PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
des lumières décisives sur ces graves questions ; mais l'anthropologie fournit des éléments à leur solution, quand elle ne les résout pas elle-même du point de vue de l'histoire naturelle. Convenablement traitée, elle ne saurait donc entrer en conflit avec la psychologie ni avec la révélation. Malheureusement plusieurs anthropologues ont paru prendre à tâche de contredire les dogmes de la religion et du spiritualisme ; en particulier ils ont confondu l'homme moral avec l'homme physique, en ramenant toute l'étude du premier à celle du second. D'après eux, les questions de moralité, de criminalité, etc., seraient des questions de pure anthropologie ; toute modification dans le physique correspondrait infailliblement à une qualité morale, à quelque vice ou à quelque vertu. De là l'importance de la forme du crâne (v. tête : dolicocèphale, brachycéphale), de son volume, de sa capacité, de ses saillies ou bosses (v. cranioscopie) . Ces anciennes prétentions de Gall, plus ou moins renouvelées et aggravées encore par des auteurs récents, entre autres par Lombroso, auteur de l'Homme criminel, etc., commencent à tomber de nouveau dans le discrédit et même dans le ridicule ; et il ne reste de cette anthropologie que les conclusions déjà bien connues sur le rapport du physique et du moral. Citons parmi les anthropologues : Broca, fondateurdela Revue d'anthropologie; de Quatrefages, auteur de l'Espèce lut m aine ; les Pygmées, etc.
Anthropométrie. — Depuis que Quételet a publié son traité d'Anthropométrie (1871), cette connaissance a été regardée comme une science distincte. En pratiquant des mensurations méthodiques, sur un très grand nombre d'hommes pris au hasard, on arriveàdéterminerdesmesures moyennes, dont les autres paraissent se rapprocher de plus en plus. Il est donc possible de déterminer l'homme moyen, sa taille, la longueur des membres, leur proportion, etc. Ces sortes de recherches ont conduit à une application ingénieuse, due au docteur Bertillon, et à la création d'un service anthropométrique qui a rendu déjà de vrais services à la justice. Il permet d'établir un signalement parfait et invariable des personnes suspectes, criminels, récidivistes, etc.
Zoologie. — C'est l'une des branches principales de l'histoire naturelle, si l'on divise celle-ci d'après son objet matériel ou les règnes de la nature. Sinon, l'histoire naturelle se divise plutôt en anatomie et physiologie. La zoologie est donc plus ou moins étendue que ces dernières sciences, selon le point de vue où l'on se place. Ainsi la zoologie générale comprend Yunatomie et la physiologie comparées. Mais l'anatomie et la physiologie comprennent, par ailleurs, non seulement la zoologie, mais encore la botanique. Maintes fois on peut renouveler des remarques de ce genre. Elles s'appliquent à toutes les classifications, qui peuvent paraître désordonnées ou trop arbitraires, si on les examine superficiellement.
On distingue la zoologie en générale, celle dont on vient de parler, et en descriptive ou zoographie. Celle-ci se divise, selon les ordres d'animaux, en mammalogie (science des mammifères), ornithologie (science des oiseaux), erpétologie (reptiles), ichtyologie (poissons;, [conchyliologie (coquillages), entomologie (insectes), etc. — Les naturalistes les plus célèbres qui ont traité de la zoologie sont, après Aristote et Pline l'Ancien, dans l'antiquité : Buttbn, Lacépède, Linné, Lamark, Blainville, Cuvier, les deux Geoffroy-Saint-Hilaire, Darwin, Milne-Edwards, Pouchet, Ed. Perrier.
Empailleur. — On donne ce nom ou mieux celui de naturaliste préparateur à ceux qui pratiquent l'empaillement de divers animaux, de façon à leur conserver leur forme et à préserver delà cor-
ruption ce qui reste de leur dépouille . L'art de l'empailleur prend le nom de taxidermie. Il est indispensable pour la formation et le bon état des cabinets d'histoire naturelle.
Paléontologie — Traitant de tous les fossiles, la paléontologie embrasse de quelque manière toute l'histoire naturelle et la prolonge dans les temps les plus reculés. Cette science, qui date, pour ainsi dire, des Recherches sur. les ossements fossiles, de Cuvier, et qui s'est développée à mesure que les collections s'enrichissaient, permet de reconstituer l'histoire des règnes vivants, et par là même celle des couches du globe, depuis l'apparition de la vie. Parmi les paléontologistes de ce temps citons Gaudry, auteur des Enchaînements du règne animal du as Us temps géologiques, etc. Plusieurs paléontologistes, et M. Gaudry lui-même, ont cherché dans les fossiles des arguments en faveur de l'évolutionnisme, mais ils n'ont trouvé que des vraisemblances ou des probabilités, tantôt favorables et tantôt contraires.
Micrographe. — On peut désigner sous ce nom tous ceux qui emploient le microscope pour leurs observations scientifiques. La micrographie a fait faire de grands progrès à l'anatomie, à l'histologie, à l'embryologie, etc. ; de même aussi à la minéralogie. On a pu étudier au microscope des lames de minéraux minces jusqu'à la transparence. Quant au dessin des objets ainsi observés au microscope, il est avantageusement remplacé par la photographie.
Tératologie . — Les monstruosités qui se présentent dans l'organisation des êtres vivants, animaux ou plantes, font l'objet de la tératologie, branche importante de l'histoire naturelle et, en particulier, de la physiologie. Elle est en relation étroite avec Y embryologie ou science de l'embryon et de son développement. On attribue, en effet, la plupart des monstruosités ou malformations, la microcéphalie par exemple, à certains arrêts de développement chez l'embryon. On distingue la tératologie en animale et en végétale. H y a aussi une tératologie des cristaux. Isid. Geoffroy-Saint- Hilaire a écrit un volumineux Traité de tératologie.
Bactériologie. — Cette science, qui a pour objet les bactéries, les microbes, les organismes microscopiques, a été créée par Pasteur. Elle a pris aussitôt une extrême importance par le fait qu'une foule de maladies de l'homme, des animaux, des plantes, ont pour cause la propagation de ces organismes. Les bactériologistes recueillent ces germes de maladies, les isolent, les cultivent, les inoculent à des animaux et s'en servent comme d'un vaccin pour guérir ou préserver (v. sérum~ thérapie.)
Médecine. — Guérir les maladies, quand il y a lieu, et les prévenir dans la santé, c'est tout l'objet de la médecine, Elle comprend donc, avec la pathologie ou médecine spéculative, la thérapeutique ou médecine pratique et Vhygiène ou prophylactique. A la médecine pratique s'ajoutent la chirurgie ou médecine opératoire et la clinique, qui est la médecine étudiée et enseignée au lit des malades, dans les hôpitaux. Reste encore la médecine légale, qui étudie les rapports de l'art médical avec la législation. Comme science, la médecine est en relation étroite presque avec toutes les branches de l'histoire naturelle, en particulier avec l'anatomie, la physiologie, etc. La pharmacologie, qui est son annexe naturelle, emprunte beaucoup à la botanique (plantes officinales) et à la chimie. Toutes ces connaissances rentrent de quelque manière dans les sciences médicales, auxquelles s'adjoint encore la médecine vétérinaire. Mais les relations supérieures de la médecine sont celles qu'elle entretient avec la psychologie et la morale.