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LIVRE VI : DU CORPS

traire, où la nutrition est toujours abondante, les dents croissent toute la vie (éléphant, morse, rongeurs, lièvre, etc.). On distingue, dans les dents : la racine, qui est implantée dans une alvéole de l'os maxillaire ; le col ou collet, qui est entouré par la gencive, et la couronne. L'homme a trois espèces de dents : 4 incisives, 2 canines, 8 molaires, à chaque mâchoire, plus 2 dents de sagesse qui poussent plus tard ; ce qui fait 32 dents. Les molaires ont plusieurs racines. On appelle dents barrèes celles dont les racines sont croisées ou tordues, de façon qu'on ne peut les arracher sans quelque fracture de l'os de la mâchoire. Les dents font leur première apparition du 6e au 10e mois ; mais la première dentition ou dents de lait ne comporte que 20 dents : 4 incisives, 2 canines, 4 molaires à chaque mâchoire. Vers sept ans tombent les premières dents et apparaissent les dents permanentes. Les dents sont sujettes à des affections très douloureuses (carie, névralgie, rage de dents), et leur perte, souvent prématurée chez la plupart des nations civiliséees, nuit beaucoup à l'exercice de la parole, en même temps qu'elle rend difficile une bonne alimentation. On y remédie par des dents artificielles (v. dentier, dentiste). Le nombre et la qualité des dents varient beaucoup chez les divers animaux : elles sont toujours en rapport avec le genre de nourriture de l'animal. C'est ainsi que les carnassiers, comme le lion et le tigre, ont des canines très fortes et très développées, et des molaires non moins redoutables, qui broient les os les plus durs.

Chair. — La chair proprement dite ou chair musculaire n'est que la partie rouge de? muscles, qui s'étendent sur tous les os, en particulier sur les membres, qu'ils rendent si aptes aux mouvements les plus rapides et les plus précis. Mais on comprend, d'une manière générale, sous le nom de chair, toutes les parties molles qui revêtent le squelette. Elles sont distribuées sur tous les points de la manière la plus heureuse : on ne peut rien concevoir de plus beau. L'aspect des chairs est très variable selon l'âge, le sexe, le tempérament, etc. ; la sensibilité y est bien moins développée que dans la peau, qui les enveloppe et les protège.

Tissu. — En anatomie, on donne le nom de tissu à toute partie organique offrant une espèce de texture. On distingue les tissus adipeux, cartilagineux, conjonctif ou cellulaire, élastique,^ èpithèlial, fibreux, glandulaire, musculaire, nerveux, osseux, séreux, tègumentaire, tendineux, vusculaire. L'ensemble des tissus semblables constitue un système. Le tissu adipeux ou graisseux se développe dans l'embonpoint : c'est une provision amassée par la nature. Les animaux hibernants vivent sur leur graisse pendant les mois d'hiver. Le système conjonctif ou cellulaire est présent par tout le corps : il est riche en vaisseaux et en nerfs. Le tissu élastique donne de l'élasticité à certains organes ou aux autres tissus : ainsi les ligaments jaunes des vertèbres, etc. (v. glande, muscles, etc.). On donne le nom de tissus morbides ou accidentels à des tissus qui se forment d'une manière anormale et déterminent des tumeurs, etc. Cartilage. — Les tissus cartilagineux sont dépourvus de nerfs et peut-être de vaisseaux ; ils sont revêtus d'une membrane particulière, le périchondre, grâce à laquelle ils peuvent se réparer, en cas de rupture, etc. Parmi les cartilages, les uns amortissent les chocs et les pressions que peuvent éprouver les articulations ; les autres forment ou complètent certaines parties de la charpente osseuse : ainsi les cartilages des cotes, de la trachée- artère, du larynx. Chez certains poissons (requins), le squelette tout entier est composé de cartilages. Les fibro-cartilages sont plus flexibles que les cartilages proprement dits : ainsi ceux des oreilles, des

narines, des paupières. Les cartilages s'ossifient avec les progrès de l'âge et aussi par l'effet de certaines maladies. Le tissu fibreux, certaines membranes séreuses s'altèrent quelquefois pour devenir cartilagineux.

Membrane — Les membranes sont des tissus minces, très souples, plus ou moins élastiques, qui servent à envelopper des organes et exhalent, sécrètent ou absorbent certains fluides. On distingue les membranes muqueuses, séreuses et fibreuses. Les premières tapissent les voies respiratoires, le tube digestif, etc. Elles revêtent ainsi tout le corps d'une sorte de peau interne, analogue au tissu cutané ; l'épithélium forme leur épiderme; elles sont parsemées de follicules nombreuses, qui sécrètent le mucus (v. ce mot). Les membranes séreuses facilitent le glissement des organes au moyen des sérosités qui les recouvrent ; elles sont disposées en forme de sac sans ouverture : ainsi les plèvres, le péritoine. Enfin les membranes fibreuses constituent le périoste, les tendons, les gaines fibreuses des articulations, la dure-mère, etc. On appelle fausses membranes ou membranes accidentelles certaines productions morbides.

Périoste. — Cette membrane fibreuse, qui enveloppe les os, a la faculté de les régénérer, ainsi que l'a démontré par de belles expériences le D1' Ollier, de Lyon, en justifiant parla l'opinion de Duhamel et de Flourens. Le périoste est sujet à la tuméfaction (pèriostose) et à l'inflammation (pèriostite).

Peau. — La peau, qui forme l'enveloppe générale du corps, se compose principalement du derme et de Yépiderme. Le derme est la couche la plus profonde et la plus épaisse : il est composé de fibres et de lamelles serrées et entrecroisées et couvert de petites saillies vasculaires et nerveuses, dites papilles, qui sont douées d'une grande sensibilité. Le derme s'épaissit beaucoup chez certains animaux : préparé par le tannage, il constitue le cuir. L'épiderme est une couche très mince qui recouvre le derme et ses papilles; cette couche superficielle ne reçoit ni vaisseaux ni nerfs et est semée de nombreux orifices pour la sueur, etc. Entre le derme et l'épiderme se trouve le corps muqueux, couche très mince, qui paraît être le siège du pigmentum, qui colore diversement la peau du blanc, du nègre, du jaune, etc. La peau se transforme en muqueuse aux orifices naturels : ainsi aux lèvres. A la peau se rapportent comme accessoires: les ongles, les poils et les follicules sébacés, petites ampoules qui sécrètent la matière huileuse qui lubrifie la peau. Les follicules sébacés manquent aux paumes des mains ; ils abondent à l'aisselle, sous le nez. Quant aux glandes sudoripares qui viennent aussi s'ouvrir à l'épiderme, par des orifices appelés pores, elles appartiennent aux appareils de sécrétion. La peau est sujette à une foule de maladies ou autres affections, qui l'affectent directement ou indirectement : dartres, fièvres éruptives, etc.

Cor. — Le cor est une excroissance en forme de clou, dont la pointe, tournée en dedans, s'enfonce dans la peau et pénètre parfois jusqu'aux enveloppes fibreuses articulaires ; il diffère du durillon, qui est dépourvu de pointe ou granulation et n'est qu'un simple épaississement de l'épiderme. La douleur causée par les cors aux pieds est parfois très vive : on les traite par des emplâtres, des émollients et mieux encore par l'extirpation. On en prévient le retour par l'emploi de chaussures convenables.

Nerf. — Déjà nous avons signalé les centres principaux du système nerveux (cerveau, cervelet, etc.). C'est de la que partent les nerfs, sortes de cordons ou fils blanchâtres qui vont se ramifiant et s'anastomosant dans toutes les parties du corps, où ils portent la sensibilité et le mouvement. Distinguons d'abord les nerfs cérébraux ou crâniens,

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