PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
combes. Il existe différentes Sociétés et Revue* d'archéologie. On peut diviser cette science, comme la précédente, en religieuse et profane. Celle qui a pour objet les arts religieux au moyen âge offre à elle seule un champ d'études très vaste et des plus instructifs.
Antiquaire. — C'était le synonyme d'archéologue, et beaucoup de sociétés d'archéologie portent encore le. nom de Sociétés d'antiquaires. Mais ce nom aujourd'hui est réservé d'ordinaire à des amateurs plus empressés à former des collections que judicieux. L'antiquaire a ici plus d'un rapport avec le bibliomanc. Walter Scott (dans l'Antiquaire) et bien d'autres écrivains les ont raillés l'un et l'autre.
Bibliographie. — C'est la science des livres. Elle intéresse grandement toutes les autres sciences et en particulier l'histoire, dont elle est une branche importante. Son domaine s'agrandit démesurément ou plutôt se renouvelle de jour en jour. On distingue la bibliographie littéraire et la bibliographie matérielle, c'est-à-dire celle du contenu des livres et celle du contenant ou du format, etc. La première intéresse le savant, qui ne doit pas cependant négliger la seconde, surtout quand il s'agit de manuscrits II se rencontre ici avec le libraire et l'amateur: delà la bibliophilie, dont l'exagération est la bibliomanie. Citons, parmi les monuments célèbres et anciens de la bibliographie : la Bibliothèque de Photius (ixe s.), la Bibliotheca mundi de Vincent de Beauvais (xiii1' s ). La bibliographie est plus florissante aujourd'hui que jamais. Avec le Manuel du libraire et de l'amateur des livres, de Brunet (1824), ouvrage classique, il faudrait signaler toutes les bibliothèques particulières, les bulletins, les renies, les répertoires bibliographiques, les catalogues de grandes librairies, en France et à l'étranger.
Diplomatique. Paléographie. — Ces deux connaissances, qui sont des annexes si indispensables de l'histoire ancienne et du moyen âge, sont enseignées notamment à l'Ecole des Chartes. Reconnaître l'authencité des chartes, diplômes et autres manuscrits, les lire, les comprendre et découvrir, s'il y a lieu, les altérations qu'ils ont subies, tel est l'objet de la diplomatique. Elle se borne donc aux monuments écrits. Ses principes, posés au XVIe siècle, ont été appliqués par les Bénédictins, etc., en particulier par Mabillon, auteur du De re diplomatica. La paléographie se confond en partie avec la diplomatique : elle a pour objet les écritures anciennes, leurs origines et leurs modifications. Cette science a été constituée, pour ainsi dire, par Montfaucon (v. Giry, Manuel de diplomatique, 1894).
Iconographie. — Cette autre branche de l'histoire et de l'archéologie a pour objet, ainsi que l'étymologie l'indique, toutes les images anciennes : dessins, sculptures, médailles, monnaies, anneaux, camées, bustes, portraits, etc. Ceux-ci abondèrent à Rome, de même qu'en Grèce. Il existe plusieurs ouvrages d'Iconographie : grecque, romaine, chrétienne, etc. On a publié aussi une Iconographie des contemporains. Par extension encore on appelle iconographies des séries de dessins représentant le règne animal, végétal, etc. Mais alors celles-ci appartiennent à l'histoire naturelle et non plus à l'histoire proprement dite.
Numismatique. — C'est une des branches les plus curieuses, les plus développées et les plus utiles de l'archéologie et de l'histoire, comme en témoignent les riches médaillers de nos musées et de certains particuliers. Grâce à elle, une foule de personnages historiques, des dates et des faits importants nous sont connus, qui seraient restés dans l'oubli". Une Revue numismatique se publie à Paris depuis 1835.
Blason — Le blason ou art héraldique fait partie de l'histoire du moyen âge. C'est, en effet, à l'époque des croisades que les armoiries font leur apparition et se transmettent dans les familles nobles. Elles ne furent d'abord que les signes ou emblèmes adoptés par les chefs, pour se faire reconnaître sous leur armure et rallier leurs partisans au milieu du combat. Ces signes se compliquèrent bien vite, et le blason devint un art. Les Français le cultivèrent les premiers et avec le plus de succès. Aujourd'hui encore les Anglais blasonnent en français. On a publié une foule de traités de blason, depuis celui du P. Menestrier (1082).
Métrologie. — Ees poids et mesures ont varié beaucoup dans les divers ternps et chez les différents peuples (v. unités de poids, de mesure : gramme, livre, mètre, etc.). Malgré les simplifications déjà obtenues, la variété est très grande aujourd'hui encore. De là une science historique très particulière : la métrologie. Elle embrasse de quelque manière toute l'histoire par un de ses côtés les plus pratiques.
Statistique. — Longtemps mêlée à la politique et aux autres sciences sociales, cette connaissance n'a été traitée à part qu'à partir de la moitié du XVIIIe siècle. Etendue des Etats, population, criminalité, moralité, mouvement industriel et commercial : tels sont ses principaux objets. Elle ne néglige aucun des faits sociaux et s'attache à les exprimer par des nombres exacts. Il reste ensuite à bien interpréter ceux-ci, et c'est là seulement que consiste la véritable science. La statistique éclaire toute l'histoire contemporaine ; elle fournit aussi des renseignements indispensables à l'économie sociale, à la politique, etc. Il existe, au ministère de l'Intérieur, un bureau de statistique ; il fut créé sous Napoléon par Chaptal. Des sociétés de statistique ont été fondées en France et à l'étranger. Chaque année paraissent divers bulletins ou annuaires de statistique. L'un des plus remarquables, au point de vue politique, est l'Almanach de Gotha.
Démographie. — Née au XVIIIe siècle, cette science s'est développée surtout dans la seconde moitié du XIXe, à mesure que se multipliaient les recensements de la population et autres publications officielles de statistique. La démographie, en effet, est une branche de cette dernière science ; son objet est le mouvement de la population, qui se traduit par le nombre des naissances, des mariages, des morts, etc. Elle appartient ainsi à l'histoire contemporaine et à la sociologie.
Ethnographie. — C'est une science complexe qui tient à la fois de la géographie, de l'histoire, de la psychologie et de la physiologie, de l'anthropologie. Elle considère, en effet, la manière dont les divers peuples sont distribués à la surface du globe, leurs origines et leur propagation, leurs mœurs, leur langue et leur religion, les différentes races qu'ils ont formées, etc. Sans parler de savants plus anciens, de Quatrefages s'est distingué dans cette science ; de même Mgr Leroy, pour l'ethnographie des plus anciens habitants de l'Afrique (les J ';/!/■ niées}.
Lettres, belles -lettres, littérature. —
Toute expression de la pensée est du domaine des lettres. C'est dire qu'elles embrassent de quelque manière toutes les connaissances, car celles-ci sont inséparables de leur expression. D'autre part, l'expression devient naturellement une oeuvre d'art ; et l'art le plus beau n'est-ce pas celui qui s'attache à l'expression directe de la pensée par les écrits ou la parole? De là les belles-lettres, sœurs aînées des beaux-arts. On comprend donc que les lettres embrassent des connaissances plus ou moins arides, qui confinent à la logique, telles que la gra m maire, la. philologie, la linguistique, auxquelles succèdent bientôt la rhétorique, la critique littéraire et