LIVRE VI : DU CORPS
inutiles (v. lutte et autres exercices corporels.)
Travail. — Considéré comme exercice corporel, le travail, avec toutes les variétés qu'il comporte, travaux des champs et travaux de l'atelier, est très utile, parfois même indispensable à la santé : rien ne favorise mieux, dans bien des cas, le fonctionnement de tous les organes. Les Grecs distinguaient le travail noble et libre (guerre, jeux publics, arts) et le travail servile, qu'ils regardaient comme avilissant. Mais l'esprit chrétien a supprimé ce qu'il y avait d'injuste et d'odieux dans cette distinction. En économie politique, on distingue le travail d'avec le capital : ils sont les deux facteurs principaux de la production. Le travail est de beaucoup le jplus important, mais, avec le travail matériel, il faut comprendre ici le travail intellectuel et la force morale dont il ne se sépare pas. On sait que la division du travail, poussée si loin de nos jours, augmente beaucoup sa productivité. D'autre part, au travail humain s'ajoutent les travaux des animaux, des machines et de tous les éléments que l'homme s'est asservis. Toutefois, le travail humain ne peut jamais se confondre avec ceux qui lui sont associés, à cause de son caractère moral. Comme tel, il ne peut être abandonné sans restriction à la loi de l'offre et de la demande; il doit être protégé, limité dans certains cas, récompensé par un juste salaire, etc. Le repos dominical doit être respecté. Certains travaux nuisibles ou dangereux doivent être réglementés avec un soin particulier. Les travaux des femmes et des enfants méritent aussi la protection particulière du législateur (v. Dehon, Manuel social chrétien et autres traités d'économie politique chrétienne).