annales n'offrent point la même antiquité. L'histoire du peuple de Dieu commence avec la création ; celle des Egyptiens, trois ou quatre mille ans avant J.-C. ; celle des Grecs, mille ans avant J.-C. ; celle de la Gaule, quatre ou cinq cents ans avant J.-C. ; celle de la Germanie, au temps de César ; celle des deux Amériques, au teinps de la découverte ou même de la colonisation. Grâce à la paléontologie, à la géologie, etc., on a pu connaître l'existence et plus ou moins les mœurs, la religion, etc., de races disparues sans laisser de monuments littéraires. Vers 1848, Boucher de Perthes établit que l'homme avait été, dans nos contrées, le contemporain du mammouth, du rhinocéros, de l'éléphant et autres grands animaux disparus. L'une des premières préoccupations fut de marquer les principaux âges préhistoriques : on distingua les âges de pierre, du bronze, du fer. Le premier comprend deux périodes : paléolithique et néolithique, ou de la pierre éclatée et de la pierre polie. Mais ces âges encore, avec leurs subdivisions, sont relatifs à la civilisation des différents peuples. Cer-

Page 1