‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 170 sur 686 · LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART · texte numérisé non relu

LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART

d'être méprisée. De là le sens injurieux qui s'attache encore au mot d'histrion.

Bateleur. — Les bateleurs, bouffons, etc., sont de tous les temps et de tous les peuples. Leurs farces ont amusé également les Athéniens du VIe siècle avant J.-C, les Romains de la République et les Français du moyen âge. Les noms de plusieurs bateleurs français sont célèbres et ont même passé dans la langue : Tabarin, Turlupin, Bobèche.

Bouffon. — Outre les bouffons de la scène, dont il est parlé plus haut, il faut remarquer ici les bouffons des rois et de certains riches particuliers. On leur donnait le nom de fous. 11 y en a eu chez les Romains, qui les appelaient fatui, et chez les Grecs, qui les appelaient /xo>poi, mot qui a le même sens. Au moyen âge et encore longtemps après, ils furent à la mode. On choisissait d'ordinaire pour ce rôle des hommes contrefaits, qu'on accoutrait d'un costume ridicule; les grelots et la marotte comptaient parmi leurs attributs. Mais plusieurs pratiquèrent la sagesse sous les livrées de la folie ; ils usèrent de la grande liberté qui était le privilège de leur profession, pour rappeler à propos certaines vérités. Citons parmi les fous célèbres : Triboulet, fou de François Ier, et YAngêly, fou de Louis XIII.

Danse. — On peut la rapporter à l'art du théâtre. Exercer le corps d'une manière aussi douce que variée, lui donner de la souplesse et de la grâce, de l'agilité, de l'aisance et du naturel : telle est la fin de la danse. Elle fut connue et pratiquée des peuples anciens. Tous, les plus barbares comme les plus civilisés, ont aimé le chant cadencé et les mouvements réguliers et gracieux auxquels il invite. Mais, il faut le reconnaître, l'immoralité a abusé étrangement d'un art, qui de sa nature est inoffensif.

Chez les anciens on distinguait les danses sacrées et les danses profanes. Il paraît même que la danse eut à son origine un caractère religieux. Parmi les danses sacrées des Grecs, on remarque celles des corybantes, des dactyles, la dionysiaque; parmi les danses armées, la pyrrhique. Chez les Romains, la danse religieuse et militaire des Saliens est connue, sans parler de plusieurs autres. Le moyen âge eut ses danses rustiques : les branles, les bourrées. On vit ensuite le menuet, la gavotte, etc., puis les danses italiennes {pavane ou padouane, etc.), les danses espagnoles (sarabande, boléro, etc.), la valse allemande, la polka d'origine polonaise.

Page 1