PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
poil, en détruisant le bulbe, au lieu que l'épilation consiste seulement à arracher le poil. Cette seconde opération, si le bulbe n'est pas arraché avec la tige, n'emporte donc pas disparition définitive du poil. La dépilation a été pratiquée par les Egyptiens, les Perses, les Grecs, les Romains ; elle l'est encore par les Arabes, les Turcs, les Chinois. Le rusma employé par les Orientaux comme drogue dépilatoire, a pour base la chaux vive et le sulfate d'arsenic.
Membres. — Dans le corps on peut distinguer les parties intégrantes, comme les divers membres et les divers organes, et les éléments, qui sont répandus par tout le corps, comme les os, les nerts, les muscles. Ces parties et ces éléments sont si bien associés, malgré leur grand nombre et leur diversité, qu'ils ne souffrent jamais de leur rapprochement ; au contraire, leur fragilité et leur délicatesse extrêmes trouvent dans ce rapprochement même la facilité et la précision du mouvement. Le corps humain est ainsi un édifice, selon un mot de l'Ecriture (Gen. n, 22), mais un édifice vivant et toujours mobile, qui repose sur la terre sans s'y enraciner, et dont l'architecture élégante et la solidité sont incomparables. Tout d'abord nous remarquerons les membres, qui servent à exercer les grands mouvements. Ils sont disposés par paires, sur les côtés du corps, et au nombre de quatre, chez tous les mammifères, hormis les cétacés et les sirènes. On les divise en membres supérieurs et thoraciques (dits membres antérieurs chez les animaux) et en membres inférieurs et pelviens ou abdominaux (dits membres postérieurs chez les animaux). Les premiers comprennent : l'épaule, le bras, l'avant-bras, la main ; les seconds : la cuisse, la jambe et le pied. Les mollusques et les rayonnes sont dépourvus de véritables membres ; mais les articulés en ont trois, quatre, cinq paires et même beaucoup plus, comme les myriapodes.
Organe, organisme. — Toute partie de l'être vivant destinée à remplir une fonction vitale, est appelée organe. On distingue les organes, selon les fonctions, en organes de nutrition, de génération, de locomotion, des sens, s'il s'agit des animaux, et en organes de végétation et de reproduction, s'il s'agit des plantes. On donne le nom d'appareil à un ensemble d'organes qui concourent à une même fonction. L'organisme comprend tous les organes nécessaires à la vie d'un être ; il est essentiellement un. D'où la loi des corrélations organiques, ainsi expliquée par Cuvier : « Tout être organisé forme un ensemble, un système clos, dont toutes les parties se correspondent mutuellement et concourent à la même action définitive par une réaction réciproque... Si les intestins d'un animal sont organisés de manière à digérer de la chair, il faut aussi que ses mâchoires soient construites pour dévorer une proie, ses griffes pour la saisir et la déchirer, ses dents pour la couper et la diviser ; le système entier de ses organes de mouvement pour la suivre et pour l'atteindre ; ses organes des sens, pour l'apercevoir de loin ; il faut même que la nature ait placé dans son cerveau l'instinct nécessaire pour savoir se cacher et tendre des pièges à ses victimes. Telles sont les conditions générales du régime Carnivore; tout animal destiné pour ce régime les réunira infailliblement : car sa race n'aurait pu subsister sans elles ». On a comparé l'organisme des sociétés à celui de l'être vivant; mais il n'y a entre eux que des analogies profondes : la société forme un tout moral, l'être vivant est un tout physique; l'unité de la société, si belle d'ailleurs, est accidentelle, elle vient de l'ordre, de l'harmonie, du concert des volontés, etc., au lieu que l'unité de l'être vivant est essentielle.
Viscère. — C'est le nom général des organes logés dans la poitrine ou dans l'abdomen, c'est-à-
dire dans les deux cavités splanchniques ; ce sont : le cœur, les poumons, l'estcmac et les intestins, le foie, la rate, etc. On donne particulièrement le nom d'entrailles aux viscères de l'abdomen. Il arrive quelquefois que les viscères ont subi une inversion chez certains sujets, c'est-à-dire que le cœur et l'estomac sont à droite, le foie à gauche, etc.
Glande. — Les glandes sont des organes de sécrétion. On distingue les glandes simples et les glandes composées ; les glandes en grappe, telles que les glandes lacrymales, salivaires, mammaires, et les glandes en tube, comme le foie et le rein. On appelle fausses glandes ou glandes vasculaires sanguines certains organes analogues aux glandes véritables, mais qui n'ont pas de canal excréteur : ainsi la rate, le corps thyroïde, le thymus, les capsules surrénales ; elles influent beaucoup sur la constitution du sang. On donne encore vulgairement le nom de glandes aux ganglions lymphatiques, renflements glanduleux sur le trajet des vaisseaux lymphathiques ; ils sont très développés chez les sujets lymphatiques; leur inflammation prend le nom d'adénite.
Cou. — Le cou est cette colonne de chair et d'os, forte, élégante et mobile, qui porte noblement la tête. Au centre se trouvent des organes importants : le larynx et la trachée-artère, qui font communiquer la bouche avec les poumons et les bronches ; le pharxnx et l'œsophage, qui la font communiquer avec l'estomac. La charpente du cou est formée chez l'homme par sept vertèbres cervicales. Il y a, en outre, à la partie antérieure, l'os hyoïde, au-dessous duquel se trouve la pomme d'Adam, qui est une saillie du cartilage thyroïde. Le cou est formé, en outre, d'un grand nombre de muscles qui permettent tous les mouvements de la tête et concourent aux fonctions si importantes et si délicates de la déglutition, de la respiration et de la parole. Chez les oiseaux, le cou est plus développé que chez les mammifères ; le nombre des vertèbres cervicales varie de neuf à vingt-trois.
Pharynx. — Le pharynx, dit aussi gosier et arrière-bouche, est un canal en forme d'entonnoir qui est placé au devant de la colonne vertébrale et fait communiquer la bouche avec l'œsophage : il sert tour à tour de passage à l'air pour la respiration, et aux aliments pendant la déglutition. C'est donc du pharynx que partent également les voies digestives et les voies aériennes. 11 est séparé de la bouche par l'isthme du gosier, sorte de détroit formé en haut par le voile du palais et la luette, sur les côtés par les piliers du voile du palais et les amygdales, en bas par la base de la langue.
Luette. — C'est l'appendice charnu et conoïde qui pend au milieu du voile du palais. Ses dimensions varient selon les individus ; son développement excessif, appelé chute de la luette, oblige à en pratiquer la résection. En chatouillant la luette, avec une barbe de plume par exemple, on provoque des nausées et même des vomissements, qui peuvent être salutaires dans les cas d'empoisonnement et d'indigestion.
Larynx. — Cet organe de la voix a la forme d'un cône tronqué et renversé, et il est placé à la partie antérieure du cou, en avant du pharynx. La muqueuse qui le tapisse au dedans présente, vers le milieu, les cordes t^ocales ou ligaments inférieurs de la glotte, et, au sommet, les ligaments supérieurs; entre ceux-ci et les autres se placent les deux ventricules ou sinus du larynx, sortes de cavités allongées. Quatre cartilages entrent dans la composition du larynx, plus un fibro-cartilage, l'épiglotte. Ces pièces sont actionnées par différents muscles. On a quelque idée maintenant du rôle du larynx dans la production de la voix et de la parole. Les cordes vocales sont mises en vibration par l'air qui afflue des poumons comprimés ; grâce au jeu