PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Eternûment. — Il accompagne le coryza et précède souvent l'éruption de la rougeole ; c'est un signe favorable au déclin de maladies aiguës. Le plus souvent il est passager et tient à l'irritation momentanée des muqueuses nasales. C'est ainsi qu'un grain de tabac peut provoquer de violents éternuments chez ceux qui n'ont pas l'habitude de priser. Les anciens le regardaient comme un signe de mauvais augure. De là cette coutume de bénir celui qui vient d'éternuer ou de lui faire quelque souhait.
Toux. — La toux sèche, c'est-à-dire sans crachats, se remarque surtout chez les sujets irritables, nerveux : elle est opposée à la toux humide. Si la toux est liée à quelque affection des poumons et des bronches, elle est dite st/mptomatique ; elle est dite idiopathique, quand elle existe seule. La toux peut devenir très fatigante, surtout quand elle se produit par quintes : on essaie de la calmer par des bèchiques(r. ce mot).
Pouls. — D'ordinaire on tàte le pouls au poignet, où il est facile de presser l'artère radiale contre l'os et de sentir ainsi ses pulsations. Elles sont causées non par la dilatation de l'artère, mais parla pression plus forte du sang contre les parois du vaisseau à chaque battement du cœur. On peut encore percevoir le pouls à la tempe, au pied, au creux du jarret, etc. Les indications du pouls sont aussi variées que précieuses : elles font connaître l'état de la circulation du sang. Le sujet dont on tâte le pouls doit être à l'état de repos, calme, à jeun de préférence ; car le pouls est modifié par l'agitation, la crainte, la digestion, etc. La fréquence du pouls diminue à mesure qu'on avance en âge ; elle varie aussi selon les sujets. Chez l'enfant très jeune, on compte par minute environ 130 pulsations ; vers six ans, de 100 à 106; à sept ans, un peu moins ; dans l'âge adulte, de 65 à 75 ; dans une vieillesse avancée le pouls descend au-dessous de 50.
Hoquet. — Il est provoqué, clans la plupart des cas, par l'ingestion d'aliments trop secs ou par celle d'une quantité excessive de spiritueux, ou par le passage brusque dans un lieu froid. On le îàit cesser en buvant lentement un peu d'eau, ou bien en retenant sa respiration ; une surprise, un ébranlement peuvent aussi le dissiper. Sinon, il faut recourir à des dérivatifs plus énergiques. Le hoquet est un signe fâcheux dans certaines maladies nerveuses ou abdominales. On l'observe souvent (hoquet de la mort) dans l'agonie.
Sommeil- — Le sommeil est cet état réparateur où nous plonge la nature, à intervalles réguliers, et que nous remarquons d'autant moins qu'il est quotidien et nécessaire. Rien cependant n'est plus digne de l'attention du philosophe aussi bien que du physiologiste. Le sommeil résulte du repos des organes les plus indispensables à l'exercice de la sensibilité. Celui qui dort complètement ne voit pas, n'entend pas, ne sent pas ; les sens intérieurs eux-mêmes ont suspendu leur activité : la mémoire sensible, l'imagination et par conséquent l'esprit, qui, dans la vie présente, ne s'exerce qu'avec le concours des sens. Tout ce qu'on peut dire de plus plausible sur le sommeil ordinaire, c'est qu'il résulte uniquement du repos des organes : ce repos est accompagné d'un ralentissement de la circulation du sang et de la respiration. Mais le sommeil ne résulte nullement d'une fatigue propre à l'esprit. Celui-ci reprend son activité dans la mesure ou les sens recouvrent la leur et où les organes rentrent en jeu. Il peut arriver que l'on ne dorme qu'à demi ou que certains sens soient éveillés à l'exception des autres. On peut penser en dormant, sans pouvoir sentir par les sens extérieurs, sans pouvoir même remuer aucun membre, ni les pieds pour fuir, ni les mains pour se défendre, comme il
arrive dans le cauchemar. On peut avoir conscience de son sommeil, sans pouvoir s'éveiller immédiatement.,En un mot, l'imagination et l'esprit peuvent s'exercer jusqu'à un certain point sans les sens extérieurs et sans que l'on ait retrouvé la pleine possession de soi-même. De là le rêve, qui est un sommeil imparfait (v. rêve, songe).
Certains stimulants (thé, café, etc.) éloignent le sommeil, du moins chez certains sujets; d'autres substances, au contraire, le provoquent (narcotiques, opium, etc.). La durée du sommeil varie beaucoup selon l'âge, le tempérament : six à sept heures suffisent dans l'âge mûr. Dans la vieillesse, on dort peu généralement et d'un sommeil léger. Certains animaux dorment des mois entiers pendant la saison d'hiver (hibernants). On observe chez les plantes un sommeil analogue à celui des animaux. Les anciens avaient divinisé le sommeil (v. Morphce). La question du sommeil a été traitée par nombre d'auteurs depuis Aristote.
Somnambulisme. — Le somnambule est un rêveur dont plusieurs sens ont recouvré leur activité, et quelquefois d'autant mieux que les autres sont plus parfaitement endormis. Le somnambule ne voit pas, il n'entend pas peut-être ce qui l'entoure ; mais il est attentif aux objets de son imagination et de sa mémoire ; ces sens ont chez lui une sûreté extraordinaire. C'est pourquoi il peut se diriger sans hésitation au milieu des ténèbres, se promener au bord des toits et le long des précipices ou bien vaquer, même les yeux fermés, à ses occupations habituelles, etc. (somnambulisme lucide). La plupart des phénomènes du somnambulisme s'expliquent assez bien par cette hyperexcitabilité de certains sens, qui coïncide avec lesommeil profond de certains autres. D'une manière générale, les sens inférieurs paraissent quelquefois recouvrer d'autant mieux leur activité que les facultés supérieures et la volonté libre sont mieux empêchées. Il en est un peu des instincts et de leurs lumières propres comme des étoiles du firmament, qui disparaissent pendant le jour et brillent pendant la nuit. A l'état de veille, qui est l'état de lumière parfaite, les instincts s'éclipsent ; mais quand la raison se voile, l'instinct reparaît d'ordinaire et dirige très bien une foule d'actes inférieurs et insconscients.
Ceux qui sont sujets au somnambulisme spontané et morbide doivent s'abstenir de stimulants, éviter de manger copieusement avant le sommeil. Il faut surveiller le somnambule ou l'enfermer la nuit. Souvent le somnambulisme n'est qu'une forme du magnétisme ou de l'hypnotisme (v. ces mots).
Sieste. — La sieste ou méridienne est en usage dans les pays chauds, où l'ardeur du soleil rend le travail impossible vers le milieu du jour. La sieste est d'ordinaire nuisible sous les climats tempérés, où elle porte préjudice au sommeil nocturne, qui est plus réparateur : elle paraît prédisposer, en outre, à l'obésité, à la pléthore, aux congestions, etc.
Nutrition. — La propriété de se nourrir est la faculté vitale par excellence (v. vie). La nutrition consiste essentiellement dans un double courant, qui amène les matériaux du dehors au dedans de l'être vivant, auquel ils sont incorporés, et remporte du dedans au dehors les matériaux usés. C'est ce que Cuvier appelait le tourbillon vital. Il comprend donc deux opérations qui se répondent : Y assimilation et la desassimilation.
Déglutition. — Chez l'homme et la plupart des mammifères, mais non pas chez les cétacés, la déglutition s'opère de telle façon qu'elle suspend nécessairement pendant qu'elle s'accomplit l'acte de la respiration. Le bol alimentaire, en effet, passe devant l'ouverture des voies respiratoires, qui est fermée alors par une valvule, l'épiglotte. De graves accidents de suffocation peuvent se produire, lorsque, par suite d'un faux mouvement, les aliments
ou d'autres corps s'introduisent dans les voies respiratoires. La déglutition est très puissante chez les serpents ; et leurs dents, inclinées en arrière, la rendent irrésistible.
Digestion. — Elle s'opère principalement dans l'estomac, où elle transforme en chyme le bol alimentaire, qui arrive de la bouche par l'œsophage (v. estomac, bouche). L'élaboration des aliments continue dans les premiers intestins et aboutit à la formation du chyle, substance alimentaire rendue soluble et assimilable, qui passe dans le sang. Le temps de la digestion proprement dite ou stomacale dure chez l'homme de 3 à 4 heures. Mais elle est plus active dans la jeunesse et varie beaucoup selon la santé, le tempérament. Les stimulants, comme le café, le thé, etc., pris aussitôt après ou pendant le repas, activent la digestion. Les bains, la saignée, une marche précipitée, une ascension rapide la troublent facilement et peu\ ent occasionner de graves accidents. En particulier, il est très dangereux, sans en excepter les nageurs les plus habiles, de se baigner après les repas.
Indigestion. — Elle est complète, lorsqu'elle a son siège non seulement dans l'estomac, mais encore dans les intestins. Ses causes les plus'fréquentes sont les excès dans le boire ou le manger et l'irrégularité dans les repas. Si la digestion ne se l'ait pas bien, on peut l'activer et prévenir une indigestion, en prenant des toniques ou une infusion de thé, de camomille, des pastilles de Vichy, en faisant sur l'estomac des applications chaudes, etc. Lorsque l'indigestion est déclarée, il faut provoquer les vomissements, en chatouillant la luette avec une barbe de plume, en prenant de l'eau tiède ou en excitant des nausées d'une autre manière.
Vomissement. — Il est parfois purement sympathique ; plus souvent il est un symptôme de quelque affection de l'estomac et des intestins. Mais il se produit dans une foule d'états morbides. L'examen des matières rejetées permet seul de préciser les causes. Tantôt ces matières sont du suc gastrique, de la bile, du mucus (dans les cas de gastrite simple), tantôt des matières vertes (péritonite), des aliments à demi digérés (indigestion) ; tantôt des matières brunes ou noirâtres (cancer de l'estomac) ; tantôt du sang, du pus, etc. On provoque les vomissements dans les cas d'indigestion, d'empoisonnement. On les arrête en faisant prendre de la glace par petits fragments, etc.
Marche. — La marche est un exercice naturel et facile : plus ou moins rapide et plus ou moins prolongée, elle convient à tous les âges et à presque tous les états de santé. Son mécanisme a été souvent décrit. Il offre diverses modifications, selon que la marche est exécutée sur un plan horizontal, ou sur un plan ascendant, ou sur un plan descendant. Les pied* plats rendent impropres aux longues marches, parce que les vaisseaux et les nerfs plantaires ne sont pas assez protégés par les os du tarse : au lieu de former une voûte, ceux-ci sont trop abaissés et compriment les organes placés audessous.
Course. — Une course modérée active les fonctions de la respiration et de la circulation du sang. Aussi est-elle favorable, surtout chez les jeunes gens, dont elle développe les organes et fortifie les muscles. Une course excessive peut provoquer des crachements de sang, des maux de tête, des palpitations, une rupture d'anévrisme. Elle est défavorable surtout aux sujets atteints de quelque affection de la poitrine ou du cœur. La vigueur des muscles et l'agilité des membres font la rapidité de la course; mais on ne peut la soutenir longtemps sans une bonne poitrine. Celle-ci principalement fait les bons coureurs, qui savent d'ailleurs tirer parti de toutes leurs forces et économiser tous les mouvements, toutes les contractions musculaires