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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

la dirige, des chariots pesamment chargés se précipitent avec impétuosité sur une voie de fer, la montagne est percée de part en part, des bras de mer sont ouverts à la navigation ; l'homme est en réalité plus fort que les Hercules et que les Titans de la Fable. Comment a-t-il pu accomplir ces œuvres étonnantes ? Par le fer et le feu sans doute. Mais à l'origine des forces colossales du fer et du feu, il y a toujours une force corporelle, il y a la main de l'ouvrier, il y a le bras du travailleur. Et cette vigueur des membres, si féconde en résultats prodigieux, s'entretient par quelques aliments. Elle use les mécanismes les mieux construits ; le métal le plus dur est pulvérisé peu à peu : tout faiblit par le temps, tandis que le corps se répare sans cesse; et si le péché, en suspendant les effets de la grâce originelle, n'avait déposé dans les membres un germe de faiblesse et de mort, leur vigueur serait éternelle.

Le corps humain n'est pas moins admirable comme si^ne que comme instrument. Le signe, en effet, est d'autant plus remarquable qu'il représente mieux une chose plus parfaite. Or, y a-t-il en ce monde rien de plus parfait que l'âme, substance spirituelle, fille de Dieu et sœur des anges? Et d'autre part, est-il une idée ou un sentiment de l'àmc que le corps ne puisse traduire fidèlement et jusqu'aux moindres détails ? Qui aurait pu dire, avant la création de l'homme, que la matière serait assouplie au point de manifester les pensées et les sentiments d'un esprit, même d'un Dieu? Les an- ^es ne soupçonnaient pas peut-être ces derniers et suprêmes effets de la puissance divine, et grande fut leur admiration, lorsque Adam se leva de terre, vêtu d'un corps terrestre, avec un visage expressif et une parole spirituelle. H y a dans le nombre, la variété et l'arrangement des mots, des nuances infinies comme les affections de l'âme. Il y a dans le ton, qui peut être grave ou élevé, il y a dans la voix, qui peut être djuce ou forte, lente ou rapide, impérieuse ou suppliante, des expressions aussi variées et aussi mobiles que les passions et les désirs. Que dire de l'attitude, de la physionomie et du geste ? Il y a des choses délicates que le langage proprement dit ne sait traduire, mais que l'extérieur, même un simple regard, exprime jusqu'à la minutie. Le maintien à lui seul est un discours, le son de la voix est une révélation, un seul mot, un seul cri trahit toute notre âme. Et que serait-ce donc, si les sens n'étaient pas amortis parle péché, si les yeux et les oreilles savaient tout percevoir, si la voix savait parler et chanter, si le corps savait toujours prendre et garder l'attitude qui devrait être la sienne?

Ces considérations nous découvrent déjà les causes de la beauté corporelle ; elles permettent de répondre à cette question difficile : qu'est-ce que la beauté sensible ? La beauté est l'expression fidèle et achevée d'une âme parfaite. Ce front est-il noble et intelligent ; paraît-il abriter des intentions droites, pures, et de fortes pensées? Il est beau. Ces yeux sont-ils lumineux et modestes ; leur vivacité est-elle le signe d'un esprit actif et pénétrant, d'une imagination brillante, ou bien leur doux éclat est-il celui de la bonté et de la bienveillance ? Ils sont beaux. L'ensemble de ces traits, cette attitude enfin annoncent-ils une âme énergique et douce, digne et aimante, qui sait comprendre et sentir, espérer et attendre, combattre et vaincre, goûter la vertu et la pratiquer? C'est la beauté, la beauté véritable. Rien n'égale ici-bas cette beauté humaine, qui est l'expression parfaite de la force et de la modération, de l'intelligence et de la bonté. Le visage que les effets du péché originel ont respecté a infiniment plus d'attrait et de charmes que la nature inférieure et inanimée ne peut en offrir. « L'homme, comme le dit très bien

Lacordaire, est-ici bas le chef-d'œuvre du bien. Il rassemble sur sa noble figure la magie des deux mondes auxquels il appartient, le monde des corps et le monde des esprits. Supérieur dans la disposition de ses traits à l'imagination elle-même, qui n'a jamais pu se représenter rien de plus parfait, il y appelle encore du fond de son âme le reflet de la pensée, et l'expression de la vertu. S'il ouvre les yeux, c'est un esprit qui vous regarde ; s'il laisse ses lèvres silencieuses, c'est la grâce du cœur qui les anime en les fermant ; si la sécurité éclaire son front, c'est la paix d'une conscience droite qui y répand la lumière et le repos ; chaque pli de sa chair, chaque mouvement de sa vie renferme sous une seule beauté le double empire du bien visible et du bien idéal ».

Toute âme sensible aux attraits du beau, comprendra donc que des hommes de génie aient voué' leur vie entière à la reproduction de la beauté idéale du corps humain. Mais comment ne pas déplorer l'erreur de ceux qui dégradent leurs chefsd'œuvre en les dépouillant de la noblesse et de la modestie inséparables des bonnes mœurs ! Représenter la beauté déchue et sensuelle, lui donner une place honorable au sein des cités populeuses et dans les palais consacrés aux arts, c'est rendre un culte à une difformité morale, d'autant plus dangereuse, qu'elle dérobe ses attraits à la beauté véritable.

Momie — On donne ce nom aux cadavres ou aux corps d'animaux embaumés par les anciens Egyptiens. On a trouvé et on trouve encore beaucoup de momies dans les pyramides et dans les tombeaux de l'ancienne Egypte. Elles réapparaissent intactes après des milliers d'années, dans leurs cercueils de bois de cèdre ou de sycomore ; lecorps est devenu dur et sec comme du bois, il est tout entouré d'étroites bandelettes, à l'exception de la face, très bien conservée, et exhale une odeur aromatique. Mais les momies apportées dans nos musées ne s'y conservent pas indéfiniment, à cause de l'humidité de nos climats.

Tête. — La plus noble de toutes les parties du corps c'est la tête. Elle préside à toutes les œuvres et répond de tous les actes : « Quand le bras a failli, on en punit la tête ». Elle repose, comme un chapiteau élégamment sculpté, sur le sommet de la colonne vertébrale, et cette position lui laisse toute la liberté et toute l'initative désirables. C'est à la tête que vont aboutir les nerfs, ces instruments merveilleux de la sensation et du mouvement ; c'est en elle que résident les principaux organes : la vue, l'ouïe, l'odorat et le goût. Le cerveau paraît être le siège des principales facultés sensibles et l'auxiliaire précieux de l'intelligence elle-même. De ce foyer de la sensibilité se détachent des nerfs spéciaux qui le font communiquer avec les yeux, les oreilles, les narines, la langue, les lèvres et toute la surface mobile du visage.

La tète fournit un sujet inépuisable d'observations et d'études aux savants et aux artistes. Ceuxci la considèrent au point de vue de l'expression. Il en est de même des physionomistes, dont le but d'ailleursest bien différent (v. physiognomonie). A leur tour les phrénologistes cherchent dans la conformation et les protubérances du crâne des indices révélateurs des facultés et des états habituels de l'âme (v. phrènologie, crâne, craniologié). Les physiologistes poursuivent une entreprise moins chimérique quand ils essaient de localiser, dans les diverses régions du cerveau, les facultés sensibles de l'âme.

Encéphale. — C'est la masse centrale du système nerveux, qui occupe la cavité du crâne. Trois membranes, appelées les méninges, la séparent des parois osseuses. L'encéphale comprend : le cerveau, qui en est la partie la plus considérable, le

cervelet, la protubérance annulaire ou cérébrale, dite aussi pont-de-Varole, qui sert à joindre le cervelet au cerveau. A la protubérance annulaire commence la moelle épinière, gros cordon nerveux qui occupe le canal vertébral. En pénétrant dans le crâne, les cordons nerveux de la moelle présentent un renflement : c'est le tube rachidien, où se trouve le nœud vital (v. moelle).

Cerveau. — Le cerveau remplit la voûte crânienne ; il est séparé du cervelet, placé à l'occiput, par une cloison fibreuse. On distingue, dans le cerveau, en allant d'avant en arrière : les lobes antérieurs, les lobes moyens et les lobes postérieurs. Dans un autre sens, on distingue les deux hémisphères cérébraux, le droit et le gauche, séparés par une scissure longitudinale. Les deux hémisphères sont unis à leur base par une sorte de plancher commun : c'est le corps calleux. Leur surface présente un grand nombre de circonvolutions, séparées par des sillons profonds ou anfractuosilés. Entre les hémisphères cérébraux et dans leur épaisseur on trouve des cavités ou ventricules, les corps striés et les couches optiques, dont les fonctions sont encore peu connues. Le cerveau est composé de deux substances de couleur différente : l'une, blanche, qui occupe le centre ; l'autre, grise, étendue à la surface. La substance grise, vue au microscope, présente, avec des noyaux et des cellules de diverses formes, beaucoup de matière amorphe ; la substance blanche présente des tubes nerveux minces, disposés en fascicules, qui plongent dans la matière amorphe, des vaisseaux capillaires, etc. Le poids du cerveau chez l'homme dépasse facilement 1.300 grammes; il dépasse de beaucoup le poids du cerveau des plus grands mammifères. Des anthropologistes avaient essayé d'expliquer la supériorité des grands hommes par le développement ou le volume plus grand du cerveau ; mais leur prétention n'a pu tenir devant l'expérience. On a été plus heureux en fait de localisations cérébrales. Le cerveau est évidemment un organe de sensibilité et de mouvement. On a donc pu y distinguer descentres psycho-sensitifs et des centres psychomoteurs. Parmi ces derniers, remarquons la 3e circonvolution jfrontale gauche, regardée comme le centre des mouvements exigés pour le langage articulé'; la 2e circonvolution, d'où dépendent les mouvemenxs de la face (v. Farges, le Cerveau, l' ihne et les facultés; Surbled, le Cerveau; le Problème cérébral, etc.)

Cervelet. — Cet organe est six ou sept fois moins volumineux que le cerveau, avec lequel il est lié, ainsi qu'à la moelle épinière, par la protubérance annulaire. Comme le cerveau, il est divisé en deux hémisphères. Sa surface présente des lames concentriques, séparées par des sillons ; à l'intérieur, se trouve une cavité, le quatrième ventricule, dont les parois sont formées par le cervelet, la protubérance annulaire et la moelle épinière. Si l'on pratique une section avec le bistouri, les substances grise et blanche apparaissent de manière à figurer une sorte d'arborisation, dite arbre de vie. Plusieurs regardent le cervelet comme le siège des appétits sensibles ou passions.

Glande pinéale. — C'est un petit corps en forme de cône ou de pomme de pin, mou et d'un rouge pâle, qu'on trouve vers le centre de l'encéphale. Descartes y plaçait, mais bien à tort, le siège de l'âme. L'embryologie le regarde aujourd'hui comme un organe rudimentaire, qui correspond à un œil impair, situé au sommet de la tête. On le retrouve assez bien formé chez quelques lézards.

Face. — La face, qui distingue l'homme entre tous les animaux et exprime si bien les états et les mouvements de l'âme, est aussi le siège des organes de la vue, de l'odorat, du goût et de la voix. Sa forme est celle d'un ovale plus ou moins allongé.

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