‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 191 sur 686 · LIVRE VI : DU CORPS · texte numérisé non relu

LIVRE VI : DU CORPS

divise en quatre parties : la panse ou herbier, le bonnet, le feuillet, la caillette ; et chez les oiseaux, où il se compose du jabot, du ventricule succentoriè et du gésier. Mais, chez les dernières espèces animales, l'estomac n'est guère plus qu'un renflement du tube digestif; il disparaît même tout à fait.

Foie. — Il est situé sous le diaphragme et occupe l'hypocondre droit ; dans l'état normal, il ne doit pas dépasser en bas le bord des fausses côtes, qui le protègent. Il est retenu dans sa position par diTers replis du péritoine, appelés ligaments, dont l'un est le ligament supérieur du foie, qui partage l'organe en deux lobes principaux, le droit et le moyen, qui en comprend un plus petit, le lobule de Spiegel, en forme de pointe. Près de celui-ci est la vésicule biliaire ou vésicule du fiel, où s'amasse la bile. Le foie est la plus volumineuse des glandes ; la bile qu'il secrète se déverse dans le duodénum par le canal cholédoque ; il produit aussi le sucre, qui passe dans le sang. L'organe présente des ramifications en tous sens, appelées voies biliaires : les principales sont le canal cystique et le cariai hépatique, qui forment, en se joignant, le canal cholédoque. Le foie est sujet à de nombreuses maladies : la cirrhose, l'hypertrophie et l'atrophie, la dégénérescence graisseuse, les calculs, etc., etc.

Pancréas. — Le pancréas est une glande aplatie et allongée, placée transversalement derrière l'estomac et devant la colonne vertébrale, dans les courbures du duodénum. Sa structure ressemble à celle des glandes salivaireset son produit, le fluide pancréatique, ressemble aussi beaucoup à la salive. Ce fluide se déverse dans le duodénum, tout près de l'orifice du canal cholédoque, qui vient du foie. Le suc ou fluide pancréatique concourt à la digestion des matières grasses et aussi des autres aliments.

Rate. — C'est une glande située profondément dans l'hypocondre gauche, longue d'une douzaine de centimètres, large de six, pesant 250 grammes environ. Comme les autres glandes vasculaires sanguines, elle n'a pas de conduit excréteur, mais verse ses produits dans le sang qui la traverse et dont elle modifie ainsi la composition. On ne connaît pas au juste les fonctions de la rate ; son ablation n'est pas mortelle. On a prétendu qu'on l'enlevait aux coureurs pour leur donner plus d'haleine; d'où l'expression : courir comme un dératé. La rate double ou triple de volume chez les sujets longtemps travaillés par les fièvres intermittentes.

Intestin. — Les intestins succèdent à l'estomac et composent la partie inférieure du tube digestif. Chez l'homme, ils atteignent six à sept fois sa longueur ; ils sont beaucoup plus longs chez les herbivores que chez les carnivores. On distingue l'intestin grêle, qui forme les quatre cinquièmes du canal, et le gros intestin. Entre les deux se trouve une valvule dite iléo-cœcale. L'intestin grêle comprend le duodénum, le jéjunum, et l'iléon ; le gros intestin comprend le cœcum, le cùlon'et le rectum. L'intestin grêle forme de nombreuses circonvolutions ; sa masse adhère au mésentère et elle est recouverte par l'épiploon. Trois membranes forment les intestins : une externe, séreuse, qui est un repli du péritoine et forme le mésentère ; une moyenne, musculo-fibreu.se ; une interne, muqueuse, avec des replis dits valvules conniventes et des glandes nombreuses ou follicules. Les intestins sont sujets à plusieurs maladies ou affections : entérite, hernies, coliques, miserere, et.:. La chirurgie est parvenue à pratiquer avec succès la résection d'une partie de l'intestin.

Duodénum. — Comme l'étymologie l'indique, le duodénum, qui fait suite immédiatement à l'estomac, n'a guère que douze travers de doigt de longueur; mais son rôle. est des plus importants. Il

reçoit, en effet, la bile et le suc pancréatique, retient assez longtemps les aliments pour qu'ils s'en imprègnent et que la digestion se poursuive et s'achève.

Caecum. — Le cœcum est ainsi nommé (de cœcus, aveugle), parce qu'il est en forme de culde-sac. Le gros intestin, chez l'homme, est coudé à angle droit sur le grêle ; et c'est la portion qui dépasse le point de rencontre qui constitue le cœcum. Elle ne mesure que trois à quatre travers de doigt de longueur et occupe la fosse iliaque droite. Le cœcum porte un prolongement à sa partie inférieure : c'est un petit tube fermé à son extrémité, nommé appendice cœcal ou ver rnif orme, dont le rôle est inconnu et qui peut être le siège d'une affection, l'appendicite. Certains mammifères n'ont pas de cœcum : ainsi l'ours, la martre, la taupe, la baleine ; chez eux le gros intestin continue directement l'intestin grêle.

Jambe. — La tête, le buste et l'abdomen, avec les viscères qu'ils contiennent, reposent sans lourdeur ni embarras sur deux fortes colonnes, qui portent l'édifice tout entier. Les membres inférieurs, à eux seuls, égalent en hauteur le reste du corps. Les bras sont faibles, en comparaison des muscles puissants qui soutiennent la marche et résistent aux plus longues fatigues. La jampe proprement dite ne s'étend que du genou au pied ; mais on comprend quelquefois par ce mot tout le membre inférieur. Deux os forment la jambe : le tibia, qui est le plus gros, et le péroné, placé au côté externe du tibia. Les muscles jumeaux et le muscle soléaire forment la saillie du mollet, à la partie postérieure de la jambe.

Cuisse. — Celle-ci s'étend de la hanche au genou ; elle est soutenue par un seul os, long et fort, le fémur , mais elle comprend 21 muscles, plusieurs artères et ramifications nerveuses importantes, entre autres le nerf sciatique, qui est le siège d'une affection bien connue. — La cuisse et la jambe, ainsi que les extrémités du membre, subissent des modifications profondes à mesure qu'on s'éloigne de l'homme. Chez le bœuf, le cheval, les oiseaux, la partie vulgairement appelée cuisse est en réalité la jambe ; la cuisse est peu distincte de la hanche.

Pied. — Tout le corps humain se dresse naturellement et avec grâce, en ne s'appuyant que sur les pieds. On dirait que l'homme ne touche la terre que pour en prendre possession et y régner. Tandis que les animaux vivent courbés comme des esclaves, le corps humain est droit comme celui d'un maître :

Os homini sublime dédit cœrumque tueri Jussit et erectos ad sidéra tollere vultus.

Le pied de l'homme est organisé pour la marche et la station verticale. On y distingue le tarse, le métatarse et les orteils. Le tarse se compose de sept os, parmi lesquels le calcanèum ou os du talon, et Vastragale, qui s'appuie sur le calcanèum et porte lui-méuie le tibia. Le métatarse est formé de cinq os allongés, qui portent les orteils. Le pied est sujet à certaines difformités (pied bot, pied plat). Il se modifie beaucoup chez les animaux : les extrémités du cheval, par exemple, portent sur un seul doig, le sabot ; les ruminants ont quatre doigts, mais ne marchent que sur deux.

Os. — Les os forment, par leur assemblage, la charpente cachée ou le squelette du corps, admirable de proportion, de légèreté et de force. On distingue, en anatomie, les os longs (humérus, fémur, tibia), les os jilats (pariétaux, os du bassin), et les os courts (vertèbres, os du carpe, du tarse, osselets). Tous les os sont couverts d'un périoste, membrane blanche, fibreuse, résistante. Les os n'ont tout leur développement que vers l'âge de 25 ans. La plu-

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