LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART
cle, c'est la France qui, en architecture, donna l'impulsion au monde entier». La sculpture a suivi depuis lors les vicissitudes de l'art en général (v. dans le Dict. hist. les sculpteurs célèbres ; Marcel Reymond, la Sculpture florentine, 1897 et suiv. ; Collignon, Histoire de la sculpture grecque).
Géroplastique. — La cire est la matière qui se prête le mieux à recevoir et à garder toutes les formes et toutes les couleurs. De là la céroplastique, qui est l'art d'imiter, souvent de la manière la plus frappante, les personnes et les choses. Les bustes de cire étalés dans certaines vitrines de coiffeurs sont dus à la céroplastique. On imite à la perfection, avec la cire, des fleurs, des fruits, des pièces anatomiques, etc.
Toreutique. — Les anciens donnaient le nom de toreutique à la sculpture en général, qui comprend l'art du ciseleur et celui du fondeur. Mais ce nom désigne aujourd'hui particulièrement l'art de composer les statues de diverses pièces : pierre, bois, métal coulé ou travaillé au marteau. A la toreutique se rapporte la chrysélèphantine, art de se servir de l'ivoire et de l'or pour composer une statue.
Gravure. — Les matières les plus employées pour la gravure sont le cuivre, l'acier, les pierres fines, le bois, le verre. La gravure est en creux ou en relief ou en bas-relief. La gravure en creux se fait sur métal ou sur verre et comprend, entre autres procédés : la gravure au burin ou en tailledouce et la gravure à l'eau-forte. La gravure en relief se fait d'ordinaire sur buis, qui est à peu près le seul bois employé. La gravure en bas-relief se fait sur pierres fines. Les graveurs s'aident aujourd'hui de machines à graver pour tracer les lignes régulières qui n'exigent qu'un travail mécanique. La gravure était connue des anciens. Les Chinois et les Indiens ont pratiqué la gravure sur bois avant le XIII0 siècle. Nos premières estampes ne datent que du XVe siècle. On applique de nos jours l'électricité à la gravure ; de là la gravure galvanique.
Glyptique. — La glyptique ou art de graver les pierres fines a été connue des Chaldéens, des Egyptiens, des Phéniciens, auxquels les Grecs empruntèrent leurs procédés. Ils portèrent cet art, comme tant d'autres, à la perfection. Les pierres le plus souvent employées sont : l'agate, la calcédoine, la cornaline, le jaspe, le lapis-lazuli, la malachite, l'onyx, le saphir, la turquoise. On distingue les pierres gravées en creux ou intailles et les pierres gravées en relief ou camées.
Chalcographie. — C'est l'art de graver sur métaux, particulièrement sur cuivre. Pour faciliter la reproduction des œuvres des grands maîtres et développer l'art de la gravure, Louis XIV créa la Chalcographie du Louvre (1670), qui put livrer pendant tout le XVIIIe siècle des épreuves remarquables et d'un prix peu élevé. L'Etat a repris la direction de cette institution, qui possède aujourd'hui environ six mille planches.
Xylographie. — Ce mot désigne la gravure sur bois et aussi l'art d'imprimer des lettres et des mots avec des planches de bois convenablement gravées. L'imprimerie, telle qu'on la pratique aujourd'hui, fut précédée et préparée par la xylographie.
Emaillerie. — C'est l'art de travailler les émaux ou de faire, avec la lampe d'émailleur, diverses sortes d'ouvrages. On donne aussi le nom d'émailleurs aux joailliers, orfèvres, qui fabriquent des objets émaillés, à ceux qui peignent en émail, etc. L'art d'émailler paraît remonter aussi haut que l'art de travailler le verre. Au moyen âge, on fabriquait, notamment à Bourges et à Cologne, des émaux pour les églises. A partir de la Renais-
sance, on orna d'émaux les bijoux, la vaisselle ; on fit d'admirables portraits. Après un siècle de décadence, l'émaillerie paraît devoir se relever.
Damasquinerie. — C'est l'art d'incruster des ornements, dessins en or ou en argent, sur des métaux tels que l'acier, le fer, le bronze, le cuivre. On grave d'abord au burin ou à l'eau-forte le sujet que l'on veut figurer. On applique aussi au damasquinage les procédés de la galvanoplastie. L'art de damasquiner était pratiqué par les anciens et Hérodote en parle. Florissant à Damas, il fut importé en Occident au XVe siècle et pratiqué avec le plus grand succès, d'abord en Italie, à Venise, Milan, Rome. On ornait de damasquinures les poignées d'épées, etc.
Plaqué. — On plaque un bijou ou tout autre objet en métal qu'on veut embellir, en le revêtant d'une lame d'or ou d'argent, qui représente ordinairement le vingtième de l'épaisseur totale : on fait adhérer parfaitement les deux métaux au moyen du laminoir. Le plaqué diffère du double, où les deux métaux sont soudés ensemble. On plaque sur cuivre et aussi sur fer (cf. dorure, argenture). L'industrie du plaqué ne date que du XVIIIe siècle. On lui préfère souvent la galvanoplastie.
Estampage — Dans les arts industriels, on supplée parfois à la gravure par l'estampage, qui est moins coûteux et plus expéditf. On estampe avec une matrice, un moule ou un poinçon, sur lequel on applique le métal m le cuir en pressant ou en frappant. On estampe à chaud ou à froid. On appelle aussi estampage une opération qui consiste à relever une inscription ou un dessin en creux avec du papier ou du carton mouillé.
Orfèvrerie. — Cet art n'est guère, comme on l'a dit, que l'application de la sculpture aux métaux précieux ; il est associé souvent à ceux du ciseleur, de l'émailleur, du joaillier et du lapidaire. On distingue la grosse orfèvrerie et la petite, selon la dimension des pièces ; Yorfcvrerie d'iriiftation, qui fabrique des pièces en cuivre doré ou des bijoux faux, etc. L'orfèvrerie fut connue des anciens, et ils y excellèrent, notamment les Egyptiens, qui ont laissé de vrais chefs-d'œuvre de bijouterie dans les tombeaux de leurs rois. Elle se développa avec le luxe, en Grèce et à Rome. Au moyen âge, l'orfèvrerie fut surtout religieuse et se distingua parmi les arts chrétiens, comme en témoignent encore les trésors de nos cathédrales. Sous saint Louis, les orfèvres purent former une corporation importante, placée naturellement sous le patronage de S. Eloi, qui fut l'orfèvre de Dagobert. L'orfèvrerie a partagé ensuite les destinées de l'art en général.
Monnayage. — L'art de fabriquer les monnaies est des plus anciens. Il comprend aujourd'hui les opérations suivantes : la fonte des métaux dans des creusets ; l'essai de l'alliage, pour s'assurer si cet alliage est au titre voulu ; le laminage du lingot et le découpage ; le frappage des pièces au moyen du balancier ou d'une presse. Les anciens fabriquaient leurs monnaies au marteau ou les fondaient dans un moule. La fabrication des monnaies est centralisée aujourd'hui, à Paris, à l'Hôtel de la Monnaie.
Peinture. — La sculpture, qui comprend de quelque manière tous les arts précédents, et la peinture, dont nous allons parler, sont sœurs. La première reproduit les formes ; la seconde, les traits et les couleurs. Ces deux arts ont un point de contact, qui est le dessin. La sculpture, en effet, abandonne souvent une partie des formes, elle les diminue, elle en néglige, elle se contente même d'un relief médiocre, mais elle garde toujours le trait et le dessin. La peinture, à son tour, peut négliger plus ou moins les couleurs et les ombres;