‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 168 sur 686 · LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART · texte numérisé non relu

LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART

insignifiantas, afin de donner le change, etc. On se sert quelquefois d'une ijrille ou carton à jouer, découpé de telle façon qu'en l'appliquant sur la dépêche il ne laisse voir que les lettres ou chiffres nécessaires. 11 y a aussi un art de déchiffrer les dépêches secrètes.

Lithographie. — La lithographie a été inventée en 1792 par Senefelder, à Munich. Mais c'est en France que cet art a produit ses plus belles œuvres. Senefelder vint lui-même fonder un établissement à Paris en 1817. Par extension, on donne encore le nom de lithographie à l'art d'imprimer sur planche de métal et en particulier de zinc, que l'on substitue souvent à la pierre. Les plus belles pierres lithographiques sont tirées des carrières de Solenhofen, près Munich. Les applications de la lithographie sont nombreuses et prennent divers noms : chromolithographie (impression à l'aide d'encres de diverses couleurs), photolithographie et phototypie (impression lithographique de photographies), etc. A la lithographie il faut rapporter aussi V autographie, qui a été remplacée par V autocopie, la polycopie (v. Bouchot, la Lithographie).

Imprimerie. — Au sens strict, l'imprimerie est l'art de reproduire une écriture au moyen de caractères mobiles assemblés et mis sous presse. Elle consiste en deux opérations principales : la composition ou l'assemblage des caractères et l'impression ou le tirage. Gutenberg est regardé avec raison comme l'inventeur de l'imprimerie, pour avoir imaginé le premier l'impression de l'écriture au moyen de caractères mobiles et construit la presse à bras. Découverte vers 1450, l'imprimerie produisit avant la fin du siècle des oeuvres remarquables, telles que les éditions d'Aide Manuce à Venise (1490). A la presse à bras, qui fut longtemps toute en bois, ont succédé aujourd'hui des presses mécaniques, qui ont atteint un très haut degré de perfection et de rapidité.

Imprimeur. — Avant le décret du 10 sept. 1870, l'exercice de la profession d'imprimeur, c'est-à-dire de directeur d'une imprimerie, était subordonné à la possession d'un brevet. La loi sur la liberté de la presse, du 29 juillet 1881, qui régit aujourd'hui l'imprimerie, soumet les imprimeurs à certaines obligations et à certaines responsabilités, quelques-unes plus ou moins justes. Tout imprimé rendu public doit porter le nom et l'indication du domicile de l'imprimeur : sont exceptés les ouvrages dits de ville ou bilboquets. Lors de la publication d'un imprimé, l'imprimeur doit en déposer deux exemplaires au ministère de l'intérieur ou à la préfecture, sous-préfecture, mairie : sont exceptés, avec les ouvrages précédents, les circulaires commerciales, industrielles, et les bulletins de vote. L'imprimeur est responsable du défaut de déclaration à faire au parquet par le gérant d'un journal ou écrit périodique avant sa publication ; il est responsable envers l'administration, si des affiches ont été apposées sans être marquées du timbre, etc.

Impression. — Dans les arts et l'industrie, outre l'impression typographique, il y en a plusieurs autres : l'impression en taille-douce, qui donne les estampes ou gravures ; l'impression des papierspeints, qui peut se faire à la machine et donne alors des produits moins parfaits ; l'impression sur tissus, qui peut se faire aussi à main d'homme ou par des machines. Quelques-unes de celles-ci impriment jusqu'à vingt couleurs et peuvent produire jusqu'à 8 ou 10.000 mètres d'étoffe en une journée de dix heures. Ces couleurs sont plus ou moins adhérentes à l'étoffe : de là les couleurs grand teint, bon a1 lut et faux teint. On fait adhérer la couleur à la fibre même de l'étoffe au moyen de mordants.

Typographie, typographe. — On entend souvent par la typographie l'art même de l'impri-

merie. On observera néanmoins ici une différence. Mieux que le mot d'imprimerie, la typographie comprend les diverses opérations de l'art d'imprimer: composition des caractères et tirage. De plus elle comprend encore certains arts ou industries annexes, comme la fonderie des caractères. Les mots de typographe et d'imprimeur ne se confondent pas non plus, bien qu'ils soient synonymes ; mais le second est plus général. On distingue, en effet, les imprimeurs en taille-douce, les imprimeurs lithographes, les imprimeurs typographes, etc.

Stéréotypie. — La stéréotypie ou fabrication des clichés comprend la prise de l'empreinte, sorte d'estampage fait sur les pages composées par les typographes, et la fonte du cliché. La matière du cliché est composée de quatre cinquièmes de plomb et d'un cinquième d'i>ntimoine. On fait des clichés cylindriques pour tirer sur les machines rotatives, ce qui a lieu pour les journaux à grand tirage. Le clichage au galvano, quoique plus coûteux, est préférable au clichage au plomb pour les ouvrages de longue durée ; il présente, en outre, cet avantage de donner le clichage des gravures avec celui^ du texte.

Musique. — Tandis que les arts précédents s'adressent aux yeux, la musique parle à l'oreille. Au moyen de la mélodie et de l'harmonie, tantôt distinctes et tantôt combinées, elle réveille à son gré et tour à tour les sentiments les plus variés, les plus doux ou les plus forts, les plus tendres ou les plus violents ; elle fait naître la joie ou la tristesse; surexcite la colère ou fait verser des larmes ; elle passionne, elle égare ou bien elle ramène. Alexandre entrait dans le délire, au son d'une musique guerrière. Saiil s'apaisait devant le jeune David, qui jouait de la harpe. La musique exerce son influence même sur l'être privé de raison. La fable raconte que la lyre d'Orphée était si harmonieuse, si plaintive, que les rochers eux-mêmes étaient attendris. Ce qui n'est point fabuleux, c'est que le serpent peut oublier sa fourbe et son venin, et que l'oiseau léger, devenu disciple attentif, répète docilement le chant qu'il a entendu. Aucun art ne touche de plus près au sentiment, et c'est pourquoi on le place au premier rang, à la suite de l'éloquence et de la poésie.

Dans la musique on distingue divers éléments essentiels : la mélodie et le rythme ou la mesure, le timbre, l'accentuation, l'harmonie. Selon les moyens naturels ou artificiels qu'elle emploie, la musique est vocale ou instrumentale. Au point de vue de l'esprit ou des sentiments qui l'animent, on distingue la musique sacrée, la musique militaire, la musique dramatique, celle de concert, etc. La musique a été connue dès la plus haute antiquité, où elle fut la compagne naturelle de la poésie. Les Juifs en particulier l'associèrent étroitement au culte et employèrent des instruments variés. Mais la musique moderne, sans procéder d'une inspiration plus haute, a pris un immense développement. Citons, parmi les compositeurs ou musiciens célèbres : Palestrina, Lulli, Rameau, Grétry, Pergolèse, Cimarosa, Bach, Haydn, Mozard, Haè'ndel ; au XIXe siècle, Cherubini, Bellini, Rossini, Verdi, Beethoven, Weber, Meyerbeer, Schumann, Wagner, Méhul, Boieldieu , Choron, Berlioz, Adam, David, Gounod (v. Fétis, Histoire générale de lu m usique, etc.).

Mélopée. — De nos jours, la mélopée se dit quelquefois d'une espèce de déclamation chantée. Chez les Grecs, la mélopée était l'art de composer des chants. On y distinguait trois genres : le grave ou tragique ; l'aigu, réservé au culte d'Apollon ; le bachique ou dithyrambique, qui était intermédiaire. La mélopée rentrait dans la musique, qui, chez les Grecs (Platon, Pythagorc) avait un sens très général, puisqu'elle comprenait des connaissances spé-

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