PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
Chasse. — La chasse a été l'un des premiers exercices de l'homme. Il chassa d'abord ou pécha par nécessité, et des peuplades entières vécurent de gibier et de poisson. Les Grecs, les Romains, les Perses et, en général, tous les peuples guerriers furent grands chasseurs. Les héros de la légende étaient renommés souvent pour avoir exterminé les monstres ou bêtes féroces qui désolaient le pays (l'hydre de Lerne, le sanglier d'Erymanthe) En France, la chasse fut de bonne heure et longtemps le privilège des rois et de la noblesse. Aujourd'hui chacun peut s'emparer du gibier qui est sur ses terres. La chasse est réglementée pour empêcher la destruction du gibier. Sans parler de la chasse aux bêtes féroces, qui n'est guère plus possible à l'Occident de l'Europe, on distingue la chasse à courre, à tir au chien d'arrêt ou aux chiens courants, la chasse aux filets et autres jiii'i/es, la chasse au furet pour le lapin, la chasse à la pipée pour les oiseaux, la chasse au vol ou fauconnerie (v. ce mot), les battues, etc. Dans la chasse à courre, on force la bête: cerf, chevreuil, etc. Cette chasse, exigeant une meute et un certain équipage, n'est possible qu'aux grands seigneurs ou à ceux qui les ont remplacés et jouissent comme eux d'immenses propriétés. La chasse au cerf surtout a toujours été entourée autrefois d'un grand apparat et a fait l'objet d'un art particulier. On chassait le cerf à cor et à cri, c'est-à-dire à cheval, avec la meute et des trompes (v. abois, hallali, curée). La chasse au filet est prohibée comme trop destructive, mais elle est tolérée pour certains oiseaux de passage. Les battues sont exécutées par des traqueurs, qui font lever le gibier et le rabattent sur les tireurs, qui l'abattent. On y a recours notamment pour l'extermination d'animaux nuisibles : loups, sangliers, renards, etc. Beaucoup d'auteurs ont traité de la chasse ; parmi les anciens : Xénoplion, Oppien.
Vénerie. — La vénerie a été fort cultivée au moyen âge ; elle avait ses règles et son langage particulier aussi bien et mieux encore que les arts les plus importants. Elle comprend la formation des équipages de chasse, le dressage des chiens, l'entretien des meutes, l'art de découvrir les traces de la bête, de la lancer et de la relancer, etc. A la tête du service des chasses du roi était le grand veneur, l'un des grands officiers de la couronne, qui avait sous ses ordres des lieutenants de vénerie, chacun avec son équipage particulier pour la chasse d'une espèce d'animaux. Tout le personnel des équipages, hormis les piqueurs et autres subalternes, était composé de gentilshommes.
Louveterie. — La louveterie c'est l'équipage pour la chasse du loup ; on y ajoute maintenant le renard et autres bêtes redoutables ou nuisibles. On donnait le nom de grand louvetier à l'officier de la maison du roi qui commandait la louveterie. Ce titre a été supprimé en 1789, mais non la fonction. Aujourd'hui des lieutenants de louveterie sont nommés par les préfets sur la présentation des conservateurs des forêts. Leur commission, purement honorifique, leur donne droit à chasser le loup, le sanglier, etc. dans les forêts de l'Etat et d'employer pour la destruction des bêtes nuisibles certains engins prohibés. Ils dirigent les battues ordonnées par les sous-préfets. Mais, pour remplir leur office, ils doivent entretenir comme équipage au moins un piqueur, trois valets de chiens, dix chiens courants et quatre limiers.
Braconnier. — A l'origine, les braconniers étaient les valets de chiens de chasse appelés braques. Aujourd'hui le braconnier est celui qui chasse en fraude. Réprimé très sévèrement avant 1789, le braconnage est puni depuis lors comme un simple délit de chasse ; il est justiciable des tribunaux correctionnels.
Fauconnerie. — L'art de dresser et de gouverner pour la chasse les oiseaux de proie, était jadis en grand honneur en France, où il était le privilège de la noblesse. Il est encore pratiqué dans le Nord de l'Afrique, en Hollande, en Allemagne et en Perse. On distingue les oiseaux de haut vol (faucons) et les oiseaux de bas vol (autour, epervier). De là la fauconnerie proprement dite ou chasse de haut vol, et Yautourserie ou chasse de bas vol. Pour dresser l'oiseau de proie, on se sert du leurre, du chaperon, etc. Il suffit de 15 jours pour dresser un faucon très jeune (niais, pris au nid), On habitue l'oiseau à se tenir sur le poing du chasseur. Lorsque le gibier est en vue, on le déchaperonne et, s'il est bien dressé, il s'élève aussitôt dans l'air pour fondre sur sa proie et revenir sur le poing. La fauconnerie était réservée d'ordinaire aux rois et aux princes; l'autourserie était le délassement des simples gentilshommes. On ne chaperonne pas l'autour; il chasse, en rasant la terre, perdrix, faisans, lièvres, lapins, et même la gazelle.
Oisellerie. — L'oisellerie est l'art de prendre et d'élever les oiseaux. On entend aussi par l'oisellerie un endroit où des oiseaux sont réservés et nourris. Les Romains, qui étaient friands d'oiseaux, bâtissaient d'immenses oiselleries. Pour prendre les oiseaux, X oiseleur se sert de toutes sortes de filets ou de pièges. Si, en outre, il ne les prend ou ne les conserve que pour les dresser, pour les vendre, il prend le nom d'oiselier.
Pêche. — Selon les lieux où elle est pratiquée, les instruments dont elle se sert, l'espèce de poisson ou d'autre animal que l'on prend, on distingue la pèche maritime, fluviale ; la pêche au filet, à l'hameçon, etc. ; la pêche à la sardine, au hareng, à la morue, à la baleine, etc. Dans la pèche maritime, il faut distinguer encore la, pêche côtière et la grande pèche, qui exige de grandes expéditions maritimes, comme la pêche de la morue à Terre-Neuve, qui est pratiquée en grand chaque année. Les populations de pêcheurs qui vivent sur nos côtes et qui sont décimées par tant de naufrages et autres accidents, fournissent à la flotte d'excellents marins. Beaucoup de peuplades anciennes, établies le long de côtes poissonneuses, vécurent principalement de pêche, comme d'autres peuplades, établies à l'intérieur, vécurent de chasse ou de l'art pastoral. Les Normands, qui se montrèrent des navigateurs si entreprenants et des envahisseurs si redoutables, furent d'abord un peuple de pêcheurs. Beaucoup d'auteurs ont écrit sur la pêche; parmi les anciens, Oppien, auteur des Halieutiques.
Jeu. — Nous avons rapproché le jeu de la lutte, dont il est pour ainsi dire une espèce. Il y a, en effet, dans le jeu un esprit de rivalité, un mélange d'espérance et de crainte, et des succès partiels suivis de revers plus ou moins réparables. Le jeu a même cet avantage sur la lutte, qu'il est plus fécond en ressources et plus varié dans ses formes, qu'il fatigue moins le corps et alimente mieux l'esprit et la convoitise. Le jeu donne tous les plaisirs de la surprise : c'est, en effet, un mélange perpétuel de prudence et de fatalité, de prévoyance et d'aveuglement, de calcul et de hasard, de savoir-faire et de fortune ; c'est une vie en abrégé, et une vie aventureuse, avec toutes ses alternatives de succès et d'adversités. Voilà pourquoi le jeu tour à tour récrée et délasse ou bien passionne et absorbe ; il devient facilement l'un des vices les plus tyranniques, les plus dégradants et les plus funestes. Nous avons ici en vue ces jeux intéressés et opiniâtres, auxquels on accorde non seulement ses loisirs mais son temps le plus précieux, sa fortune et le bonheur des siens, jeux condamnables et criminels, réprouvés par l'Eglise, et qui sont une forme hideuse du vice, un instrument trop efficace de perversité et de malheur. La soif de l'or, l'espoir