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PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

paupière, la membrane nyciilante, qui est un repli de la conjonctive. Chez les poissons, les yeux n'ont point de paupière ni d'appareil lacrymal. Plusieurs articulés sont dépourvus d'yeux ; d'autres en ont un nombre variable, la scolopendre en a 24. On distingue alors deux espèces d'yeux, les yeux lisses ou simples et les yeux composes ou à facettes. Le nombre de ces facettes est quelquefois prodigieux : il y en a jusqu'à 50 chez la fourmi, 12,544 chez les demoiselles. Parmi les mollusques, les céphalopodes sont aussi bien partagés que les vertébrés supérieurs, mais les yeux des gastéropodes sont plus simples et très myopes. Chez l'homme et les animaux supérieurs, où la vision est parfaite, elle s'accomplit de la manière suivante. L'œil est comme une espèce de chambre noire, et la rétine joue le rôle d'une plaque sensible. Rendus convergents par les milieux réfringents de l'œil, les rayons lumineux viennent y former l'image réelle et renversée des objets. Si la distance de l'objet à l'œil varie, l'œil s'accommode à la distance, c'està-dire que le cristallin se contracté plus ou moins de façon que l'image est maintenue sur la rétine. Si l'œil est mal conformé, cette accommodation devient impossible dans certains cas : de là la myopie, la presbytie, etc. (v. ces mots).

Cornée. — C'est la membrane transparente par laquelle les rayons lumineux pénètrent dans l'œil. Sa face antérieure, qui est convexe, est recouverte par une lame fort mince, qui appartient à la conjonctive ; sa face postérieure est tapissée par la membrane qui contient l'humeur aqueuse. La cornée réfracte les rayons lumineux et joue le rôle d'une lentille convergente. Chez les myopes, elle est plus convexe que chez les presbytes. On donnait autrefois le nom de cornée opaque à la sclérotique et on désignait alors la cornée proprement dite sous le nom de cornée transparenté.

Choroïde. — Cette membrane fort mince tapisse la partie postérieure de l'œil, et se termine, vers la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée, par un anneau blanchâtre, dit cercle ciliaire, offrant des replis nombreux, dits procès ciliaires. La choroïde offre, en arrière, une ouverture pour le passage du nerf optique, qui vient s'épanouir sur elle; ses deux faces sont enduites d'un pigmentum noir, qui paraît destiné à absorber les rayons lumineux superflus. Elle-même est formée d'une foule de veinules et d'artériolcs soutenues par un tissu cellulaire très serré.

Rétine. — Cette membrane, formée par l'épanouissement du nerf optique, repose sur la choroïde et n'est séparée de l'humeur vitrée que par la membrane ^ hyaloïde. Dans son épaisseur, qui n'est que d'un cinquième de millimètre, on distingue jusqu'à quinze couches différentes, dont la dernière (la couche des bâtonnets) est celle qui paraît sensible à la lumière. On appelle tache jaune la partie la plus impressionnable de la rétine : c'est une petite dépression, .qui se trouve en face de l'objet qu'on regarde. On appelle point aveugle (punctum caecum) l'endroit où le nerf optique pénètre dans l'œil : il est, en effet, insensible à la lumière. On a constaté que la rétine est pourpre et que cette coloration est détruite par la lumière, mais qu'elle se reproduit sans cesse pendant la vie : l'organe de l'œil offre donc quelque chose d'analogue à la plaque sensible de l'appareil photographique. On a constaté aussi que l'image des objets peut se peindre sur la rétine d'un animal qui vient de mourir.

Cil. — Les paupières de tous les mammifères sont bordées par des poils, appelés cils, qui écartent du globe de l'œil la poussière qui pourrait l'incommoder et servent aussi à tamiser la lumière, quand elle est trop vive. Chaque cil est lubrifié par le

liquide de deux glandes situées à sa base. La chassie n'est que ce liquide en excès.

Nez. — Au point de vue physiologique, le nez est la partie extérieure de l'organe de l'odorat. On y distingue : la racine ou le sommet, les ailes ou les côtés, et les narines. La charpente du nez est formée d'os et de cartilages. Au point de vue de la physionomie, on distingue les nez droits, aquilins, retrousses, camus ou épatés. Chez les animaux, le nez se détache moins du reste de la face ; parfois il se modifie en boutoir, en trompe, etc. ; il devient un organe de tact, de préhension. Le nez est le siège d'affections graves : polype, lupus, etc., dont quelques-unes peuvent entraîner sa destruction. L'intérieur du nez est le siège de l'odorat. Les fosses nasales sont tapissées par une membrane muqueuse, dite membrane pituitaire, à la surface de laquelle les ramifications du nerf olfactif entrent en relation avec les particules odoriférantes. Toute la pituitaire n'est pas sensible aux odeurs, mais cette partie seulement qui tapisse le cornet supérieur et une petite partie du cornet moyen. La pituitaire est bien plus développée chez les carnivores, et en particulier le chien, que chez l'homme. Commme l'écrit Buffon, pour le chien « l'odorat est un organe universel de sentiment : c'est un œil qui voit les objets, non seulement où ils sont, mais même partout où ils ont été ». Chez certains oiseaux et certains poissons, l'odorat paraît également très affiné : il en est de même de beaucoup d'invertébrés, mais le siège de ce sens est mal connu.

Bouche. — La bouche, avec les lèvres qui la ferment, donne au visage l'une de ses expressions principales : elle marque tour à tour la joie, la douleur, le dédain, le dépit, tous les sentiments. Son rôle est le plus élevé, lorsqu'elle concourt à la production de la parole et devient éloquente. Son rôle physiologique est également de première importance : c'est dans la bouche que les aliments sont triturés et imprégnés de salive avant d'être ingérés dans l'estomac. A la bouche se rattache donc Vappareil salutaire. Il est composé de glandes, dont les unes, nombreuses et petites, occupent l'épaisseur des parois de la bouche (lèvres, joues, langue, palais) ; les autres, plus grosses, sont rangées autour de la mâchoire inférieure. Ce sont : la glande parotide, située au-dessous de l'oreille ; la glande sous-maxillaire, la glande sublinguale. La parotide verse son produit à la face interne de la joue, vers la deuxième grosse molaire supérieure ; le canal de la sous-maxillaire aboutit vers le filet de la langue; la sublinguale s'ouvre par plusieurs conduits. Chez les animaux, la bouche change de forme ; elle empiète sur le reste de la face ou subit une foule d'autres modifications ; elle disparaît même, avec le tube digestif dont elle est l'entrée, aux derniers degrés de l'échelle zoologique.

Langue. — Organe du goût et principal instrument de la parole, la langue est recouverte de papilles de diverses formes, qui lui permettent d'apprécier les saveurs des aliments, et elle jouit, eu outre, d'une mobilité parfaite, qui lui donne d'articuler tous les mots avec une rapidité et une précision extrêmes. Dans sa partie charnue, elle est composée de fibres et de muscles entre-croisés dans tous les sens. Elle reçoit trois nerfs, dont le premier est détaché du ylosso-pharynyien et sert à percevoir les saveurs; les deux autres, détachés de Vhypoylosse et du maxillaire inférieur, donnent à l'organe son mouvement et sa sensibilité tactile. La langue fournit des indications précieuses sur l'état des autres organes : rouge, pointillée, elle est un signe de l'inflammation du tube digestif ; jaunâtre ou blanchâtre, elle annonce un embarras de l'estomac et des intestins ; sèche, noire, fendillée en apparence, elle est un indice fâcheux dans les

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