PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPKDIQUE
conversions, les charges et les feux ; l'école de compagnie, Vêcole de bataillon et Yêcole de régiment, où l'on apprend les mouvements à exécuter dans ces diverses unités. Les exercices prennent aussi le nom de manœuvres, surtout quand il s'agit de la cavalerie, de l'artillerie et de la marine — Par analogie, on appelle exercices spirituels certaines pratiques religieuses qui forment au combat spirituel, qui développent la vie et l'énergie de l'âme.
Duel. — Comme combat singulier, engagé souvent au cours d'une bataille pour en décider l'issue, ou même pour terminer la guerre, le duel fut pratiqué chez les anciens. Sans parler des duels légendaires d'Achille et d'Hector, d'Enée et de Turnus, nous connaissons les combats historiques de David et de Goliath, des Horaces et des Curiaces, de Manlius et du géant gaulois. Quant aux duels judiciaires, appelés si abusivement jugements de Dieu, au moyen âge, ils furent condamnés par l'Eglise et interdits notamment par saint Louis. D'après cette coutume barbare, qui persévéra dans quelques contrées, l'accusateur et l'accusé entraient en lice, après avoir juré l'un et l'autre qu'ils avaient le droit pour eux : le vaincu était pendu ou décapité. Les parties désignaient un champion, quand elles ne pouvaient combattre elles-mêmes. Le duel qui se pratique de nos jours est un reste puéril et stupide de ces coutumes barbares (v. homicide).
Champion. — Au moyen âge, le champion était celui qui descendait en champ clos pour vider sa querelle ou celle d'autrui. Les moines et les autres ecclésiastiques; les femmes, les vieillards, les estropiés, fournissaient des champions, qui prenaient leur défense. En Angleterre, le champion du 7'oi était un chevalier qui, à la cérémonie du couronnement, défiait quiconque contesterait les droits du nouveau souverain.
Concours. — Les Grecs ouvraient périodiquement, aux jeux Olympiques, des concours fameux. On s'y disputait .les prix de la poésie, de la lutte, de la course, en un mot de tous les exercices de l'esprit et du corps. On y vit Pindare, Hérodote, Milon de Crotone. ' C'est à l'image de ces luttes qu'ont été institués les concours de toutes sortes pratiqués dans la société moderne. L'Eglise a donné l'exemple de bonne heure ; car, dès le moyen âge, elle s'attachait à conférer ses bénéfices aux plus dignes et avait institué des concours pour mieux les discerner. En France, outre les concours ouverts chaque année dans les diverses classes de l'Institut, il y a des concours universitaires : les uns entre candidats au professorat, qui aspirent au titre d'agrégé; les autres entre élèves qui se disputent certains prix au Concours général. Celui-ci avait été fondé en 1746 par un chanoine honoraire de Paris. Enfin il y a une foule de concours entre éleveurs, agriculteurs, industriels, etc., lors des expositions générales ou particulières ou universelles. Les courses hippiques et les autres exercices de sport, la course en vélocipède dans ces derniers temps ont donné lieu à des concours plus ou moins raisonnables, qui attestent cet instinct de lutte et de rivalité qui tourmente l'homme et dont il est également facile d'user et d'abuser.
Concurrence. — Elle se dit surtout des rivalités et des luttes commerciales. Maintenue dans de justes limites, la concurrence est un principe de prospérité et de progrès ; elle est, comme on l'a dit, l'âme du commerce. Grâce à elle, les produits s'améliorent, les prix s'abaissent, le travail est stimulé. Mais si la concurrence, au lieu d'être une émulation juste ou même généreuse, dégénère en lutte brutale, en rivalité haineuse et égoïste, l'ordre social en est troublé. Cet ordre, en effet, ne provient pas de la victoire des forts et de la défaite des faibles, mais du concert de tous ; et il est faux que,
dans une société bien ordonnée, le bonheur des uns fasse le malheur des autres : les vrais bonheurs, au contraire, s'entraînent les uns les autres, et aussi les malheurs. Mais, parmi les économistes, les uns, les libéraux, ont estimé que la concurrence est une loi naturelle à laquelle il faut laisser tout son jeu et tous ses effets, comme si elle pouvait se corriger elle-même ; les autres, les économistes chrétiens en particulier, ont pensé que la loi de la concurrence devait être subordonnée à la loi plus haute de justice. Cette subordination s'obtient par des mesures législatives et des institutions sociales : interdiction des accaparements, poursuite de la fraude et de l'usure, règlements corporatifs, détermination d'un minimum de salaire, etc. Dans les pays chrétiens, la charité s'ajoute à la justice pour inspirer toutes ces choses ; elle complète l'harmonie sociale par la fraternité surnaturelle et par les œuvres incomparablement belles et salutaires qui lui sont propres.
Gymnastique. — Elle comprend tous les exercices du corps qui ont pour but de l'assouplir, de le fortifier, de lui donner tous ses moyens d'action naturels : la course, le saut, l'équitation, la natation, le tir, l'escrime, etc. Parmi ces exercices, plusieurs s'exécutent au moyen d'appareils de toutes sortes : trapèze, anneaux, barres de fer, balançoire, etc. ; ils constituent la gymnastique proprement dite. Cet art était très honoré et très cultivé chez les Grecs ; il avait une grande place dans l'éducation. On y comprenait : le saut, la course, la lutte, le jet du disque ou du javelot, etc. Négligée pendant iongtemps, comme art distinct, la gymnastique est enseignée et pratiquée aujourd'hui dans la plupart des maisons d'éducation. Il existe, en outre, un grand nombre de sociétés de gymnastique. Plusieurs manuels de gymnastique ont été publiés, dont l'un par le ministère de l'Instruction publique (1892).
Athlète. — Pour être admis comme athlète à combattre dans les jeux publics, les Grecs exigeaient certaines conditions : 1° être Grec et de condition libre ; 2° être de bonnes mœurs et sans reproche; 3° jurer d'observer l'abstinence particulière imposée aux athlètes. Elle consistait à se priver de certains aliments et de tous les plaisirs énervants. Saint Paul y fait allusion, quand il exhorte les Corinthiens à mériter la récompense éternelle, bien préférable à celle qu'ambitionnaient les athlètes : « Courez de telle sorte, dit-il, que vous remportiez le prix. Or, tous les athlètes gardent en toutes choses une exacte tempérance, et cependant ce n'est que pour gagner une couronne corruptible, au lieu que nous en attendons une incorruptible » (I Cor. ix).
Pugilat. — Les pugilistes étaient les moins considérés des athlètes. Ils combattaient nus jusqu'à la ceinture et les poings armés de cestes. Ce combat brutal et souvent féroce fut introduit dans les jeux publics vers la 23e olympiade (688 av. J.C.). Il a été de tout temps en honneur chez les Anglais, sous le nom de boxe.
Escrime. — L'escrime moderne date du règne de Charles-Quint; elle passa d'Espagne en Italie, et ce pays fournit longtemps des maîtres d'armes au reste de l'Europe. Les Français le disputèrent ensuite aux Italiens, et, sous Louis XIII, leur supériorité devint incontestée. L'escrime a son langage comme tous les arts. La botte est un coup d'épée; on distingue la seconde, la tierce, etc., les dégagements et les contre-dégagements. Marcher, 'c'est aller en avant ; rompre, c'est reculer. Les anciens connurent l'escrime ou plutôt le maniement des armes (oplomachie). Les lanistes romains enseignaient une sorte d'escrime à leurs gladiateurs (ludicra ars armoru>n).
Tir. — Avec le perfectionnement des armes à