PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
culatives et pratiques, savoir : l'astronomie, harmonie du monde; l'arithmétique, harmonie des nombres; la rythmique, qui traitait des mouvements ; la métrique, qui traitait de la prosodie ; la poésie, etc.
Contrepoint. — Le contrepoint diffère de l'harmonie. Celle-ci consiste surtout dans l'enchaînement des accords ; celui-là, dans la marche des parties. Son invention, attribuée à Gui d'Arezzo, a contribué beaucoup au développement de la musique.
Orchestration. — C'est l'art d'employer les instruments de musique dans un but déterminé. Cet art suppose l'instrumentation, qui consiste plutôt dans la connaissance des instruments, de leur partie, de la façon dont ils s'enchaînent et se commandent. Il s'est compliqué beaucoup, depuis que l'orchestre a pris un si grand développement (v. instruments de musique, au livre XII).
Théâtre. — L'art du théâtre consiste à représenter des faits accomplis ou possibles : il amène devant le spectateur des personnages historiques ou imaginaires ; il fait entendre leurs paroles, et exprime leurs sentiments, ménage des circonstances opportunes et les rapprochements les plus heureux; on se croirait transporté dans les temps anciens ou dans un monde nouveau et réel ; en quelques heures, on assiste à des scènes émouvantes, qui suffiraient à remplir une vie. Mais on voit aussitôt les dangers et les excès auxquels est exposé l'art du théâtre. Il donnera en spectacle le vice au lieu de la vertu ; il rendra belle-ci méprisable et odieuse pour accorder à celui-là des excuses et les justifications du succès ; il introduira et propagera le goût des plaisirs légers et des distractions folles ; il excitera les émotions outre mesure, et amènera toutes les âmes frivoles et faibles, du monde de la réalité et de la sagesse au monde de l'imagination et de la folie. Il n'est pas étonnant que l'Eglise ait toujours montré de la défiance et de la sévérité pour le théâtre : parmi les beaux-arts, c'est peut-être le moins utile et le plus dangereux.
L'art théâtral fut cultivé beaucoup en Grèce et à Rome. Chez les Grecs de la belle époque, le théâtre eut un caractère hautement instructif et moral. Au moyen âge, cet art si puissant fut appliqué à la religion comme les autres ; et les mystères de notre sainte religion furent représentés devant le peuple chrétien, notamment par les Confrères de la Passion, association qui vint s'établir à Paris vers la fin du XIVe siècle. Les représentations religieuses ou Mi/stères duraient souvent plusieurs jours et attiraient un concours extraordinaire. Avec la Renaissance, le théâtre profane ne tarda pas à se développer et à supplanter le théâtre religieux, et ce fut trop souvent au détriment des mœurs. Molière organisa sa troupe en 1650. La Société de la Comédie-Française fut fondée en 1680. Depuis lors les théâtres se sont multipliés et la littérature dramatique n'a cessé de s'enrichir (v. Petit de Julieville, Histoire du théâtre en France, 1885; A. Pougin, Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre, 1885.
Mimique. — Les anciens ont cultivé beaucoup la mimique et y ont excellé. Souvent ils la séparaient du débit, qui était laissé à un acteur, tandis que l'autre exécutait les gestes. Associée au débit, la mimique constitue l'action. Employée seule, elle est la ressource des personnes qui ne parlent pas la même langue et des muets que la privation d'un enseignement particulier a laissés à leurs moyens naturels.
Pantomime. — Chez les Grecs, la pantomime était seulement un accessoire de la danse ; les Romains la cultivèrent à part et s'y passionnèrent. Dans leurs cérémonies funèbres, des mimes reproduisaient par des gestes les habitudes et les actes principaux de la vie du défunt. Roscius, contem-
porain de Cicéron, se faisait fort de rendre parfaitement avec le geste les plus beaux discours de l'orateur. Sous Auguste et après, les écoles de pantomime, à Rome, étaient très fréquentées. La pantomime a toujours fait partie du théâtre populaire, mais elle tomba souvent dans des grossièretés qu'il fallut réprimer. La pantomime reparut sur le théâtre, en France, au XVIe siècle, avec les acteurs italiens (v. Scapin, Scaramouche). Depuis lors elle n'a cessé d'être plus ou moins pratiquée.
Rôle. — On distingue, parmi les rôles que se partagent une troupe de comédiens : les premiers rôles, tragiques et comiques, les jeunes premiers ou amoureux, les seconds amoureux, les troisièmes rôles ou raisonneurs, les pères nobles,les rôles (i manteaux ou de financiers, les premiers et les seconds comiques, les utilités. Pour les femmes : les reines ou grands rôles tragiques, les jeunes princesses ou amoureuses, les confidentes ; dans la comédie : les premiers rôles, les coquettes, les soubrettes, les mères et les duègnes, etc., etc.
Soubrette. — Le rôle de soubrette de comédie n'a pas été entendu toujours de la même manière. Chez Molière, les soubrettes sont comme les génies familiers de la maison ; vives, spirituelles, elles ont le mot piquant et leste, mais le bon sens du peuple et un véritable dévouement pour leur maîtresse. Chez les comiques du XVIIIe siècle, elles ont plus de ruse et moins d'honnêteté.
Scapin. — Comme Arlequin et Polichinelle, Scapin est un personnage de la comédie italienne, qui passa en France, avec les auteurs italiens, au XVIIe siècle. Il a été popularisé par Molière dans les Fourberies de Scapin. C'est un valet intrigant et un fripon qui, par intérêt, se fait l'instrument de jeunes libertins. On le représente avec la livrée et le manteau court, coiffé d'une toque et armé d'une dague.
Scaramouche. — Autre personnage de la comédie italienne, qui fut introduit en France. Il est d'origine espagnole et passa d'abord à Naples. Comme le Capitan, qui figurait dans la plupart de nos vieilles farces avant Molière, il est fanfaron et poltron. On le représentait avec le costume espagnol, noir de la tête aux pieds.
Pathelin. — C'est le principal personnage de la farce de Maître Pathelin, chef-d'œuvre de la comédie française au moyen âge. C'est l'histoire éternelle, toujours instructive et amusante, du trompeur trompé. Aucune farce n'a été plus populaire et n'a laissé plus de traces, comme en témoignent les mots de patelin, paieliner, etc. L'auteur en est resté inconnu. Les noms de Guillaume de Lorris, Rabelais, etc., ont été mis en avant.
Jongleur. — En France, les jongleurs furent d'abord les joueurs d'instruments qui parcouraient les provinces avec les troubadours (v. ce mot) et remplaçaient même ceux-ci quand leur talent leur permettait de s'élever à cette dignité. Plus tard, le nom de jongleur s'étendit à tous les faiseurs de tours, joueurs de gobelets ou escamoteurs, saltimbanques, montreurs d'ours, etc. Enfin l'on réserve aujourd'hui le nom de jongleur à ceux qui se livrent à certains tours d'adresse, avec des boules, des poignards, etc. , qu'ils font sauter entre leurs mains, de façon par exemple que plusieurs soient en l'air en même temps. Chez les Hindous et chez les sauvages, on donne quelquefois le nom de jongleurs à des sorciers.
Histrion. — Le mot latin histrio est d'origine étrusque. Les premiers histrions, en effet, furent des mimes étrusques, baladins et danseurs, que les édiles firent venir à Rome vers 363 av. J.-C. pour divertir le peuple Ils devinrent de véritables acteurs ; mais le titre de citoyen romain leur fut toujours refusé, et leur profession ne cessa jamais