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LIVRE VI : DU CORPS

attend pour procéder à l'opération, qui réussit presque toujours, que la cataracte soit mûre. On donne le nom de cataracte npire à l'amaurose ou goutte sereine.

Coryza. — Le coryza, appelé vulgairement rhume de cerveau, est l'inflammation de la membrane muqueuse des fosses nasales. Il est aigu ou chronique. Le coryza aigu est fréquent et peu grave par lui-même. Il donne lieu à un écoulement nasal, à une diminution ou même à l'abolition passagère de l'odorat. Le coryza chronique est un catarrhe nasal qu'on observe surtout chez les enfants et les jeunes gens lymphatiques ; il peut abolir l'odorat.

Ozène. — L'ozène ou punaisie est une maladie caractérisée par des ulcérations chroniques des fosses nasales et une extrême fétidité de l'haleine. Cette maladie ne se confond pas avec le coryza chronique, auquel d'ailleurs elle ressemble. L'ozène frappe les individus de toute constitution ; le coryza chronique atteint plutôt les lymphatiques et les scrofuleux. On traite l'un et l'autre de la même manière, par des fumigations aromatiques (goudron), des injections, etc.

Otalgie. — C'est la névralgie de l'oreille, La douleur est vive, exacerbante, confinée dans l'oreille. L'otalgie peut être idiopathique ou symptomatique, ou enfin sympathique, c'est-à-dire liée au mal de dent, à une angine, etc. Elle peut être causée aussi, et alors le cas est grave, par une altération du nerf auditif ou du cerveau. On combat l'otalgie par l'instillation de quelques gouttes de laudanum dans le conduit auditif, etc.

Odontalgie. — Ce mal appelé vulgairement mal de dents, est une névralgie du nerf dentaire ou de l'un de ses rameaux. Tantôt il est idiopathique, c'est-à-dire purement nerveux, et tantôt symptomathique d'une carie dentaire. Il peut provenir aussi d'une inflammation du, périoste dentaire ou des gencives. La douleur névralgique peut s'étendre à tout un côté de la mâchoire et au delà. L'odontalgie est souvent accompagnée d'une fluxion aux gencives, aux joues, etc. ; la fluxion se termine souvent par un abcès. On traite l'odontalgie qui provient d'une carie, en arrachant ou en cautérisant la dent malade, en l'aurifiant, etc.

Diphtérie ou diphtérite. — Cette maladie générale et contagieuse, qui comprend Y angine cnuenneuse, le croup, le cory sa diphtérique, est caractérisée par la formation de fausses membranes sur les muqueuses de la trachée-artère, des bronches, etc. Elle est devenue fréquente, surtout dans les grandes villes. Les fausses membranes, qui se présentent sous forme de plaques blanches, adhèrent de plus en plus ; il se produit en même temps un engorgement ganglionnaire, et le malade peut succomber par suite de l'empoisonnement de l'organisme ou par l'asphyxie due à l'obstruction des voies respiratoires, où se développent les fausses membranes. La trachéotomie peut alors sauver le malade. On oppose aujourd'hui à la diphtérie et au croup des enfants, en particulier, la sérumthérapie (v. ce mot).

Coqueluche. — Cette maladie contagieuse, qui peut durer des mois entiers, sans être dangereuse par elle-même, atteint la plupart des enfants. Elle est caractérisée par une toux, qui devient ensuite convulsive et peut amener des vomissements. Le meilleur moyen de la faire disparaître, c'est le changement d'air.

Laryngite. — L'inflammation du larynx peut tenir à différentes causes et affecter diverses formes, dont quelques-unes sont très graves : ainsi la laryngite ulcéreuse et la phtisie laryngée. La laryngite catarrhale, connue sous le nom à'enrouement, est la plus bénigne et se termine d'ordinaire heureusement. On la traite par le repos de l'organe, une température douce et uniforme, des infusions

de mauves ou de violettes, des bains de pieds irritants.

Pneumonie. — C'est l'inflammation d'un seul ou des deux poumons. Elle est connue vulgairement sous le nom de fluxion de poitrine. Cette maladie est de tous les âges et, bien qu'elle soit moins fréquente chez les vieillards, elle y fait cependant beaucoup plus de victimes. Elle est causée d'ordinaire par un refroidissement (chaud et froid) ; mais elle apparaît aussi d'une manière spontanée. Elle parait surtout au printemps et à l'automne. Si la pneumonie algue franche arrive à son troisième degré, elle est presque toujours mortelle. Le poumon est alors infiltré de pus, le pouls devient très faible, la respiration fréquente et embarrassée, les crachats sont brunâtres. Les facultés intellectuelles sont libres jusqu'à la fin.

Bronchite. — La bronchite ou inflammation de la membrane muqueuse des bronches, est aiguë ou chronique, comme les autres maladies; si elle affecte les ramifications des bronches, elle est dite capillaire et peut dégénérer en catarrhe suffocant ; elle prend le nom de grippe quand elle est épidémique. Comme la pneumonie, elle provient ordinairement d'un refroidissement, mais elle peut naître aussi spontanément. La bronchite bénigne ne diffère pas du simple rhume et disparaît au bout de quelques jours. La bronchite grave est caractérisée par la fièvre, le mal de tête, un sentiment de pesanteur dans les bronches, une toux plus ou moins violente, d'abord sèche, puis humide, etc. La bronchite aiguë simple n'offre pas de gravité par elle-même, mais elle est sujette à des complications fâcheuses. Sa durée est plus courte l'été; elle reparaît avec une grande facilité. On la traite par le repos, le silence, la diète, le séjour dans la chambre, des tisanes adoucissantes, etc. Souvent la bronchite aiguë se transforme en bronchite chronique.

Pleurésie. — On la désigne vulgairement, de même que la pneumonie, sous le nom de fluxion de poitrine ; et ce nom lui conviendrait mieux qu'à la pneumonie. Dans l'inflammation des plèvres ou pleurésie, en effet, il y a flux de sérosité et de pus dans l'intérieur de ces membranes. Ces deux maladies, longtemps confondues, offrent de la ressemblance. La pleurésie peut affecter les deux plèvres ou une seule. Elle débute par le point pleurètique ou lepoint de côté, douleur vive, lancinante, gênant la respiration, avec ou sans frisson. On reconnaît l'état de l'épanchement pleurètique à l'auscultation et à la percussion. Bien traitée et sans complication de pneumonie, de phtisie ou de cachexie, la pleurésie se termine d'ordinaire heureusement.

Asthme. — L'asthme est regardé comme une névrose de l'appareil respiratoire ; il est caractérisé par des accès de suffocation, qui reviennent surtout la nuit. Quand l'asthme n'est pas essentiel, il tient souvent à des troubles du cœur et des gros vaisseaux. Certains lieux, certains quartiers paraissent défavorables aux asthmatiques, qui, au contraire, sont exempts d'accès en certains autres. Ils doivent éviter aussi certaines boissons comme le thé, le café, les poussières qui irritent les voies respiratoires, certaines émanations telles que celle des foins.

Gastrite. — Cette inflammation de la muqueuse de l'estomac diffère de certaines affections nerveuses du même organe {gastralgie). La gastrite aiguë peut être causée par l'ingestion d'un caustique, une blessure, une violente contusion ; elle peut devenir alors promptement mortelle. On la combat par la diète, les boissons lactées. On combat l'embarras gastrique ou gastrite catarrhale par les purgatifs, les vomitifs... Quant à la gastrite chronitpie, caractérisée par des digestions laborieuses, des vertiges, l'insomnie, une irritabilité exagérée, on

la combat par un régime approprié : lait, amers, etc., etc.

Carie. — On reconnaît aujourd'hui la carie pour une variété d'ostéite tuberculeuse. Une douleur se déclare au niveau de l'os malade, puis une fistule dont l'orifice est violacé ; l'os est friable sous le stylet. On traite la carie par la cautérisation, la résection, etc. Le traitement général est celui qu'on oppose à la tuberculose : nourriture substantielle, air pur, etc.

Rachitisme. — Ce mal frappe les enfants dès les premières années. Il consiste dans une altération grave du système osseux, provenant d'une faiblesse de constitution. Chez les enfants noues, les os se sont ramollis et ont dévié ; des nodosités font saillie aux genoux, aux poignets; la tète es1 plus volumineuse, parce que l'ossification du crâne a été incomplète ou tardive ; la conformation vicieuse de la colonne vertébrale ou rachis entraine la compression et parfois l'atrophie des organes les plus essentiels. De là une consomption lente. La santé se raffermit dans certains cas, surtout vers l'âge de puberté. Un bon régime et, en particulier, les bains de mer contribuent beaucoup à ce rétablissement.

Arthrite, arthritisme. — On donne le nom général d'arthrite à l'inflammation des jointures. Cette inflammation peut tenir à diverses causes : de là les arthrites traumatiques, infectieuses (celles de la tuberculose ; de la diphtérie, etc.), la goutte, le rhumatisme, etc. L'arthritisme est un état constitutionnel auquel on rattache aujourd'hui une foule de maladies.

Panaris. — Il est souvent causé par une écharde, une piqûre, qui déterminent un foyer d'inflammation. Si celle-ci n'est que superficielle, il suffit d'appliquer des cataplasmes qui hâtent la maturité de l'abcès et activent la suppuration. Si elle est profonde, accompagnée de très vives douleurs, de fièvre et d'insomnie, une opération chirurgicale devient nécessaire. Le panaris peut entraîner la destruction de l'ongle ou même de la phalange.

Tumeur. — On donne le nom de tumeur à tout tissu anormal qui a de la tendance à s'accroître ou à persister. Les tumeurs malignes, comme le cancer, sont celles qui se généralisent et récidivent souvent, après ablation. On les distingue des tumeurs bénignes. On donne le nom de tumeur blanche à une arthrite tuberculeuse très grave. La guérison en est rare et s'effectue ordinairement par l'ankylose.

Goitre. — Cette tumeur, qui affecte le corps thyroïde et fait saillie d'une façon difforme audevant du cou, est endémique et héréditaire dans les vallées froides et humides des Alpes, etc. Ses causes sont mal connues ; mais l'une d'elles paraît être l'usage de l'eau de certaines sources. On pense que le développement du goitre est en rapport avec le crétinisme.

Abcès. — On entend par abcès tout amas de pus dans une partie du corps. On l'appelle vulgairement dépôt, mais, à proprement parler, le dépôt est formé par des humeurs naturelles sorties de leurs voies ordinaires : ainsi un dépôt de sang. On distingue les abcès froids et les abcès chauds, selon que l'inflammation est lente ou rapide. On les traite d'ordinaire par des cataplasmes émollients, qui les font aboutir. Souvent on est obligé de les percer.

Cancer. — Le cancer est une tumeur très maligne, bien que non contagieuse, qui atteint principalement l'estomac, le foie, le sein, la langue. On ne peut guère y remédier que par l'ablation; encore celle-ci ne fait-elle d'ordinaire que suspendre le mal, qui ne tarde pas à se reproduire. On donne au cancer le nom de carcinome (karkinos, crabe) parce qu'il pousse des racines qui ont été comparées aux pattes du crabe.

Blessure. — Au point de vue légal, on regarde comme blessures légères toutes les lésions (plaies, contusions, fractures, etc.) qui n'occasionnent pas une maladie ou une incapacité de travail pendant plus de vingt jours. Au contraire sont réputées blessures graves celles qui entraînent une plus longue maladie ou incapacité de travail. Et cellesci diffèrent encore selon qu'elles sont ou non guérissables, sans infirmité et sans dérangement de fonctions. Ces distinctions sont nécessaires pour la détermination de la peine et la fixation des dommages-intérêts.

Brûlure. — On distingue jusqu'à six degrés de brûlures. Elles sont d'autant plus graves qu'elles sont plus profondes et surtout plus étendues. Celles qui n'intéressent qu'une petite partie de l'épiderme, n'offrent aucune gravité. On perce les cloches qui se forment, mais sans enlever la peau ; on peut appliquer ensuite, sur la brûlure, des pulpes de pomme de terre, un mélange d'huile et de blanc d'Espagne, etc.

Lèpre. — On a désigné, sous ce nom, plusieurs maladies de la peau, qui ont cela de commun qu'elles entraînent l'ulcération, la dégénérescence et la destruction de la peau, souvent même des organes sous-jacents. La lèpre se répandit beaucoup au moyen âge : de là les léproseries, lazarets ou ladreries. Le lépreux était séparé de la société, de même que sous la loi mosaïque, à cause de la nature contagieuse de son mal. De nos jours, la lèpre sévit encore en Océan^ie et dans diverses contrées de l'Orient et de l'Amérique. L'hygiène et l'usage général du linge ont contribué beaucoup à sa disparition de l'Occident. La lèpre proprement dite est à peu près inguérissable. On a trouvé, dans le sang «les lépreux, un bacille particulier.

Dartre. — On a désigné sous ce nom, qui ne fait plus partie pour ainsi dire du vocabulaire scientifique, toutes les maladies de la peau. On distinguait les dartres sèches, humides, furfuracèes, squameuses, rongeantes, etc. Les dartres s'annoncent, en effet, et se caractérisent de diverses manières, selon leur nature : par des taches, des vésicules, des pustules, des boutons, des plaques, des écailles ou des croûtes, qui produisent de vives démangeaisons. Les moyens hygiéniques employés pour les combattre sont : une alimentation douce, {•(insistant en laitages, fruits, viandes blanches; bains, lotions. Les moyens thérapeutiques comprennent les dépuratifs, les purgatifs, les topiques émollients, etc.

Lupus. — Le lupus est une sorte de dartre rongeante, qui paraît due surtout à une constitution scrofuleuse ; il affecte la peau du visage, en particulier celle du nez, dont la partie charnue est souvent détruite. Ce mal affreux sévit sur la jeunesse, de 15 à 25 ans, mais sans de vives douleurs et sans altérer la santé générale, lors même que le nez, les lèvres, les joues sont détruits.

Gale. — Cette affection de la peau est caractérisée par de petites vésicules transparentes qui causent une très vive démangeaison : d'où le nom de grattelle donné vulgairement à cette maladie. Les vésicules de la gale sont dues à la présence d'un insecte microscopique (acarus) qui, à partir de la vésicule, trace un petit sillon blanchâtre sous l'épiderme. La gale est très contagieuse. On la traite par des applications externes : pommades, lotions, fumigations, dont le soufre est l'élément principal (antipsoriques).

Névralgie. — Cette affection nerveuse est caractérisée par une douleur plus ou moins vive, qui a son siège dans quelque nerf de la face, du bras ou de quelque autre partie du corps, sans que le nerf paraisse d'ailleurs lésé ou altéré. De là les névralgies faciale, brachiale, crurale ; celles de l'estomac, du cœur, etc. On peut donc diviser les

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