‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 199 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

celui de leur mort que celui de leur naissance temporelle. L'Eglise oblige les parents chrétiens à faire baptiser leurs enfants le plus tôt possible après leur naissance. Si la mort était imminente, l'une des personnes présentes devrait baptiser l'enfant, sans attendre l'arrivée du prêtre. La loi civile oblige à déclarer les naissances aussi bien que les décès, afin que l'acte en soit dressé aussitôt. La déclaration de naissance doit être faite dans trois jours, à peine d'emprisonnement et d'amende (Code civ. art 55-6). La déclaration de décès doit être faite dans les 24 heures, etc. (art. 77-98).

Natalité. — Combinée avec la mortalité, la natalité donne le mouvement de la population. En France, bien que la moyenne de la vie soit plus élevée qu'ailleurs, la population reste stationnaire, alors qu'elle s'accroît chez les peuples rivaux. Cette faiblesse de la natalité française, qui alarme notre patriotisme, tient au régime économique et social que nous subissons et plus encore aux moeurs, qui s'affranchissent des lois de la religion et de la nature.

Asphyxie. — C'est une mort apparente ou réelle provenant d'un arrêt de la respiration. Cet arrêt peut avoir diverses causes : immersion dans l'eau, pendaison, coup de foudre, introduction d'un corps étranger (arête, noyau, etc.) dans les voies respiratoires, obstruction des bronches par du sang ou des mucosités que le malade ne peut plus expectorer, aspiration d'un gaz délétère. Mais, dans ce dernier cas, il y a empoisonnement du sang plutôt qu'asphyxie. Les secours portés aux asphyxiés doivent être prompts et varient selon les cas. S'il s'agit de noyés, on les couche sur le côté droit, la tête un peu relevée, on dégage la bouche et le nez de tout ce qui peut les obstruer et l'on provoque la respiration en élevant et en abaissant alternativement la paroi du ventre, en insu triant même de l'air dans la poitrine, en chatouillant les narines, en faisant respirer des sels énergiques, en frictionnant le corps et les membres. Les tractions rythmées de la langue, préconisées dans ces derniers temps, pour les cas les plus graves, ont produit les meilleurs effets. Dans les cas de pendaison, on fait, en outre, des affusions d'eau froide sur la tête et la face ; on peut pratiquer aussi la saignée. Dans les autres cas, on agit généralement comme pour les noyés. Ceux-ci peuvent être ranimés quelquefois après un assez long séjour dans l'eau. Des établissements pour les secourir, à Paris, sur les bords de la Seine, dans les ports, etc., datent de la fin du XVIIIe siècle.

Sexe. — Après la vie, qui sépare le genre humain en deux parts, le peuple des vivants et le peuple des morts, la qualité la plus essentielle est le sexe, non moins importante peut-être dans l'ordre moral que dans l'ordre physique. Elle tient si bien au fond même de la nature qu'on laretrouve généralement dans tous les êtres vivants inférieurs à l'homme, sans en excepter les plantes. Longtemps inconnue, quoique les anciens sussent distinguer le palmier femelle et le palmier mâle, la sexualité des j liantes fut démontrée par Vaillant et proclamée par Linné, qui la prit pour base de sa classification.

L'homme et la femme. — Les sexes se partagent donc la famille et la société, et cette division est profonde, naturelle, nécessaire, voulue de Dieu, qui créa le premier homme et la première femme : Masculum et femïnam creavit eos. La femme fut donnée à l'homme comme son aide, son appui, son encouragement, sa bonne inspiration et son image, et dès lors il a été impossible à l'homme de recevoir la vie et tous les bienfaits de l'éducation sans une mère, de fonder une famille sans une épouse. Là ne se borne pas le rôle glorieux de la femme. Son influence, qui peut être si salutaire, se fait sentir dans toutes les carrières où s'exercent le

courage et les talents, les dévoûments et les vertus. Relevée et ennoblie par le christianisme, elle partage tous les travaux, toutes les gloires de l'homme, jusqu'à l'héroïsme et au martyre, et, non contente de suivre son modèle, elle l'a souvent dépassé. Ce qui distingue la femme, c'est un esprit flexible et un cœur inimitable. Inférieure à l'homme, elle rachète si bien cette inégalité, qu'elle mérite souvent de lui être préférée. L'homme est fort, hardi et confiant : la femme est douce, craintive et prudente. L'homme est ferme, quelquefois jusqu'à la dureté : la femme est mobile, quelquefois jusqu'à l'inconstance. L'homme réfléchit et comprend : la femme observe et apprend. L'homme domine par l'autorité, et même par la violence : la femme arrive à ses fins par la douceur, la prière ou la ruse. L'homme est dévoué : la femme l'est plus encore. L'homme raisonne : la femme sent, et, si elle s'élève rarement jusqu'au génie, du moins elle l'inspire. D'autre part, l'homme accepte facilement le mal, mais il est rarement obstiné : la femme, au contraire, est plus ouverte au bien, mais elle est capable de s'enraciner profondément dans la malice. L'homme pervers est un démon ; mais la femme méchante est une furie : Notumque furens quid feminapossit. « La malignité de la femme, dit l'Ecriture, est une malice consommée. Il vaut mieux, dit-elle encore, habiter avec un dragon, que d'habiter avec une femme méchante ». L'homme est d'ordinaire meilleur qu'il ne paraît : trop souvent, au contraire, la femme' vaut moins que ses apparences. L'homme est insensé dans son orgueil et ses prétentions : la femme est criminelle par ses artifices, et ridicule par ses vanités. En partageant l'humanité en deux sexes, Dieu a montré une sagesse profonde et nous a révélé quelques-uns de ses secrets. L'esprit humain lui-même serait incomplet sans cette distinction. Cependant chaque individu peut être parfait en lui-même, car les perfections de l'âme, menu les plus opposées, ne sont jamais incompatibles. Toute âme doit avoir la sagesse et la force de l'homme, en même temps que la sensibilité et le dévoûment de la femme : « 0 Jonathas, s'écriait David, le vainqueur de Goliath, je t'aimais comme une mère aime son fils unique ». Il faut que l'homme, fort par sa nature, soit doux par le cœur : Beati mites ; et il faut que la femme, délicate par son sexe, soit forte par son caractère : Mulierem forte m quis inveniet?

Age. — Il y a 4 âges dans la vie, de même qu'il y a 4 saisons dans l'année : l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse. L'enfance, souriante et joyeuse, ignore l'avenir comme le passé ; le présent lui suffit. La jeunesse est pleine de vigueur, de projets et d'espérances ; elle entreprend beaucoup et réussirait souvent, si la prudence éclairait ses résolutions et guidait son courage : Si jeunesse fin mil, si vieillesse pouvait ! L'âge mûr se modère, il joint l'expérience à la force ; c'est lui qui fonde et édifie, commande et administre. La vieillesse décline, elle ne conserve qu'une partie des biens acquis en des temps meilleurs. — En droit ecclésiastique, comme en droit civil, un certain âge est requis pour exercer certaines fonctions, contracter mariage, assumer certaines obligations, encourir certaines responsabilités, etc. On appelle bénéfices d'âge les avantages qu'on tient d'un âge plus ou moins avancé : à 65 ans, on peut décliner la charge de tuteur; à 70 ans, celle de juré; à 60 ans, le condamné échappe à la déportation et aux travaux forcés.

Puberté. — L'âge de puberté varie selon les climats : il est précoce sous les latitudes chaudes ; dans certaines parties de l'Inde et de l'Afrique, il peut descendre jusqu'à 12 ou même 10 ans. Les Romains l'avaient fixé à 14 ans pour les garçons et à 12 pour les filles ; la loi française le fixe à

Page 1