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LIVRE VI : DU CORPS

des muscles qui tendent ou relâchent les cordes, élèvent ou abaissent le larynx, celui-ci produit un son variable de hauteur et d'intensité. Le son, émis de la sorte, comme par un instrument de musique, arrive dans la bouche, où il s'articule et devient la parole, avant de porter au dehors les pensées de l'esprit et les émotions du cœur. Chez l'homme, le larynx est plus développé que chez la femme ; à l'âge de puberté, alors que la voix mue, il prend un grand accroissement. Plusieurs maladies graves peuvent l'affecter : l'angine, la diphtérie ou le croup, la laryngite, le cancer des fumeurs, etc. La chirurgie est parvenue à l'extirper en tout ou en partie et à le remplacer par un larynx artificiel. — Les oiseaux sont pourvus d'un second larynx, à l'autre extrémité de la trachée-artère : c'est par ce dernier surtout, très compliqué chez le rossignol, que le son est produit.

Epaule. — Au-dessous de la tête, à droite et à gauche, s'avancent les épaules^parties puissantes du corps. Elles sont fortement enracinées dans le buste et supportent toute la longueur des bras. Leur charpente est formée par trois os : l'omoplate, la tête du fémur et la clavicule. Ces os sont unis entre eux et à ceux de la poitrine et des bras par des ligaments et des muscles très forts. L'épaule a six muscles propres, plus deux releveurs et deux abaisseurs. Elle est sujette à des luxations, à des fractures, à des douleurs rhumatismales. Dans certains cas, où l'amputation du bras ne suffit pas, il est nécessaire de la désarticuler.

Aisselle. — Les nerfs de l'épaule viennent du plexus brachial. Celui-ci se trouve dans l'aisselle, cavité qui est formée à la jonction des bras avec le buste. L'aisselle renferme, en outre, les gros vaisseaux axillaires, des ganglions ; ce qui explique la gravité des blessures et des plaies qui l'affectent. Elle est pourvue aussi de nombreuses glandes sudoripares.

Bras. — Les bras sont aptes à la lutte, au commandement, à toutes sortes de travaux; ils peuvent porter la hache et le ciseau, l'épée et le sceptre. Légers, actifs, vigoureux, ils soignent, protègent, défendent toutes les parties du corps. Le bras comprend deux parties : le bras proprement dit, qui ne renferme qu'un seul os, l'humérus, long et cylindrique ; l'avant-bras, qui renferme le radius et le cubitus. L'un des muscles principaux du bras est le biceps, qui fait fléchir l'avant-bras sur le bras en formant saillie sur l'humérus. Les saignées se pratiquent généralement à la veine du pli du bras (v. saignée).

Main. — Les bras sont terminés par les mains, chefs-d'œuvre de sensibilité et de souplesse, d'énergie et de dextérité, organes des organes. Avec la raison, elles sont le privilège de l'homme, et lui donnent l'empire sur tous les animaux. La main est caractérisée en particulier par l'indépendance du pouce, qui est opposable aux autres doigts. Ce caractère ne se retrouve que chez les singes, qui sont dépourvus de pieds proprement dits, propres à la marche verticale: ils sont quadrumanes, à la différence de l'homme, qui est bimane et bipède. La main est formée d'un grand nombre de petits os aussi forts que délicats ; elle comprend trois parties : le carpe ou poignet, le métacarpe et les doigts, dont l'extrémité est le siège principal du toucher.

Doigt. — On énumère ainsi les doigts : le pouce, l'index, le médius, l'annulaire et l'auriculaire ou le petit doigt. Tous les doigts, hormis le pouce, sont composés de trois phalanges (phalange proprement dite, phalangine et phalangette). On compte jusqu'à 27 muscles qui meuvent les doigts de la main ; il n'y en a que 16 pour les orteils. Les doigts se modifient ou disparaissent chez les animaux.

Ongle. — L'ongle de l'homme est plat ; il com-

prend trois parties : la racine, le corps de l'ongle et l'extrémité, que l'on taille. L ongle est composé principalement d'albumine et de phosphate de chaux. On a regardé les ongles tantôt comme le résultat de poils agglutinés ensemble et tantôt comme une couche cornée du corps muqueux de la peau. Les ongles tombent dans certaines maladies et ils sont sujets à diverses affections ; l'onyxis ou ongle rentre, est l'une des plus douloureuses : on y remédiait souvent autrefois par l'extraction. Chez les animaux, les ongles se modifient : ils déviennent rétract i les chezles carnassiers pourvus de griffes ; ils arment aussi les serres des oiseaux de proie et forment, en se réunissant, les sabots de certains quadrupèdes.

Cœur. — C'est l'organe moteur qui entretient la circulation du sang. Il est divisé en deux parties à peu près égales. Chacune d'elles est divisée à son tour en deux autres parties, communiquant entre elles par une ouverture, qui se ferme et se rouvre au moyen de valvules (v. ce mot) à chaque battement. Les parties droites du cœur reçoivent le sang veineux qui revient des extrémités du corps et l'envoient vers les bronches. Les parties gauches reçoivent, au contraire, le sang artériel, qui revient des bronches, et le renvoient vers tous les points de la surface du corps. Sans cesse le cœur se contracte et se dilate, envoie et reçoit le sang, et ces battements incessants entretiennent la vie. Sans le cœur, le cerveau serait paralysé, l'imagination se glacerait et ne servirait plus la pensée, tous les membres perdraient leur ressort, et les organes, leur sensibilité. Non seulement le cœur est un principe de la vie physique, mais il est encore associé étroitement à la vie morale de l'homme : la tristesse le resserre, pour ainsi dire, et la douleur le navre, tandis que l'émotion le fait palpiter et que la joie le dilate.

Le cœur est placé entre les deux poumons, mais un peu sur la gauche ; il est de la grosseur du poing et un peu plus volumineux chez l'homme que chez la femme ; il est enveloppé d'une membrane séreuse, le péricarde, et tapissé d'une autre membrane séreuse, l'endocarde : l'une et l'autre sont sujettes à des inflammations rhumatismales. Le cœur gauche, qui pousse le sang artériel, est plus fort que le cœur droit. Le double mouvement du cœur, contraction ou systole et dilatation ou diastole, se renouvelle 70 fois environ par minute chez l'adulte à l'état de repos ; il est beaucoup plus rapide chez les tout jeunes enfants ; il est accéléré beaucoup parla course et l'émotion. Les battements du cœur et les bruits qui accompagnent ce mouvement servent à diagnostiquer certaines maladies : on les perçoit facilement à l'auscultation. Le cœur n'agit que sous l'excitation constante ou périodique du système nerveux et en particulier du cerveau, mais il entretient à son tour la vie cérébrale et celle de tout le corps par la circulation du sang : on a pu dire que c'est le premier organe qui vit et le dernier qui meurt. On l'a regardé longtemps comme le siège principal des passions (amour, joie, etc.) ; mais il paraît bien qu'il faut les reporter au cerveau, avec toutes les facultés sensibles internes (imagination, mémoire, etc.). Seulement le cœur subit le contre-coup immédiat de toutes les émotions, de tous les sentiments : c'est donc avec raison qu'il en est le symbole. Les maladies du cœur sont nombreuses et souvent très graves : péricardite, endocardite, hypertophie du cœur, dégénérescence graisseuse, anévrismes, rétrécissements ou insuffisances des orifices ou valvules, névrose, etc. — Le cœur se modifie et disparaît même chez certains animaux inférieurs. Les vertébrés sont pourvus, comme l'homme, d'un cœur double, veineux et artériel ; les poissons n'ont que le cœur veineux ; les mollusques n'ont que le cœur artériel; au lieu du cœur et pour tout appareil circulatoire,

FARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

certains animaux inférieurs n'ont qu'un canal contractile (v. Claude Bernard, Leçon sur le cœur).

Poumon. — C'est l'organe principal de la respiration et de la revivification du sang. La trachéeartère, ayant pénétré dans la poitrine, se divise bientôt en deux branches principales, qui vont l'une à droite et l'autre à gauche correspondre avec les ramifications pulmonaires. C'est à la surface de celles-ci que l'air, appelé de l'extérieur, entre en communication avec les fluides sanguins pour les revivifier. Le sang veineux, chassé par les battements du cœur, vient circuler autour des bronches, et là, ne se trouvant plus séparé de l'air aspiré que par de simples membranes, il dégage l'acide carbonique et la vapeur d'eau qu'il tient en excès, et les remplace par de l'oxygène. Redevenu rutilant et propre à entretenir la vie, le sang retourne au cœur, qui l'envoie de nouveau dans toutes les parties du corps. Les deux parties du poumon, la droite et la gauche, tapissent la cavité du thorax et sont séparées par le cœur et le médiastin. Le poumon est formé par une substance spongieuse et expansible; il surnage dans l'eau à cause de l'air qui le pénètre. Mais le poumon des enfants morts-nés ne surnage point, et c'est là un indice que leur mort n'est pas due à quelque violence extérieure et coupable. La plus violente des maladies qui affectent le poumon est la phtisie ou tuberculose, qui le détruit plus ou moins rapidement. On appelle cavernes les excavations qui restent dans le poumon après la fonte des tubercules : elles sont facilement reconnaissablés à la percussion et à l'auscultation.

Plèvre. — On donne ce nom à deux membranes séreuses] qui tapissent chacune un côté du thorax et le poumon. Les plèvres sont, comme les autres séreuses, des sacs sans ouverture ; elles sont en rapport d'un côté avec les côtes et, de l'autre, avec le poumon. En avant et en arrière les deux plèvres s'adossent et forment, en se rapprochant, deux espaces triangulaires appelés mêdiastins. Le médiastin antérieur, situé derrière le sternum, est rempli par du tissu cellulaire et, dans le fœtus, par le thymus, organe glandulaire qui disparaît dès les premières années ; le médiastin postérieur est occupé par l'œsophage et l'aorte. La plèvre est sujette à plusieurs maladies graves : la pleurésie, Yhydropisie de poitrine, etc.

Diaphragme. — Ce muscle, en forme de voûte, sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. 11 joue un rôle important dans la respiration : s'il se contracte, en abaissant sa voûte, il agrandit la capacité de la poitrine et y provoque l'entrée de l'air ; s'il se relâche, en reprenant sa forme convexe, il chasse, au contraire, l'air des poumons, qu'il refoule de bas en haut. Le diaphragme est sujet à un rhumatisme particulier, appelé diaphagmodynie, caractérisé par la difficulté de respirer et la sensation d'une barre qui étouffe.

Poitrine. — Au-dessous et en avant des épaules s'élargit la poitrine ou thorax, qui contient plusieurs des organes les plus nécessaires à la vie : les poumons, le cœur, les grosses artères, l'œsophage. Elle est soutenue par vingt-cinq os, sans compter les vertèbres dorsales : ce sont les vingt-quatre côtes et le sternum, qui forment une sorte de cage osseuse et protectrice des organes essentiels qu'elle contient. La poitrine est le siège de maladies graves et nombreuses : bronchite, pneumonie, catarrhe pulmonaire, pleurésie, etc.

Mamelles. — La poitrine porte les mamelles, qui, chez la femme, prennent tout leur développement et sécrètent le lait. Elles distinguent les mammifères ou animaux supérieurs. Elles sont composées de glandes mammaires, dont l'ensemble forme une grappe, qui aboutit au mamelon, par lequel s'opère la sortie du lait. Le nombre des mamelles est toujours en rapport avec la fécondité

de l'espèce : la chatte en a 8 ; la chienne et la femelle du lapin, 10 ; la femelle du rat, 12 ; celle de l'agouti, 14. La place des mamelles varie aussi selon les espèces : elles sont pectorales dans l'espèce humaine, chez le singe, la chauve-souris, l'éléphant, le lamantin, etc. ; inguinales, chez les ruminants, vaches, etc. ; abdominales, dans la plupart des espèces.

Reins. — Les reins, vulgairement appelés rognons, sont deux glandes situées profondément sur les côtés des vertèbres lombaires, au milieu d'un tisssu graisseux abondant ; ils ont la forme d'un haricot et la longueur de 12 centimètres environ. Les reins sécrètent l'urine, qui est conduite ensuite dans la vessie par les uretères. Ils sont comme une espèce de filtre destiné à épurer constamment le sang, à en séparer l'urée et les urates, etc. Certaines substances se retrouvent dans les urines une minute après qu'elles ont été absorbées : ainsi l'iodure de potassium ; ce qui démontre la rapidité de la circulation du sang et l'activité de l'organe épurateur. Les reins sont sujets à une foule de maladies : calculs, cancer, tuberculose, atrophie, etc., etc.

Ventre. — Le ventre ou l'abdomen est la plus grande des cavités splanchniques. Il comprend trois régions : l'épigastre, la région ombilicale et l'hypogastre. A droite et à gauche de l'épigastre sont les hvpocondres ; un peu plus bas que ceux-ci, les flancs ; plus bas encore et un peu en dedans les fosses iliaques. L'hypogastre ou bas-ventre est limité par le pli de la cuisse ou l'aine, qui est le siège de gros vaisseaux et de ganglions lymphatiques. Il est sujet à des tumeurs, àdes anévrismes, à des hernies dites inguinales. Le ventre contient une foule d'organes très sensibles et très importants : l'estomac et les intestins, le foie, la vessie, etc. Il est tapissé à l'intérieur par une vaste membrane séreuse, lepih'itoine. De même que les autres séreuses, le péritoine est comme un sac fermé ; ses faces externes sont en rapport avec les parois du ventre qu'il tapisse et avec les viscères qu'il enveloppe. Parmi les maladies redoutables, il faut compter l'inflammation de cette membrane ou péritonite.

Vessie. — C'est une grande poche musculomembraneuse qui sert de réservoir à l'urine et qui est située dans l'excavation du bassin. Trois membranes la composent : l'interne est muqueuse ; la moyenne est musculeuse ; l'externe est séreuse et due au péritoine, qui recouvre seulement la face supérieure et la moitié postérieure de l'organe. La vessie est sujette à une foule de maladies : inflammation ou cystite, le catharre, la gravelle et la pierre, etc.

Estomac — Organe principal de la digestion, l'estomac est une grande poche musculo-fibreuse, ayant la forme d'une cornemuse et située à la partie supérieure de l'abdomen, au-dessous du diaphragme. Il communique avec l'œsophage, qui lui apporte les aliments, par un orifice supérieur appelé cardia, et avec le premier des intestins grêles ou duodénum, parmi orifice inférieur appelé pylore. Celui-ci offre une sorte de valvule, qui ferme et ouvre l'entrée des intestins. L'estomac est formé par trois membranes : l'externe est séreuse, due au péritoine et incomplète ; la moyenne est musculeuse ; l'interne est muqueuse. Celle-ci est remarquable par son épaisseur, son aspect mou, fongueux, comme marbré et couvert de villosités ; elle contient certaines glandes qui sécrètent un mucus et des glandes ramifiées qui sécrètent le suc gastrique. C'est dans l'estomac que s'opère la première digestion, dite stomacale ou chymification (v. digestion). L'estomac est sujet à plusieurs maladies : gastrite, gastralgie, cancer, hémorragie, etc. Il se complique chez les ruminants, où il se

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