‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 183 sur 686 · LIVRE VI : DU CORPS · texte numérisé non relu

LIVRE VI : DU CORPS

(par ex. : un vieux chapeau, un vieux cheval), et souvent aussi celle de perfectionnement (par ex. : vieille expérience, vieille amitié, vin vieux) ; car le temps, qui use tant de choses, en fait grandir ou en améliore bien d'autres.

Maladif, valétudinaire, malingre, infirme. — Le maladif est souvent malade et pour un rien, à toute occasion et sans l'être gravement. Le valétudinaire est sans cesse empêché lui aussi par sa mauvaise santé et même aux prises avec la maladie. Il est atteint dans toute sa constitution, comme le maladif, mais plus gravement. Le malingre est chétif, il a tous les signes extérieurs de la faiblesse ; mais cette faiblesse est souvent plus apparente que réelle. L'infirme est réduit à l'impuissance habituelle d'agir, soit par le mauvais état de tels ou tels organes, soit par le mauvais état de toute la constitution. L'infirme peut d'ailleurs n'être point maladif, mais avoir un excellent tempérament.

Enfantin, puéril ; enfantillage, puérilité . — Enfantin se dit de tout ce qui est de l'enfant et convient à son âge, qui est celui de la spontanéité, de la naïveté et de la grâce. Puéril se dit de' ce qui est de l'enfant, mais ne convient pas à un autre âge. Enfantillage et puérilité marquent la môme différence. Les idées enfantines plaisent donc et ne sont pas déraisonnables ; mais les idées puériles et les actes qui en sont la suite, choquent le bon sens et il faut les éviter.

Physique, naturel, tempérament, constitution. — En général, physique se dit par opposition à moral. En parlant de l'homme, le physique se dit du corps, par opposition à l'âme, et s'applique spécialement à l'extérieur de la personne, à la mine, à la physionomie. Le naturel se dit de l'ensemble des qualités et des prédispositions morales qu'on tient de la nature et qu'on apporte en naissant : le talent, les capacités, les aptitudes, l'humeur en font partie. Le tempérament c'est l'ensemble des qualités 'physiques, considérées au point de vue de l'équilibre des humeurs et aussi au point de vue des passions qui en naissent, particulièrement des plus fortes. La constitution c'est le tempérament considéré au point de vue purement physique, c'est-à-dire comme principe de force et de santé. On dira, par exemple de la constitution, qu'elle est robuste; du tempérament, qu'il est ardent, fougueux ; du naturel, qu'il est intelli-

gent, docile ; du physique, qu'il influe sur le moral.

Souffle, haleine, respiration. — Le souffle c'est l'air chassé de la poitrine comme par un soufflet et que l'on peut retenir ou précipiter et diriger. L'haleine est le souffle expiré et sans effort par le jeu naturel des poumons. La respiration c'est plutôt l'acte physiologique de respirer ; ce mot n'est pas employé, au figuré, comme le mot inspiration, auquel d'ailleurs il répond. Dans la respiration, on considère surtout si elle est libre ou gênée. Souffle et haleine s'emploient au figuré, par comparaison à leur sens propre : l'haleine du vent est douce, mais le souffle peut être impétueux.

Conduire, guider, mener. — On conduit en marchant à la tête, en exerçant une certaine direction, une certaine autorité : un chef conduit ses soldats à la victoire. On yuirle en instruisant, en éclairant, en donnant tout avis ou toute explication nécessaire : on guide un voyageur, unjeune homme. On mène, en prenant la main, et par conséquent sans retard, avec autorité, s'il y a lieu, et même d'une manière impérieuse : on mène des troupes à l'assaut, et un enfant à l'école.

Blessure, plaie. — La blessure vient d'une cause extérieure, par exemple d'un coup d'épée, qui a divise'' les chairs et pénétré le corps. La,plaie est une solution de continuité dans les chairs, produite souvent par une cause morbide. Un ulcère n'est pas une blessure, mais une plaie.

Remède, médicament, médecine. — Le remède se dit, au propre et au figuré, de tout ce qui est de nature à opérer une guérison. Le médicament & un sens plus particulier et ne s'applique qu'aux remèdes préparés artificiellement et dont l'efficacité est souvent si problématique. La médecine est un remède plus particulier encore, puisqu'elle ne se dit que d'un purgatif, liquide ou solide.

Contagion, épidémie. — La maladie est contagieuse par le fait qu'elle se transmet d'une personne à l'autre; elle est èpidèmique par le fait qu'elle sévit sur un grand nombre de personnes à la fois. Une maladie contagieuse devient donc facilement èpidèmique; mais toute maladie èpidèmique n'est pas nécessairement contagieuse. Car le mal peut provenir non pas de la contagion, mais de causes générales qui sévissent sur la santé d'un grand nombre : ainsi l'insalubrité de l'air, des eaux malsaines.

ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES

Page 1