LIVRE VI : DU CORTS
fièvres graves. Le siège du goût paraît être localisé sur les bords et à l'extrémité de la langue. Comme les autres organes, elle se modifie chez les différentes espèces animales ; elle disparaît ou à peu près avec les vertébrés.
Filet. — La muqueuse qui revêt la langue se relie avec la muqueuse de la cavité buccale et offre, au-dessous de la langue, un repli triangulaire qu'on appelle filet ou frein. Si le filet se prolonge jusqu'au bout de la langue, il en gêne les mouvements ; on y remédie "alors en le coupant avec des ciseaux. Les lèvres ont aussi chacune un filet qui les unit aux os maxillaires.
Palais. — C'est la paroi supérieure de la cavité buccale, en forme de voûte chez l'homme ; elle s'étend entre l'arcade dentaire en avant et sur les côtés et le voile du palais en arrière. Le palais a pu paraître l'organe du goût, parce que la langue presse ordinairement sur lui pour mieux s'appliquer aux objets qu'elle savoure. Chez les reptiles et les poissons, le palais est souvent armé de dents.
Oreille. — On distingue, chez l'homme, l'oreille externe, moyenne et interne. La première comprend le pavillon et le conduit auriculaire externe. La seconde est toute logée dans l'os temporal et comprend : la caisse du tympan, avec les fenêtres ovale et ronde, les cellules mastoïdiennes, la trompe d'Eustache, qui vient du pharynx et renouvelle l'air de la caisse, les quatre petits osselets mobiles, savoir : le marteau, l'enclume, Vos lenticulaire et Y ctrier. L'oreille interne ou le labyrinthe, logée dans le rocher, partie profonde de l'os temporal, comprend : les trois canaux semi-circulaires, le limaçon et le vestibule membraneux, placé au centre. Ce vestibule paraît être la partie essentielle et fondamentale de l'organe. Les sons y rencontrent les fibrilles nerveuses du nerf acoustique, ramifiées dans les otolithes et l'organe de Corti. Les otolithes ressemblent à des plaques calcaires et sont composés de parties plus petites, dites otoconies ; ils servent, selon Helmholtz, à la perception des bruits, tandis que l'organe de Corti servirait à la perception des sons. Quoi qxi'il en soit, le mécanisme général de l'ouïe s'explique maintenant facilement : les vibrations sonores sont recueillies dans le pavillon auriculaire, qui les dirige dans le conduit auditif jusqu'à la membrane du tympan ; elles traversent ensuite la caisse du tympan, suivent la chaîne délicate des quatre petits osselets, arrivent à l'oreille interne et au labyrinthe, où elles entrent en relation avec les ramifications du nerf acoustique, qui perçoit le son. L'oreille est de moins en moins parfaite chez les animaux inférieurs. Le pavillon manque d'ordinaire chez les oiseaux; il est très développé, au contraire, et mobile chez certains mammifères (chien, âne). Chez les reptiles, le tympan est à fleur de tête ; il n'y a qu'un rudiment d'oreille interne chez les poissons; chez les invertébrés tels que les crustacés, les insectes, les mollusques, l'oreille est réduite souvent à une cavité qui renferme quelques concrétions calcaires. Enfin il est probable que l'ouïe manque tout à fait chez certains animaux des plus inférieurs et qu'ils perçoivent les vibrations sonores seulement comme des ébranlements tactiles.
Cheveu. — Les cheveux, comme les autres poils (v. ce mot), se composent de deux parties essentielles : le bulbe ou la racine et la tige. La nature, la couleur, l'abondance et la persistance des cheveux varient selon le sexe, le tempérament, la race, le climat : ils sont plus longs chez la femme ; fins et soyeux chez les blancs, crépus et laineux chez les nègres ; ils blanchissent par le progrès de l'âge ou par suite de maladie. Leur coloration est due à une matière grasse et colorante, qui pénètre par le canal capillaire. Si cette matière manque, il y a albinisme ou canitie. On distingue
les cheveux noirs, bruns, châtain foncé, châtain clair, blonds et roux.
Chevelure. — Les cheveux ont subi partout et toujours les exigences de l'usage ; les cheveux de la femme surtout se sont prêtés et se prêtent encore à tous les caprices de la mode. Les Juifs portaient les cheveux longs; de même les anciens Grecs, les anciens Romains et les Francs. Nos mérovingiens, dits rois chevelus, gardaient leur longue chevelure comme un signe de royauté et de noblesse. Une tête rasée passait généralement, chez les peuples anciens, pour un signe d'esclavage. Et peut-être faut-il rapporter à ce même sentiment l'usage cruel des Indiens d'Amérique, qui scalpaient leurs ennemis vaincus. Néanmoins, l'usage de porter les cheveux ras fut honoré de bonne heure. Dès l'an 454 de Rome, les Romains l'adoptèrent et la longue chevelure devint bientôt la marque de mœurs efféminées. En France, François I,à la suite d'une blessure à la tête, mit à la mode les cheveux courts. Louis XIII fit naître l'usage des perruques, qui devinrent énormes sous Louis XIV. Sous Louis XV, on porta la poudre et la queue. A la Révolution, on revint à la mode romaine : on porta la chevelure à la Titus, etc. Les Chinois gardent leur vieil usage, qui est de se raser la tête, mais en gardant au sommet une houppe, souvent très longue, qui retombe par derrière en forme de queue. Les Orientaux se rasent la tête et portent le turban ou l'espèce de bonnet qui l'a remplacé. Les sauvages portent généralement encore la chevelure longue, et l'on trouve chez eux les genres de coiffure les plus variés, souvent les plus excentriques.
Toupet. — Plusieurs peuples de l'ancienne Germanie et aujourd'hui encore les Tartares, etc., se rasent la tête, mais en gardant un toupet de cheveux. Les Grecs les plus anciens frisaient leurs cheveux sur le front de façon à en former un toupet ou corymbe. On appelle faux toupet une petite perruque qui recouvre le sommet de la tête et paraît se confondre avec les cheveux naturels.
Barbe. — Les usages et la mode se sont exercés sur la barbe comme sur les cheveux. Les Egyptiens, dit-on, sont le premier peuple qui se soit rasé. En Grèce, on portait la barbe longue ; mais Alexandre fit raser les Macédoniens. Les Romains commencèrent à se raser vers 295 avant J.-C. Adrien rétablit le port de toute la barbe ; mais Constantin ramena l'usage précédent. Les Gaulois portaient la barbe longue; les Francs ne portaient que la moustache. Les poètes du cycle carolingien ont parlé du grand empereur, à la barbe fleurie Louis le Jeune renonça à la barbe ; mais François Ier la remit en honneur. Henri IV la portait de grandeur médiocre, La barbe est autorisée dans l'armée, après avoir été tantôt prescrite et tantôt défendue ; le barreau a aussi reconquis le droit de la porter. Elle n'est pas permise généralement aux membres du clergé, à part les missionnaires et certains religieux ; mais les hommes d'Eglise l'ont souvent portée autrefois. Certains Orientaux, les Arabes en particulier . la portent avec fierté comme une marque de courage et de virilité. A côté de certains avantages, le port de la barbe offre, entre autres inconvénients, celui de dérober au visage une grande partie de son expression. (V. Y Histoire de la barbe par D. Calmet, etc.)
Moustache. — Les moustaches ont subi à peu près les mêmes vicissitudes que la barbe. Les Chinois les ont toujours conservées, tout en rasant le reste de la barbe. Dans l'armée, les grenadiers seuls avaient d'abord le privilège de porter moustaches ; en 1806, ce privilège l'ut ('■tendu à la cavalerie, moins les dragons; en 1821, il fut accordé aux officiers et, en 1832, à tous les militaires. Aujourd'hui toute liberté est rendue.
Dépilation. — Elle consiste à faire tomber le