‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 173 sur 686 · LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART · texte numérisé non relu

LIVRE V : DE LA SCIENCE ET DE L ART

feu, le tir est devenu l'objet d'une science, la balistique (v. ce mot). On distingue le tir direct ou de plein fouet, exécuté sur un but visible, que l'on cherche à atteindre aussi directement que possible ; le tir indirect, exécuté sur un but invisible, mais au moyen de calculs et d'un ou plusieurs points de repère ; le tir plongeant, tir indirect dans lequel on fait décrire au projectile une courbe plus prononcée pour atteindre un but placé derrière un obstacle ; le tir à ricochet, en usage autrefois quand les projectiles étaient ronds et lancés par des canons lisses. Il y a, dans l'armée, des écoles régionales de tir, outre l'école normale de tir du camp de Châlons. Il existe aussi de nomoreuses sociétés de tir, en France, en Angleterre, en Suisse, etc.

Pointage. — C'est l'art de diriger une bouche à feu de façon que son projectile atteigne le but. Comme pour le tir en général, on distingue le pointage direct et le pointage indirect. Celui-ci est employé surtout dans le tir de siège ou de place. L'inclinaison à donnera la pièce est calculée sur la distance du but, la. rapidité du projectile, etc. Le pointeur donne cette inclinaison au moyeu d'une vis de pointage placée sous la culasse.

Equitation. — Bien que l'équitation ait été brillamment pratiquée depuis les temps les plus anciens, comme en témoigne la légende des centaures aussi bien que l'histoire, elle a varié beaucoup dans ses principes et sa méthode. On distingue l'équitation élémentaire ou basse école et la haute école. On distingue aussi l'équitation civile, militaire, celle des femmes et la voltige ou equitation aérienne. L'équitation est enseignée dans les manèges; elle se donne en spectacle dans les cirques, les hippodromes. A partir du XVIe siècle, la haute école fut en honneur; les Italiens d'abord, les Français ensuite, fournil ent les meilleurs écuyers. Notre principale école d'équitation militaire est à Saumur. Il existe plusieurs traités d'équitation ; le plus ancien est celui de Xénophon.

Entraînement. — C'est proprement le régime auquel on soumet les chevaux de course, pour les alléger de toute graisse inutile, développer en eux un tempérament nerveux et ardent, les rendre capables de fournir des courses rapides et soutenues. Par analogie, l'entraînement se dit aussi du régime particulier auquel on soumet les chevaux de guerre ; de celui auquel se soumettent les jockeys, les coureurs, les gymnastes, etc. Nous avons vu plus haut que les athlètes grecs se soumettaient à un régime sévère et approprié à leur profession.

Vélocipédie. — On peut entendre par ce mot le sport vélocipédique, qui, dans ces derniers temps, a pris un si grand développement, à la suite de l'invention et surtout des perfectionnements décisifs (1885) du vélocipède (v. ce mot). Ni au point de vue esthétique ni au point de vue hygiénique la vélocipédie ne peut être comparée à l'équitation ; mais elle rend dans bien des cas les mêmes services, des services même supérieurs et plus économiques. Quant à l'attrait de ce genre de sport, le public seul en est juge, et il paraît bien qu'il y a dans le succès inouï du vélocipède autre chose que de l'engouement. Dans l'armée, on a créé des compagnies de cyclistes, et les services exceptionnels et inattendus qu'ils ont rendus dans de récentes manœuvres ont attiré l'attention sur cette nouvelle ressource de guerre.

Navigation. — Selon les eaux où elle se pratique, on distingue la navigation fluviale ou intérieure et la navigation maritime. Celle-ci est dite au long cours et hautaricre, ou bien côtière, cabotage. Au point de vue des moyens qu'elle emploie, la navigation est dite et la rame, et la voile, à vapeur. Il est à présumer que la navigation à vapeur sera supplantée à son tour par la navigation à l'électricité. Les plus habiles et les plus an-

ciens navigateurs de l'antiquité furent les Phéniciens, dont Carthage n'était qu'une colonie : ils osèrent les premiers se lancer en pleine mer, en se guidant sur J les étoiles. Mais la navigation côtière a été pratiquée par tous les peuples maritimes. Parmi les plus intrépides navigateurs il faut citer encore les Normands, qui ravagèrent longtemps les côtes de l'Europe occidentale. Mais les grandes découvertes ne datent que de l'époque où la boussole fut transmise aux Occidentaux par les Arabes. Christophe Colomb découvrit l'Amérique en 1492. Vasco de Gasma trouva la route des Indes en doublant le cap de Bonne-Espérance en 1498; Magellan exécuta le premier voyage autour du monde (1519-21). Aujourd'hui d'immenses paquebots à vapeur sillonnent le globe dans tous les sens et permettent d'en faire le tour en quelques semaines. Comme écoles de navigation, on peut citer VEcole navale de Brest, qui forme des officiers de marine ; les écoles d'hydrographie (v. ce mot), d'où sortent des capitaines au long cours.

Pilote. — On distingue les pilotes côtiers, à qui l'on confie la direction des navires dans les parages des côtes qui leur sont bien connus, et les pilotes lamaneurs, qui dirigent les bâtiments à l'entrée et à la sortie des ports, sur les rivières, etc. Chaque vaisseau de l'Etat avait autrefois son pilote hav.turier ; mais les officiers du vaisseau se partagent aujourd'hui cette fonction. On donne aussi le nom de Pilote à un atlas à l'usage spécial des pilotes. Le Pilote français contient les cartes de toutes les côtes de France.

Natation. — La plupart des animaux ont la faculté naturelle de nager ; chez l'homme, au contraire, cette faculté est acquise, de même qu'une foule d'autres, plus indispensables encore. Très utile par elle-même, puisqu'elle peut permettre d'échapper à la mort et de sauver la vie de son semblable, la natation, si elle est pratiquée avec discrétion, est salutaire encore à la santé : elle fortifie les muscles, apaise les nerfs, provoque des réactions bienfaisantes et compte ainsi parmi les ressources de l'hydrothérapie. Elle était fort pratiquée chez les Romains et les Grecs qui, pour exprimer qu'un homme n'était qu'un ignorant, disaient de lui : « Il ne sait ni lire, ni nager ». On s'est préoccupé avec raison de la vulgariser dans l'armée et la marine ; elle devrait être enseignée à la jeunesse.

Aviation. — On a donné ce nom à une sorte de navigation aérienne qui s'effectuerait sans ballon, au moyen d'un mécanisme qui remplacerait les ailes de l'oiseau (avis). Des essais ont paru encourageants ; d'autres ont été funestes aux initiateurs. Le meilleur moyen qu'on ait trouvé jusqu'ici de se soutenir dans l'air, après le ballon, estVaéroplane ; encore faut-il que celui-ci se déplace rapidement à peu près comme l'oiseau qui plane. Les efforts qui ont paru le plus près de réussir sont ceux qui avaient pour but de diriger les ballons. On y est parvenu, mais très imparfaitement, au moyen d'hélices.

Course. — C'est un exercice naturel et un exercice gymnastique des plus utiles à l'enfance et à la jeunesse, pourvu qu'il soit modéré et proportionné aux forces du sujet: il développe lapoitrine, assouplit et fortifie les membres inférieurs. Chez les anciens, la course était fort honorée ; Homère rappelle souvent qu'Achille était léger à la course : « Achille aux pieds légers ». Le prix de la course était fort disputé dans les jeux publics. Outre la course à pied, il y avait la course des chars et la course de chevaux. Celle-ci a été remise en honneur par les Anglais d'abord, moins pour reconnaître les meilleurs cavaliers que pour améliorer la race chevaline. Le goût des courses et des paris qui les accompagnent, s'est ensuite répandu dans toute l'Europe.

Page 1