‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 184 sur 686 · Chapitre Premier · texte numérisé non relu

Chapitre Premier

Du corps : parties et éléments.

Corps. — Il est un corps plus parfait que tous les autres : c'est le corps humain. La matière se prête à mille transformations : elle est inerte et obscure dans les minéraux, lumineuse dans les astres ; elle est organisée dans le brin d'herbe et dans les végétaux de haute taille ; elle s'anime dans l'insecte inaperçu et dans les animaux les plus forts ; mais elle s'élève bien davantage, quand elle passe en la substance même de l'homme, pour y servir une âme intelligente et libre. La matière qui compose le corps humain, étant unie à l'âme d'une manière substantielle, participe dans une certaine mesure à sa dignité et à son empire. Quand nous disons que l'homme est le roi de la création, nous ne ne le séparons pas de son propre corps : son corps règne avec lui. Le mot même de corps appartient surtout au corps humain, et si l'on dit ou si l'on écrit le corps, nul ne pense au plus bel astre du ciel ni au plus précieux des métaux, mais tous pensent au corps humain, au corps par excellence.

Le corps tient donc toute sa dignité de l'âme. Abandonné à lui-même, il devient cendre et poussière, le plus vulgaire et le plus méprisé des éléments. L'âme, en s'enveloppant et en se pénétrant, pour ainsi dire, du corps, lui donne quelque chose de sa nature et de sa vie spirituelle. L'homme sent que ses organes les plus déliés prêtent à son intelligence un certain concours. Il prie, il interroge, et c'est par la voix, le geste et la physionomie qu'il s'exprime ; s'il a résolu d'agir, c'est à ses mains qu'il commande, c'est à ses membres qu'il a recours. Le corps est donc le signe de l'âme, en même temps que son instrument nécessaire et universel : n'est-ce point assez pour la gloire du corps ?

La nature, en nous attribuant un corps, ne pouvait nous soumettre un instrument à la fois plus robuste et plus délicat. La même main qui caresse sans l'offenser la fleur la plus tendre, peut, en recueillant ses forces, renverser avec fracas des masses dont la chute écraserait un éléphant. Mais c'est peu que ces ressources immédiates du corps humain. L'esprit sait inventer toutes sortes de mécanismes: la matière frémit sous la main qui l'enchaîne et

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