PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
dical. Car la maladie n'existe pas d'une façon abstraite ; et le médecin, en face du malade qui espère en lui, doit combattre un mal concret, c'està-dire à nul autre semblable, ayant ses caractères propres et tirant de la nature même du malade, de ses antécédents et de ses habitudes, une gravité ou une bénignité exceptionnelles.
Beaucoup de classifications des maladies ont été proposées; mais aucune n'a réuni tous les suffrages. Après avoir signalé les maladies les plus générales ou les maux qui s'y rapportent, nous énumérerons les autres dans l'ordre où se présensentent les parties ou les éléments du corps qu'elles paraissent affecter de préférence : tête, poitrine, estomac, intestins, os, chairs, peau, nerfs, vaisseaux, sang, etc.
Atrophie. — Elle est générale ou partielle. L'atrophie partielle ou proprement dite dépend d'un trouble local de la nutrition, d'où résulte la diminution de volume et de poids de l'organe. On observe l'atrophie principalement dans les muscles. Ses causes sont le manque d'exercice, la compression ou la désorganisation de quelque artère ou de quelque nerf qui se distribue dans l'organe, etc. Lorsqu'elle est progressive, elle est lente, mais inguérissable. On la combat par les vésicatoires, les frictions, les douches sulfureuses, l'électricité, etc. Lorsque l'atrophie affecte le cœur, cet organe diminue de poids et de volume, ses battements sont petits, faibles ; cette affection constitue ce qu'on appelle un anévrisme passif, qui peut entraîner l'hydropisie, etc.
Rechute . — Certaines maladies sont très sujettes aux rechutes : ainsi la pleurésie, la pneumonie, les fièvres intermittentes, les inflammations. Elles sont surtout à craindre au début de la convalescence et peuvent provenir d'un écart de régime ou de toute autre cause, physique ou morale.
Phtisie. — On distingue la phtisie pulmonaire, laryngée, mèsentèrique. La première consiste dans la tuberculisation des poumons ; elle sévit à tout âge, surtout dans la jeunesse, de 20 à 30 ans, et parmi les jeunes personnes, dans les villes plutôt que dans les campagnes; le plus souvent elle se déclare chez ceux qui ont des prédispositions héréditaires. Dans la troisième et dernière période de la maladie, les tubercules ramollis et formant une matière puri forme sont évacués et laissent des cavernes, reconnaissables à l'auscultation. Ces cavernes peuvent se cicatriser et la phtisie n'est pas inguérissable. Les tubercules peuvent exister de longues années à l'état latent ; d'autres fois la maladie évolue en quelques mois (phtisie galopante) ; d'ordinaire les tubercules donnent lieu, dès la première période, à de la toux, de l'amaigrissement, des sueurs nocturnes. On combat la phtisie pendant les premières périodes par un régime approprié, le séjour dans des Hâtions de montagnes ou dans des stations maritimes, etc. ; on a essayé aussi d'injecter divers sérums. La phtisie est regardée généralement comme contagieuse ; aussi doit-on détruire ou purifier avec soin tout ce qui pourrait la transmettre, comme linges, poussières des crachats desséchés, etc., etc.
Cachexie. — On donne ce nom à une altération profonde de tout l'organisme qui survient à la dernière période de certaines maladies. De là les cachexies cardiaque, cancéreuse, tuberculeuse, palustre, biliaire, scorbutique, etc. Certains germes morbides ou virus peuvent passer dans le torrent de la circulation, qui les dépose en divers organes et infecte tout l'organisme. Certaines cachexies, tuberculeuse, purulentes, etc., n'ont peutêtre pas d'autre origine.
Agonie. — Elle varie beaucoup ou manque même tout à fait suivant la maladie. L'agonisant éprouve d'ordinaire une complète prostration des
forces et perd connaissance ; d'autres fois il s'agite ou conserve jusqu'à la fin l'usage de ses facultés intellectuelles. Souvent les vieillards s'éteignent doucement, par gradations insensibles. Dans la plupart des cas, la poitrine de l'agonisant est embarrassée et fait entendre un râle ; tous les traits de la face, le teint, la sueur froide, annoncent une mort prochaine (v. face hippocratique) L'agonie peut durer plusieurs jours ou seulement quelques heures. Elle manque, lorsque l'un des trois organes principaux, cerveau, cœur, poumon, est empêché tout à coup de fonctionner.
Migraine. — Mal de tête ou céphalalgie, qui n'occupe qu'un côté de la tête et revient par accès, la migraine se complique ordinairement de troubles dans les fonctions gastriques. Souvent ce mal est héréditaire et il peut commencer alors dès le jeune âge. On y est plus sujet à l'âge de puberté. Ses causes ordinaires sont l'application excessive ou prématurée à l'étude, les affections tristes, etc. Le repos, la diète, le sommeil sont les meilleurs moyens de la dissiper.
Insolation. — L'insolation, dite vulgairement coup de soleil ou coup de chaleur, frappe surtout les fantassins obligés de marcher en rangs serrés et exposés aux rayons d'un soleil ardent ; les cavaliers y sont moins exposés. Le sujet frappé d'insolation tombe parfois subitement, privé de connaissance, et la mort peut survenir rapidement. L'insolation altère la fibre musculaire; d'où suspension possible des battements du cœur. On la combat en rafraîchissant le malade par des affusions et des boissons froides, en le frictionnant, etc.
Méningite. — La méningite ou inflammation des méninges, dite encore fièvre cérébrale, est une maladie très grave. Dans les cas de guérison, qui sont rares, les facultés cérébrales en sortent d'ordinaire affaiblies. Souvent la méningite est accompagnée de l'inflammation des couches superficielles du cerveau (encèph alite). Ladurée de cette maladie est d'une quinzaine de jours et comprend deux périodes : la première, délirante ; la seconde, comateuse. La méningite peut être causée par des blessures à la tête, la fracture du crâne, etc. La méningite tuberculeuse, qui est la plus fréquente, sévit sur les enfants de 6 à 10 ans ; elle est toujours mortelle.
Ophtalmie. — Ce nom s'est appliqué à toutes les inflammations du globe de l'œil ; mais on le réserve spécialement pour désigner les maladies superficielles de cet organe : conjonctivites granuleuse, catarrhale, etc. L'ophtalmie sympathique est celle dans laquelle un œil sain peut être infecté par l'autre qui est malade : on est obligé souvent de recourir à l'extirpation de l'œil malade.
Amaurose. — Elle consiste dans la diminution ou la perte de la faculté de voir, sans qu'on trouve aucune opacité dans les humeurs ou dans les tissus de l'œil. L'amaurose est, en somme, une paralysie, qui porte tantôt sur la rétine, tantôt sur le nerf optique seulement, tantôt enfin sur la partie correspondante du cerveau. Cette infirmité se déclare parfois subitement ; d'autres fois, d'une manière graduelle. Ses causes sont diverses : le travail de cabinet, des impressions lumineuses trop vives, l'épuisement, l'albuminurie, etc. Elle est presque toujours incurable.
Cataracte. — Elle provient tantôt de l'opacité du cristallin (cataracte lenticulaire), tantôt de l'opacité de la capsule qui le contient (cataracte capsulairc). L'opacité de l'humeur de Morgagni entraîne aussi une perte de la vue, dite fausse cataracte. Les causes de la cataracte vraie sont peu connues ; elle paraît tenir le plus souvent aux progrès de l'âge. On la traite par l'abaissement du cristallin au fond du globe de l'œil, au moyen de l'aiguille à cataracte, ou bien par l'extraction. On