PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
etc.) que l'on doit les principes de cette méthode de traitement des maladies virulentes. Pasteur a montré qu'en injectant dans le sang de l'animal un virus d'abord affaibli, mais ensuite de plus en plus fort, on confère à cet animal Y immunité de la maladie virulente qui correspond à ce virus : ainsi en est-il pour le charbon et la rage. On a montré ensuite qu'on peut substituer aux injections du virus des injections de substances sécrétées par eux ou toxines. Comment cela s'explique-t-il ? Le voici. Chez les animaux injectés de toxines graduées, une réaction se produit, en vertu de laquelle des antitoxines sont produites dans le sérum du sang : de là l'immunité. Il arrive donc qu'en injectant le sérum d'un animal immunisé à un animal d'autre espèce, on peut immuniser celuici à son tour. C'est là toute la sérumthérapie appliquée aujourd'hui en grand au traitement du croup et de la diphtérie. L'animal auquel on emprunte le sérum est le cheval. Au bout de trois mois d'injections graduées, le cheval peut être immunisé ; il peut fournir ensuite toutes les quinzaines six litres de sang, dont se sépare un sérum d'une limpidité parfaite. Vingt centimètres cubes de ce sérum injecté sous la peau d'un enfant ou d'un homme peuvent le préserver ou le guérir, si le mal n'est pas trop avancé. Une seule injection suffit à moins que la diphtérie ne soit grave et compliquée. Le sérum agit comme un vaccin. L'institut Pasteur, à Paris, centralise la fabrication du sérum pour toute la France. A cette fin, 200 chevaux sont entretenus à Villeneuve-l'Etang.
Hygiène. — User sagement des choses, régler sa vie et tous ses exercices de manière à conserver la santé, tel est l'objet de l'hygiène. On distingue l'hygiène publique et l'hygiène privée. La première est l'objet de la législation et de la police sanitaire; elle concerne l'alimentation publique, les marchés, les halles, les logements, les manufactures, la construction et l'entretien des égouts, les quarnntaines à observer en cas de contagion à craindre de l'extérieur, etc. Il y a, dans chaque département, un Conseil d'hygiène publique, et à Paris un Comité consultatif d'hygiène publique. A divers points de vue, on distingue aussi l'hygiène générale et l'hygiène spéciale ; l'hygiène de l'enfance, scolaire, rurale, urbaine, industrielle; celle des prisons, des hôpitaux, etc. La division principale est tirée de la matière de l'hygiène, c'est-à-d;re des choses dont l'homme jouit ou des fonctions qu'il exerce et des actes qu'il accomplit. Tout cela est assez bien compris dans les six groupes suivants, déterminés par Halle: 1° les circumfusa ou choses environnantes (l'air, les astres, le climat); 2° les applicata (vêtements, bains, cosmétiques) ; 3° les ingesta (aliments, boissons) ; 4° les excréta (actions secrétoires et tout cequiest rejeté de l'économie) ; 5° les gesta (actes, mouvements, habitudes, professions) ; 6° les percepta (perceptions, sensations, sentiments, passions, activité intellectuelle et morale).
Orthopédie. — C'est l'art de prévenir les difformités ou de les atténuer et même de les guérir : de là l'orthopédie prérentire et l'orthopédie curatwe. La première relève de l'hygiène, et la seconde de la thérapeutique. Les principales difformités qu'attaquent l°s orthopédistes sont : la déviation de la colonne vertébrale, le torticolis, la luxation congénitale de la hanche, les pieds bots, les genoux cagneux, les jambes fortes. On a recours, pour y remédier, à l'empldi d'instruments appropriés et à des opérations chirurgicales. Les moyens hygiéniques sont tous les soins qui conviennent à l'enfance, en particulier un bon mobilier scolaire. L'orthopédie ne date guère que du XYIII" siècle ; elle s'est développée à mesure que paraissaient se multiplier les infirmités qu'elle combat. L'orthopédie chirur-
gicale, en particulier, a progressé du même pas que la chirurgie.
Percussion. — La méthode d'exploration dite en médecine méthode de percussion, rend de grands services. Elle sert à faire connaître l'état de certains arganes : le poumon, le cœur, le foie, la rate, l'estomac, l'abdomen, et à diagnostiquer ainsi un grand nombre de maladies. Elle se pratique avec l'extrémité des doigts ou le plat de la main, et beaucoup mieux d'une manière médiate, en interposant un ou plusieurs doigts de l'autre main ou en se servant d'un instrument particulier, dit le plessi mètre. Indiquée par Avenbrugger, médecin de Vienne, mais négligée ensuite, la percussion a été mise en honneur par Corvisart et Laënnec. Elle est complétée par l'auscultation.
Auscultation. — Précieuse surtout pour le diagnostic des maladies de la poitrine et du cœur, l'auscultation consiste à reconnaître l'état de l'organe par le bruit particulier qu'il fait entendre en fonctionnant à l'état de maladie ou dans l'état de santé. Pour ausculter, le médecin applique l'oreille sur l'organe qu'il veut connaître ; il peut ausculter aussi par le moyen du stéthoscope. Hippocrate n'ignorait point l'auscultation ; elle a été perfectionnée surtout par Laënnec, auteur d'un Traité de l'auscultation.
Chirurgie. — Inséparable de la médecine, elle exige cependant des connaissances spéciales et des aptitudes distinctes. Celles-ci sont assez bien indiquées par le proverbe : Vieux médecin, jeune chirurgien. Intervenir pour la guérison ou le salut du corps par des procédés manuels ou opérations, diviser ce qui était réuni ou réunir ce qui était divisé contre nature, retrancher, extirper ou extraire ce qui était nuisible : tel est l'objet particulier de la chirurgie. Connue plus ou moins des anciens, en particulier d'Hippocrate, appréciée par les Romains, qui avaient dans leurs légions des medici vulnerarii, négligée par Galien, mieux pratiquée par les Arabes, la chirurgie tomba plus d'une fois dans le charlatanisme, surtout lorsque sa pratique eut été interdite aux clercs. De cette époque datent les renoueurs, rebouteurs, la corporation des chirurgiens-barbiers. Elle a fait des progrès merveilleux dans ces derniers temps, grâce au concours de l'anatomie, au perfectionnement des instruments et surtout à la découverte des pansements antiseptiques. Les rayons Roentgen sont venus ajouter encore à ses moyens d'information. Citons, parmi les chirurgiens célèbres : Fallope, Eustache, Paré, créateur de la chirurgie moderne ; plus tard, Desault, Dupuytren, Larrey, Lisfranc, etc., auteurs de divers ouvrages. L'Académie royale de chirurgie, fondée en 1731, a publié des Mémoires.
Ligature. — En chirurgie, on pratique des ligatures à diverses fins : pour faire une saignée, et alors on serre par une ligature la partie supérieure du bras ou du pied afin que le sang afHue dans la veine ; pour étreindre graduellement les tumeurs dont on veut amener la chute, et alors la ligature est permanente ; pour lier des artères, dans les cas de blessure ou d'amputation, afin de prévenir des hémorragies qui pourraient être mortelles. On emploie, selon les cas, des bandes de toile, des cordonnets de soie, des fils métalliques, etc.
Sage-femme. — L'art de l'accouchement était pratiqué par des sages-femmes à Rome, en Grèce, chez les Egyptiens, où nous voyons qu'elles refusèrent de se faire les complices de Pharaon, qui voulait faire périr tous les enfants mâles des Hébreux Elles prétextèrent que les femmes des Hébreux savaient se suffire et ne recouraient pas à leur ministère (Exod. cap. i). En France, au XVIIIe siècle, les sages-femmes étudiaient à l'hôpital de la Maternité. Elles doivent aujourd'hui